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title: "Les humains et la nature"
book: "Biologie du primaire et du collège"
subject: biology
language: fr
chapter: 35
exercises: 11
source: https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/35-les-humains-et-la-nature
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# Chapitre 35 — Les humains et la nature

Du haut d’une colline, regarde la vallée : des champs en carrés bien nets, une forêt exploitée, des berges redressées, des routes, des toits. Presque rien de ce qui est en vue n’a poussé ainsi tout seul. Les humains sont la seule [espèce](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#def-g5-biodiversity-species) qui remodèle des paysages entiers selon ses besoins — et ce chapitre regarde ce pouvoir en face : ce qu’il nous donne, ce qu’il coûte, et comment en user correctement.

## 35.1 Des paysages faits par les humains

**Proposition 35.1 (La plupart des paysages sont gérés).**

Presque tous les paysages autour de nous sont façonnés par les humains :

- les *champs* sont un sol géré où une [plante](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/3-les-plantes-autour-de-nous#def-g1-plants-around-us-plant) choisie — blé, maïs, pommes de terre — pousse à la place du mélange sauvage ;
- la plupart des *forêts* sont plantées, éclaircies et récoltées comme des cultures lentes ;
- les *prés* existent parce qu’ils sont fauchés ou pâturés — abandonnés, ils se referment en broussailles puis en bois ;
- les villes, les routes et les barrages redessinent la terre elle-même.

Les coins « intacts » sont l’exception, et la plupart sont protégés exprès.

**Démonstration.** *Admis à ce niveau.* ∎

**Exemple 35.2 (Lire la vallée).**

Cette vue du haut de la colline, point par point : le champ de blé nourrit la boulangerie ; les rangées d’épicéas sont une culture de bois plus âgée que leur forestier ; le pré fleuri est fauché chaque juillet — saute deux étés et les ronces le prennent ; la rivière a été redressée il y a longtemps pour protéger les champs des crues. La vallée est un atelier — un atelier qui tourne depuis des siècles.

![La vue du haut de la colline : champs, haies, forêt exploitée, rivière redressée, village — un paysage de travail, vieux de plusieurs siècles.](https://one-course.com/images/onecourse/chapters/biology-1/g5-people-and-nature/img-e00433fdc909.jpg)

*La vue du haut de la colline : champs, haies, forêt exploitée, rivière redressée, village — un paysage de travail, vieux de plusieurs siècles.*

**Remarque 35.3 (Ni méchant ni nain de jardin).**

Il serait faux de raconter cette histoire comme une pure destruction — l’agriculture nourrit l’humanité, et une campagne bocagère peut être riche en [espèces](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#def-g5-biodiversity-species) ([Exemple 30.6](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#ex-g5-biodiversity-orchard)) — et tout aussi faux de prétendre que remodeler ne coûte rien ([Proposition 30.8](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#prop-g5-biodiversity-loss) en a dressé les factures). La question honnête n’est jamais « toucher à la nature ou non ? » mais « comment gérer ce que nous touchons pour que cela continue de fonctionner — pour nous et pour le reste du réseau ? »

## 35.2 Bien gérer et mal gérer

**Exemple 35.4 (Deux façons de cultiver un coteau).**

Coteau A : un champ géant, les haies arrachées, la terre nue tout l’hiver. La pluie emporte la terre ameublie vers le bas ; les auxiliaires de [Exemple 30.6](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#ex-g5-biodiversity-orchard) n’ont plus de maison ; un seul ravageur peut balayer la culture unique sans opposition. Coteau B : des champs plus petits avec leurs haies, une terre couverte tout l’hiver, des cultures qui tournent d’une année à l’autre. Les haies retiennent la terre et logent les mangeurs de ravageurs ; la rotation repose le sol. Les deux coteaux nourrissent des gens — un seul le fera encore dans cent ans.

**Proposition 35.5 (Les règles d’un usage durable).**

L’usage de la nature dure quand il respecte trois règles :

1. *ne pas prélever plus vite que cela ne se renouvelle* : récolter le bois au rythme de la croissance de la forêt, pêcher au rythme de la reproduction du banc — la surpêche de [Proposition 30.8](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#prop-g5-biodiversity-loss) est cette règle enfreinte ;
2. *garder les ouvriers* : la vie du sol, les pollinisateurs, les mangeurs de ravageurs — les services gratuits de [Exercice 30.11](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#exo-g5-biodiversity-11) — ont besoin qu’on leur garde leur maison ;
3. *rendre ce qu’on emprunte* : la boucle du compost de [Remarque 22.5](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/22-ce-dont-les-plantes-ont-besoin#rem-g4-what-plants-need-soil) , à toutes les échelles.

**Démonstration.** *Admis à ce niveau.* ∎

**Exemple 35.6 (L’arithmétique du forestier).**

Une forêt bien menée est la plus ancienne preuve que la règle 1 fonctionne : les forestiers comptent ce que la forêt produit chaque année, et n’en coupent pas davantage. La forêt donne alors du bois chaque année, pour toujours — tout en restant une forêt, avec ses chouettes, ses chevreuils et ses scarabées. Certaines [forêts](#prop-g5-people-and-nature-managed) exploitées dans le monde sont récoltées ainsi depuis plusieurs siècles sans avoir rétréci.

## 35.3 Les villes, et refaire de la place

**Exemple 35.7 (La nature en ville).**

Une ville a l’air du contraire de la nature, et c’est pourtant un [milieu de vie](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/11-ou-vivent-les-animaux#def-g2-where-animals-live-habitat) aussi — un milieu rocheux bien étrange. Les martinets nichent sur des « falaises » de béton, les renards patrouillent les poubelles, des [plantes](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/3-les-plantes-autour-de-nous#def-g1-plants-around-us-plant) sauvages fendent les joints du bitume. Et les citadins peuvent élargir l’accueil : parcs, toitures végétalisées, [fleurs](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/16-fleurs-fruits-et-graines#def-g3-flowers-fruits-seeds-parts) de balcon pour les abeilles, la mare d’école de [Exemple 11.8](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/11-ou-vivent-les-animaux#ex-g2-where-animals-live-schoolpond). Les méthodes de [Méthode 30.9](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#met-g5-biodiversity-help) marchent aussi entre les immeubles.

**Exemple 35.8 (Rendre ses méandres à une rivière).**

La rivière redressée de la vallée courait vite et inondait durement en aval ; ses [poissons](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/14-classer-les-etres-vivants#prop-g3-sorting-living-things-groups) et ses libellules étaient partis avec les méandres. Les ingénieurs *recourbent* parfois aujourd’hui de telles rivières : des courbes restaurées et des prairies humides ralentissent l’eau, stockent les crues, et les cigognes de [Exemple 30.10](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#ex-g5-biodiversity-storks) retrouvent leurs prés. La gestion peut fonctionner à l’envers — réparer, c’est gérer aussi.

**Méthode 35.9 (Juger un usage de la nature).**

Devant n’importe quel usage de la terre ou de l’eau — une ferme, une pêcherie, une route en projet, un jardin :

1. demande-toi ce qui est *prélevé* , et si c’est plus vite que cela ne se renouvelle (règle 1) ;
2. demande-toi quelles *maisons et quels ouvriers* sont gardés ou perdus (règle 2) ;
3. demande-toi ce qui est *rendu* — et quels déchets sont laissés (règle 3) ;
4. puis juge : cela pourrait-il continuer cent ans ? Quel changement unique améliorerait le plus la réponse ?

## 35.4 Exercices

**Exercice 35.1 ★.**

Donne quatre sortes de paysages façonnés par les humains d’après [Proposition 35.1](#prop-g5-people-and-nature-managed), chacune avec ce pour quoi elle est gérée.

**Solution de Exercice 35.1.**

Les champs, gérés pour une culture choisie ; les [forêts](#prop-g5-people-and-nature-managed), gérées pour le bois ; les prés, gardés ouverts pour le foin ou le pâturage ; les villes, les routes et les barrages, bâtis pour habiter et se déplacer. (Quatre au choix, avec leur but.)

**Exercice 35.2 ★.**

Qu’arrive-t-il à un pré qu’on cesse de faucher ou de pâturer ?

**Solution de Exercice 35.2.**

Laissé sans fauche ni pâture, il se referme en broussailles en quelques années, puis en bois — le milieu ouvert et fleuri du pré disparaît.

**Exercice 35.3 ★.**

Énonce les trois règles de l’usage durable.

**Solution de Exercice 35.3.**

Ne pas prélever plus vite que cela ne se renouvelle ; garder les ouvriers (les [espèces](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/30-la-biodiversite#def-g5-biodiversity-species) dont les services gratuits font vivre l’usage) ; rendre ce qu’on emprunte (refermer les boucles, ne laisser aucun déchet s’entasser).

**Exercice 35.4 ★.**

Dans [Exemple 35.4](#ex-g5-people-and-nature-twofarms), énumère trois différences entre les deux coteaux, et ce que chaque différence change.

**Solution de Exercice 35.4.**

Haies arrachées ou conservées : A perd ceux qui retiennent la terre et les maisons des mangeurs de ravageurs. Terre nue ou couverte en hiver : celle de A part vers le bas avec les pluies. Une seule culture géante ou une rotation : A invite n’importe quel ravageur de cette culture à balayer tout le coteau, et ne repose jamais le sol.

**Exercice 35.5 ★.**

Explique l’arithmétique du forestier. De quelle règle s’agit-il, et que donne la forêt en retour — pendant combien de temps ?

**Solution de Exercice 35.5.**

Compter ce que la forêt produit en une année ; n’en couper pas davantage. C’est la règle 1 — ne pas prélever plus vite que cela ne se renouvelle — et la forêt donne du bois chaque année, indéfiniment, tout en restant une forêt vivante.

**Exercice 35.6 ★.**

Nomme trois habitants sauvages des villes, et l’élément de la ville que chacun utilise comme [milieu de vie](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/11-ou-vivent-les-animaux#def-g2-where-animals-live-habitat).

**Solution de Exercice 35.6.**

Par exemple : les martinets, qui nichent sur des « falaises » de béton ; les renards, qui patrouillent poubelles et jardins ; les [plantes](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/3-les-plantes-autour-de-nous#def-g1-plants-around-us-plant) sauvages, enracinées dans les joints du bitume et des murs (aussi les pigeons sur les corniches, les faucons sur les tours).

**Exercice 35.7 ★.**

Qu’a restauré le fait de recourber la rivière — pour les humains, et pour le réseau ?

**Solution de Exercice 35.7.**

Pour les humains : une eau ralentie et des crues stockées dans les prairies humides restaurées — moins d’inondations en aval. Pour le réseau : les milieux des méandres sont revenus, et avec eux les [poissons](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/14-classer-les-etres-vivants#prop-g3-sorting-living-things-groups), les libellules et les prés de chasse des cigognes.

**Exercice 35.8 ★.**

À toi d’essayer : choisis une vue près de chez toi — rue, champ, parc — et énumère tout ce que les humains y gèrent, comme dans [Exemple 35.2](#ex-g5-people-and-nature-valley). Reste-t-il quelque chose de non géré ?

**Solution de Exercice 35.8.**

Réponse libre. Trouvailles habituelles : bas-côtés fauchés, arbres taillés, massifs plantés, trottoirs désherbés — avec peut-être un haut de mur ou un fossé non géré, souvent l’endroit le plus sauvage de la vue.

**Exercice 35.9 ★★.**

« Protéger la nature, c’est ne jamais y toucher. » Discute en te servant du pré fauché de [Proposition 35.1](#prop-g5-people-and-nature-managed) — un milieu qui *disparaît* sans la main humaine — et de [Remarque 35.3](#rem-g5-people-and-nature-honest).

**Solution de Exercice 35.9.**

Ne jamais y toucher détruirait en fait certains milieux : le pré fleuri existe *parce qu’*on le fauche, et se referme sans cela. Protéger la nature n’est pas ne pas y toucher, mais bien la gérer — la question honnête est comment toucher : quelles règles l’usage respecte, et non si des mains s’y sont posées.

**Exercice 35.10 ★★.**

Applique [Méthode 35.9](#met-g5-people-and-nature-judge) au coteau A de [Exemple 35.4](#ex-g5-people-and-nature-twofarms) : quelles règles enfreint-il, et quel changement unique l’améliorerait le plus ?

**Solution de Exercice 35.10.**

La règle 2 franchement enfreinte (les ouvriers expulsés avec les haies), la règle 3 en partie (une terre emportée n’est jamais rendue), et la règle 1 menacée (la terre se perd plus vite qu’elle ne se forme). Le changement unique le plus efficace : replanter les haies — elles retiennent la terre et relogent les mangeurs de ravageurs d’un seul coup.

**Exercice 35.11 ★★★.**

Une flotte de pêche double ses prises pendant cinq années magnifiques ; la sixième, les bancs ont disparu et la flotte reste à quai. Explique ces six années avec la règle 1 — pourquoi l’enfreindre *ressemblait*-il d’abord à une réussite ? Compare avec l’arithmétique inverse du forestier.

**Solution de Exercice 35.11.**

Les prises doublées ont pris les [poissons](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/14-classer-les-etres-vivants#prop-g3-sorting-living-things-groups) bien plus vite que les bancs ne se reproduisaient — en entamant le stock reproducteur lui-même. Dépenser son capital paraît toujours magnifique tant que cela dure : les cales étaient pleines précisément parce que les [poissons](https://one-course.com/books/biology/1/fr/chapter/14-classer-les-etres-vivants#prop-g3-sorting-living-things-groups) de l’an prochain étaient débarqués cette année. Le forestier ne récolte que la pousse de l’année et garde le capital sur pied intact — même arithmétique, signe opposé, et c’est pourquoi la forêt donne pour toujours et la flotte s’est arrêtée la sixième année.
