Le signal qu’exporte la feuille fut baptisé florigène en 1937 et identifié soixante-dix ans plus tard : c’est une petite protéine, le produit du gène FLOWERING LOCUS T (FT). Dans la feuille, l’horloge et le phytochrome n’activent ensemble FT que lorsque la durée du jour convient (chez Arabidopsis, plante de jours longs, lorsque la lumière coïncide avec le pic d’après-midi de l’activateur CONSTANS, contrôlé par l’horloge) ; la protéine FT entre dans le phloème, voyage avec le flux de sucres jusqu’à l’apex caulinaire et y active, avec une protéine partenaire, les gènes qui transforment le méristème. La même protéine est le florigène du riz, plante de jours courts, chez lequel l’horloge la câble en sens inverse. Les expériences de greffe, le transport de la protéine dans le phloème et la floraison de plantes chez lesquelles FT est exprimé sous le contrôle d’un promoteur propre aux feuilles concordent : la fleur se décide dans la feuille et s’exécute dans le bourgeon.