L’osmolarité d’une solution est sa concentration totale en particules dissoutes (en osmoles par litre) ; elle fixe la pression osmotique, pour les solutions diluées, qui pousse l’eau à travers toute membrane qui laisse passer l’eau mais non le soluté. Les liquides du corps d’un mammifère se tiennent vers — de la masse corporelle dans les cellules, au dehors, le liquide extracellulaire dont un quart est le plasma — et les cellules gonflent ou se rétractent en quelques secondes si le dehors change, puisque leurs membranes laissent passer l’eau librement. Un osmoconformeur (la plupart des invertébrés marins, les requins) tient ses liquides à l’osmolarité de la mer et n’en règle que la composition ; un osmorégulateur (vertébrés, insectes, animaux d’eau douce) tient son osmolarité constante contre le milieu, ce qui coûte une énergie proportionnelle au gradient. La seconde tâche, couplée à la première, est de se défaire de l’azote de la dégradation des protéines : en ammoniac dans une eau abondante (poissons), en urée, soluble et non toxique mais qui demande de l’eau pour l’emporter (mammifères), ou en acide urique, pâte excrétée presque sèche (oiseaux, reptiles, insectes).
Exemples
Exemple 20.9 (Deux journées)
Une journée sans eau : l’osmolarité plasmatique monte de vers , la vasopressine s’élève en quelques minutes, les tubes collecteurs s’ouvrent à l’eau, l’urine se concentre à et tombe à un demi-litre ; la personne a soif ; le volume perdu vient surtout des cellules, dont l’eau suit le sel extracellulaire. Un litre d’eau bu d’un coup : l’osmolarité baisse de , la vasopressine tombe à rien en vingt minutes, les tubes se ferment, et dans les deux heures qui suivent le rein laisse passer un litre d’urine à . Une hémorragie d’un litre : la pression baisse, la rénine et la vasopressine montent toutes deux (le volume l’emporte sur l’osmolarité), les artérioles se resserrent, le sodium et l’eau sont gardés, et en une journée le volume plasmatique est refait — avec du liquide tiré de l’interstitium puis bu. Le diabète insipide, l’absence de vasopressine ou de son récepteur, produit d’urine diluée par jour et une soif à l’avenant ; l’insuffisance rénale, l’absence de filtration, laisse un corps qu’il faut filtrer par une machine trois fois par semaine, à travers une membrane dont la clairance n’est qu’une fraction de celle de deux reins.