Biologie · Glossaire

Qu'est-ce que « ATP, couplage » ?

Aussi appelé : ATP · liaison phosphoanhydride · monnaie energetique · couplage energetique

Définition 8.16 Biologie universitaire — 1re année · Chapitre 8 — L’eau et les petites biomolécules

L’ATP (adénosine triphosphate) est un nucléotide (Chapitre 11) portant trois phosphates à la suite ; les deux liaisons externes sont des liaisons phosphoanhydride dont l’hydrolyse, ATP+H2OADP+Pi\mathrm{ATP} + \mathrm{H_2O} \to \mathrm{ADP} + \mathrm{P_i}, a un ΔG=30.5kJ/mol\Delta G^{\circ\prime} = -30.5\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} et, aux concentrations d’une cellule, un ΔG50kJ/mol\Delta G \approx -50\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}. L’ATP est la monnaie énergétique de la cellule : le catabolisme la fabrique (Chapitre 15), et les biosynthèses, les transports et les mouvements la dépensent. Une réaction qui va contre la pente est rendue possible par son couplage à l’hydrolyse de l’ATP via un intermédiaire commun, de sorte que la somme des deux ΔG\Delta G soit négative.

Exemples

Exemple 8.17 (Pourquoi l’hydrolyse de l’ATP libère autant)

Trois raisons : les quatre charges négatives des phosphates de l’ATP se repoussent et sont soulagées par la coupure ; les produits ADP\mathrm{ADP} et Pi\mathrm{P_i} sont mieux stabilisés par résonance et par hydratation que l’anhydride ; et la cellule maintient l’ATP mille fois au-dessus de son équilibre avec l’ADP et le phosphate. Le dernier terme est le plus grand : avec l’ATP à 5mmol/L5\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, l’ADP à 1mmol/L1\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, le Pi\mathrm{P_i} à 10mmol/L10\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, ΔG=30.5+2.58ln103×1025×103=30.516=46.5kJ/mol\Delta G = -30.5 + 2.58\ln\frac{10^{-3}\times 10^{-2}}{5\times 10^{-3}} = -30.5 - 16 = -46.5\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}.

Exemple 8.18 (Le couplage)

La réaction glucose + Pi+\ \mathrm{P_i} \to glucose-6-phosphate + H2O+\ \mathrm{H_2O} a un ΔG=+13.8kJ/mol\Delta G^{\circ\prime} = +13.8\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol} : à l’équilibre, presque aucun glucose ne serait phosphorylé. L’hexokinase transfère au contraire le phosphate directement depuis l’ATP : glucose ++ ATP \to glucose-6-phosphate ++ ADP, ΔG=13.830.5=16.7kJ/mol\Delta G^{\circ\prime} = 13.8 - 30.5 = -16.7\,\mathrm{kJ}/\mathrm{mol}, constante d’équilibre 800800, réaction pratiquement totale. Le phosphate n’apparaît jamais libre : les deux réactions n’en font qu’une.

Exemple 8.14 (L’inventaire de la cellule)

Sur la masse sèche d’une bactérie, les protéines font 55%55\,\%, l’ARN 20%20\,\%, l’ADN 3%3\,\%, les lipides 9%9\,\%, les polysaccharides 5%5\,\%, les petites molécules et les ions le reste. En nombre de molécules, le tableau s’inverse : un millier de sortes de petits métabolites et d’ions, à des concentrations allant du nanomolaire au dixième de mole par litre, font la plupart des molécules qui ne sont pas de l’eau. Le potassium est à 150mmol/L150\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, le glutamate à 100mmol/L100\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, l’ATP à 5mmol/L5\,\mathrm{mmol}/\mathrm{L}, un facteur de transcription à quelques molécules par cellule.

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