La liste rouge de l’UICN classe les espèces selon des critères quantitatifs : un déclin de , ou en dix ans ou trois générations, une aire de répartition au-dessous de , ou , une population au-dessous de , ou individus matures, ou une probabilité d’extinction modélisée, rangent une espèce comme vulnérable, en danger ou en danger critique ; un quart des mammifères et un huitième des oiseaux y entrent. Les causes sont la perte d’habitat d’abord, puis la surexploitation, les espèces envahissantes (prédateurs et concurrents portés vers des îles dont les espèces ne les avaient jamais rencontrés : rats, chats et hermines ont pris la plupart des oiseaux de Nouvelle-Zélande, une seule espèce de serpent brun arboricole la plupart de ceux de Guam), la pollution et le changement climatique. Les réponses : des aires protégées couvrant un sixième des terres ; le contrôle ou l’éradication des envahisseurs (cent cinquante îles débarrassées des rats) ; la conservation ex situ — des banques de graines qui gardent un million d’accessions dans un coffre du pergélisol arctique, des embryons congelés, et l’élevage en captivité à généalogies gérées pour minimiser l’apparentement, qui a ramené le condor de Californie de vingt-deux oiseaux en 1987 et le furet à pieds noirs de dix-huit ; la réintroduction, qui réussit environ une fois sur trois et plus souvent quand la cause de la perte initiale a été levée ; et le réensauvagement, le retour des grands animaux et des processus qu’ils entraînent — les loups de Yellowstone, dont la prédation et la peur qu’elle inspire ont éloigné les wapitis des berges et laissé revenir saule, tremble, castor et oiseaux chanteurs, une cascade trophique qui court d’un carnivore à la forme d’une rivière.
Exemples
Exemple 27.7 (Trois rétablissements)
Le kakapo : cinquante et un oiseaux en 1995, tous déplacés sur des îles débarrassées de leurs prédateurs ; chaque oiseau porte un émetteur, chaque nid est surveillé par caméra, les poussins sont élevés à la main quand une mère faiblit, les mâles sont nourris pour les amener en condition de reproduction les années où les rimus fructifient, et la généalogie est gérée pour garder dans la population les gènes rares du dernier mâle du Fiordland ; le génome de chaque kakapo a été séquencé. Deux cent cinquante aujourd’hui, et un que les génomes situent près de cent. La grue blanche d’Amérique : quinze oiseaux en 1941, un seul vol migrateur, élevée en captivité à partir d’œufs pris dans des nids sauvages, à qui l’on a appris de nouvelles routes de migration derrière des ULM, et qui compte aujourd’hui quelque huit cents individus. La baleine à bosse : chassée jusqu’à quelques milliers, protégée en 1966, et désormais au-delà de cent mille, une hausse d’environ par an qui montre ce que fait un animal à longue vie quand on lève l’unique cause de son déclin. Chaque rétablissement a coûté des dizaines de millions et des décennies ; l’arithmétique du chapitre dit pourquoi l’effort devait être consenti avant que les effectifs n’atteignent le vortex, et pourquoi il revenait moins cher que tout sauvetage ultérieur.