Chez les vertébrés, un groupement méthyle est ajouté sur le carbone 5 d’une cytosine presque uniquement dans le dinucléotide CpG (un C suivi d’un G sur le même brin), séquence qui est son propre complémentaire, de sorte qu’un CpG méthylé l’est normalement sur les deux brins. De des CpG d’une cellule humaine sont méthylés, et les promoteurs méthylés sont silencieux : les groupements méthyle sont lus par des protéines à domaine de liaison au méthyl-CpG (MeCP2, MBD1–4) qui recrutent des HDAC et des méthylases de H3K9, et ils bloquent directement plusieurs facteurs de transcription. Font exception les îlots CpG, régions d’environ une kilobase, riches en G et en C et en CpG, qui occupent le promoteur de la plupart des gènes de ménage et restent non méthylées dans une cellule normale. Le groupement méthyle est déposé par les ADN-méthyltransférases : DNMT3A et DNMT3B assurent la méthylation de novo des sites non méthylés, et DNMT1, qui préfère un CpG hémiméthylé — un brin méthylé, l’autre non — assure la méthylation de maintenance derrière la fourche de réplication. Le retrait est passif, par réplication sans maintenance, ou actif, par les enzymes TET, qui oxydent la 5-méthylcytosine en 5-hydroxyméthylcytosine et au-delà, jusqu’à ce que la réparation par excision de base la remplace par une cytosine ordinaire.
Exemples
Exemple 1.9 (Pourquoi le génome est pauvre en CpG)
Le génome humain contient de GC ; si les bases étaient indépendantes, un CpG surviendrait à la fréquence , soit environ fois dans le génome diploïde. Le nombre observé est d’environ , un cinquième de cela. La raison en est la marque elle-même : une cytosine méthylée qui perd son groupement aminé devient une thymine, base normale que la réparation ne peut reconnaître comme fautive, alors qu’une cytosine non méthylée se désamine en uracile, qui est excisé. Au fil du temps évolutif les CpG méthylés ont muté en TpG et CpA, et seuls les îlots non méthylés ont gardé leurs CpG. La marque a laissé sa signature dans la séquence.
Exemple 1.11 (Les nombres)
Les valeurs mesurées sur des cellules de mammifère sont et par division sur un CpG ordinaire. On a alors , proche de la fraction méthylée à l’échelle du génome entier, et : un site entièrement méthylé, laissé à la seule machinerie, serait revenu à mi-chemin de la moyenne après divisions. Un promoteur réprimé qui doit le rester pendant les centaines de divisions d’une vie a donc besoin de plus que DNMT1 : les lecteurs du méthyl-CpG recrutent la méthylation de H3K9 et les lecteurs de H3K9 recrutent DNMT3, si bien qu’un îlot dense de marques élève son propre vers et abaisse le du voisinage vers . À l’inverse, une cellule qui perd DNMT1 perd la marque passivement : avec la fraction de brins méthylés est divisée par deux à chaque division.