Biologie · Glossaire

Qu'est-ce que « Épigénétique » ?

Définition 1.18 Biologie universitaire — 3e année · Chapitre 1 — Chromatine et épigénétique

L’épigénétique est l’étude des changements héritables de l’activité des gènes qui ne sont pas des changements de la séquence de l’ADN : des états portés par la méthylation de l’ADN, par les marques d’histones ou par des circuits de facteurs de transcription auto-entretenus, et recopiés au travers de la division cellulaire. Deux allèles de séquence identique mais d’état épigénétique stable différent sont des épiallèles. L’hérédité au travers de la mitose est la règle, et c’est elle qui fait qu’une cellule différenciée le reste. L’hérédité au travers de la méiose, du parent à sa descendance, est l’exception chez les mammifères, car les marques sont effacées en deux vagues de reprogrammation : dans les cellules germinales primordiales, où les empreintes et la plus grande partie de la méthylation sont gommées puis réinstallées selon le sexe, et de nouveau dans le zygote et l’embryon précoce, où le génome paternel est déméthylé activement par TET3 et le maternel passivement, avant que les profils propres à l’embryon ne soient posés par DNMT3.

Deux sœurs de portée Avy de génotype identique : une souris jaune et obèse, chez qui le transposon situé en amont d’agouti n’est pas méthylé, et une pseudoagouti brune, chez qui il l’est.
Deux sœurs de portée AvyA^{vy} de génotype identique : une souris jaune et obèse, chez qui le transposon situé en amont d’agouti n’est pas méthylé, et une pseudoagouti brune, chez qui il l’est.

Exemples

Exemple 1.19 (La souris agouti viable jaune)

Dans l’allèle AvyA^{vy}, un rétrotransposon s’est inséré en amont du gène de couleur du pelage agouti. Là où le promoteur du transposon n’est pas méthylé, il exprime agouti en permanence dans toutes les cellules ; la souris est jaune, obèse et sujette au diabète. Là où il est méthylé, le gène suit son contrôle normal et la souris est brune (« pseudoagouti »). Des sœurs de portée génétiquement identiques couvrent tout le spectre, et une mère jaune a plus de petits jaunes qu’une mère brune : l’épiallèle n’est qu’incomplètement effacé au travers de la lignée germinale maternelle. Waterland et Jirtle (2003) ont nourri des mères AvyA^{vy} gestantes avec un régime riche en donneurs de méthyle (folates, vitamine B12, choline, bétaïne) et ont déplacé le pelage des petits vers le brun. L’environnement d’une génération avait installé une marque que la suivante a portée.

Lire dans le chapitre →