Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Arrangements, permutations, combinaisons » ?

Aussi appelé : permutation

Définition 2.11 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 2 — Dénombrement

Soit EE un ensemble avec E=n\abs{E} = n, et soit 0kn0 \leq k \leq n.

  • Un kk-arrangement de EE est un kk-uplet injectif d’éléments de EE (une sélection ordonnée sans répétition) ;
  • une permutation de EE est une bijection de EE sur lui-même — de façon équivalente, un nn-arrangement ;
  • une kk-combinaison est une partie de EE à kk éléments (une sélection non ordonnée sans répétition). Leur nombre se note (nk)\binom{n}{k}, lu « kk parmi nn » .

Exemples

Exemple 2.14 (Ajouter une contrainte)

Poursuivons avec la table ronde : parmi les (n1)!(n-1)! tables de n3n \geq 3 convives, combien séparent deux convives donnés AA et BB (non voisins) ? Comptons le complémentaire. Les tables où AA et BB sont assis côte à côte : collons-les en un seul bloc — n1n - 1 objets autour de la table, soit (n2)!(n-2)! dispositions circulaires — puis ordonnons la paire à l’intérieur de son bloc (22 façons) : 2(n2)!2\,(n-2)! tables où ils sont voisins. Donc

(n1)!2(n2)!=(n2)!((n1)2)=(n3)(n2)!(n-1)! - 2\,(n-2)! = (n-2)!\,\bigl((n - 1) - 2\bigr) = (n-3)\,(n-2)!

tables les séparent. Vérifications : n=3n = 3 donne 00 (autour d’un triangle, tout le monde touche tout le monde) et n=4n = 4 donne 22, faciles à lister à la main. L’astuce du collage — traiter un bloc imposé comme un seul objet, puis compter ses dispositions internes — est le remède standard aux contraintes de voisinage, linéaires ou circulaires.

Exemple 2.18 (Une identité, deux démonstrations)

La spécialisation a=2a = 2, b=1b = 1 de la formule du binôme s’écrit

k=0n(nk)2k=3n.\sum_{k=0}^{n} \binom nk\,2^k = 3^n .

Voici la même identité sans le moindre calcul algébrique. Le membre de droite compte les mots de longueur nn sur l’alphabet {0,1,2}\{0, 1, 2\} (règle du produit). Classons chaque mot selon l’ensemble KK des positions portant une lettre non nulle : choisir KK avec K=k\abs K = k coûte (nk)\binom nk, puis chaque position de KK porte indépendamment 11 ou 22 : 2k2^k façons. La règle de somme sur kk donne le membre de gauche. Au-delà du plaisir de l’accord, les deux démonstrations ont des vertus différentes : l’algébrique se généralise à toute valeur de aa, la combinatoire explique la formule et s’adapte à des contraintes (interdire la lettre 22 en dernière position, par exemple) qu’aucune substitution ne capture. Garder les deux techniques actives est la compétence pratique que ce chapitre entraîne.

Exemple 2.6 (La finitude est essentielle)

Sur un ensemble fini, la Proposition 2.5 est un raccourci puissant : toute application injective de EE dans lui-même est automatiquement une permutation de EE — la moitié de la bijectivité est offerte. Les deux implications s’effondrent sur les ensembles infinis : nn+1n \mapsto n + 1 est injective de N\N dans N\N mais rate 00, et l’application NN\N \to \N qui envoie 000 \mapsto 0 et nn1n \mapsto n - 1 pour n1n \geq 1 est surjective sans être injective. Chaque fois que cette proposition est invoquée, l’hypothèse de finitude travaille réellement — un thème que le devoir maison du Chapitre 1 explore par l’autre bout, là où les ensembles infinis sont précisément ceux qui admettent de telles applications d’eux-mêmes dans eux-mêmes.

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