Biologie · Glossaire

Qu'est-ce que « Les commandes » ?

Définition 20.8 Biologie universitaire — 3e année · Chapitre 20 — Physiologie rénale et osmorégulation

Deux variables sont réglées séparément : le volume du liquide extracellulaire, qui est affaire de la quantité de sodium que retient le corps, et son osmolarité, qui est affaire d’eau. Le volume : les cellules de l’appareil juxtaglomérulaire, là où le tube distal touche l’artériole de son propre glomérule, libèrent de la rénine quand la pression artérielle ou le sel tubulaire baisse ; la rénine détache l’angiotensine I d’une protéine plasmatique, l’enzyme de conversion en fait l’angiotensine II, qui resserre les artérioles, stimule la soif, et libère l’aldostérone du cortex surrénalien, laquelle en quelques heures fait réabsorber du sodium (par le canal ENaC) et sécréter du potassium au tube distal et au tube collecteur. Les oreillettes distendues libèrent le peptide natriurétique, qui fait l’inverse. L’osmolarité : des osmorécepteurs de l’hypothalamus détectent une hausse de 1%1\,\% et libèrent en quelques minutes la vasopressine de l’hypophyse postérieure, et commandent la soif ; une baisse l’éteint. Le rein se règle aussi lui-même : le rétrocontrôle tubuloglomérulaire resserre l’artériole d’un néphron dont l’arrivée de sel distal est trop forte, ce qui tient la filtration de chaque néphron à ce que son tube peut traiter. Et l’équilibre acide-base : le tube proximal récupère le bicarbonate filtré, le tube collecteur sécrète des protons contre un gradient d’un facteur mille et les excrète tamponnés sur le phosphate et, surtout, en ammonium fabriqué à partir de la glutamine — la voie du corps pour se défaire de l’acide d’un régime riche en protéines.

La boucle rénine–angiotensine–aldostérone, le régulateur lent du sodium du corps et donc de son volume extracellulaire. L’angiotensine II agit d’un coup sur les vaisseaux, la surrénale, le cerveau et le rein ; le peptide natriurétique du cœur distendu s’y oppose.
La boucle rénine–angiotensine–aldostérone, le régulateur lent du sodium du corps et donc de son volume extracellulaire. L’angiotensine II agit d’un coup sur les vaisseaux, la surrénale, le cerveau et le rein ; le peptide natriurétique du cœur distendu s’y oppose.
À gauche : le cortex rénal en coupe — un glomérule dans sa capsule parmi les profils de tubes proximaux et distaux. À droite : un moulage vasculaire du cortex, chaque pelote de laine un glomérule avec ses vaisseaux afférent et efférent parmi les capillaires péritubulaires. À gauche : le cortex rénal en coupe — un glomérule dans sa capsule parmi les profils de tubes proximaux et distaux. À droite : un moulage vasculaire du cortex, chaque pelote de laine un glomérule avec ses vaisseaux afférent et efférent parmi les capillaires péritubulaires.
À gauche : le cortex rénal en coupe — un glomérule dans sa capsule parmi les profils de tubes proximaux et distaux. À droite : un moulage vasculaire du cortex, chaque pelote de laine un glomérule avec ses vaisseaux afférent et efférent parmi les capillaires péritubulaires.

Exemples

Exemple 20.9 (Deux journées)

Une journée sans eau : l’osmolarité plasmatique monte de 290290 vers 295mOsm/L295\,\mathrm{mOsm}/\mathrm{L}, la vasopressine s’élève en quelques minutes, les tubes collecteurs s’ouvrent à l’eau, l’urine se concentre à 1200mOsm/L1200\,\mathrm{mOsm}/\mathrm{L} et tombe à un demi-litre ; la personne a soif ; le volume perdu vient surtout des cellules, dont l’eau suit le sel extracellulaire. Un litre d’eau bu d’un coup : l’osmolarité baisse de 1%1\,\%, la vasopressine tombe à rien en vingt minutes, les tubes se ferment, et dans les deux heures qui suivent le rein laisse passer un litre d’urine à 50mOsm/L50\,\mathrm{mOsm}/\mathrm{L}. Une hémorragie d’un litre : la pression baisse, la rénine et la vasopressine montent toutes deux (le volume l’emporte sur l’osmolarité), les artérioles se resserrent, le sodium et l’eau sont gardés, et en une journée le volume plasmatique est refait — avec du liquide tiré de l’interstitium puis bu. Le diabète insipide, l’absence de vasopressine ou de son récepteur, produit 15L15\,\mathrm{L} d’urine diluée par jour et une soif à l’avenant ; l’insuffisance rénale, l’absence de filtration, laisse un corps qu’il faut filtrer par une machine trois fois par semaine, à travers une membrane dont la clairance n’est qu’une fraction de celle de deux reins.

Lire dans le chapitre →