Un microARN est codé dans le génome — par un gène propre ou par un intron d’un gène codant — et transcrit par l’ARN polymérase II sous forme d’un long transcrit primaire (pri-miARN) contenant une tige-boucle d’environ . Dans le noyau, la RNase III Drosha, avec son partenaire DGCR8, découpe la tige-boucle (le pré-miARN) ; l’exportine-5 la transporte dans le cytoplasme, où Dicer retire la boucle et laisse un duplex de . Un brin est chargé dans Argonaute. Le miARN mature reconnaît ses cibles surtout par sa graine, les nucléotides 2 à 8, qui s’apparie à des sites situés le plus souvent dans la région 3 non traduite d’un messager ; le reste du miARN s’apparie imparfaitement, de sorte que la cible n’est pas clivée mais réprimée : le RISC recrute des protéines qui raccourcissent la queue poly(A), retirent la coiffe et inhibent la traduction, et le messager est dégradé plus vite. Une graine ne faisant que sept nucléotides, un miARN a des centaines de cibles, et plus de la moitié des gènes codants humains portent des sites conservés pour au moins l’un des quelques centaines de miARN humains bien établis.
Exemples
Exemple 2.6 (Une répression d’un facteur quatre)
Un messager de demi-vie naturelle (), transcrit à molécules par minute, se tient à copies par cellule et met à parcourir la moitié du chemin vers un nouveau niveau après un changement de son promoteur. Un microARN qui triple sa constante de dégradation () le ramène à copies et ramène le temps de demi-approche à . Les mêmes nombres, lus à l’envers, montrent pourquoi l’invalidation d’un miARN donne souvent des phénotypes discrets : un facteur quatre sur un messager lui-même tamponné en aval peut laisser l’organisme presque normal, et l’effet ne se voit que sous contrainte ou dans la chronologie.