Le sang contient environ de glucose, à (), et le cerveau en brûle par jour et ne peut rien brûler d’autre ; un repas en délivre en une heure. Les îlots de Langerhans, un million d’amas de quelques milliers de cellules dispersés dans le pancréas, tiennent la boucle. Les cellules sentent le glucose en le métabolisant : plus de glucose, plus d’ATP, fermeture d’un canal potassique sensible à l’ATP, dépolarisation, entrée de calcium et exocytose de l’insuline, hormone peptidique découpée dans un précurseur unique. L’insuline dit au muscle et au tissu adipeux d’amener le transporteur GLUT4 à leur surface et de capter le glucose, au foie de stocker le glucose en glycogène et de cesser d’en fabriquer, et au tissu adipeux de cesser de libérer des acides gras : c’est l’hormone de l’état nourri, la seule qui abaisse la glycémie. Les cellules libèrent le glucagon quand le glucose baisse : le foie dégrade le glycogène et fabrique du glucose neuf à partir d’acides aminés et de lactate. L’adrénaline, le cortisol et l’hormone de croissance élèvent aussi le glucose, et la redondance n’est pas symétrique : un corps peut se défendre d’une baisse par quatre voies et d’une hausse par une seule. Le diabète sucré est la défaillance de cette seule voie : le type 1, destruction auto-immune des cellules , réclame de l’insuline dès le premier jour ; le type 2, neuf cas sur dix, commence par une résistance des tissus à l’insuline, à laquelle on répond des années durant par plus d’insuline, jusqu’à ce que les cellules ne suivent plus et que le glucose monte.