Une mycorhize est une association entre une racine et un champignon, présente chez neuf plantes sur dix. Dans la forme la plus répandue, les hyphes du champignon pénètrent dans les cellules du cortex et s’y ramifient en arbuscules, la surface d’échange, tandis qu’au-dehors un réseau d’hyphes de quelques micromètres explore le sol sur des mètres. Le champignon livre le phosphate et d’autres ions peu mobiles, ainsi que de l’eau, que les poils absorbants de la racine n’atteindraient pas ; la plante livre du sucre, un dixième ou plus de sa photosynthèse. Les arbres des forêts tempérées portent une seconde forme, où le champignon gaine les extrémités racinaires et se faufile entre les cellules ; ses fructifications sont les champignons du sous-bois.
Exemples
Exemple 23.14 (Pourquoi le phosphate exige un champignon)
Le phosphate se lie aux particules du sol et diffuse d’un millimètre par jour ; un poil absorbant prélève en quelques heures tout le phosphate à sa portée, puis attend. Des hyphes dix fois plus fines qu’un poil absorbant atteignent dix fois plus loin par gramme de tissu, et un mètre d’hyphe coûte à la plante le millième de ce que coûte un mètre de racine. Pour le nitrate, qui circule librement avec l’eau du sol, les poils de la racine suffisent, et les plantes des sols riches en nitrate réduisent leur champignon ; pour le phosphate, le champignon est le prolongement de la racine.