Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Espace dual, base duale » ?

Aussi appelé : espace dual · base duale

Définition 2.1 Mathématiques universitaires — Licence 2 · Chapitre 2 — Algèbre linéaire

Le dual de EE est E=L(E,K)E^* = \mathcal{L}(E, K), l’espace des formes linéaires. Si B=(e1,,en)\mathcal{B} = (e_1, \dots, e_n) est une base de EE, les formes coordonnées e1,,ene_1^*, \dots, e_n^* définies par ei(ej)=δije_i^*(e_j) = \delta_{ij} (Kronecker : 11 si i=ji = j, sinon 00) forment la base duale B\mathcal{B}^* de EE^* ; en particulier dimE=dimE\dim E^* = \dim E, et

x=i=1nei(x)ei(xE),φ=i=1nφ(ei)ei(φE).x = \sum_{i=1}^{n} e_i^*(x)\, e_i \quad (x \in E), \qquad \varphi = \sum_{i=1}^{n} \varphi(e_i)\, e_i^* \quad (\varphi \in E^*).

Exemples

Exemple 2.2

Sur Kn[X]K_n[X] avec la base (1,X,,Xn)(1, X, \dots, X^n) : la base duale est PP(k)(0)k!P \mapsto \frac{P^{(k)}(0)}{k!} (coefficients de Taylor). Une autre base du dual : les évaluations PP(xi)P \mapsto P(x_i) en n+1n + 1 points distincts — sa base « préduale » dans Kn[X]K_n[X] est exactement la famille des polynômes de Lagrange LiL_i (volume de première année), puisque Li(xj)=δijL_i(x_j) = \delta_{ij}. L’interpolation est la dualité.

Exemple 2.4 (Une base duale de R2\R^2, entièrement calculée)

Pour la base b1=(1,1)b_1 = (1, 1), b2=(1,1)b_2 = (1, -1) de R2\R^2 : la base duale (b1,b2)(b_1^*, b_2^*) doit vérifier bi(bj)=δijb_i^*(b_j) = \delta_{ij}. En écrivant b1(x,y)=αx+βyb_1^*(x, y) = \alpha x + \beta y, les conditions α+β=1\alpha + \beta = 1 et αβ=0\alpha - \beta = 0 donnent

b1(x,y)=x+y2,et de meˆmeb2(x,y)=xy2.b_1^*(x, y) = \frac{x + y}{2}, \qquad\text{et de même}\qquad b_2^*(x, y) = \frac{x - y}{2} .

Vérifications de bon sens : b1b_1^* n’est pas e1+e2e_1^* + e_2^* évalué naïvement — la base duale dépend de la base entière, pas de chaque vecteur séparément (remplacer b2b_2 par (0,1)(0, 1) change b1b_1^* en xxx \mapsto x). Et la formule de décomposition marche : (x,y)=x+y2b1+xy2b2(x, y) = \frac{x+y}2\,b_1 + \frac{x-y}2\,b_2, la décomposition paire/impaire d’un couple — les bases duales sont des extracteurs de coordonnées, et celle-ci extrait les parties symétrique et antisymétrique.

Exemple 2.9 (La transposée, coefficient par coefficient)

Soit u ⁣:R2R3u \colon \R^2 \to \R^3 de matrice A=(120130)A = \left(\begin{smallmatrix} 1 & 2\\ 0 & 1\\ 3 & 0\end{smallmatrix}\right) dans les bases canoniques. Pour ψ=b1f1+b2f2+b3f3(R3)\psi = b_1f_1^* + b_2f_2^* + b_3f_3^* \in (\R^3)^*, calculons uT(ψ)=ψuu^{\mathsf T}(\psi) = \psi \circ u sur la base de R2\R^2 :

(ψu)(e1)=ψ(1,0,3)=b1+3b3,(ψu)(e2)=ψ(2,1,0)=2b1+b2.(\psi \circ u)(e_1) = \psi(1, 0, 3) = b_1 + 3b_3, \qquad (\psi \circ u)(e_2) = \psi(2, 1, 0) = 2b_1 + b_2 .

Ainsi uT(ψ)=(b1+3b3)e1+(2b1+b2)e2u^{\mathsf T}(\psi) = (b_1 + 3b_3)\,e_1^* + (2b_1 + b_2)\,e_2^*, et dans les bases duales la matrice de uTu^{\mathsf T} est

(103210)=AT:\begin{pmatrix} 1 & 0 & 3\\ 2 & 1 & 0\end{pmatrix} = A^{\mathsf T} :

la transposée abstraite est la matrice retournée, sans aucun calcul à croire sur parole. Notons le mécanisme : la jj-ème colonne de AA est devenue la jj-ème ligne de la nouvelle matrice parce que ψu\psi \circ u lit les sorties de uu à travers les coefficients de ψ\psi.

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