Une (ou ) mesurable est intégrable si ; alors (parties positive et négative ; parties réelle et imaginaire dans le cas complexe). L’intégrale est linéaire sur les fonctions intégrables (décomposer et recombiner les parties positives ; le cas complexe se ramène au réel) et satisfait (cas réel : ; cas complexe : multiplier par une constante unimodulaire pour rendre l’intégrale réelle). Une propriété vaut presque partout (p.p.) si elle échoue seulement sur un ensemble -nul ; modifier sur un ensemble nul ne change aucune intégrale (la différence est dominée par , d’intégrale ).
Exemples
Exemple 10.13
est nulle part continue : non Riemann-intégrable — mais Lebesgue-triviale : . La fonction de Thomae ( aux rationnels , ailleurs) est continue exactement aux irrationnels : Riemann-intégrable d’intégrale . Et les intégrales de Riemann impropres sont une notion différente : converge comme limite de (le problème du week-end calcule qu’elle vaut ), mais : l’intégrale absolue diverge comme la série harmonique (Exercice 10.6). La théorie de Lebesgue échange la convergence conditionnelle contre des théorèmes de limite robustes.
Exemple 10.16 (La fonction gamma)
Pour soit
L’intégrale converge : près de , est intégrable () ; à l’infini, . L’intégration par parties (sur , puis limites via TCM) donne l’équation fonctionnelle , d’où : la factorielle interpolée. Sur tout , est dominé par , intégrable : est , et par induction , avec . La valeur est l’intégrale gaussienne déguisée (Problème 10.1).