Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Relation d’ordre » ?

Définition 1.33 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 1 — Logique, ensembles et applications

Une relation \preceq sur EE est un ordre lorsqu’elle est réflexive, antisymétrique (xyx \preceq y et yxy \preceq x entraînent x=yx = y) et transitive. L’ordre est total lorsque deux éléments quelconques sont comparables, partiel sinon. Un élément MAEM \in A \subseteq E est un plus grand élément de AA lorsque aMa \preceq M pour tout aAa \in A ; les plus grands (et les plus petits) éléments sont uniques lorsqu’ils existent.

Exemples

Exemple 1.34

(R,)(\R, \leq) est totalement ordonné. (P(E),)(\mathcal{P}(E), \subseteq) est partiellement ordonné dès que EE a deux éléments : {a}\{a\} et {b}\{b\} ne sont pas comparables. La partie A={{a},{b}}A = \{\{a\}, \{b\}\} de P({a,b})\mathcal{P}(\{a,b\}) n’a pas de plus grand élément, et pourtant elle admet le majorant {a,b}\{a, b\} : la distinction entre plus grand élément et majorant reviendra, pour R\R, au Chapitre 10.

Exemple 1.35 (Deux ordres sur la grille N2\N^2)

Sur les couples d’entiers naturels, comparons composante par composante : (a,b)(a,b)(a, b) \preceq (a', b') lorsque aaa \leq a' et bbb \leq b' (l’ordre produit). C’est bien un ordre — chaque axiome est hérité coordonnée par coordonnée — mais un ordre partiel : (1,3)(1, 3) et (2,0)(2, 0) sont incomparables. Comparons maintenant comme un dictionnaire : (a,b)lex(a,b)(a, b) \preceq_{\mathrm{lex}} (a', b') lorsque a<aa < a', ou bien a=aa = a' et bbb \leq b' (l’ordre lexicographique). La transitivité demande une vérification en deux cas mais elle est vraie, et deux couples quelconques sont désormais comparables : l’ordre est total. Les deux ordres classent le même ensemble différemment — (0,100)lex(1,0)(0, 100) \preceq_{\mathrm{lex}} (1, 0) alors que l’ordre produit ne dit rien — ce qui rappelle qu’un ordre est une structure que l’on choisit, et non une propriété de l’ensemble. La comparaison lexicographique est aussi l’astuce standard pour transformer plusieurs critères de tri en un seul.

Exemple 1.7 (Ordre des quantificateurs)

L’ordre de deux quantificateurs différents compte :

xR, yR, y>xest vraie (prendre y=x+1),\forall x \in \R,\ \exists y \in \R,\ y > x \quad\text{est vraie (prendre } y = x+1\text{),}
yR, xR, y>xest fausse (aucun reˊel ne deˊpasse tous les reˊels).\exists y \in \R,\ \forall x \in \R,\ y > x \quad\text{est fausse (aucun réel ne dépasse tous les réels).}

Dans la première assertion, yy peut dépendre de xx ; dans la seconde, un seul et même yy doit convenir pour tous les xx. Deux quantificateurs identiques, en revanche, commutent toujours.

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