Une suite est une suite de Cauchy lorsque ses termes deviennent arbitrairement proches les uns des autres :
Exemples
Exemple 11.19 (Vérifier la propriété de Cauchy à la main)
Soit — aucune monotonie, aucune limite devinable. Pour :
par l’inégalité triangulaire, et une somme géométrique finie. Étant donné , choisissons avec : tous les écarts au-delà de sont , la suite est de Cauchy, donc converge — vers une limite que personne ne sait nommer sous forme close, et c’est précisément le propos. L’idée à retenir : la domination géométrique des accroissements est la façon standard de gagner la propriété de Cauchy, et le Chapitre 17 mettra l’argument en bouteille sous le nom « la convergence absolue implique la convergence ».
Exemple 11.22 (Une suite de Cauchy à limite invisible)
Soit . Pour :
donc au-delà de tous les écarts sont : est de Cauchy, donc converge. Remarquons ce qui vient de se passer : nous avons prouvé qu’un nombre réel précis existe sans en avoir le moindre nom. (C’est — une célèbre identité d’Euler, démontrée dans le volume de Licence 2 ; rien dans ce chapitre ne pouvait nous l’apprendre.) Cette division du travail — l’existence maintenant, l’identification plus tard, si jamais — est tout le propos du critère de Cauchy, et le moteur de la théorie des séries au Chapitre 17.