Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Anneau intègre, corps » ?

Aussi appelé : anneau intègre · corps

Définition 7.22 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 7 — Structures algébriques

Un anneau commutatif A{0}A \neq \{0\} est un anneau intègre lorsqu’il n’a pas de diviseur de zéro : ab=0    a=0ab = 0 \implies a = 0 ou b=0b = 0. C’est un corps lorsque tout élément non nul est inversible. Tout corps est intègre (ab=0ab = 0 et a0a \neq 0 donnent b=a1ab=0b = a^{-1}ab = 0).

Exemples

Exemple 7.19 (Idempotents : des phénomènes nouveaux dans des anneaux nouveaux)

Dans Z\Z, l’équation x2=xx^2 = x, c’est-à-dire x(x1)=0x(x - 1) = 0, n’a que les solutions 00 et 11. Dans Z/6Z\Z/6\Z, en testant toutes les classes : 02=0\overline0^2 = \overline0, 12=1\overline1^2 = \overline1, 32=9=3\overline3^2 = \overline9 = \overline3 et 42=16=4\overline4^2 = \overline{16} = \overline4quatre idempotents. Les deux exotiques proviennent de diviseurs de zéro : 3(31)=3×2=6=0\overline3\,(\overline3 - \overline1) = \overline3 \times \overline2 = \overline6 = \overline0, sans qu’aucun des deux facteurs ne soit nul. De tels calculs recalibrent l’intuition : les faits familiers sur les équations survivent dans les anneaux intègres et dans les corps, mais un anneau quelconque peut se comporter — et se comporte — tout autrement ; voir aussi les anneaux de Boole de l’Exercice 7.10, où tout élément est idempotent.

Exemple 7.26 (Combien de racines carrées de 11 ?)

Résolvons x2=1x^2 = \overline 1 dans Z/8Z\Z/8\Z puis dans Z/7Z\Z/7\Z. En testant les huit classes modulo 88 : 12=11^2 = 1, 32=913^2 = 9 \equiv 1, 52=2515^2 = 25 \equiv 1, 72=4917^2 = 49 \equiv 1quatre solutions {1,3,5,7}\{\overline1, \overline3, \overline5, \overline7\}, alors même que le polynôme X21X^2 - 1 est de degré 22. Dans le corps Z/7Z\Z/7\Z, en revanche, x2=1x^2 = \overline1 signifie (x1)(x+1)=0(x - \overline1)(x + \overline1) = \overline0, et un corps n’a pas de diviseur de zéro : x=±1x = \pm\overline1, deux solutions seulement. L’échec modulo 88 s’explique : (31)(3+1)=2×4=80(3-1)(3+1) = 2 \times 4 = 8 \equiv 0 sans qu’aucun des deux facteurs ne s’annule. Morale : la règle familière « une équation de degré dd a au plus dd racines » est un théorème sur les anneaux intègres (le Corollaire 8.8 le démontre sur un corps) ; dans un anneau à diviseurs de zéro, elle tombe en défaut sans prévenir — et c’est exactement pourquoi la démonstration par appariement du théorème de Wilson (Exercice 6.11) exigeait pp premier.

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