Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Anneau » ?

Définition 7.17 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 7 — Structures algébriques

Un anneau (A,+,×)(A, +, \times) est un ensemble muni de deux lois telles que : (A,+)(A, +) est un groupe abélien (de neutre 00) ; ×\times est associative et possède un élément neutre 11 ; et ×\times est distributive par rapport à ++ des deux côtés. L’anneau est commutatif lorsque ×\times l’est. Un élément aa est inversible (on dit aussi que c’est une unité) lorsque ab=ba=1ab = ba = 1 pour un certain bb ; les inversibles forment un groupe (A×,×)(A^\times, \times).

Exemples

Exemple 7.18

Z,Q,R,C\Z, \Q, \R, \C sont des anneaux commutatifs ; Z×={1,1}\Z^\times = \{1, -1\}, Q×=Q\Q^\times = \Q^*. Plus tard : les anneaux de polynômes K[X]K[X] (Chapitre 8), les anneaux de matrices (non commutatifs, Chapitre 21), et Z/nZ\Z/n\Z ci-dessous. Dans tout anneau, 0×a=00 \times a = 0 (par distributivité : 0a=(0+0)a=0a+0a0a = (0+0)a = 0a + 0a), et (1)a=a(-1)a = -a.

Exemple 7.19 (Idempotents : des phénomènes nouveaux dans des anneaux nouveaux)

Dans Z\Z, l’équation x2=xx^2 = x, c’est-à-dire x(x1)=0x(x - 1) = 0, n’a que les solutions 00 et 11. Dans Z/6Z\Z/6\Z, en testant toutes les classes : 02=0\overline0^2 = \overline0, 12=1\overline1^2 = \overline1, 32=9=3\overline3^2 = \overline9 = \overline3 et 42=16=4\overline4^2 = \overline{16} = \overline4quatre idempotents. Les deux exotiques proviennent de diviseurs de zéro : 3(31)=3×2=6=0\overline3\,(\overline3 - \overline1) = \overline3 \times \overline2 = \overline6 = \overline0, sans qu’aucun des deux facteurs ne soit nul. De tels calculs recalibrent l’intuition : les faits familiers sur les équations survivent dans les anneaux intègres et dans les corps, mais un anneau quelconque peut se comporter — et se comporte — tout autrement ; voir aussi les anneaux de Boole de l’Exercice 7.10, où tout élément est idempotent.

Exemple 7.21 (La formule du binôme dans un anneau inhabituel)

Deux bénéfices immédiats de cette généralité. Dans Z/pZ\Z/p\Z (pp premier), les coefficients binomiaux intermédiaires sont nuls (c’est la première étape du Théorème 6.23), de sorte que la formule s’effondre en le rêve du débutant

(a+b)p=ap+bpdans Z/pZ,(a + b)^p = a^p + b^p \qquad \text{dans } \Z/p\Z ,

une véritable identité dans cet anneau, si criminelle qu’elle paraisse sur R\R. Et dans tout anneau commutatif contenant un élément ε\varepsilon tel que ε2=0\varepsilon^2 = 0, la formule se tronque : (a+ε)n=an+nan1ε(a + \varepsilon)^n = a^n + n\,a^{n-1}\varepsilon, tous les termes suivants portant un facteur ε2=0\varepsilon^2 = 0. Le coefficient nan1n\,a^{n-1} de ε\varepsilon est la dérivée de xnx^n — ce n’est pas un hasard, et c’est un premier indice que les dérivées relèvent autant de l’algèbre que de l’analyse (comparer avec la dérivée formelle du Chapitre 8).

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