L’adjointu∗ de u∈L(E) est défini par ⟨u∗(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩ ; dans une base orthonormée, Mat(u∗)=AT=:A† (transconjuguée) — en effet, si B=(bij) est la matrice de u∗ dans la base orthonormée (ei), alors bij=⟨ei,u∗(ej)⟩, et l’identité de définition donne
bij=⟨u∗(ej),ei⟩=⟨ej,u(ei)⟩=aji,doncB=AT.
u est hermitien lorsque u∗=u (A†=A), unitaire lorsque u∗u=id (A†A=I : le groupe U(n)), normal lorsque u∗u=uu∗.
Exemples
Exemple 13.7(Une matrice anti-hermitienne, diagonalisée)
A=(02−20) vérifie A†=AT=−A : anti-hermitienne (et aussi réelle antisymétrique — sur R elle n’a aucune valeur propre). Polynôme caractéristiqueX2+4 : valeurs propres±2i, imaginaires pures, comme le prévoit en général l’Exercice 13.9. Vecteurs propres : (A−2iI)v=0 donne v1=21(1,i), et v2=21(1,−i) pour −2i ; ils sont orthogonaux :
⟨v1,v2⟩=21(1⋅1+i⋅(−i))=21(1−1)=0.
Donc A=Udiag(2i,−2i)U† avec U=(v1v2)unitaire. Idée finale : H=−iA=(0−2i2i0) est hermitienne, de spectre réel {±2} et de mêmes vecteurs propres — la bijection u↦iu entre endomorphismes hermitiens et anti-hermitiens (Exercice 13.9), vue matrice par matrice ; sur R, la même A est une rotation-homothétie sans aucun vecteur propre, et seul le passage à C révèle sa forme normale.
Exemple 13.9
A=(0i−i0) est hermitienne (A†=A) : valeurs propres tirées de χA=X2−1 : ±1 (réelles, comme promis), avec vecteurs propres orthonormés 21(1,i)T et 21(1,−i)T. (Les physiciens connaissent A comme une matrice de Pauli ; c’est parce que les spectreshermitiens sont réels que les observables quantiques sont modélisées par des opérateurs hermitiens.)
Exemple 13.10(Une matrice hermitienne définie positive, traitée)
A=(21+i1−i3) : hermitienne, puisque la diagonale est réelle et les coefficients hors diagonale sont conjugués. Polynôme caractéristique :
(2−λ)(3−λ)−∣1−i∣2=λ2−5λ+4=(λ−1)(λ−4):
spectre{1,4}, réel et positif — A est définie positive. Vecteurs propres : pour λ=4, le système (A−4I)v=0 donne v4=(1−i,2) (vérifier la seconde ligne : (1+i)(1−i)−2=0) ; pour λ=1, v1=(1−i,−1). Orthogonalité, avec le conjugué dans la première variable :
⟨v4,v1⟩=(1−i)(1−i)+2(−1)=2−2=0.✓
En normalisant (∥v4∥2=2+4=6, ∥v1∥2=2+1=3), on obtient la matrice unitaireU=(6v43v1) avec A=Udiag(4,1)U†. Idée finale : la lecture de Rayleigh est immédiate — sur la sphère unité de C2, ⟨x,Ax⟩ parcourt [1,4], atteint aux deux vecteurs propres ; c’est le germe en n=2 de la théorie de Courant–Fischer construite dans le problème du week-end. Vérifions au passage que la forme est réelle aussi en dehors des vecteurs propres : en x=(1,i),