Pour des solutions du système homogène, le wronskien est . D’après l’isomorphisme ci-dessus, ou bien s’annule identiquement (la famille est liée), ou bien ne s’annule jamais (un système fondamental) ; quantitativement, , donc
Exemples
Exemple 16.7 (Liouville vérifiée sur une équation d’Euler)
Sur , l’équation a pour solutions et (par substitution). Leur wronskien :
jamais nul : un système fondamental. Vérifions maintenant Liouville : sous forme normalisée , la matrice compagnon a pour trace , donc
Éclairage final : Liouville prédit la forme du wronskien avant même de connaître aucune solution — ici, que doit valoir ; c’est ce qui alimente la méthode d’abaissement de l’ordre (Proposition 16.15), où la connaissance de et de la forme du wronskien détermine par une seule quadrature.
Exemple 16.5 (L’isomorphisme d’évaluation, concrètement)
Pour , vue comme le système avec : le théorème dit que l’espace des solutions est un plan, et que est un isomorphisme sur . Les solutions et s’évaluent en et — la base canonique de — elles forment donc une base de l’espace des solutions, et toute solution s’écrit
avec les coefficients lus directement sur les données initiales, sans aucun système linéaire à résoudre. Éclairage final : choisir le système fondamental dont les valeurs initiales forment la base canonique (ici ) revient exactement à choisir les colonnes de ; l’isomorphisme d’évaluation explique pourquoi les conditions initiales paramètrent les trajectoires — le contenu géométrique de la « dynamique déterministe » pour les équations linéaires.