Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « espace métrique » ?

Définition 4.1 Mathématiques universitaires — Licence 2 · Chapitre 4 — Topologie des espaces métriques

Un espace métrique est un ensemble XX muni d’une application d ⁣:X×XR+d \colon X \times X \to \R_+ telle que, pour tous x,y,zx, y, z :

d(x,y)=0    x=y,d(x,y)=d(y,x),d(x,z)d(x,y)+d(y,z).d(x,y) = 0 \iff x = y, \qquad d(x,y) = d(y,x), \qquad d(x,z) \leq d(x,y) + d(y,z).

Boules : B(a,r)={x:d(a,x)<r}B(a, r) = \{x : d(a,x) < r\} (ouverte), B(a,r)={x:d(a,x)r}\overline B(a,r) = \{x : d(a,x) \leq r\} (fermée). Une partie AXA \subseteq X devient un espace métrique pour la distance induite.

Exemples

Exemple 4.2

R\R avec xy\abs{x - y} ; Rn\R^n avec l’une des distances

d1(x,y)=ixiyi,d2(x,y)=(i(xiyi)2)1/2,d(x,y)=maxixiyi;d_1(x,y) = \sum_i \abs{x_i - y_i}, \quad d_2(x,y) = \Bigl(\sum_i (x_i - y_i)^2\Bigr)^{1/2}, \quad d_\infty(x,y) = \max_i \abs{x_i - y_i};

l’ensemble C([a,b])C(\intcc{a}{b}) des fonctions continues avec la distance sup d(f,g)=sup[a,b]fgd_\infty(f, g) = \sup_{\intcc{a}{b}} \abs{f - g} (finie : fgf - g est bornée) ; tout ensemble muni de la distance discrète (d(x,y)=1d(x,y) = 1 pour xyx \neq y). Les distances issues de normes font l’objet du Chapitre 5.

Exemple 4.4 (Intérieur, adhérence, frontière sur un ensemble)

Dans R\R, soit A=(0,1]{2}A = \intoc{0}{1} \cup \{2\}. Intérieur : (0,1)\intoo{0}{1} — autour de tout x(0,1)x \in \intoo01 une petite boule reste dans AA ; autour de 11, toute boule (1r,1+r)\intoo{1-r}{1+r} fuit de AA vers la droite, donc 11 n’est pas intérieur ; et le point isolé 22 ne l’est pas non plus. Adhérence : [0,1]{2}\intcc{0}{1} \cup \{2\} (le point 00 est une limite de AA, rien d’autre n’est ajouté). Frontière (adhérence privée de l’intérieur) : {0,1,2}\{0, 1, 2\}. Notez les asymétries à retenir : une extrémité peut appartenir à un ensemble sans être intérieure (11), peut être adhérente sans y appartenir (00), et un point isolé est sa propre frontière (22). La même comptabilité s’applique mot pour mot dans tout espace métrique, avec des boules à la place des intervalles.

Exemple 4.19 (Distances entre ensembles : la compacité gagne son pain)

Soit KK compact, FF fermé, KF=K \cap F = \emptyset dans un espace métrique. Alors

d(K,F)=inf{d(x,y):xK, yF}>0:d(K, F) = \inf\,\{d(x, y) : x \in K,\ y \in F\} > 0 :

la fonction xd(x,F)x \mapsto d(x, F) est continue (Exercice 4.11) et positive sur KK (d(x,F)=0d(x, F) = 0 mettrait xF=Fx \in \overline F = F), donc elle atteint un minimum positif sur le compact KK (Théorème 4.16 (3)). La compacité n’est pas décorative : pour deux ensembles fermés l’infimum peut s’annuler sans être atteint — dans R2\R^2, l’hyperbole F1={xy=1}F_1 = \{xy = 1\} et l’axe F2={y=0}F_2 = \{y = 0\} sont deux fermés disjoints avec d(F1,F2)=0d(F_1, F_2) = 0 (les points (n,1n)(n, \frac1n) approchent l’axe). La fuite à l’infini est exactement ce que la compacité interdit.

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