Soient et deux groupes. Une application est un morphisme lorsque
On a alors et . Le noyau et l’image de sont
Un morphisme bijectif est un isomorphisme ; son application réciproque est alors automatiquement un morphisme.
Exemples
Exemple 7.12
est un morphisme (), bijectif (Proposition 4.1) : les structures additive et multiplicative sont isomorphes — la raison d’être historique des logarithmes. Autre morphisme : , de sur le cercle unité , de noyau .
Exemple 7.13 (Le morphisme signe)
L’application qui envoie sur son signe est un morphisme : le signe d’un produit est le produit des signes. Son noyau est (un sous-groupe, comme le promet Définition 7.10), son image est tout entier : surjectif, massivement non injectif. Deux leçons générales en miniature. D’abord, un morphisme peut écraser de l’information : ne retient de qu’un seul bit, et c’est là sa vertu — les raisonnements de signe sont exactement les calculs qui se factorisent par . Ensuite, les morphismes à valeurs dans sont les « invariants » les plus simples : la signature des permutations, construite dans le devoir maison de ce chapitre, est le même phénomène sur le groupe , et tous les raisonnements de parité qu’elle alimente passent par un tel morphisme à deux valeurs.