Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Groupe » ?

Aussi appelé : groupe abélien

Définition 7.3 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 7 — Structures algébriques

Un groupe (G,)(G, *) est un ensemble muni d’une loi associative admettant un élément neutre et dans lequel tout élément possède un inverse. Le groupe est abélien lorsque la loi est commutative.

Deux groupes à quatre éléments : U_4 = \e, , -1, - \ (à gauche) et le groupe du rectangle (à droite), les positions du neutre étant grisées. À gauche, le neutre serpente (un élément d’ordre 4 engendre tout) ; à droite, il remplit la diagonale (tout élément a pour carré e). Aucun changement de noms ne transforme une table en l’autre : les groupes ne sont pas isomorphes.
Deux groupes à quatre éléments : U4={e,i,1,i}\mathbb U_4 = \{e, \iu, -1, -\iu\} (à gauche) et le groupe du rectangle (à droite), les positions du neutre étant grisées. À gauche, le neutre serpente (un élément d’ordre 44 engendre tout) ; à droite, il remplit la diagonale (tout élément a pour carré ee). Aucun changement de noms ne transforme une table en l’autre : les groupes ne sont pas isomorphes.

Exemples

Exemple 7.4

(Z,+)(\Z, +), (Q,+)(\Q, +), (R,+)(\R, +), (C,+)(\C, +) ; (Q,×)(\Q^*, \times), (R,×)(\R^*, \times), (C,×)(\C^*, \times), (Un,×)(\mathbb{U}_n, \times) (racines de l’unité, Définition 3.17) ; l’ensemble S(E)\mathfrak{S}(E) des bijections d’un ensemble EE sur lui-même, muni de la composition — le groupe symétrique de EE, non abélien dès que E3\abs E \geq 3. Ne sont pas des groupes : (N,+)(\N, +) (pas d’inverses), (Z,×)(\Z, \times) (seuls ±1\pm 1 sont inversibles).

Exemple 7.6 (Les symétries d’un rectangle)

Un rectangle (non carré) admet exactement quatre isométries de lui-même sur lui-même : l’identité ee, la symétrie d’axe horizontal hh, la symétrie d’axe vertical vv, et le demi-tour rr autour du centre. La composition fait de cet ensemble à quatre éléments un groupe : chaque élément est son propre inverse (h2=v2=r2=eh^2 = v^2 = r^2 = e), et le produit de deux éléments distincts autres que le neutre est le troisième (hv=vh=rhv = vh = r : composer les deux symétries axiales donne le demi-tour). La table est symétrique, donc le groupe est abélien — et pourtant ce n’est pas le même groupe que celui des rotations U4\mathbb U_4 de l’Exemple 7.15 : là, i\iu est d’ordre 44, tandis qu’ici tout élément est d’ordre 2\leq 2. Deux groupes de même taille peuvent donc avoir des structures multiplicatives véritablement différentes — la figure ci-dessous affiche les deux tables côte à côte. Ce groupe à quatre éléments réapparaîtra sous la forme {±1}×{±1}\{\pm1\} \times \{\pm1\}, et l’Exercice 7.7 explique pourquoi tout groupe dont tous les carrés sont triviaux est, comme celui-ci, nécessairement abélien.

Exemple 7.13 (Le morphisme signe)

L’application s ⁣:(R,×)({±1},×)s \colon (\R^*, \times) \to (\{\pm1\}, \times) qui envoie xx sur son signe est un morphisme : le signe d’un produit est le produit des signes. Son noyau est (0,+)\intoo0{+\infty} (un sous-groupe, comme le promet Définition 7.10), son image est {±1}\{\pm1\} tout entier : surjectif, massivement non injectif. Deux leçons générales en miniature. D’abord, un morphisme peut écraser de l’information : ss ne retient de xx qu’un seul bit, et c’est là sa vertu — les raisonnements de signe sont exactement les calculs qui se factorisent par ss. Ensuite, les morphismes à valeurs dans {±1}\{\pm1\} sont les « invariants » les plus simples : la signature des permutations, construite dans le devoir maison de ce chapitre, est le même phénomène sur le groupe Sn\mathfrak S_n, et tous les raisonnements de parité qu’elle alimente passent par un tel morphisme à deux valeurs.

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