Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Somme, somme directe » ?

Aussi appelé : somme directe · sous-espaces supplémentaires

Définition 18.7 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 18 — Espaces vectoriels

Pour des sous-espaces F,GF, G de EE :

F+G={u+v:uF, vG}F + G = \{\,u + v : u \in F,\ v \in G\,\}

est un sous-espace (le plus petit contenant FGF \cup G). La somme est directe, notée FGF \oplus G, lorsque tout élément de F+GF + G se décompose de façon unique en u+vu + v ; de façon équivalente (voir ci-dessous) lorsque FG={0}F \cap G = \{0\}. Quand E=FGE = F \oplus G, les sous-espaces sont supplémentaires dans EE.

Deux décompositions d’un même point de ℝ2 selon F (l’axe des x) : avec le supplémentaire G (descente verticale) et avec le supplémentaire G' (descente oblique). Les composantes sur F diffèrent : une projection dépend de la direction de descente.
Deux décompositions d’un même point de R2\R^2 selon FF (l’axe des xx) : avec le supplémentaire GG (descente verticale) et avec le supplémentaire GG' (descente oblique). Les composantes sur FF diffèrent : une projection dépend de la direction de descente.

Exemples

Exemple 18.8 (Une somme de deux droites)

Dans R3\R^3, posons F=Vect((1,0,1))F = \operatorname{Vect}\bigl((1,0,1)\bigr) et G=Vect((0,1,1))G = \operatorname{Vect}\bigl((0,1,1)\bigr). Leur somme est

F+G={a(1,0,1)+b(0,1,1)}={(a, b, a+b)}={(x,y,z):z=x+y},F + G = \{\,a(1,0,1) + b(0,1,1)\,\} = \{(a,\ b,\ a + b)\} = \{(x, y, z) : z = x + y\},

le plan passant par l’origine et contenant les deux droites. Il est strictement plus gros que la réunion FGF \cup G (la simple croix formée des deux droites) : le vecteur (1,1,2)=(1,0,1)+(0,1,1)(1, 1, 2) = (1,0,1) + (0,1,1) est dans la somme mais sur aucune des deux droites. Et FG={0}F \cap G = \{0\} (un vecteur commun impose a(1,0,1)=b(0,1,1)a(1,0,1) = b(0,1,1), dont les deux premières coordonnées forcent a=b=0a = b = 0) : la somme est directe, et FGF \oplus G est exactement ce plan.

Exemple 18.11

Dans F(R,R)\mathcal{F}(\R, \R), les fonctions paires P\mathcal{P} et les fonctions impaires I\mathcal{I} sont supplémentaires : toute ff s’écrit

f(x)=f(x)+f(x)2paire+f(x)f(x)2impaire,f(x) = \underbrace{\frac{f(x) + f(-x)}{2}}_{\text{paire}} + \underbrace{\frac{f(x) - f(-x)}{2}}_{\text{impaire}},

et une fonction à la fois paire et impaire est nulle. (Appliqué à exp\exp, c’est le couple (cosh,sinh)(\cosh, \sinh) du Chapitre 4.)

Exemple 18.12 (Un couple de supplémentaires dans Kn[X]K_n[X])

Fixons aKa \in K et posons F={PKn[X]:P(a)=0}F = \{P \in K_n[X] : P(a) = 0\}, G=Vect(1)G = \operatorname{Vect}(1) (les constantes). Alors Kn[X]=FGK_n[X] = F \oplus G. En effet FGF \cap G est formé des constantes s’annulant en aa, c’est-à-dire {0}\{0\} ; et tout PP se décompose en

P=(PP(a))F+P(a)G.P = \underbrace{\bigl(P - P(a)\bigr)}_{\in F} + \underbrace{P(a)}_{\in G} .

La décomposition mérite d’être mémorisée : retrancher la valeur en un point est la façon standard de projeter sur les « fonctions s’annulant en aa ». Remarquons que FF est un gros sous-espace et GG un tout petit ; un couple de supplémentaires n’a aucune raison d’être équilibré.

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