Soit un anneau intègre, . On dit que divise () si . Des éléments sont associés si avec (de façon équivalente ). Un élément non nul non inversible est :
- irréductible si force ou ;
- premier si force ou (i.e. l’idéal est premier).
Exemples
Exemple 2.20 (Un anneau sans factorisation unique)
Aucune des implications euclidien PID UFD n’est une équivalence, et l’échec de la dernière mérite d’être vu une fois en détail complet. Dans
la norme est multiplicative et ssi . Considérer
Les quatre facteurs sont irréductibles : leurs normes sont , et une factorisation propre forcerait — or ne vaut jamais ni ( laisse les non-carrés ; donne ). Pourtant n’est associé ni à ni à (normes ) : deux factorisations véritablement différentes de en irréductibles. De façon équivalente, irréductible premier ici : divise le produit mais aucun des facteurs (normes encore). La réparation idéelliste de cet échec — factoriser les idéaux plutôt que les éléments — est la naissance de la théorie algébrique des nombres ; à notre niveau, l’exemple calibre à quel point les anneaux euclidiens , , de ce chapitre sont spéciaux.
Exemple 2.26
est irréductible sur pour tout premier et (Eisenstein en ) : il existe des polynômes irréductibles de tout degré sur — en contraste frappant avec (degré , d’Alembert–Gauss, démontré dans le Chapitre 16) et (degrés ). Le tour du décalage élargit la portée d’Eisenstein : le -ième polynôme cyclotomique a
Eisenstein en ( pour , et ) : , donc , est irréductible sur . C’est le cœur algébrique de l’histoire du -gone racontée dans le Chapitre 4.