Mathématiques universitaires — Licence 3 · Bachelor Year 3
2Anneaux et arithmétique
Les entiers ordinaires se factorisent de façon unique en premiers ; de même les polynômes sur un corps. Ces deux faits n’en font-ils qu’un ? Ce chapitre répond oui, et trouve les hypothèses exactes qui rendent une « arithmétique » possible dans un anneau commutatif : la chaîne
avec toutes les implications démontrées et toutes les réciproques réfutées. La théorie est ensuite mise à l’épreuve là où elle gagne sa vie : les entiers de Gauss (qui creveront le théorème des deux carrés de Fermat dans le problème du week-end), les anneaux de polynômes en plusieurs variables (lemme de Gauss, critère d’Eisenstein), et les anneaux noethériens, culminant dans le théorème de la base de Hilbert. Tout au long, anneau signifie anneau commutatif unitaire avec ; les idéaux de et du volume de L2 sont nos deux exemples guides.
2.1 Idéaux, quotients et théorème d’isomorphisme
Définition 2.1
Un idéal d’un anneau est un sous-groupe additif tel que . L’anneau quotient est le groupe quotient muni de la multiplication : bien définie, car changer en , en () change de . La projection est un morphisme d’anneaux surjectif de noyau , et les noyaux des morphismes d’anneaux sont exactement les idéaux.
Théorème 2.2 (Premier théorème d’isomorphisme)
Si est un morphisme d’anneaux, alors , , est un isomorphisme d’anneaux. Plus généralement se factorise à travers pour tout idéal . Les idéaux de sont les pour un idéal de (théorème de correspondance).
Démonstration. Comme pour les groupes (Théorèmes 1.3 et 1.5), en notant que toutes les applications en vue respectent aussi les produits : est bien définie, bijective sur l’image, et multiplicative ; la correspondance , préserve les idéaux dans les deux sens car est un morphisme d’anneaux surjectif. ∎
Définition 2.3
Soit un idéal propre. est premier si ou ; est maximal si aucun idéal ne se place strictement entre et .
Proposition 2.4
est premier est un anneau intègre ; est maximal est un corps. En particulier les idéaux maximaux sont premiers.
Démonstration. Noter les classes dans . « premier » se traduit verbatim en « ou », et en : c’est la définition d’un anneau intègre. Pour la maximalité, utiliser le théorème de correspondance : aucun idéal strictement entre et n’a d’idéal autre que et lui-même est un corps — pour la dernière étape : dans un corps les seuls idéaux sont et le tout (un idéal contenant contient ) ; réciproquement si tout non nul engendre l’idéal unité, alors pour un certain . Les corps sont intègres, donc les idéaux maximaux sont premiers. ∎
Exemple 2.5
Dans : les idéaux premiers sont et les , premier ; les maximaux sont les ( est un corps, ne l’est pas). Dans : sont tous deux premiers (, intègre ; , un corps), donc est premier mais non maximal.
Pour garantir que des idéaux maximaux existent en toute généralité, on a besoin d’un principe ensembliste. Un ensemble partiellement ordonné est inductif si toute partie totalement ordonnée (chaîne) a un majorant.
Théorème 2.6 (Lemme de Zorn)
Tout ensemble partiellement ordonné inductif non vide a un élément maximal.
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Remarque 2.7
Ce n’est pas un théorème des mathématiques ordinaires mais un axiome : il est équivalent, sur les axiomes de base de Zermelo–Fraenkel de la théorie des ensembles, à l’axiome du choix (« tout produit d’ensembles non vides est non vide »), que nous acceptons tout au long de ce livre. Nous signalons chaque usage. L’analyse l’invoquera de nouveau (Hahn–Banach, Chapitre 8).
Théorème 2.8 (Krull)
Tout idéal propre est contenu dans un idéal maximal.
Démonstration. Ordonner par inclusion l’ensemble des idéaux propres contenant ; il est non vide (). Une chaîne dans a pour majorant : un idéal (tout vivent dans un même par totalité), propre ( pour tout ), contenant . Le lemme de Zorn fournit un élément maximal de , qui est un idéal maximal contenant (un idéal strictement au-dessus et propre appartiendrait à ). ∎
Théorème 2.9 (Théorème des restes chinois)
Soient des idéaux deux à deux comaximaux de ( pour ). Alors
et de plus (l’idéal engendré par les produits).
Démonstration. L’application est un morphisme d’anneaux de noyau ; par le Théorème 2.2 il suffit de prouver la surjectivité. Fixer ; pour chaque écrire avec , (comaximalité). Alors
donc ; étant donné une cible , l’élément s’y envoie.
Produits contre intersection : toujours. Réciproquement, par récurrence il suffit de traiter (on vérifie que et sont comaximaux : en multipliant sur on obtient ). Pour : écrire , , ; pour , . ∎
Exemple 2.10
Dans avec , deux à deux premiers entre eux : — le théorème des restes chinois du volume de L2. En restreignant aux unités : pour , d’où la multiplicitivité de l’indicatrice d’Euler (Exercice 2.8).
2.2 Divisibilité : euclidien, principal, factoriel
Définition 2.11
Soit un anneau intègre, . On dit que divise () si . Des éléments sont associés si avec (de façon équivalente ). Un élément non nul non inversible est :
- irréductible si force ou ;
- premier si force ou (i.e. l’idéal est premier).
Proposition 2.12
Dans tout anneau intègre, premier irréductible. La réciproque est fausse en général : dans , l’élément est irréductible mais non premier.
Démonstration. Soit premier et . Alors , disons : , donc , et en simplifiant par (anneau intègre !) on obtient : .
Dans , utiliser la norme , multiplicative (c’est ). Si avec non inversibles, alors avec (les éléments de norme sont , les unités), donc : impossible, n’a pas de solution entière. Donc est irréductible. Mais tandis que ne divise aucun des facteurs () : non premier. ∎
Définition 2.13
Un anneau intègre est :
- euclidien s’il existe une application (une fonction euclidienne) telle que pour tous avec il existe avec et ( ou ) ;
- principal (un PID) si tout idéal est de la forme ;
- factoriel (un UFD) si tout non nul non inversible est un produit d’irréductibles, unique à l’ordre et aux associés près.
Théorème 2.14
Euclidien principal.
Démonstration. Soit un idéal et avec minimal. Pour , diviser : ; alors , et contredirait la minimalité, donc et : . ∎
Exemple 2.15
(avec ) et (avec ) sont euclidiens — le volume de L2 a démontré les deux divisions. De même , avec la norme carrée (Exercice 2.4) ; la géométrie de la démonstration est dans la figure ci-dessous. Un PID non euclidien existe mais est délicat à certifier (l’exemple standard est ) ; un UFD qui n’est pas un PID est facile : (Exercice 2.6), ou .
Lemme 2.16 (Chaînes croissantes d’idéaux principaux)
Dans un PID, toute suite croissante d’idéaux est éventuellement constante.
Démonstration. est un idéal (l’union est croissante), donc ; l’élément vit dans un certain , et alors pour . ∎
Lemme 2.17 (Bézout ; lemme d’Euclide)
Soit un PID et . Alors pour un certain , un plus grand commun diviseur : , , et tout diviseur commun de divise ; de plus pour certains (Bézout). Par conséquent tout élément irréductible d’un PID est premier.
Démonstration. est un idéal, donc ; donnent ; et . Un diviseur commun de divise .
Euclide : soit irréductible, , . Un pgcd de et divise , donc est une unité ou un associé de (irréductibilité) ; associé est exclu par . Donc , d’où , et divise les deux termes : . ∎
Théorème 2.18
Principal factoriel.
Démonstration. Existence. Supposons qu’un certain non nul non inversible n’a pas de factorisation en irréductibles. Alors n’est pas irréductible : avec les deux facteurs non inversibles ; l’un d’eux au moins, disons , n’a encore pas de factorisation (un produit de deux éléments factorisables est factorisable). En itérant, on obtient , chacun diviseur propre du précédent sans factorisation, donc — les inclusions sont strictes car avec non inversible signifie que forcerait (simplifier dans un anneau intègre). Cela contredit le Lemme 2.16.
Unicité. Soit avec tous les facteurs irréductibles, , par récurrence sur . Le premier (Lemme 2.17) divise le membre de droite, donc divise un certain ; renuméroter . Comme est irréductible et n’est pas une unité, avec : sont associés. Simplifier par : et conclure par récurrence ( force : une unité fois des irréductibles ne peut valoir ). ∎
Remarque 2.19
Dans un UFD, les pgcd existent (prendre les exposants minimaux dans les factorisations) et le lemme d’Euclide vaut — irréductible premier (Exercice 2.2) — mais Bézout peut échouer : dans , pourtant (évaluer en : , impossible). Les identités de Bézout sont la propriété exclusive des PID.
Exemple 2.20 (Un anneau sans factorisation unique)
Aucune des implications euclidien PID UFD n’est une équivalence, et l’échec de la dernière mérite d’être vu une fois en détail complet. Dans
la norme est multiplicative et ssi . Considérer
Les quatre facteurs sont irréductibles : leurs normes sont , et une factorisation propre forcerait — or ne vaut jamais ni ( laisse les non-carrés ; donne ). Pourtant n’est associé ni à ni à (normes ) : deux factorisations véritablement différentes de en irréductibles. De façon équivalente, irréductible premier ici : divise le produit mais aucun des facteurs (normes encore). La réparation idéelliste de cet échec — factoriser les idéaux plutôt que les éléments — est la naissance de la théorie algébrique des nombres ; à notre niveau, l’exemple calibre à quel point les anneaux euclidiens , , de ce chapitre sont spéciaux.
Méthode 2.21
Pour identifier un anneau quotient , chercher un morphisme surjectif de noyau et invoquer le Théorème 2.2 ; quand est un anneau de polynômes, est en général une évaluation. Ainsi (évaluer en ), (évaluer en ), . Pour montrer que est premier ou maximal, montrer que le quotient est intègre ou un corps (la Proposition 2.4).
2.3 Polynômes sur un UFD : Gauss et Eisenstein
Tout au long de cette section est un UFD de corps des fractions (construit comme le corps des quotients formels , , exactement comme à partir de ; le volume de L2 a fait cette construction pour , et elle se transfère verbatim). Notre but : la factorialité passe de à , et l’irréductibilité sur est essentiellement l’irréductibilité sur le corps plus grand .
Définition 2.22
Le contenu d’un de est un pgcd de ses coefficients (défini à une unité près) ; est primitif si . Tout s’écrit avec primitif, et tout s’écrit avec et primitif (chasser les dénominateurs, puis extraire le contenu).
Lemme 2.23 (Gauss)
Le produit de deux polynômes primitifs de est primitif ; par conséquent à unités près.
Démonstration. Soient primitifs et supposons qu’un certain irréductible ( premier, UFD) divise tous les coefficients de . Réduire modulo : dans , . Mais est intègre ( premier), donc est intègre (les coefficients dominants se multiplient), forçant ou : divise tous les coefficients de ou tous ceux de , contredisant la primitivité. Pour la conséquence, écrire , : avec primitif. ∎
Théorème 2.24
Soit un UFD de corps des fractions .
- Un primitif de degré est irréductible dans ssi il est irréductible dans .
- est un UFD ; ses irréductibles sont les irréductibles de et les polynômes primitifs irréductibles sur . En particulier , et par récurrence et , sont des UFD.
Démonstration. (1) () Si dans avec non inversibles, alors aucun des facteurs n’est constant (un facteur constant d’un polynôme primitif est une unité), donc la factorisation est propre dans . () Supposons avec de degrés . Écrire , avec primitifs : , et est primitif par Gauss. En prenant les contenus, (les deux côtés ont un contenu unité ; formellement, à unités près, et en particulier ) : est une factorisation propre dans .
(2) Existence : étant donné non inversible, factoriser , factoriser en irréductibles de , et factoriser dans l’UFD en avec irréductibles ; en écrivant avec primitifs (donc irréductibles sur , donc dans par (1)), le produit est une unité de comme ci-dessus, et . Unicité : comparer la partie constante et la partie polynomiale d’une factorisation ; les constantes multiplient en (Gauss), unique par factorialité de ; les parties polynomiales donnent deux factorisations dans du même polynôme, donc elles s’apparient à des constantes de près (factorialité de , Théorème 2.18), et des polynômes primitifs associés dans sont associés dans : si avec primitifs et , alors prendre les contenus force . ∎
Théorème 2.25 (Critères d’irréductibilité)
Soit un UFD, son corps des fractions, et primitif de degré .
- (Réduction) Si est premier, , et la réduction est irréductible dans , alors est irréductible dans (donc dans ).
- (Eisenstein) Si un certain premier vérifie , pour , et , alors est irréductible dans (donc dans ).
Démonstration. Par le Théorème 2.24(1), une factorisation propre sur donne avec , (les constantes sont exclues : elles seraient des unités ou gâcheraient la primitivité).
(1) Réduire mod : dans . Comme et ne peut que baisser sous réduction, et (leurs coefficients dominants multiplient en , donc aucun ne baisse) : se factorise proprement — contradiction.
(2) Réduire mod : (tous les coefficients inférieurs meurent). Dans l’anneau intègre , les factorisations de () sont en constantes et puissances pures : en effet si , et disons avait un coefficient non nul en degré , prendre les termes non nuls de plus bas degré : (anneau intègre), qui doit valoir , forçant pour les deux : tous deux sont monômes. Comme ci-dessus, les degrés ne baissent pas, donc et ont leurs termes constants divisibles par — les deux, car les deux réductions sont des monômes de degré . Alors : contradiction. ∎
Exemple 2.26
est irréductible sur pour tout premier et (Eisenstein en ) : il existe des polynômes irréductibles de tout degré sur — en contraste frappant avec (degré , d’Alembert–Gauss, démontré dans le Chapitre 16) et (degrés ). Le tour du décalage élargit la portée d’Eisenstein : le -ième polynôme cyclotomique a
Eisenstein en ( pour , et ) : , donc , est irréductible sur . C’est le cœur algébrique de l’histoire du -gone racontée dans le Chapitre 4.
Méthode 2.27
Pour prouver qu’un est irréductible sur : (i) rendre primitif ; (ii) essayer Eisenstein, sur et sur les décalages ; (iii) essayer la réduction modulo de petits premiers ne divisant pas le coefficient dominant — l’irréductibilité mod un suffit, et sur l’irréductibilité est un contrôle fini (pas de racines exclut les facteurs de degré ; puis tester les finiement nombreux facteurs de chaque degré ) ; (iv) si tout le reste échoue, coefficients indéterminés. Attention : la réductibilité mod tout n’implique pas la réductibilité sur (Exercice 2.11).
2.4 Anneaux noethériens
Définition 2.28
Un anneau est noethérien si tout idéal de est de type fini.
Proposition 2.29
est noethérien ssi toute suite croissante d’idéaux est éventuellement constante (condition de chaîne ascendante), ssi toute famille non vide d’idéaux a un élément maximal (pour l’inclusion).
Démonstration. (TF CCA) : pour une chaîne , l’union est un idéal, engendré par ; tous les vivent dans un certain , donc pour . (CCA éléments maximaux) : si une famille non vide n’avait pas d’élément maximal, choisir , puis inductivement dans (possible car n’est pas maximal) : une chaîne strictement croissante infinie. (Cela utilise l’axiome des choix dépendants, une forme faible du choix dont nous ne faisons pas d’histoire.) (Éléments maximaux TF) : étant donné un idéal , la famille des idéaux de type fini contenus dans est non vide () ; un élément maximal doit valoir : sinon, ajouter aux générateurs produit un membre strictement plus grand de la famille. ∎
Théorème 2.30 (Théorème de la base de Hilbert)
Si est noethérien, alors l’est aussi. D’où aussi , et tout quotient de ceux-ci.
Démonstration. Soit un idéal de , et supposons non de type fini. Construire une suite : de degré minimal, et inductivement de degré minimal (l’ensemble est non vide par hypothèse). Les degrés sont non décroissants (par minimalité de chaque choix : était disponible à l’étape ... précisément, , donc a concouru à l’étape et a perdu ou fait match nul : ). Soit le coefficient dominant de . La chaîne d’idéaux se stabilise : pour un certain , disons . Considérer
Alors (la somme vit dans l’idéal, non), pourtant le coefficient de degré s’annule : , contredisant la minimalité de .
En itérant, est noethérien ; un quotient est noethérien car ses idéaux se relèvent en idéaux de (correspondance), où un nombre fini de générateurs se projettent sur des générateurs. ∎
Remarque 2.31
La noethérianité est l’axiome de finitude de la géométrie algébrique : tout système d’équations polynomiales en variables, si infini soit-il, est équivalent à un nombre fini d’entre elles — son ensemble de solutions est découpé par un nombre fini de polynômes. Les PID sont noethériens (trivialement) ; en une infinité de variables ne l’est pas (). Les anneaux non noethériens apparaissent aussi naturellement en analyse : les fonctions continues sur en forment un (Exercice 2.10).
2.5 Exercices
Exercice 2.1 ★
Identifier les quotients : (a) ; (b) ; (c) est un corps à éléments — écrire sa table de multiplication.
Solution
Solution de Exercice 2.1.
(a) L’évaluation , , est un morphisme d’anneaux surjectif (). Noyau : diviser par le polynôme unitaire dans : avec ; alors ssi . Donc et le Théorème 2.2 conclut.
(b) Le même calcul à coefficients dans : — c’est la construction la plus propre de .
(c) n’a pas de racine dans (), donc, de degré , il est irréductible : le quotient est un corps (Proposition 2.4 ; maximal dans quand est irréductible, car est un PID : un idéal signifie ). Ses quatre éléments sont où , avec . Table de multiplication (éléments non nuls) :
Les éléments non nuls forment un groupe cyclique d’ordre engendré par .
Exercice 2.2 ★
(a) Montrer que dans un UFD, tout élément irréductible est premier. (b) Montrer qu’un anneau intègre fini est un corps. (c) En déduire que dans un anneau fini, tout idéal premier est maximal.
Solution
Solution de Exercice 2.2.
(a) Soit irréductible dans un UFD et , disons , avec (sinon trivial). Si ou est une unité, divise l’autre. Sinon factoriser , et en irréductibles : les deux factorisations de ,
doivent s’accorder à l’ordre et aux associés près : est associé d’un certain facteur irréductible de ou de , donc le divise.
(b) Soit un anneau intègre fini et . L’application est injective (), donc surjective ( fini) : pour un certain .
(c) Si est premier dans un anneau fini , alors est un anneau intègre fini, donc un corps par (b), d’où est maximal (Proposition 2.4).
Exercice 2.3 ★
Dans : vérifier que , et sont irréductibles, que , et conclure à nouveau (après la Proposition 2.12) que n’est pas un UFD. Où exactement l’unicité échoue-t-elle ?
Solution
Solution de Exercice 2.3.
Normes : , , . Les équations et n’ont pas de solutions entières, donc aucun élément n’a norme ou . Une factorisation propre de demanderait deux facteurs de norme : impossible — est irréductible. Une factorisation propre de (norme ) demanderait des facteurs de normes : impossible. De même pour (norme : les facteurs auraient norme ). Maintenant
deux factorisations en irréductibles. Elles sont véritablement différentes : les unités sont (norme ), et . Donc l’unicité échoue — tandis que l’existence des factorisations vaut dans (Exercice 2.10(c)) : la non-factorialité ici est purement un échec d’unicité. (De façon cohérente, Proposition 2.12 : ces irréductibles ne sont pas premiers.)
Exercice 2.4 ★★
(a) Montrer que est euclidien pour la norme : étant donnés , choisir le plus proche de . (b) Déterminer . (c) Mêmes questions pour et . Pourquoi le même argument échoue-t-il pour ?
Solution
Solution de Exercice 2.4.
(a) Soient , , et . Choisir des entiers avec , , et poser , . Alors
Donc est une fonction euclidienne ( ou ).
(b) Si alors avec : , i.e. : ; réciproquement ce sont des unités.
(c) Pour : le même arrondi donne : euclidien ; unités : donne . Pour la borne devient : l’argument d’arrondi échoue — et doit échouer, car n’est même pas un UFD (Exercice 2.3), tandis qu’euclidien impliquerait UFD (Théorèmes 2.14 et 2.18).
Exercice 2.5 ★★
Soit un anneau. (a) Montrer que si est nilpotent ( pour un certain ) alors . (b) Montrer que si est intègre, ; donner un contre-exemple sur . (c) Montrer qu’un anneau intègre n’a pas d’idempotents () autres que , et aucun nilpotent autre que .
Solution
Solution de Exercice 2.5.
(a) Si :
(b) Dans un anneau intègre, ; force et : . Sur : , donc est une unité de degré (ici est nilpotent ; comparer (a)).
(c) donne , donc dans un anneau intègre. Si avec minimal et , alors et avec les deux facteurs non nuls : contradiction.
Exercice 2.6 ★★
Dans : (a) montrer que l’idéal est maximal mais non principal — donc est un UFD (Théorème 2.24) qui n’est pas un PID ; (b) identifier et comme sous-anneaux de fonctions rationnelles ; (c) est-il premier ? maximal ?
Solution
Solution de Exercice 2.6.
(a) (évaluer en ) : un corps, donc est maximal. Si : force (degrés en ) , et force alors ; est absurde et donnerait , contredisant le caractère propre (). Donc n’est pas principal.
(b) L’évaluation envoie sur ; son noyau est : en divisant par le polynôme unitaire en , , et . Donc — l’anneau des coordonnées d’une parabole, isomorphe à celui d’une droite.
L’évaluation envoie sur l’anneau des polynômes de Laurent. Son noyau contient ; réciproquement, modulo toute classe a un représentant (remplacer chaque produit par répétitivement), et force tous les . D’où — l’anneau des coordonnées d’une hyperbole : la droite privée d’un point.
(c) est premier (le quotient est intègre) mais non maximal ( n’est pas un corps ; concrètement ).
Exercice 2.7 ★★
Irréductible ou non sur : ; (réduire mod ) ; ; (décaler de ) ; .
Solution
Solution de Exercice 2.7.
: Eisenstein en ( ; ; ) : irréductible. (En Eisenstein échoue : .)
: réduire mod . Pas de racine dans ; le seul quadratique irréductible sur est , et . Donc est irréductible sur , d’où sur (Théorème 2.25(1) ; il est unitaire).
: réductible — l’identité de Sophie Germain, .
: décaler, : Eisenstein en . Une factorisation de se décalerait en une de : irréductible.
: un cubique est réductible sur ssi il a une racine rationnelle ; une racine rationnelle d’un polynôme entier unitaire est un entier divisant le terme constant (théorème des racines rationnelles : si en termes réduits est une racine, , ), et ne sont pas racines ( et ) : irréductible.
Exercice 2.8 ★★
(a) À partir du Théorème 2.9, démontrer que la fonction d’Euler est multiplicative sur les arguments premiers entre eux et que ; retrouver . (b) Résoudre : , , , en exhibant les idempotents de la démonstration du Théorème 2.9.
Solution
Solution de Exercice 2.8.
(a) Pour , le Théorème 2.9 donne un isomorphisme d’anneaux . Un élément d’un anneau produit est une unité ssi les deux coordonnées le sont, donc et . Pour une puissance de premier, les non unités de sont les classes des multiples de : . D’où
(b) . Idempotents : : et : . : , : . : : . Alors
et en effet .
Exercice 2.9 ★★★
(Le nilradical) Soit l’ensemble des éléments nilpotents. (a) Montrer que est un idéal contenu dans tout idéal premier. (b) Réciproquement, soit non nilpotent ; en utilisant le lemme de Zorn sur les idéaux évitant , produire un idéal premier ne contenant pas . Conclure :
Solution
Solution de Exercice 2.9.
(a) Si et , le développement binomial de a tout terme avec , donc ou : chaque terme s’annule, et est nilpotent ; : est un idéal. Si est premier et , une récurrence sur donne ().
(b) Soit et , donc . L’ensemble des idéaux disjoints de contient et est inductif (l’union d’une chaîne d’idéaux disjoints de est un idéal disjoint de ) : Zorn fournit maximal. est propre (, car ). Primalité : soient . Par maximalité, et rencontrent : , . En multipliant, . Si , alors : absurde. Donc — contraposée de la primalité. D’où tout élément non nilpotent évite un certain idéal premier ; avec (a), .
Exercice 2.10 ★★★
(a) Soit noethérien et un morphisme d’anneaux surjectif. Montrer que est injectif. (Considérer .) (b) Montrer que l’anneau des fonctions continues n’est pas noethérien. (Considérer .) (c) Montrer que dans un anneau intègre noethérien, tout non nul non inversible est un produit (fini) d’irréductibles — donc la non-factorialité de est un échec de l’unicité seulement.
Solution
Solution de Exercice 2.10.
(a) La chaîne se stabilise (Proposition 2.29) : pour un certain . Soit . Comme , donc , est surjective, pour un certain ; alors , donc , i.e. .
(b) est un idéal, et . L’inclusion est stricte : s’annule sur mais pas sur . Une chaîne strictement croissante infinie contredit la Proposition 2.29.
(c) Supposer que l’ensemble des non nuls non inversibles n’admettant pas de factorisation en irréductibles est non vide. La famille correspondante d’idéaux a un élément maximal (Proposition 2.29). L’élément n’est pas irréductible (un irréductible est sa propre factorisation), donc avec non inversibles ; est strict (car donnerait , , donc : une unité), de même . Par maximalité, et se factorisent tous deux en irréductibles ; en concaténant les facteurs de : contradiction. Appliqué à — noethérien comme quotient de (Théorème 2.30, ) — cela montre que les factorisations existent là ; Exercice 2.3 montrait que c’est l’unicité qui échoue.
Exercice 2.11 ★★★
Soit . (a) Montrer que est irréductible sur (Exercice 2.7). (b) Montrer que est réductible modulo tout premier : traiter ; puis, pour impair, montrer que et admettre pour l’instant (démontré dans le Chapitre 4) que le groupe multiplicatif du corps à éléments est cyclique, pour conclure que se scinde en deux facteurs quadratiques mod ; les rendre explicites quand l’un de , , est un carré mod , et montrer que l’un d’eux l’est toujours.
Solution
Solution de Exercice 2.11.
(a) Exercice 2.7 : décalage et Eisenstein en .
(b) Mod : . Soit maintenant impair. Les carrés forment un sous-groupe d’indice dans : le morphisme a pour noyau (deux éléments : a au plus racines dans un corps, et pour impair), donc son image a éléments. Par conséquent, le produit de deux non carrés est un carré (dans le groupe quotient d’ordre , ). D’où au moins l’un de , , est un carré mod (si et ne le sont pas, l’est). Dans chaque cas se factorise mod :
- : ;
- : ;
- : .
Donc est réductible modulo tout premier, pourtant irréductible sur : le critère de réduction (Théorème 2.25(1)) détecte l’irréductibilité mais son échec ne prouve rien.
(Pour la raison structurelle : est un produit de deux nombres pairs consécutifs, donc ; le groupe cyclique (cyclicité démontrée dans le Chapitre 4) contient alors un élément d’ordre , racine de ; son polynôme minimal sur divise et a degré — ne peut jamais être irréductible mod .)
Exercice 2.12 ★★
(Les idempotents scindent les anneaux) Un élément d’un anneau commutatif est idempotent si . (a) Montrer que si est idempotent, l’est aussi, et que l’application est un isomorphisme d’anneaux , où est un anneau d’unité . (b) Trouver tous les idempotents d’un anneau intègre, et de ; exhiber l’isomorphisme en nommant ses deux idempotents non triviaux. (c) Montrer que la décomposition CRT de (Exemple 2.10) correspond exactement aux idempotents , modulo les autres puissances de premiers : les anneaux se décomposent le long de leurs idempotents comme les espaces le long des projections.
Solution
Solution de Exercice 2.12.
(a) . L’application est additive et multiplicative vers le produit des deux idéaux : , et est un anneau commutatif d’unité (). Injectif : et s’additionnent en . Surjectif : est l’image de (calculer les deux composantes en utilisant ). Les unités s’envoient correctement en paires de style : , l’unité du produit.
(b) Dans un anneau intègre, force : seulement des idempotents triviaux. Dans , résoudre : . La paire non triviale : , , et (unité ), (unité ) : le scindage CRT , avec et .
(c) Sous l’isomorphisme CRT , l’élément aux congruences énoncées correspond au -uplet avec dans la case et ailleurs : les idempotents élémentaires du produit. Réciproquement une famille complète d’idempotents orthogonaux ( pour , ) réassemble la décomposition en produit par (a), par récurrence. Les idempotents sont aux anneaux ce que les projections orthogonales sont aux espaces de Hilbert (Chapitre 13) : les coordonnées d’une décomposition directe interne.
2.6 Problème : le théorème des deux carrés de Fermat
Problème 2.1
Problème du week-end — sommes de deux carrés, via
Quels entiers sont sommes de deux carrés ? La réponse de Fermat (1640) est l’un des joyaux de l’arithmétique ; les entiers de Gauss transforment sa démonstration en théorie des anneaux. Tout au long, désigne la norme, est euclidien (Exercice 2.4), donc un PID et un UFD, et premier de Gauss signifie élément premier ( irréductible) de .
Partie I — Normes et premiers de Gauss.
- Vérifier , en déduire à nouveau , et démontrer l’identité de Brahmagupta : un produit de deux sommes de deux carrés est une somme de deux carrés.
- Montrer que si est un nombre premier, alors est un premier de Gauss.
- Montrer que tout premier de Gauss divise exactement un nombre premier (considérer ), et qu’alors .
- En déduire la dichotomie : pour chaque premier , soit reste premier dans (et aucun premier de Gauss de norme n’existe), soit avec un premier de Gauss de norme — et alors .
Partie II — Théorème de Wilson et modulo .
- Démontrer le théorème de Wilson : pour premier, . (Apparier chaque résidu avec son inverse ; lesquels sont auto-appariés ?)
- Soit un premier impair et . Montrer que (dans , remplacer chaque facteur par ).
- Conclure : est un carré modulo ssi ou . (Pour le « seulement si » : si , quel est l’ordre de dans , et que dit Lagrange ?)
Partie III — La loi de scindage.
- Soit , et avec . Montrer que n’est pas un premier de Gauss, et conclure avec la partie I : .
- Soit . Montrer directement que n’est pas une somme de deux carrés (carrés mod ), et en déduire que reste un premier de Gauss.
- Régler : exhiber la factorisation et vérifier que est un premier de Gauss. ( est l’unique premier ramifié : divisible par le carré d’un premier de Gauss à une unité près.)
- Assembler la classification des premiers de Gauss, à unités près : ; les entiers ; les paires conjuguées de norme . La vérifier sur et sur .
Partie IV — Le théorème des deux carrés.
- Démontrer le sens direct : si dans la factorisation tout premier apparaît avec un exposant pair, alors est une somme de deux carrés. (Brahmagupta + parties II–III.)
- Démontrer la réciproque : si et divise , montrer que , un premier de Gauss, divise ou , qu’il divise en fait et , et conclure par récurrence sur que l’exposant de dans est pair.
- Énoncer le théorème final. Parmi , , , lesquels sont sommes de deux carrés ? ( ; , premier ; premier.)
- (Épilogue) Montrer qu’un premier est une somme de deux carrés de façon essentiellement unique : si (entiers positifs), alors . (Unicité de la factorisation dans .)
Partie V — Compter les représentations : formule de Jacobi et série de Leibniz. Noter (couples ordonnés, signes et zéros inclus), et soit le caractère non trivial mod : si , si , si pair.
- (Échauffement, par contraste) Quels entiers sont des différences de deux carrés ? Montrer : avec ssi — pas de théorie des anneaux nécessaire, et aucune structure comparable à ce qui suit.
Montrer que est le nombre de avec . En écrivant avec , , utiliser la classification de la question 11 et la factorisation unique pour montrer : de tels existent ssi tous les sont pairs, et dans ce cas
(Compter : avec une unité et ; pourquoi cette liste est-elle exhaustive et sans répétition ?)
- Montrer que est complètement multiplicative, en déduire que est multiplicative, et la calculer sur les puissances de premiers : elle vaut sur ; sur () ; ou sur () selon que est pair ou impair.
Conclure le théorème de Jacobi :
où compte les diviseurs . Vérifier sur , et lister les représentations de .
(Le cercle) Montrer que est le nombre de points de réseau de dans le disque fermé de rayon , et démontrer
(chaque point de réseau possède un carré unité ; comparer les aires, l’erreur vivant dans un anneau de largeur ).
(Leibniz, lu arithmétiquement) Combiner les questions 19–20 :
et en déduire — en enlevant les parties entières avec soin — la série de Leibniz
La série alternée des inverses impairs est l’excès moyen de diviseurs sur les diviseurs : de l’analyse calculée par l’arithmétique.
- (Quelle rareté les sommes de deux carrés ?) Montrer qu’aucun entier n’est une somme de deux carrés (deux façons : carrés mod , ou le critère de parité de la question 17), donc au moins un quart de tous les entiers sont manqués ; et montrer que la moyenne de la question 20 est compatible avec des entiers représentables de densité — exhiber des entiers avec un nombre anormalement grand de représentations (prendre des produits de nombreux premiers ) pour expliquer comment une proportion s’évanouissant peut encore porter une moyenne positive. (Landau a démontré que la vraie densité décroît comme ; cela dépasse nos outils, mais le mécanisme est désormais visible.)
Partie VI — Compléments : représentations primitives et Pythagore.
- Appeler une représentation primitive si . Montrer que admet une représentation primitive ssi et aucun premier ne divise . (Pour la nécessité, réutiliser la descente de la question 13 et les carrés mod ; pour la suffisance, construire à partir de et des seulement — pas de conjugués — et expliquer pourquoi un facteur premier commun de et forcerait à la fois et , ou , dans .)
(Triplets pythagoriciens) Soit avec positifs, et pair. Montrer que et sont premiers entre eux dans (un diviseur premier de Gauss commun diviserait et , et est impair), en déduire de la factorisation unique que pour une unité , et conclure la paramétrisation classique : quitte à échanger et ,
avec premiers entre eux de parités opposées. Retrouver et à partir de et .
(Vérification numérique) Prendre . Calculer pour à partir de la formule de Jacobi, vérifier que les valeurs non nulles apparaissent exactement en , et que
Vérifier que le disque fermé de rayon contient points de réseau, et comparer avec : l’erreur est bien dans le de la question 20.
Solution
Solution de Problème 2.1.
1. , donc . Si : dans , donc , i.e. ; les quatre sont des unités. Brahmagupta : .
2. Si , alors est premier, donc ou : un facteur est une unité. Comme , n’est ni zéro ni une unité : irréductible — et premier, car est un UFD (Théorème 2.14, Théorème 2.18 et Lemme 2.17).
3. divise , un entier ; en factorisant en nombres premiers et en utilisant que est premier, pour un certain nombre premier . Si aussi : Bézout dans donne , donc — absurde : est unique. De : avec , donc .
4. Soit un premier de Gauss divisant , . Si : , donc est associé de , lui-même un premier de Gauss ; et aucun premier de Gauss n’a norme (si alors , et premier dans forcerait associé à , donnant ). Si : en écrivant , .
5. Dans le groupe abélien , apparier chaque élément avec son inverse. Les éléments auto-inverses sont les racines de : exactement (au plus deux racines dans un corps). Le produit de tous les éléments est alors : . (Pour : .)
6. Écrire avec . Dans le second produit substituer , : modulo , . D’où , i.e. .
7. Si , est pair et la question 6 donne : une racine carrée de . Réciproquement, si ( impair), alors : a ordre dans , donc (Lagrange). Et : . Conclusion : est un carré mod ssi ou .
8. Avec : . Si était un premier de Gauss il diviserait un facteur ; mais . Donc n’est pas un premier de Gauss ; par la dichotomie (question 4) — non premier signifie la seconde branche — .
9. Les carrés sont ou , donc : un premier n’est pas une somme de deux carrés. Par la question 4, la branche () est impossible : reste un premier de Gauss.
10. , donc ; et est premier, donc est un premier de Gauss (question 2).
11. Tout premier de Gauss divise exactement un nombre premier (question 3) ; listage par cas : donne les associés de ; donne lui-même (question 9) ; donne la paire de norme (questions 4 et 8). La paire est authentique : forcerait, en écrivant , soit , , soit , donnant — impossible pour un premier impair. Vérification : , ; : premier de norme .
12. Écrire avec , . Chaque facteur est une somme de deux carrés : ; (question 8) ; . L’identité de Brahmagupta (question 1) propage la propriété au produit .
13. Soit et , . Le premier de Gauss (question 9) divise , donc l’un des deux facteurs — disons (l’autre cas est identique). Mais alors se lit comme et dans . D’où et . Par récurrence forte sur , l’exposant de dans est pair ; celui de l’est aussi.
14. Théorème (Fermat). Un entier positif est une somme de deux carrés si et seulement si tout premier y apparaît avec un exposant pair. — : exposant de pair, oui (). avec premier : oui (, et Brahmagupta avec : ). est un premier : non.
15. Soit avec entiers positifs, , et un premier de Gauss avec (question 4). et ont tous deux norme , donc sont des premiers de Gauss (question 2) divisant ; par unicité de la factorisation, est associé de ou de :
La positivité de laisse : .
16. Si : les deux facteurs ont la même parité, donc est impair (tous deux impairs) ou divisible par (tous deux pairs) — jamais . Réciproquement, impair : ; : . La réponse est une bare condition de congruence, avec une identité d’une ligne derrière : les différences de carrés ne portent aucune profondeur arithmétique, et le contraste avec les sommes est tout le point de ce problème.
17. est une bijection entre représentations et . Factoriser dans l’UFD en utilisant la classification (question 11) : à une unité près, , et en prenant les normes (, , ) :
Appariement des exposants : , , — solvable ssi tout est pair, et alors est forcé tandis que est libre. Des données distinctes donnent des non associés de même norme ; l’unité ( choix) énumère ensuite chaque classe d’associés sans répétition (deux produits égaux violeraient l’unicité de la factorisation — et sont non associés car n’est pas ramifié). Total : , et si un certain est impair.
18. se vérifie mod (impair impair couvre les quatre cas de signe ; tout pair donne ). Pour premiers entre eux, les diviseurs de sont de façon unique avec , : : multiplicatif. Puissances de premiers : sur , seul est impair : somme . Sur avec : tous les , somme . Sur avec : , somme alternée ( pair) ou ( impair).
19. Les deux fonctions multiplicatives (question 17) et (question 18) s’accordent sur toutes les puissances de premiers — sur ; sur ; sur — donc s’accordent partout : formule de Jacobi, avec en triant les diviseurs. Vérifications : ; () ; (diviseurs ; ; représentations ) ; . Pour : , de : les seize paires .
20. compte les paires avec , i.e. les points de réseau du disque fermé moins l’origine. Assigner à chaque point de réseau le carré unité : ces carrés pavent le plan. Tout carré attaché à un point de vit dans , et tout carré rencontrant est attaché à un point de (le carré a diamètre ) : en comparant les aires,
et les deux bornes sont . Soustraire l’origine ne change rien à cette précision.
21. Par Jacobi (question 19) et en échangeant l’ordre de sommation () :
qui vaut par la question 20. Enlever les parties entières : , mais sommer sur est trop grossier ; à la place utiliser que les sommes partielles de sont bornées ( cycliquement), donc par sommation d’Abel , dont les termes se groupent en paires , est — alternativement et plus simplement : scinder en . Pour , remplacer par : erreur . Pour , prend chaque valeur sur un intervalle de consécutifs, sur lequel la somme en est : erreur totale en sommant sur les valeurs de , tandis que par les queues de séries alternées (). D’où
et en laissant : .
22. Si était : les carrés sont , et mod — impossible. (Le critère de la question 17 dit la même chose : force un certain premier à exposant impair.) Donc les entiers représentables évitent une classe de résidus pleine : densité . La moyenne de se concentre sur peu d’entiers : (premiers distincts ) a représentations — un nombre non borné — donc un ensemble creux de peut porter toute la moyenne, exactement comme le gain moyen d’une loterie coexiste avec une perte presque sûre. Le résultat de Landau le confirme : densité , moyenne .
23. Nécessité. Soit avec . Si un premier divisait , la question 13 montre et : contradiction. Si : les carrés sont , donc force , i.e. tous deux pairs : contradiction. Suffisance. Écrire avec et , et poser , de norme . Supposer qu’un premier divise ; alors dans . Si : , exclu. Si : , donc ; mais la factorisation de ne contient pas de premier conjugué ( et sont non associés, question 17), contredisant l’unicité de la factorisation. Si : alors , forçant , exclu. D’où : la représentation est primitive.
24. est impair (, pair), donc est impair et est impair. Soit un diviseur premier de Gauss commun de et : il divise leur somme et leur différence , donc et ; une relation de Bézout donne alors , donc est associé à et divise , qui est impair : contradiction. Donc et sont premiers entre eux de produit ; dans l’UFD , chaque premier de Gauss de apparaît à exposant pair et se scinde entièrement dans l’un des deux facteurs premiers entre eux, d’où avec une unité. Les choix rendent la partie réelle paire — impossible, est impair. Les choix donnent, après ajustement des signes de et échange de leurs noms pour tout rendre positif, , avec ; et donne . Un diviseur commun de et diviserait et : ; et rendrait pair : parités opposées. Vérifications : donne ; donne , et .
25. La formule de Jacobi donne, pour :
non nuls exactement en (par exemple : les diviseurs et s’équilibrent ; : diviseurs , aucun ). Le total est . Le côté diviseurs : les impairs contribuent
en lisant pour ; et , comme prédit par l’identité de la question 21. Points de réseau du disque fermé de rayon : les points avec plus l’origine, i.e. ; et , une erreur d’environ , confortablement dans la bande de la question 20 ().