Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Combinaisons linéaires, sous-espace engendré » ?

Aussi appelé : sous-espace engendré

Définition 18.6 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 18 — Espaces vectoriels

Une combinaison linéaire de la famille (x1,,xp)(x_1, \dots, x_p) de vecteurs de EE est un vecteur λ1x1++λpxp\lambda_1 x_1 + \dots + \lambda_p x_p (λiK\lambda_i \in K). L’ensemble de toutes ces combinaisons est le sous-espace engendré Vect(x1,,xp)\operatorname{Vect}(x_1, \dots, x_p) : c’est un sous-espace, le plus petit contenant la famille.

Exemples

Exemple 18.18 (Tester une base candidate, de bout en bout)

La famille F=(1+X, 1+X2, X+X2)\mathcal{F} = (1 + X,\ 1 + X^2,\ X + X^2) est-elle une base de R2[X]\R_2[X] ? Notons u1,u2,u3u_1, u_2, u_3 les trois polynômes. Liberté : une combinaison nulle au1+bu2+cu3=0a\,u_1 + b\,u_2 + c\,u_3 = 0 donne, coefficient par coefficient,

a+b=0,a+c=0,b+c=0;a + b = 0, \qquad a + c = 0, \qquad b + c = 0 ;

en soustrayant les deux premières, b=cb = c, puis la troisième donne 2b=02b = 0 : a=b=c=0a = b = c = 0, la famille est libre. Génératrice : plutôt que de résoudre trois systèmes, remarquons la combinaison symétrique

u1+u2u3=(1+X)+(1+X2)(X+X2)=2,u_1 + u_2 - u_3 = (1 + X) + (1 + X^2) - (X + X^2) = 2 ,

d’où 1=12(u1+u2u3)1 = \frac12(u_1 + u_2 - u_3) ; puis

X=u11=12(u1u2+u3),X2=u21=12(u1+u2+u3).X = u_1 - 1 = \tfrac12\bigl(u_1 - u_2 + u_3\bigr), \qquad X^2 = u_2 - 1 = \tfrac12\bigl(-u_1 + u_2 + u_3\bigr).

Les monômes sont dans le sous-espace engendré, donc tout y est : F\mathcal{F} est une base. En prime, en assemblant les trois formules on obtient les coordonnées de tout P=α+βX+γX2P = \alpha + \beta X + \gamma X^2 :

P=α+βγ2u1+αβ+γ2u2+α+β+γ2u3.P = \frac{\alpha + \beta - \gamma}{2}\,u_1 + \frac{\alpha - \beta + \gamma}{2}\,u_2 + \frac{-\alpha + \beta + \gamma}{2}\,u_3 .

(Vérification avec P=XP = X : coordonnées (12,12,12)\bigl(\frac12, -\frac12, \frac12\bigr), comme trouvé plus haut.) Deux leçons : une symétrie dans la famille cache d’ordinaire une combinaison raccourci ; et une fois la dimension disponible (Chapitre 19), toute la moitié « génératrice » de ce travail sera gratuite — trois vecteurs libres d’un espace de dimension 33 forment toujours une base.

Exemple 18.22 (Une relation cachée rétrécit un sous-espace engendré)

Dans F(R,R)\mathcal{F}(\R, \R), que vaut Vect(1, cos2, sin2)\operatorname{Vect}(1,\ \cos^2,\ \sin^2) ? L’identité cos2+sin2=1\cos^2 + \sin^2 = 1 est une combinaison nulle non triviale

11+(1)cos2+(1)sin2=0:1\cdot\mathbf{1} + (-1)\cos^2 + (-1)\sin^2 = 0 :

la famille est liée, et le sous-espace engendré est déjà engendré par la seule famille (1,cos2)(1, \cos^2) (sin2=1cos2\sin^2 = 1 - \cos^2). Cette famille plus petite est libre : a+bcos2x=0a + b\cos^2 x = 0 pour tout xx donne, en x=0x = 0 et x=π2x = \frac\pi2 : a+b=0a + b = 0 et a=0a = 0. Le sous-espace engendré est donc un plan à l’intérieur de l’espace des fonctions — et il contient aussi cos2x=2cos2x1\cos 2x = 2\cos^2 x - 1 : les familles de fonctions trigonométriques d’allure linéaire s’effondrent régulièrement sous l’effet d’identités, et c’est pourquoi la liberté doit être démontrée, jamais déduite de la longueur de la liste.

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