Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « courbe paramétrée » ?

Définition 24.1 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 24 — Courbes planes

Une courbe paramétrée est une application f ⁣:IR2f \colon I \to \R^2, tM(t)=(x(t),y(t))t \mapsto M(t) = (x(t), y(t)), où xx et yy sont de classe C1C^1 (au moins) sur l’intervalle II. Le vecteur vitesse est f(t)=(x(t),y(t))f'(t) = (x'(t), y'(t)) ; le point M(t0)M(t_0) est régulier lorsque f(t0)(0,0)f'(t_0) \neq (0,0), et la tangente en ce point est la droite passant par M(t0)M(t_0) et dirigée par f(t0)f'(t_0).

La courbe de Lissajous ( t, 2t) : un point double à l’origine, où deux branches régulières se croisent avec les vitesses (1, 2) et (-1, 2), et des tangentes horizontales aux quatre sommets. La symétrie a réduit tout le travail à un quart de période.
La courbe de Lissajous (sint,sin2t)(\sin t, \sin 2t) : un point double à l’origine, où deux branches régulières se croisent avec les vitesses (1,2)(1, 2) et (1,2)(-1, 2), et des tangentes horizontales aux quatre sommets. La symétrie a réduit tout le travail à un quart de période.
L’astroïde ( 3 t, 3 t) : quatre arcs se rejoignant en quatre points de rebroussement. C’est la courbe décrite par un point d’un cercle de rayon 1/4 roulant à l’intérieur du cercle unité.
L’astroïde (cos3t,sin3t)(\cos^3 t, \sin^3 t) : quatre arcs se rejoignant en quatre points de rebroussement. C’est la courbe décrite par un point d’un cercle de rayon 14\frac14 roulant à l’intérieur du cercle unité.

Exemples

Exemple 24.3 (Branches asymptotiques, un exemple traité)

x(t)=tx(t) = t, y(t)=t+1ty(t) = t + \dfrac1t sur (0,+)\intoo{0}{+\infty}. Quand t0+t \to 0^{+} : x0x \to 0 tandis que y+y \to +\infty — la courbe grimpe le long de l’asymptote verticale x=0x = 0 (limite finie pour une coordonnée, infinie pour l’autre). Quand t+t \to +\infty : les deux coordonnées explosent ; on teste alors une droite : la différence

y(t)x(t)=1t0+y(t) - x(t) = \frac1t \longrightarrow 0^{+}

met en évidence l’asymptote oblique y=xy = x, approchée par valeurs supérieures. Entre les deux, y=11t2y' = 1 - \frac1{t^2} s’annule en t=1t = 1 : le point (1,2)(1, 2) est le point bas de la branche, et x=1>0x' = 1 > 0 partout, donc la courbe avance toujours vers la droite. Un arc, deux asymptotes, un minimum : une image complète à partir de trois calculs — avec la recette générale visible en dessous : lorsque x,yx, y \to \infty ensemble, examiner y/xy/x pour une pente candidate (ici 1\to 1), puis y(pente)xy - (\text{pente})\,x pour l’ordonnée à l’origine et le côté d’approche.

Exemple 24.4 (L’astroïde)

x(t)=cos3tx(t) = \cos^3 t, y(t)=sin3ty(t) = \sin^3 t. Symétries : M(t+2π)=M(t)M(t + 2\pi) = M(t) (on étudie une période) ; M(t)M(-t) est le symétrique de M(t)M(t) par rapport à l’axe des xx ; M(πt)M(\pi - t) par rapport à l’axe des yy ; M(π2t)M(\frac\pi2 - t) par rapport à la diagonale y=xy = x : il suffit d’étudier t[0,π4]t \in \intcc{0}{\frac\pi4} et de déplier.

Vitesse : f(t)=3sintcost(cost,sint)f'(t) = 3\sin t\cos t\,(-\cos t, \sin t). Sur (0,π2)\intoo{0}{\frac\pi2} tous les points sont réguliers, de tangente dirigée par (cost,sint)(-\cos t, \sin t) ; en t=0t = 0 (le point (1,0)(1,0)) la vitesse s’annule : c’est un point de rebroussement, où la courbe rebrousse chemin le long de la direction tangente (1,0)(±)(-1, 0)\cdot(\pm) — par symétrie, les quatre points de rebroussement sont en (±1,0),(0,±1)(\pm1, 0), (0, \pm1).

Exemple 24.5 (Une courbe en huit, étudiée complètement)

x(t)=sintx(t) = \sin t, y(t)=sin2ty(t) = \sin 2t (une courbe de Lissajous). Symétries : M(t+π)=(x(t),y(t))M(t + \pi) = (-x(t), y(t)) (réflexion par rapport à l’axe des yy), M(t)=(x(t),y(t))M(-t) = (-x(t), -y(t)) (symétrie centrale), M(πt)=(x(t),y(t))M(\pi - t) = (x(t), -y(t)) (réflexion par rapport à l’axe des xx) : il suffit d’étudier t[0,π2]t \in \intcc{0}{\frac\pi2} et de déplier. Variations : x=cost0x' = \cos t \geq 0 partout, tandis que y=2cos2ty' = 2\cos 2t est positif avant t=π4t = \frac\pi4 et négatif après : l’arc monte vers la droite jusqu’au sommet (22, 1)\bigl(\frac{\sqrt2}2,\ 1\bigr) en t=π4t = \frac\pi4 (tangente horizontale), puis descend vers la droite jusqu’à (1,0)(1, 0) en t=π2t = \frac\pi2, où x=0yx' = 0 \neq y' : tangente verticale. Point double : M(0)=M(π)=(0,0)M(0) = M(\pi) = (0,0), avec deux vitesses différentes

f(0)=(1, 2),f(π)=(1, 2):f'(0) = (1,\ 2), \qquad f'(\pi) = (-1,\ 2) :

deux branches régulières se croisant à l’origine selon des angles distincts — un point double, non un point singulier : chaque passage est parfaitement lisse, les deux passages partagent simplement leur position. La courbe entière est le huit ci-dessous.

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