Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « espace connexe » ?

Définition 4.26 Mathématiques universitaires — Licence 2 · Chapitre 4 — Topologie des espaces métriques

XX est connexe lorsqu’il n’admet aucune partition en deux parties ouvertes non vides — de façon équivalente, lorsque ses seules parties à la fois ouvertes et fermées sont \emptyset et XX. XX est connexe par arcs lorsque deux points quelconques sont joints par une application continue γ ⁣:[0,1]X\gamma \colon \intcc{0}{1} \to X.

Exemples

Exemple 4.28

GLn(R)GL_n(\R) n’est pas connexe : det\det est continu (un polynôme en les coefficients) sur R\R^*, qui n’est pas connexe ; les images réciproques de R+\R_+^* et R\R_-^* scindent GLn(R)GL_n(\R). (Chaque morceau est en fait connexe par arcs — un exercice agréable au-delà de nos besoins.) Par contraste GLn(C)GL_n(\C) est connexe par arcs : Exercice 4.10.

Exemple 4.29 (Un point fixe par la connexité seule)

Toute application continue f ⁣:[0,1][0,1]f \colon \intcc01 \to \intcc01 a un point fixe — pas d’hypothèse de contraction, pas d’itération. Considérer g(x)=f(x)xg(x) = f(x) - x, continue sur le connexe [0,1]\intcc01 :

g(0)=f(0)0,g(1)=f(1)10,g(0) = f(0) \geq 0, \qquad g(1) = f(1) - 1 \leq 0 ,

et le théorème des valeurs intermédiaires (Théorème 4.27 (2)) livre un zéro de gg, c’est-à-dire un point fixe de ff. À comparer avec Banach (Théorème 4.12) : ici l’existence est topologique et gratuite, mais l’unicité et l’algorithme sont perdus — f=idf = \mathrm{id} a tout point fixe, et l’itération d’un ff non contractant peut boucler à jamais. Les deux théorèmes de point fixe de ce chapitre répondent à des questions différentes avec des monnaies différentes.

Exemple 4.30 (R\R et R2\R^2 ne sont pas homéomorphes)

La connexité est une empreinte topologique. Supposons que h ⁣:R2Rh \colon \R^2 \to \R soit un homéomorphisme (une bijection continue de réciproque continue). Retirer un point aR2a \in \R^2 : la restriction h ⁣:R2{a}R{h(a)}h \colon \R^2\setminus\{a\} \to \R\setminus\{h(a)\} est encore un homéomorphisme. Mais R2\R^2 privé d’un point est connexe par arcs — joindre deux points quelconques par un segment, en faisant un détour par un second segment via un point auxiliaire si aa bloque le chemin direct — donc connexe (Théorème 4.27 (3)) ; tandis que R\R privé d’un point se scinde en deux demi-droites ouvertes non vides : non connexe. La connexité est préservée par les applications continues : contradiction. Le plan et la droite sont véritablement différents en tant qu’espaces topologiques — un fait que la cardinalité seule (des bijections de type Exercice 1.3 existent bien !) est trop grossière pour voir.

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Définition 6.19 Mathématiques universitaires — Licence 3 · Chapitre 6 — Topologie générale

XX est connexe s’il n’est pas réunion de deux ouverts non vides disjoints — de façon équivalente, ses seules parties à la fois ouvertes et fermées sont \varnothing et XX ; de façon équivalente, toute application continue X{0,1}X \to \{0, 1\} (discret) est constante. Une partie est connexe si elle l’est comme sous-espace.

Exemples

Exemple 6.22 (La sinusoïde du topologue)

Soit Γ={(x,sin1x):0<x1}\Gamma = \{(x, \sin\frac1x) : 0 < x \leq 1\} et S=Γˉ=Γ({0}×[1,1])S = \bar\Gamma = \Gamma \cup (\{0\}\times[-1,1]) (tout point (0,y)(0, y), y1\abs y \leq 1, est limite de points de Γ\Gamma : résoudre sin1x=y\sin\frac1x = y près de 00). Alors SS est connexeadhérence de la connexe Γ\Gamma, image continue de (0,1](0, 1] (Théorème 6.20(3)) — mais pas connexe par arcs : un chemin de (1,sin1)(1, \sin 1) à (0,0)(0,0) devrait parcourir des abscisses 0\to 0 tandis que l’ordonnée oscille entre ±1\pm1 ; Exercice 6.9 rend cela rigoureux. Connexité et connexité par arcs diffèrent vraiment.

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