Une suite est de Cauchy lorsque quand . Un espace métrique est complet lorsque toute suite de Cauchy converge. Convergente de Cauchy toujours ; les parties fermées d’espaces complets sont complètes, et les parties complètes d’un espace quelconque sont fermées (mêmes démonstrations que sur : volume de première année).
Exemples
Exemple 4.8 (Cauchy sans limite)
Dans avec la distance usuelle, les troncatures décimales de ,
vérifient : de Cauchy dans . Une limite dans serait aussi la limite dans , à savoir : aucune limite n’existe dans . L’incomplétude est la présence de telles « limites fantômes » ; la complétude de a été construite dans le volume de première année précisément pour donner un foyer à toute suite de Cauchy.
Exemple 4.13 (Une équation intégrale)
Sur (complet, Théorème 4.9), considérons . Pour :
donc est une -contraction : elle a un unique point fixe continu — la solution de , , à savoir . Ce schéma, industrialisé, devient le théorème de Cauchy–Lipschitz du Chapitre 16.
Exemple 4.14 (Un point fixe numérique : )
Sur le complet , l’application envoie dans et est une contraction : par l’inégalité des accroissements finis,
Banach : une unique solution de dans (donc dans : tout point fixe réel est dans , puis dans après une application), et l’itération converge vers elle depuis tout point de départ : , le fameux nombre obtenu en martelant la touche cosinus d’une calculatrice. La majoration de l’erreur prédit une décroissance en — environ un chiffre tous les appuis ; la majoration a posteriori du problème de fin de semaine de ce chapitre (question 14) certifie chaque étape à la volée.