La longueur d’un arc C1f:[a,b]→R2 est l’intégrale de la vitesse scalaire :
L=∫ab∥f′(t)∥dt=∫abx′(t)2+y′(t)2dt.
(Motivation : sur un petit intervalle, M(t+h)≈M(t)+hf′(t), de sorte que l’arc est proche d’une ligne polygonale dont les longueurs des segments s’additionnent en une somme de Riemann de ∥f′∥, Théorème 15.20.) Pour une courbe en polairesr=r(θ), la vitesse r′u+rv a des composantes orthogonales, donc
L=∫θ1θ2r′(θ)2+r(θ)2dθ.
La longueur ne dépend pas du paramétrage (monotone, C1) choisi : la substitution t=φ(s) dans l’intégrale (Théorème 15.15) multiplie f′ par φ′ et dt par φ′−1.
Une arche de la cycloïde (rayon R=1), le cercle roulant en t=2, et les deux droites de construction du devoir maison : la corde MC vers le point de contact est normale à la courbe, la corde MT vers le sommet du cercle est tangente.
Exemples
Exemple 24.10(Vérification : le cercle)
Pour f(t)=(Rcost,Rsint) sur [0,2π] : ∥f′∥=R, donc L=2πR — la définition rend bien la circonférence. Test de reparamétrage : l’applicationg(t)=(Rcos2t,Rsin2t) sur [0,π] décrit le même cercle à vitesse doublée ∥g′∥=2R, et
∫0π2Rdt=2πR
de nouveau : deux fois moins de temps, deux fois plus vite, même longueur — l’invariance promise dans la définition, constatée une fois sur les nombres. (Faire parcourir g sur tout [0,2π] donnerait 4πR : une courbe parcourue deux fois est deux fois plus longue en tant que trajet ; la longueur mesure le chemin paramétré, et une comptabilité honnête de l’intervalle fait partie du calcul.) Pour l’astroïde (cos3t,sin3t) : ∥f′∥=3∣sintcost∣=23∣sin2t∣, et par symétrie L=4∫0π/223sin2tdt=6 : une courbe tracée à l’intérieur du cercle unité, de longueur6<2π. Le devoir maison mesure la plus célèbre des arches.