Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Puissances, ordre d’un élément » ?

Aussi appelé : ordre d'un élément

Définition 7.14 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 7 — Structures algébriques

Dans un groupe GG (en notation multiplicative), on pose x0=ex^0 = e, xk+1=xkxx^{k+1} = x^k x et xk=(xk)1x^{-k} = (x^k)^{-1} pour kNk \in \N ; on a alors xk+l=xkxlx^{k+l} = x^k x^l pour tous k,lZk, l \in \Z, de sorte que kxkk \mapsto x^k est un morphisme (Z,+)G(\Z, +) \to G dont l’image x={xk:kZ}\langle x \rangle = \{x^k : k \in \Z\} est un sous-groupe, le sous-groupe engendré par xx. L’ordre de xx est le plus petit m1m \geq 1 tel que xm=ex^m = e, s’il en existe un (alors x={e,x,,xm1}\langle x\rangle = \{e, x, \dots, x^{m-1}\} a exactement mm éléments, et xk=e    mkx^k = e \iff m \mid k), et \infty sinon.

Exemples

Exemple 7.15

Dans (C,×)(\C^*, \times) : i\iu est d’ordre 44, avec i={1,i,1,i}=U4\langle \iu \rangle = \{1, \iu, -1, -\iu\} = \mathbb{U}_4 ; plus généralement ω=e2iπ/n\omega = \eu^{2\iu\pi/n} est d’ordre nn et ω=Un\langle\omega\rangle = \mathbb{U}_n. Dans (Z,+)(\Z, +), tout x0x \neq 0 est d’ordre infini. Pourquoi les affirmations de la définition sont vraies : si xx est d’ordre mm, effectuons la division euclidienne d’un kk quelconque par mm (k=mq+rk = mq + r, 0r<m0 \leq r < m, Théorème 6.2) : xk=(xm)qxr=xrx^k = (x^m)^q x^r = x^r, donc les puissances sont périodiques de période mm, les éléments énumérés sont deux à deux distincts par minimalité de mm, et xk=ex^k = e force r=0r = 0. Les ordres des permutations sont calculés dans le devoir maison ci-dessous.

Exemple 7.16 (Ordres dans U12\mathbb U_{12})

Quel est l’ordre de ωk\omega^k dans Un\mathbb U_n, pour ω=e2iπ/n\omega = \eu^{2\iu\pi/n} ? On a (ωk)m=1(\omega^k)^m = 1 si et seulement si nkmn \mid km, et en écrivant d=gcd(n,k)d = \gcd(n, k), n=dnn = dn', k=dkk = dk' avec gcd(n,k)=1\gcd(n', k') = 1 : nkm    nkm    nmn \mid km \iff n' \mid k'm \iff n' \mid m (lemme de Gauss, Théorème 6.8). Le plus petit tel m1m \geq 1 est n=ngcd(n,k)n' = \frac{n}{\gcd(n,k)}. Dans U12\mathbb U_{12} par exemple, ω8\omega^8 est d’ordre 12gcd(12,8)=3\frac{12}{\gcd(12,8)} = 3 (en effet ω8=e4iπ/3U3\omega^8 = \eu^{4\iu\pi/3} \in \mathbb U_3), tandis que ω5\omega^5 est d’ordre 1212 : il engendre le groupe tout entier, bien qu’il ne soit pas le générateur « standard ». Compter les générateurs — les kk tels que gcd(k,n)=1\gcd(k, n) = 1 — redonne les dénombrements d’entiers premiers avec nn de l’Exemple 2.25 : théorie des groupes et dénombrement se rejoignent.

Exemple 7.6 (Les symétries d’un rectangle)

Un rectangle (non carré) admet exactement quatre isométries de lui-même sur lui-même : l’identité ee, la symétrie d’axe horizontal hh, la symétrie d’axe vertical vv, et le demi-tour rr autour du centre. La composition fait de cet ensemble à quatre éléments un groupe : chaque élément est son propre inverse (h2=v2=r2=eh^2 = v^2 = r^2 = e), et le produit de deux éléments distincts autres que le neutre est le troisième (hv=vh=rhv = vh = r : composer les deux symétries axiales donne le demi-tour). La table est symétrique, donc le groupe est abélien — et pourtant ce n’est pas le même groupe que celui des rotations U4\mathbb U_4 de l’Exemple 7.15 : là, i\iu est d’ordre 44, tandis qu’ici tout élément est d’ordre 2\leq 2. Deux groupes de même taille peuvent donc avoir des structures multiplicatives véritablement différentes — la figure ci-dessous affiche les deux tables côte à côte. Ce groupe à quatre éléments réapparaîtra sous la forme {±1}×{±1}\{\pm1\} \times \{\pm1\}, et l’Exercice 7.7 explique pourquoi tout groupe dont tous les carrés sont triviaux est, comme celui-ci, nécessairement abélien.

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