পৃথিবী ও মহাকাশ বিজ্ঞান · বই 2 · শ্রেণি 10–12

Sciences de la Terre et de l’Univers du lycée

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Sciences de la Terre et de l’Univers du lycée · শ্রেণি 10–12

23La destruction des montagnes

Vues depuis la Station spatiale internationale, les Appalaches, dans l’est de l’Amérique du Nord, dessinent un motif frappant de longues crêtes sombres et boisées et de vallées claires et cultivées, sur plus de 500 km500\,\mathrm{km} dans la photographie ci-dessous. Les crêtes sont des couches de roches dures qui ont été froissées en plis serrés quand l’Afrique a poussé contre l’Amérique du Nord, au Carbonifère et au Permien, il y a plus de 250 millions d’années. Aujourd’hui, leur plus haut sommet, le mont Mitchell, le point culminant de l’est du Mississippi, s’élève à 2037 m2037\,\mathrm{m} au-dessus du niveau de la mer, moins du quart de la hauteur de l’Everest.

Les Appalaches plissées, en crêtes et vallées, du nord-est de la Pennsylvanie (en haut à droite) à la Virginie-Occidentale, photographiées depuis la Station spatiale internationale le 17 novembre 2012. Les crêtes boisées sont des couches de roches dures, les vallées cultivées des couches plus tendres. Photographie NASA (domaine public).
Les Appalaches plissées, en crêtes et vallées, du nord-est de la Pennsylvanie (en haut à droite) à la Virginie-Occidentale, photographiées depuis la Station spatiale internationale le 17 novembre 2012. Les crêtes boisées sont des couches de roches dures, les vallées cultivées des couches plus tendres. Photographie NASA (domaine public).

Une chaîne de montagnes ne dure pas. Dès qu’elle s’élève, la pluie, la glace et les rivières l’attaquent ; la roche qu’elles emportent finit dans la mer, où elle devient une roche nouvelle. Ce chapitre mesure la vitesse de ce processus, suit les débris jusqu’à l’endroit où ils redeviennent pierre, et montre pourquoi une chaîne en cours d’usure continue de s’élever pendant ce temps.

Tu sais déjà

L’altération désagrège la roche sur place ; l’érosion emporte les débris, et le dépôt les abandonne ailleurs (livre 1, année 5). L’altération chimique transforme les feldspaths en minéraux argileux par hydrolyse (Chapitre 7). Le débit d’une rivière est le volume d’eau qui passe en un point en une seconde (Chapitre 8). La croûte flotte sur le manteau en équilibre isostatique ; dans le modèle d’Airy, une région dont la croûte est plus épaisse de ΔH\Delta H se dresse plus haut de ΔH (ρm−ρc)/ρm\Delta H\,(\rho_m - \rho_c)/\rho_m (Chapitre 12), et une haute chaîne repose sur une racine de croûte épaisse (Chapitre 19). Les sédiments s’accumulent dans des bassins sédimentaires (Chapitre 18). Les roches enfouies profondément dans une chaîne de montagnes sont métamorphisées (Chapitre 21).

23.1 À quelle vitesse les terres s’usent-elles ?

Définition 23.1 (Taux de dénudation)

Le taux de dénudation d’une région est l’épaisseur moyenne de roche que l’altération et l’érosion réunies lui enlèvent par unité de temps. On l’exprime en général en mètres par million d’années (m/Ma\mathrm{m}/\mathrm{Ma}), ce qui revient à des millimètres par millier d’années.

Comment mesurer quelque chose d’aussi lent ? Les rayons cosmiques qui frappent le sol fabriquent un isotope rare, le béryllium 10, dans le quartz des premiers mètres de roche. Plus une surface s’use lentement, plus chaque grain reste longtemps près de la surface, et plus il accumule de béryllium 10. Le mesurer dans le sable d’une rivière donne le taux de dénudation moyen de tout le bassin situé en amont, sur les derniers milliers à millions d’années.

Une compilation de 1599 mesures de ce type a montré que les affleurements de roche nue s’usent lentement, de 12 m/Ma12\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} en moyenne (médiane 5.4 m/Ma5.4\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}), et jamais plus vite que 140 m/Ma140\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}. Les bassins versants entiers perdent bien plus, 218 m/Ma218\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} en moyenne, mais avec une médiane de seulement 54 m/Ma54\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} : quelques bassins rapides tirent la moyenne vers le haut. Les plus rapides sont les plus pentus : la pente moyenne d’un bassin est le facteur qui prédit le mieux son taux. Les bassins des régions sismiquement actives, où des montagnes s’élèvent, s’érodent environ deux fois plus vite que ceux des régions calmes.

Taux de dénudation mesurés avec le béryllium 10 (en rouge : 1599 mesures, dont 1149 dans du sable de rivière) et deux taux calculés dans ce chapitre à partir des sédiments que transportent les fleuves (en bleu). Sources : Portenga et Bierman (2011) ; Meade et Moody (2010) ; Syvitski et ses collègues (2005).
Taux de dénudation mesurés avec le béryllium 10 (en rouge : 1599 mesures, dont 1149 dans du sable de rivière) et deux taux calculés dans ce chapitre à partir des sédiments que transportent les fleuves (en bleu). Sources : Portenga et Bierman (2011) ; Meade et Moody (2010) ; Syvitski et ses collègues (2005).

23.2 Les rivières emportent les montagnes

Une grande partie de ce qui est arraché aux terres les quitte par les rivières.

Définition 23.2 (Charge sédimentaire)

La charge sédimentaire d’une rivière est la matière qu’elle transporte, sous trois formes : la charge de fond, de gros grains roulés, poussés ou sautant sur le fond ; la charge en suspension, de petits grains maintenus dans l’eau en mouvement ; et la charge dissoute, des ions en solution, comme le calcium et le chlorure, laissés par l’altération chimique.

En moyenne, la charge dissoute représente environ 15 %15\,\% de la masse transportée par une rivière. Plus l’eau est rapide, plus les grains qu’elle peut soulever sont gros. Un grain de sable de 1 mm1\,\mathrm{mm} est arraché au fond à environ 20 cm/s20\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}, et une fois en mouvement il reste en suspension jusqu’à ce que le courant tombe sous 10 cm/s10\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}. Les grains de silt sont plus difficiles à soulever que le sable, parce qu’ils collent entre eux : un grain de 0.01 mm0.01\,\mathrm{mm} demande 60 cm/s60\,\mathrm{cm}/\mathrm{s} pour être arraché, mais un courant de 0.1 cm/s0.1\,\mathrm{cm}/\mathrm{s} le maintient ensuite en suspension. C’est pourquoi les rivières en crue sont brunes, et pourquoi la boue la plus fine voyage jusqu’à la mer.

Une rivière en tresses dans une vallée glaciaire de montagne : des chenaux peu profonds se séparent et se rejoignent entre des bancs de graviers que l’eau ne déplace qu’en crue. Illustration générée par IA.
Une rivière en tresses dans une vallée glaciaire de montagne : des chenaux peu profonds se séparent et se rejoignent entre des bancs de graviers que l’eau ne déplace qu’en crue. Illustration générée par IA.

Mesurer ce que transporte une rivière donne une seconde façon de trouver un taux de dénudation.

Méthode 23.3 (Un bilan d’érosion)

  1. Prendre la masse de sédiments que la rivière transporte en un an, et y ajouter la charge dissoute (si seule la charge solide est connue, la diviser par 0.850.85).
  2. Diviser par la masse volumique de la roche, environ 2830 kg/m32830\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} pour la croûte continentale, pour obtenir le volume de roche enlevé chaque année.
  3. Diviser par la surface du bassin versant : c’est l’épaisseur enlevée chaque année.
  4. Multiplier par 10610^6 pour l’exprimer en mètres par million d’années.

Exemple 23.4 (Le Mississippi)

Avant 1900, le système Missouri–Mississippi transportait chaque année environ 400 millions de tonnes de sédiments jusqu’à la mer, depuis un bassin d’environ 2 980 000 km22\,980\,000\,\mathrm{km}^{2}. Avec la charge dissoute, 400/0.85≈471400/0.85 \approx 471 millions de tonnes, soit 4.71×1011/2830≈1.66×108 m34.71 \times 10^{11}/2830 \approx 1.66 \times 10^{8}\,\mathrm{m}^{3} de roche par an. Étalé sur 2.98×1012 m22.98 \times 10^{12}\,\mathrm{m}^{2}, cela fait une couche

1.66×1082.98×1012≈5.6×10−5 m par an, soit environ 56 m/Ma.\frac{1.66 \times 10^{8}}{2.98 \times 10^{12}} \approx 5.6 \times 10^{-5}\,\mathrm{m} \text{ par an, soit environ } 56\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.

Entre 1987 et 2006, le fleuve n’a plus transporté que 145 millions de tonnes par an, ce qui donne environ 20 m/Ma20\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} : les barrages construits sur le Missouri dans les années 1950 retiennent environ 100 à 150 millions de tonnes par an, et d’autres ouvrages en retiennent davantage.

On peut faire le même bilan pour le monde entier. Avant que l’homme ne modifie les fleuves, ceux-ci apportaient aux côtes environ 15.5 milliards de tonnes de sédiments solides par an ; avec la charge dissoute, cela fait environ 6.4 km36.4\,\mathrm{km}^{3} de roche par an, pris aux 1.48×108 km21.48 \times 10^{8}\,\mathrm{km}^{2} des continents : un taux de dénudation moyen d’environ 43 m/Ma43\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, proche de la médiane des mesures au béryllium 10. Les hommes ont depuis modifié les deux termes : l’érosion des sols a augmenté d’environ 2.3 milliards de tonnes par an ce que les fleuves emportent, mais plus de 100 milliards de tonnes de sédiments sont aujourd’hui retenues derrière des barrages.

23.3 Du sédiment à la roche

Ce que transportent les rivières se dépose là où le courant ralentit : dans les vallées et les lacs, sur les deltas, et surtout dans les bassins sédimentaires des marges continentales. Couche après couche, le sédiment est enfoui, et il se transforme lentement en roche.

Définition 23.5 (Roche détritique ; diagenèse)

Une roche détritique (ou roche clastique) est une roche sédimentaire faite de fragments, les clastes, de roches et de minéraux plus anciens. La diagenèse est l’ensemble des transformations qui changent un sédiment enfoui en roche à basse température : la compaction, quand le poids des couches situées au-dessus chasse l’eau et l’air, puis la cimentation, quand des minéraux qui cristallisent à partir de l’eau des pores (calcite, quartz, hématite, minéraux argileux) collent les grains entre eux.

On nomme les roches détritiques d’après la taille de leurs clastes :

  • un conglomérat est fait de clastes arrondis de plus de 2 mm2\,\mathrm{mm}, une brèche de clastes anguleux ;
  • un grès est fait de sable, des grains compris entre 2 mm2\,\mathrm{mm} et 0.063 mm0.063\,\mathrm{mm}, le plus souvent de quartz, le minéral qui résiste le mieux à l’altération ;
  • une lutite contient au moins 75 %75\,\% de silt et d’argile ; c’est une argilite feuilletée si elle se débite en couches minces.
Un conglomérat à galets de quartz de l’Ohio, d’âge carbonifère : des galets arrondis de quartz, cimentés par un sable plus fin. Photographie James St. John (CC BY 2.0).
Un conglomérat à galets de quartz de l’Ohio, d’âge carbonifère : des galets arrondis de quartz, cimentés par un sable plus fin. Photographie James St. John (CC BY 2.0).

Les clastes enregistrent le voyage. Des galets arrondis ont longtemps roulé dans une rivière ou sur une plage ; des fragments anguleux n’ont presque pas voyagé. Un grès fait presque uniquement de quartz provient d’une roche altérée pendant longtemps, jusqu’à ce que les autres minéraux se soient changés en argile.

23.4 La racine remonte

Si l’érosion ne faisait qu’enlever de la roche au sommet d’une chaîne, une chaîne haute de 2 km2\,\mathrm{km}, usée à 200 m/Ma200\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, disparaîtrait en dix millions d’années. Mais la chaîne flotte sur le manteau. À mesure que de la roche est enlevée au sommet, la colonne s’allège, et elle remonte.

Définition 23.6 (Rebond isostatique)

Le rebond isostatique est la remontée d’une région de la lithosphère quand une charge lui est retirée — roche usée par l’érosion, ou calotte glaciaire qui fond — jusqu’au rétablissement de l’isostasie.

Proposition 23.7 (Érosion et rebond)

Dans le modèle d’Airy, quand l’érosion enlève une épaisseur ee de croûte de masse volumique ρc\rho_c à une région en équilibre isostatique sur un manteau de masse volumique ρm\rho_m, la surface ne s’abaisse que de

Δh=e(1−ρcρm),\Delta h = e\left(1 - \frac{\rho_c}{\rho_m}\right),

tandis que la base de la croûte remonte de e ρc/ρme\,\rho_c/\rho_m.

Démonstration. Enlever ee au sommet amincit la croûte de ee. D’après le modèle d’Airy, une croûte plus mince de ee se trouve plus bas de e (ρm−ρc)/ρm=e(1−ρc/ρm)e\,(\rho_m - \rho_c)/\rho_m = e(1 - \rho_c/\rho_m). Le sommet de la croûte s’est abaissé de cette quantité, et son épaisseur a diminué de ee : sa base est donc remontée de e−e(1−ρc/ρm)=e ρc/ρme - e(1 - \rho_c/\rho_m) = e\,\rho_c/\rho_m. ∎

Avec ρc=2830 kg/m3\rho_c = 2830\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} et ρm=3380 kg/m3\rho_m = 3380\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}, 1−ρc/ρm≈0.1631 - \rho_c/\rho_m \approx 0.163. Enlever 1 km1\,\mathrm{km} de roche n’abaisse la surface que d’environ 163 m163\,\mathrm{m} : les 837 m837\,\mathrm{m} restants sont compensés par la remontée de toute la colonne. Pour abaisser une chaîne de 2000 m2000\,\mathrm{m}, l’érosion doit enlever environ 2000/0.163≈12 300 m2000/0.163 \approx 12\,300\,\mathrm{m} de roche. Des roches qui se trouvaient à plus de 12 km12\,\mathrm{km} de profondeur, roches métamorphiques et granites formés dans les profondeurs de la chaîne, arrivent en surface : c’est pourquoi les vieilles chaînes usées montrent des schistes, des gneiss et des granites sur de vastes étendues.

Érosion et rebond isostatique (schéma, hauteurs sans échelle). À gauche : une chaîne en équilibre isostatique, avec sa racine. Au centre : l’érosion enlève une épaisseur e au sommet. À droite : la colonne allégée remonte jusqu’au rétablissement de l’isostasie ; la surface ne finit que 0.163\,e plus bas qu’au départ, et la racine est remontée de 0.837\,e.
Érosion et rebond isostatique (schéma, hauteurs sans échelle). À gauche : une chaîne en équilibre isostatique, avec sa racine. Au centre : l’érosion enlève une épaisseur ee au sommet. À droite : la colonne allégée remonte jusqu’au rétablissement de l’isostasie ; la surface ne finit que 0.163 e0.163\,e plus bas qu’au départ, et la racine est remontée de 0.837 e0.837\,e.

On peut observer aujourd’hui ce même rebond là où une charge a disparu rapidement. La calotte glaciaire qui couvrait une grande partie du Canada au dernier maximum glaciaire était la plus épaisse autour de la baie d’Hudson. Cette glace a fondu, et le sol y remonte encore : d’environ 10 mm10\,\mathrm{mm} par an, d’après les mesures GPS, soit 10 000 m/Ma10\,000\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, environ cinquante fois le taux de dénudation moyen des bassins versants. Plus au sud, au-delà des Grands Lacs, le sol s’enfonce de 1 à 2 mm2\,\mathrm{mm} par an.

23.5 Combien de temps dure une chaîne ?

Plus un bassin est pentu, plus il s’érode vite ; pour les grands bassins, on a trouvé le taux de dénudation proportionnel à leur relief moyen. Prenons le modèle le plus simple qui traduise cette relation.

Proposition 23.8 (La décroissance exponentielle d’une chaîne)

Soit h(t)h(t) l’altitude moyenne d’une chaîne au-dessus des plaines qui l’entourent. Si le taux de dénudation vaut E=k hE = k\,h, avec kk une constante, et si l’isostasie est rétablie en permanence, alors

h(t)=h0 e−fkt,f=1−ρcρm,h(t) = h_0\, e^{-f k t}, \qquad f = 1 - \frac{\rho_c}{\rho_m},

où h0h_0 est l’altitude à t=0t = 0. L’altitude est divisée par ee tous les τ=1/(fk)\tau = 1/(fk), et par deux tous les τln⁡2\tau \ln 2.

Démonstration. En un temps court dt\mathrm{d}t, l’érosion enlève une épaisseur E dt=kh dtE\,\mathrm{d}t = k h\,\mathrm{d}t, et d’après la proposition précédente la surface s’abaisse de fkh dtf k h\,\mathrm{d}t. Donc h′=−fk hh' = -fk\,h, et les solutions de cette équation sont h(t)=h0 e−fkth(t) = h_0\,e^{-fkt}. À t=τt = \tau, h=h0/eh = h_0/e ; h=h0/2h = h_0/2 quand fkt=ln⁡2fkt = \ln 2. ∎

Les mesures sur les grands bassins donnent kk : sans aucun soulèvement, leur relief tomberait au dixième en 11 millions d’années environ. Donc e−11k=0.1e^{-11k} = 0.1, et k=ln⁡10/11≈0.209k = \ln 10/11 \approx 0.209 par million d’années. Sans rebond (f=1f = 1), la constante de temps serait 1/k≈4.81/k \approx 4.8 millions d’années. Avec le rebond, f≈0.163f \approx 0.163 et

τ=10.163×0.209≈29 millions d’anneˊes,\tau = \frac{1}{0.163 \times 0.209} \approx 29 \text{ millions d'années},

et l’altitude moyenne est divisée par deux tous les 29ln⁡2≈2029 \ln 2 \approx 20 millions d’années : le rebond fait durer une chaîne environ six fois plus longtemps.

L’altitude moyenne d’une chaîne haute de 2000\, m, usée à un rythme proportionnel à sa hauteur, avec et sans rebond isostatique ; avec rebond, il reste la moitié de l’altitude au bout de 20 millions d’années (en pointillés). Constante de vitesse d’après Ahnert (1970) ; masses volumiques de la croûte et du manteau situé sous le Moho.
L’altitude moyenne d’une chaîne haute de 2000 m2000\,\mathrm{m}, usée à un rythme proportionnel à sa hauteur, avec et sans rebond isostatique ; avec rebond, il reste la moitié de l’altitude au bout de 20 millions d’années (en pointillés). Constante de vitesse d’après Ahnert (1970) ; masses volumiques de la croûte et du manteau situé sous le Moho.

Les Appalaches mettent ce tableau à l’épreuve. Leur collision s’est achevée au Permien, il y a plus de 250 millions d’années. C’est plus de douze fois le temps que met le modèle à diviser l’altitude par deux : 2000×e−250/29≈0.4 m2000 \times e^{-250/29} \approx 0.4\,\mathrm{m}. Pourtant, le mont Mitchell s’élève encore à 2037 m2037\,\mathrm{m} au-dessus de la mer. Le modèle seul ne peut pas expliquer le relief actuel : la région a dû être soulevée de nouveau depuis, ou s’éroder plus lentement que le modèle ne le suppose.

Les montagnes sont donc recyclées. La roche usée d’une chaîne finit dans des bassins sédimentaires, où elle devient roche détritique ; une partie de cette roche est enfouie assez profondément pour être métamorphisée ou même pour fondre, une partie est entraînée dans le manteau à une zone de subduction (Chapitre 22), et une partie est de nouveau plissée en une nouvelle chaîne quand deux continents entrent en collision.

schiste  grès (Trias)  calcaire  argilite  craie  Coupe A–B à travers les collines de Varden, avec la discordance en rouge : la base plane sur laquelle le grès du Trias s’est déposé en travers du socle de schiste, plissée et faillée par la suite. Données : le modèle de la région propre à la série.
schiste grès (Trias) calcaire argilite craie exagération verticale ×2.5\times 2.5 Coupe A–B à travers les collines de Varden, avec la discordance en rouge : la base plane sur laquelle le grès du Trias s’est déposé en travers du socle de schiste, plissée et faillée par la suite. Données : le modèle de la région propre à la série.

Les collines de Varden gardent la trace d’un tel cycle. Leur socle est un schiste, métamorphisé il y a environ 480 millions d’années, dans lequel un granite s’est mis en place il y a environ 310 millions d’années — tous deux formés à des kilomètres sous la surface d’une ancienne chaîne de montagnes. Pourtant, le grès du Trias, déposé à partir d’il y a environ 252 millions d’années, repose directement sur eux, sur une surface plane : la discordance. En moins de 60 millions d’années, cette ancienne chaîne a été usée jusqu’à n’être plus qu’une plaine, et ses roches profondes ont été amenées en surface. La mer s’est ensuite étendue sur la plaine et l’a recouverte.

23.6 Exercices

Exercice 23.1 ★

Donner le mot : (a) l’épaisseur moyenne de roche enlevée à une région par unité de temps ; (b) les grains qu’une rivière roule et fait sauter sur son lit ; (c) les ions qu’une rivière transporte en solution ; (d) les transformations qui changent un sédiment enfoui en roche ; (e) la remontée de la lithosphère quand une charge lui est retirée.

Solution

Solution de Exercice 23.1.

(a) le taux de dénudation ; (b) la charge de fond ; (c) la charge dissoute ; (d) la diagenèse ; (e) le rebond isostatique.

Exercice 23.2 ★

Nommer la roche détritique : (1) des galets arrondis de 5 aˋ 20 mm5\text{ à }20\,\mathrm{mm} cimentés entre eux ; (2) des grains de quartz de 0.3 mm0.3\,\mathrm{mm} ; (3) une roche faite à 90 %90\,\% de silt et d’argile, qui se débite en feuillets minces ; (4) des fragments anguleux de 3 cm3\,\mathrm{cm}.

Solution

Solution de Exercice 23.2.

(1) Un conglomérat. (2) Un grès. (3) Une argilite feuilletée. (4) Une brèche.

Exercice 23.3 ★

Convertir en millimètres par an : (1) 54 m/Ma54\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} ; (2) 218 m/Ma218\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} ; (3) convertir le soulèvement de 10 mm10\,\mathrm{mm} par an près de la baie d’Hudson en m/Ma\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.

Solution

Solution de Exercice 23.3.

1 m/Ma1\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, c’est 1000 mm1000\,\mathrm{mm} en 1 000 0001\,000\,000 d’années, soit 0.001 mm0.001\,\mathrm{mm} par an. (1) 0.054 mm0.054\,\mathrm{mm} par an. (2) 0.218 mm0.218\,\mathrm{mm} par an. (3) 10 mm10\,\mathrm{mm} par an, c’est 10 m10\,\mathrm{m} en 1000 ans, soit 10 000 m/Ma10\,000\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.

Exercice 23.4 ★

Une rivière transporte 60 millions de tonnes de sédiments solides par an. Estimer sa charge dissoute, sachant que la charge dissoute représente en moyenne 15 %15\,\% de la masse totale transportée.

Solution

Solution de Exercice 23.4.

La charge solide représente 85 %85\,\% du total ; le total vaut donc 60/0.85≈70.660/0.85 \approx 70.6 millions de tonnes, et la charge dissoute environ 70.6−60≈10.670.6 - 60 \approx 10.6 millions de tonnes par an.

Exercice 23.5 ★

Ranger dans l’ordre, de la surface vers la profondeur, ce qui arrive à un grain de quartz d’un granite : le dépôt dans un bassin, l’altération du granite, l’enfouissement sous des couches plus jeunes, le transport par une rivière, la cimentation.

Solution

Solution de Exercice 23.5.

L’altération du granite, le transport par une rivière, le dépôt dans un bassin, l’enfouissement sous des couches plus jeunes, la cimentation.

Exercice 23.6 ★★

Un courant ralentit de 30 cm/s30\,\mathrm{cm}/\mathrm{s} à 5 cm/s5\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}. À l’aide des valeurs du chapitre, dire ce qui arrive, à chaque vitesse, à un grain de sable de 1 mm1\,\mathrm{mm} posé sur le fond et à un grain de silt de 0.01 mm0.01\,\mathrm{mm} déjà en suspension.

Solution

Solution de Exercice 23.6.

À 30 cm/s30\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}, le grain de sable est arraché (au-delà de 20 cm/s20\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}) ; le grain de silt reste en suspension. À 5 cm/s5\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}, le grain de sable se dépose (en dessous de 10 cm/s10\,\mathrm{cm}/\mathrm{s}), mais le grain de silt reste toujours en suspension, puisque 0.1 cm/s0.1\,\mathrm{cm}/\mathrm{s} suffit à l’y maintenir.

Exercice 23.7 ★★

Un bassin de 50 000 km250\,000\,\mathrm{km}^{2} envoie chaque année 4 millions de tonnes de sédiments solides à la mer. Établir son bilan d’érosion, charge dissoute comprise, avec ρ=2830 kg/m3\rho = 2830\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}. Comparer à la médiane des taux mesurés au béryllium 10 dans les bassins.

Solution

Solution de Exercice 23.7.

Charge totale 4/0.85≈4.714/0.85 \approx 4.71 millions de tonnes, soit 4.71×109/2830≈1.66×106 m34.71 \times 10^{9}/2830 \approx 1.66 \times 10^{6}\,\mathrm{m}^{3} de roche par an. Sur 5×1010 m25 \times 10^{10}\,\mathrm{m}^{2} : 3.3×10−53.3 \times 10^{-5} m par an, environ 33 m/Ma33\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, en dessous de la médiane de 54 m/Ma54\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.

Exercice 23.8 ★★

(1) Calculer 1−ρc/ρm1 - \rho_c/\rho_m pour ρc=2700 kg/m3\rho_c = 2700\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} et ρm=3300 kg/m3\rho_m = 3300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}. (2) De combien la surface s’abaisse-t-elle quand 1 km1\,\mathrm{km} de roche est érodé ? (3) Comparer à la valeur du chapitre.

Solution

Solution de Exercice 23.8.

(1) 1−2700/3300≈0.1821 - 2700/3300 \approx 0.182. (2) Environ 182 m182\,\mathrm{m}. (3) Un peu plus que les 163 m163\,\mathrm{m} du chapitre : plus la croûte est légère par rapport au manteau, moins la colonne remonte.

Exercice 23.9 ★★

Un granite a cristallisé à environ 8 km8\,\mathrm{km} de profondeur sous une chaîne. (1) Quelle épaisseur de roche l’érosion doit-elle enlever pour l’amener en surface ? (2) De combien la surface moyenne s’abaisse-t-elle pendant ce temps ? (3) À 200 m/Ma200\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, combien de temps cela prend-il ?

Solution

Solution de Exercice 23.9.

(1) 8 km8\,\mathrm{km} de roche. (2) 8000×0.163≈1300 m8000 \times 0.163 \approx 1300\,\mathrm{m}. (3) 8000/200=408000/200 = 40 millions d’années.

Exercice 23.10 ★★

L’altitude moyenne des continents est d’environ 794 m794\,\mathrm{m}. (1) À 43 m/Ma43\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}, combien de temps l’érosion mettrait-elle à enlever une couche de cette épaisseur ? (2) Combien de temps, si l’on tient compte du rebond isostatique et que le taux reste le même ? (3) Pourquoi les continents se dressent-ils pourtant encore au-dessus de la mer au bout de 4 milliards d’années ?

Solution

Solution de Exercice 23.10.

(1) 794/43≈18794/43 \approx 18 millions d’années. (2) La surface ne s’abaisse que de 0.1630.163 fois l’épaisseur érodée ; la roche à enlever vaut donc 794/0.163≈4900 m794/0.163 \approx 4900\,\mathrm{m}, ce qui prend environ 4900/43≈1104900/43 \approx 110 millions d’années. (3) Les continents ne font pas que s’user : la formation des montagnes et le magmatisme des arcs continuent de les soulever et de leur ajouter de la croûte nouvelle.

Exercice 23.11 ★★

Plus de 100 milliards de tonnes de sédiments sont retenues derrière des barrages construits pour la plupart au cours des cinquante dernières années. (1) Quel volume de roche cela représente-t-il, à 2830 kg/m32830\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} ? (2) Combien d’années de la charge solide mondiale d’avant l’homme, 15.5 milliards de tonnes par an, cela représente-t-il ?

Solution

Solution de Exercice 23.11.

(1) 1×1014/2830≈3.5×1010 m31 \times 10^{14}/2830 \approx 3.5 \times 10^{10}\,\mathrm{m}^{3}, soit environ 35 km335\,\mathrm{km}^{3}. (2) 100/15.5≈6.5100/15.5 \approx 6.5 ans.

Exercice 23.12 ★★★

Montrer que, dans le modèle du chapitre, le taux de dénudation d’une chaîne vaut E(t)=kh0e−fktE(t) = k h_0 e^{-fkt}. Calculer l’épaisseur totale de roche enlevée pendant que l’altitude moyenne tombe de h0h_0 à 0, et expliquer le résultat à l’aide de la proposition sur le rebond.

Solution

Solution de Exercice 23.12.

E=khE = kh et h=h0e−fkth = h_0 e^{-fkt} donnent E(t)=kh0e−fktE(t) = kh_0 e^{-fkt}. L’épaisseur enlevée de t=0t = 0 à t→∞t \to \infty vaut ∫0∞kh0e−fkt dt=kh0/(fk)=h0/f\int_0^{\infty} kh_0 e^{-fkt}\,\mathrm{d}t = kh_0/(fk) = h_0/f. Pour abaisser la surface de h0h_0, l’érosion doit enlever h0/f≈6.1 h0h_0/f \approx 6.1\,h_0, comme le dit la proposition sur le rebond : chaque mètre érodé n’abaisse la surface que de ff mètre.

Exercice 23.13 ★★★

Près de la baie d’Hudson, le sol remonte de 10 mm10\,\mathrm{mm} par an. (1) Si ce rythme restait le même, de combien remonterait-il en 1000 ans ? (2) La remontée est un rebond après la fonte d’une calotte glaciaire. Prendre une glace de masse volumique 900 kg/m3900\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} et le manteau à 3380 kg/m33380\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} : de combien le sol remonterait-il en tout, dans le modèle d’Airy, après la fonte de 2 km2\,\mathrm{km} de glace ? (3) Pourquoi le rythme devrait-il ralentir avec le temps ?

Solution

Solution de Exercice 23.13.

(1) 10×1000=10 000 mm10 \times 1000 = 10\,000\,\mathrm{mm}, soit 10 m10\,\mathrm{m}. (2) Retirer une charge de glace d’épaisseur tt revient à retirer une masse ρglace t\rho_{\text{glace}}\,t par unité de surface ; la colonne remonte jusqu’à déplacer d’autant moins de manteau : 2000×900/3380≈530 m2000 \times 900/3380 \approx 530\,\mathrm{m}. (3) Le sol remonte de moins en moins vite à mesure qu’il approche de son nouvel équilibre : ce qui entraîne la remontée, c’est la part qui n’est pas encore rattrapée.

Exercice 23.14 ★★★

Le Mississippi transportait 400 millions de tonnes de sédiments solides par an avant 1900, et 145 millions de tonnes par an en 1987–2006. (1) Calculer le taux de dénudation de son bassin de 2 980 000 km22\,980\,000\,\mathrm{km}^{2} pour les deux périodes, charge dissoute comprise. (2) Laquelle des deux mesure le mieux l’érosion naturelle du bassin ? (3) Les barrages retiennent 100 à 150 millions de tonnes par an : cela explique-t-il toute la diminution ?

Solution

Solution de Exercice 23.14.

(1) Avant 1900 : environ 56 m/Ma56\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma} (comme dans l’exemple). En 1987–2006 : 145/0.85≈171145/0.85 \approx 171 millions de tonnes, 1.71×1011/2830≈6.0×107 m31.71 \times 10^{11}/2830 \approx 6.0 \times 10^{7}\,\mathrm{m}^{3}, sur 2.98×1012 m22.98 \times 10^{12}\,\mathrm{m}^{2} : environ 20 m/Ma20\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}. (2) La première : la charge plus récente est retenue par les barrages et d’autres ouvrages. (3) Non : la diminution vaut 400−145=255400 - 145 = 255 millions de tonnes par an, dont les barrages expliquent 100 à 150, environ la moitié.

Exercice 23.15 ★★★

Dans les collines de Varden, un granite mis en place il y a environ 310 millions d’années se trouve sous le grès du Trias, déposé à partir d’il y a environ 252 millions d’années. Supposer que le granite a cristallisé à 6 km6\,\mathrm{km} de profondeur. (1) Quelle épaisseur de roche a été enlevée au-dessus de lui, au minimum ? (2) Quel taux de dénudation moyen cela exige-t-il, au minimum ? (3) Comparer aux taux mesurés dans les bassins.

Solution

Solution de Exercice 23.15.

(1) Au moins 6 km6\,\mathrm{km}. (2) 310−252=58310 - 252 = 58 millions d’années au plus, donc au moins 6000/58≈100 m/Ma6000/58 \approx 100\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}. (3) C’est entre la médiane (54 m/Ma54\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}) et la moyenne (218 m/Ma218\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}) des bassins : un taux ordinaire pour une chaîne de montagnes.

Problème 23.1

Problème du week-end — combien de temps pour aplanir une chaîne de montagnes ?

Une jeune chaîne a une altitude moyenne de 2000 m2000\,\mathrm{m} au-dessus des plaines qui l’entourent. Ses rivières l’usent à un rythme proportionnel à sa hauteur, E=khE = kh, avec k=0.209k = 0.209 par million d’années. La croûte a une masse volumique de 2830 kg/m32830\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}, le manteau situé dessous 3380 kg/m33380\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}.

Partie I — Le taux d’érosion.

  1. Calculer le taux de dénudation actuel de la chaîne, en m/Ma\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.
  2. L’exprimer en millimètres par an.
  3. Le comparer aux taux moyens mesurés dans les bassins sismiquement actifs (367 m/Ma367\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}) et dans les bassins calmes (182 m/Ma182\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}).
  4. Quelle caractéristique d’un bassin prédit le mieux son taux d’érosion ?
  5. Combien de tonnes de roche quittent chaque kilomètre carré de la chaîne chaque année ?

Partie II — Sans rebond.

  1. Si le taux restait à sa valeur actuelle, combien de temps faudrait-il pour enlever 2000 m2000\,\mathrm{m} de roche ?
  2. En réalité, le taux diminue à mesure que la chaîne s’abaisse. Écrire l’équation h′=−khh' = -kh et sa solution avec h(0)=2000 mh(0) = 2000\,\mathrm{m}.
  3. Que vaut la constante de temps 1/k1/k ?
  4. Combien de temps l’altitude met-elle à être divisée par deux ?
  5. Vérifier qu’il reste un dixième de l’altitude au bout de 11 millions d’années.

Partie III — Avec rebond.

  1. Calculer f=1−ρc/ρmf = 1 - \rho_c/\rho_m.
  2. Quand 100 m100\,\mathrm{m} de roche sont érodés, de combien la surface s’abaisse-t-elle, et de combien la racine remonte-t-elle ?
  3. Écrire la nouvelle équation pour hh et sa solution.
  4. Quelle épaisseur de roche faut-il éroder pour abaisser la chaîne de 2000 m2000\,\mathrm{m} à 200 m200\,\mathrm{m} ?
  5. Quels types de roches cela amène-t-il en surface ?

Partie IV — La constante de temps.

  1. Calculer la constante de temps avec rebond.
  2. Combien de temps la chaîne met-elle à tomber au dixième de sa hauteur ?
  3. Quelle est sa hauteur au bout de 200 millions d’années ?
  4. La collision appalachienne s’est achevée il y a plus de 250 millions d’années. Si la chaîne n’avait jamais été soulevée de nouveau, quelle hauteur le modèle lui laisserait-il au bout de 250 millions d’années ? Le mont Mitchell s’élève encore à 2037 m2037\,\mathrm{m} au-dessus de la mer : que cela suggère-t-il ?
  5. Conclure : en combien de millions d’années l’altitude moyenne de la chaîne est-elle divisée par deux ?
Solution

Solution de Problème 23.1.

1. E=0.209×2000≈418 m/MaE = 0.209 \times 2000 \approx 418\,\mathrm{m}/\mathrm{Ma}.

2. 0.418 mm0.418\,\mathrm{mm} par an.

3. Plus vite que les deux : c’est une chaîne jeune et pentue, aussi rapide que les bassins sismiquement actifs, et même davantage.

4. Sa pente moyenne.

5. Une couche de 0.418×10−3 m0.418 \times 10^{-3}\,\mathrm{m} sur 1×106 m21 \times 10^{6}\,\mathrm{m}^{2} représente 418 m3418\,\mathrm{m}^{3}, soit 418×2830≈1.18×106 kg418 \times 2830 \approx 1.18 \times 10^{6}\,\mathrm{kg} : environ 1200 tonnes.

6. 2000/418≈4.82000/418 \approx 4.8 millions d’années.

7. h(t)=2000 e−0.209 th(t) = 2000\,e^{-0.209\,t} (tt en millions d’années).

8. 1/0.209≈4.81/0.209 \approx 4.8 millions d’années.

9. ln⁡2/0.209≈3.3\ln 2/0.209 \approx 3.3 millions d’années.

10. e−0.209×11=e−2.30≈0.100e^{-0.209 \times 11} = e^{-2.30} \approx 0.100.

11. 1−2830/3380≈0.1631 - 2830/3380 \approx 0.163.

12. La surface s’abaisse de 100×0.163≈16 m100 \times 0.163 \approx 16\,\mathrm{m} ; la racine remonte d’environ 84 m84\,\mathrm{m}.

13. h′=−0.163×0.209 h≈−0.0341 hh' = -0.163 \times 0.209\,h \approx -0.0341\,h, donc h(t)=2000 e−0.0341 th(t) = 2000\,e^{-0.0341\,t}.

14. (2000−200)/0.163≈11 000 m(2000 - 200)/0.163 \approx 11\,000\,\mathrm{m} de roche.

15. Des roches qui se trouvaient à environ 11 km11\,\mathrm{km} de profondeur : des roches métamorphiques comme les schistes et les gneiss, et des granites.

16. 1/0.0341≈291/0.0341 \approx 29 millions d’années.

17. 29×ln⁡10≈6729 \times \ln 10 \approx 67 millions d’années.

18. 2000 e−0.0341×200≈2000×0.0011≈2 m2000\,e^{-0.0341 \times 200} \approx 2000 \times 0.0011 \approx 2\,\mathrm{m}.

19. 2000 e−0.0341×250≈2000×0.0002≈0.4 m2000\,e^{-0.0341 \times 250} \approx 2000 \times 0.0002 \approx 0.4\,\mathrm{m} : une plaine. Un sommet de 2037 m2037\,\mathrm{m} signifie que le modèle seul ne convient pas : la région a dû être soulevée de nouveau depuis, ou s’éroder plus lentement que le modèle ne le suppose.

20. L’altitude moyenne est divisée par deux en 29×ln⁡2≈29 \times \ln 2 \approx 20 millions d’années.

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