地球与空间科学 · 第 2 册 · 10–12 年级

Sciences de la Terre et de l’Univers du lycée

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Sciences de la Terre et de l’Univers du lycée · 10–12 年级

8Bassins versants, rivières et crues

Une rivière peut monter deux jours après la fin de la pluie, dans une ville où il n’est pas tombé une goutte. L’eau qui inonde ses rues est tombée plus tôt, sur des collines loin en amont ; elle a dévalé leurs pentes jusqu’aux ruisseaux, et les ruisseaux se sont réunis en la rivière qui l’a apportée, d’un seul coup, jusqu’à la ville. Pour comprendre une crue, il faut regarder au-delà de la rivière, vers toute la surface qui l’alimente, et y suivre l’eau. Ce chapitre définit cette surface, le bassin versant ; mesure ce qu’une rivière transporte, son débit ; suit une crue à son passage en un point de la rivière ; et montre comment un long relevé des crues indique à quelle fréquence revient une crue donnée.

Une rivière en crue, vue d’un pont de pierre : l’eau brune, chargée de boue, est sortie de son lit et recouvre les prés de sa plaine d’inondation, jusqu’aux clôtures et aux arbres qui bordent ses rives habituelles.
Une rivière en crue, vue d’un pont de pierre : l’eau brune, chargée de boue, est sortie de son lit et recouvre les prés de sa plaine d’inondation, jusqu’aux clôtures et aux arbres qui bordent ses rives habituelles.

Tu sais déjà

La pluie qui atteint le sol s’y infiltre, ruisselle à sa surface ou s’évapore ; le cycle de l’eau la ramène à la mer (les livres de physique). L’eau s’infiltre dans les roches perméables et les remplit sous la surface de la nappe, formant des aquifères qui alimentent sources et rivières (livre 1, année 6). Une rivière décrit des méandres dans sa plaine d’inondation plate, qu’elle recouvre lorsqu’elle déborde (livre 1, année 5). Les courbes de niveau joignent les points de même altitude ; les collines de Varden sont la région dessinée sur les cartes de cette série (livre 1, années 2 et 9).

Sécurité

L’eau de crue est bien plus dangereuse qu’elle n’en a l’air. Environ 15 cm15\,\mathrm{cm} d’eau rapide peuvent renverser un adulte, et environ 30 cm30\,\mathrm{cm} peuvent emporter une voiture ; la route en dessous s’est peut-être effondrée. Ne jamais marcher ni rouler dans l’eau de crue : faire demi-tour et prendre un autre chemin.

8.1 Le bassin versant

Toute goutte de pluie qui ne s’évapore pas ou ne s’infiltre pas en profondeur descend la pente. Elle suit la plus grande pente du terrain, rejoint une rigole, puis un ruisseau, et les ruisseaux se réunissent en rivières. Toutes les terres dont l’eau aboutit à la même rivière forment une seule unité.

Définition 8.1 (Bassin versant ; ligne de partage des eaux)

Le bassin versant d’un point d’une rivière est toute la surface de terres dont le ruissellement rejoint la rivière en amont de ce point et passe par ce point. La ligne de partage des eaux est la ligne qui sépare deux bassins versants voisins : elle suit les crêtes du relief, et la pluie qui tombe de part et d’autre s’écoule vers des rivières différentes.

Un bassin est toujours défini pour un point de la rivière, son exutoire : le bassin d’une rivière là où elle atteint la mer est le plus grand, et chaque point en amont possède un bassin plus petit inclus dans le premier. Deux gouttes tombées à un mètre l’une de l’autre, de part et d’autre d’une ligne de partage, peuvent finir dans des rivières différentes, et même dans des océans différents.

Le bassin de la rivière Varden

Un ordinateur trouve un bassin versant à partir d’une carte des altitudes en quelques étapes. La carte est découpée en petits carrés, de 50 m50\,\mathrm{m} de côté ici. Pour chaque carré, l’ordinateur examine ses huit voisins et envoie l’eau vers celui qu’on atteint par la plus forte pente descendante. (Là où un petit creux n’a aucun voisin plus bas, on le remplit d’abord jusqu’au niveau auquel il déborderait, comme le fait une flaque.) Suivre ces étapes de carré en carré trace le chemin d’une goutte depuis n’importe quel point de la carte. Les carrés dont les gouttes atteignent la rivière forment le bassin.

Le bassin versant de la rivière Varden sur la carte des collines de Varden (en grisé), calculé en envoyant l’eau de chaque carré de 50\, m selon la plus grande pente ; courbes de niveau tous les 50\, m. Les tirets sont les lignes de partage des eaux ; les lignes bleues sont les chemins de quatre gouttes de pluie (points). Deux atteignent la rivière et coulent vers l’est jusqu’à l’exutoire, où la rivière quitte la carte ; les deux autres, au-delà des lignes de partage, quittent la carte vers d’autres rivières.
Le bassin versant de la rivière Varden sur la carte des collines de Varden (en grisé), calculé en envoyant l’eau de chaque carré de 50 m50\,\mathrm{m} selon la plus grande pente ; courbes de niveau tous les 50 m50\,\mathrm{m}. Les tirets sont les lignes de partage des eaux ; les lignes bleues sont les chemins de quatre gouttes de pluie (points). Deux atteignent la rivière et coulent vers l’est jusqu’à l’exutoire, où la rivière quitte la carte ; les deux autres, au-delà des lignes de partage, quittent la carte vers d’autres rivières.

Le bassin couvre 66 km266\,\mathrm{km}^{2} des 80 km280\,\mathrm{km}^{2} de la carte, environ les quatre cinquièmes. Au nord, la ligne de partage suit les crêtes des collines et passe par leurs sommets ; au-delà, le terrain descend dans la direction opposée à la rivière et son eau s’écoule vers une autre vallée. Dans le coin sud-ouest, une petite surface s’écoule aussi hors de la carte. La rivière elle-même entre sur la carte par l’ouest, si bien que son bassin complet est plus grand : il comprend aussi les terres d’amont, au-delà du bord de la carte.

Les plus grands fleuves

On compare les fleuves par la surface de leur bassin et par l’eau qu’ils transportent. Le plus grand fleuve du monde, de loin, est l’Amazone. Le Mississippi, le plus grand fleuve des États-Unis, draine environ 1 150 0001\,150\,000 milles carrés, soit environ 2.98 millions de km2\mathrm{km}^{2}, aux États-Unis et au Canada.

8.2 Le débit

Définition 8.2 (Débit)

Le débit d’une rivière en un point est le volume d’eau qui traverse une section de la rivière en une seconde. Il se mesure en mètres cubes par seconde, m3/s\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}.

Un débit de 1 m3/s1\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} représente mille litres à chaque seconde, soit 86 400 m386\,400\,\mathrm{m}^{3} par jour. L’eau coule le plus vite près de la surface au milieu du chenal et le plus lentement le long du fond et des berges, contre lesquels elle frotte ; la vitesse moyenne est la vitesse moyennée sur toute la section.

Proposition 8.3 (Débit, vitesse et section)

Le débit QQ d’une rivière est le produit de la vitesse moyenne vv de l’eau par l’aire AA de la section mouillée :

Q=v A.Q = v\,A.

Démonstration. Pendant une durée tt, l’eau qui traverse la section a avancé d’une distance v tv\,t : elle remplit une tranche de rivière de section AA et de longueur v tv\,t, de volume A v tA\,v\,t. Diviser ce volume par la durée tt donne le volume par seconde, Q=v AQ = v\,A. ∎

Une rivière de section 50 m250\,\mathrm{m}^{2} qui coule à une vitesse moyenne de 1.2 m/s1.2\,\mathrm{m}/\mathrm{s} transporte 1.2×50=60 m3/s1.2 \times 50 = 60\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. En crue, les deux facteurs augmentent : l’eau devient plus profonde et plus large, donc la section grandit, et elle coule plus vite.

Mesurer un débit

Comme la vitesse change d’un bord à l’autre de la rivière, on la mesure en plusieurs points. On découpe la rivière en bandes verticales ; dans chacune, on mesure la profondeur et la vitesse, et on additionne les débits des bandes.

Méthode 8.4 (La méthode vitesse–surface)

  1. Tendre un ruban gradué en travers de la rivière et choisir des verticales à intervalles réguliers ww le long de celui-ci.
  2. Sur chaque verticale, mesurer la profondeur dd et, avec un moulinet, la vitesse moyenne vv de l’eau sur cette profondeur.
  3. Chaque verticale représente une bande de largeur ww et d’aire w dw\,d ; son débit vaut v w dv\,w\,d.
  4. Additionner les débits de toutes les bandes : Q=∑v w dQ = \sum v\,w\,d. La section vaut A=∑w dA = \sum w\,d et la vitesse moyenne Q/AQ/A.
Mesure d’un débit (schéma ; échelle verticale exagérée). Cinq verticales, espacées de 2\, m, découpent en bandes un ruisseau large d’environ 10\, m ; la bande en grisé est celle que mesure la verticale du milieu.
Mesure d’un débit (schéma ; échelle verticale exagérée). Cinq verticales, espacées de 2 m2\,\mathrm{m}, découpent en bandes un ruisseau large d’environ 10 m10\,\mathrm{m} ; la bande en grisé est celle que mesure la verticale du milieu.

Exemple 8.5 (Un jaugeage)

Dans le ruisseau de la figure, les cinq bandes, larges chacune de 2 m2\,\mathrm{m}, ont pour aires 2×0.4=0.82 \times 0.4 = 0.8, 2.02.0, 2.82.8, 2.22.2 et 1.0 m21.0\,\mathrm{m}^{2} : la section vaut 8.8 m28.8\,\mathrm{m}^{2}. Leurs débits sont 0.3×0.8=0.240.3 \times 0.8 = 0.24, 0.6×2.0=1.200.6 \times 2.0 = 1.20, 0.8×2.8=2.240.8 \times 2.8 = 2.24, 0.7×2.2=1.540.7 \times 2.2 = 1.54 et 0.4×1.0=0.40 m3/s0.4 \times 1.0 = 0.40\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, si bien que le ruisseau transporte Q≈5.6 m3/sQ \approx 5.6\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. La vitesse moyenne vaut 5.62/8.8≈0.64 m/s5.62/8.8 \approx 0.64\,\mathrm{m}/\mathrm{s}, moins que les 0.8 m/s0.8\,\mathrm{m}/\mathrm{s} du milieu du ruisseau.

À gauche : une hydrologue mesure le débit d’un torrent de montagne par la méthode vitesse–surface ; le ruban tendu en travers du torrent repère les verticales, et la perche porte un moulinet. À droite : une station hydrométrique sur un ruisseau forestier ; la cabane abrite les instruments qui enregistrent le niveau de l’eau derrière le petit seuil. Photographies : U.S. Geological Survey (domaine public). À gauche : une hydrologue mesure le débit d’un torrent de montagne par la méthode vitesse–surface ; le ruban tendu en travers du torrent repère les verticales, et la perche porte un moulinet. À droite : une station hydrométrique sur un ruisseau forestier ; la cabane abrite les instruments qui enregistrent le niveau de l’eau derrière le petit seuil. Photographies : U.S. Geological Survey (domaine public).
À gauche : une hydrologue mesure le débit d’un torrent de montagne par la méthode vitesse–surface ; le ruban tendu en travers du torrent repère les verticales, et la perche porte un moulinet. À droite : une station hydrométrique sur un ruisseau forestier ; la cabane abrite les instruments qui enregistrent le niveau de l’eau derrière le petit seuil. Photographies : U.S. Geological Survey (domaine public).

Un jaugeage prend du temps et ne peut se faire en continu. Une station hydrométrique enregistre plutôt le niveau de l’eau, sans interruption. Quelques jaugeages faits à différents niveaux donnent une courbe qui relie le niveau au débit, et la station convertit chaque niveau enregistré en débit.

Les grands fleuves transportent des débits énormes. De 1972 à 2003, l’Amazone a apporté à l’océan Atlantique en moyenne environ 206 000 m3/s206\,000\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, à 6 %6\,\% près : environ 17 %17\,\% de toute l’eau douce que les fleuves du monde apportent à la mer. Le Mississippi apporte en moyenne 593 000593\,000 pieds cubes par seconde, environ 16 800 m3/s16\,800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, au golfe du Mexique : l’Amazone en transporte quelque douze fois plus.

8.3 L’hydrogramme

Définition 8.6 (Hydrogramme ; débit de base ; temps de réponse)

Un hydrogramme est le graphique du débit d’une rivière en un point en fonction du temps. Le débit de base est la part du débit alimentée par les eaux souterraines, qui fait couler la rivière entre les pluies. Le temps de réponse d’une crue est la durée qui sépare le maximum de la pluie sur le bassin du maximum du débit.

L’hydrogramme d’une crue (schéma). Après la pluie, le débit monte jusqu’à un pic puis redescend plus lentement ; l’aire sous la courbe est le volume d’eau. Le débit de base, alimenté par les eaux souterraines, change peu ; le reste est le ruissellement que la pluie a envoyé rapidement à la rivière.
L’hydrogramme d’une crue (schéma). Après la pluie, le débit monte jusqu’à un pic puis redescend plus lentement ; l’aire sous la courbe est le volume d’eau. Le débit de base, alimenté par les eaux souterraines, change peu ; le reste est le ruissellement que la pluie a envoyé rapidement à la rivière.

L’eau d’un orage atteint la rivière à des moments différents. La pluie tombée près du chenal arrive en quelques minutes ou quelques heures ; la pluie tombée loin en amont met bien plus longtemps, puisqu’elle doit descendre les pentes puis suivre la rivière. Le débit monte donc fortement, sur la courbe de montée, pendant que l’eau des pentes proches arrive, atteint son pic quand le plus d’eau arrive à la fois, et redescend plus lentement, sur la courbe de décrue, à mesure que s’écoule la dernière eau des recoins éloignés du bassin et du sol. Plus le bassin est grand, plus le temps de réponse est long : quelques heures pour un petit ruisseau, plusieurs jours pour un grand fleuve.

Certains bassins donnent des crues éclair, avec un pic haut et soudain et un temps de réponse court ; d’autres donnent des crues lentes et étalées. La même pluie donne une crue plus soudaine quand :

  • le bassin est petit et pentu, si bien que l’eau a un trajet court et rapide ;
  • le sol laisse peu d’eau s’infiltrer : roche nue, argile, sol déjà gorgé d’eau, sol gelé, et surtout les toits, les routes et les parkings d’une ville, qui envoient presque toute la pluie directement dans les égouts et les ruisseaux ;
  • le bassin possède un réseau dense de ruisseaux et d’égouts, qui collecte l’eau rapidement.

Les forêts, les sols profonds et perméables et les larges plaines d’inondation font l’inverse : elles retiennent l’eau et la relâchent lentement, ce qui abaisse et retarde le pic.

Une crue réelle

Le Potomac draine un bassin de 11 56011\,560 milles carrés, environ 29 900 km229\,900\,\mathrm{km}^{2}, en amont d’une station hydrométrique proche de Washington, dans l’est des États-Unis. En janvier 1996, la station a enregistré l’hydrogramme ci-dessous.

Débit moyen journalier du Potomac près de Washington du 5 janvier au 29 février 1996 : la crue est passée de 362\, m3/ s le 18 janvier à plus de 9000\, m3/ s trois jours plus tard, puis a décru au cours des semaines suivantes, avec une seconde montée, plus faible, à la fin de janvier. Données : U.S. Geological Survey, station 01646500.
Débit moyen journalier du Potomac près de Washington du 5 janvier au 29 février 1996 : la crue est passée de 362 m3/s362\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} le 18 janvier à plus de 9000 m3/s9000\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} trois jours plus tard, puis a décru au cours des semaines suivantes, avec une seconde montée, plus faible, à la fin de janvier. Données : U.S. Geological Survey, station 01646500.

Les jours précédant la crue, la rivière transportait environ 330 m3/s330\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, son débit de base. Le 21 janvier, la moyenne journalière a atteint 9231 m3/s9231\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, presque trente fois plus. Répartie sur tout le bassin, l’eau passée à la station ce jour-là formerait une couche 9231×86400/(29 900×106)≈0.027 m9231 \times 86400 / (29\,900 \times 10^6) \approx 0.027\,\mathrm{m}, soit environ 27 mm27\,\mathrm{mm} d’épaisseur : une forte pluie, livrée en un seul jour par tout le bassin à la fois.

8.4 Les crues et leur période de retour

Quelle crue une ville doit-elle attendre ? La réponse vient du passé : une station hydrométrique qui fonctionne depuis des décennies a enregistré le plus fort débit de chaque année, le pic annuel. Les petits pics reviennent presque chaque année, les grands rarement. Plus une crue est rare, plus elle est forte.

Définition 8.7 (Période de retour)

La période de retour TT d’une crue est l’intervalle moyen, en années, entre les années dont le pic annuel l’égale ou la dépasse. Une crue de période de retour TT, une crue de TT ans, a une probabilité 1/T1/T d’être égalée ou dépassée au cours d’une année quelconque.

Une crue centennale n’est pas une crue qui vient une fois tous les cent ans, comme un horaire. C’est une crue qui a une chance sur cent d’être égalée ou dépassée chaque année, toutes les années, quoi qu’il se soit passé l’année précédente. Deux peuvent survenir deux années de suite ; un siècle peut passer sans aucune.

Méthode 8.8 (Périodes de retour à partir d’un relevé de pics annuels)

  1. Dresser la liste des pics annuels de nn années.
  2. Les classer du plus grand (rang m=1m = 1) au plus petit (rang m=nm = n).
  3. Attribuer au pic de rang mm la période de retour T=(n+1)/mT = (n + 1)/m.
  4. Tracer les pics en fonction de TT sur une échelle logarithmique de TT, et lire le débit pour la période de retour voulue.

Le plus grand des nn pics reçoit ainsi T=n+1T = n + 1 ans : dans un relevé de 9595 ans, 9696 ans. La formule traduit ce que montre le relevé : le pic de rang mm a été égalé ou dépassé au cours de mm des nn années, environ une fois tous les n/mn/m ans. La méthode ne peut pas aller de façon fiable au-delà de la durée du relevé : un relevé de 5050 ans dit peu de chose de la crue de 10001000 ans.

Les 95 pics annuels du Potomac près de Washington, classés et tracés en fonction de leur période de retour T = (n+1)/m. Le plus grand, en mars 1936, reçoit T = 96 ans. Données : U.S. Geological Survey, station 01646500.
Les 9595 pics annuels du Potomac près de Washington, classés et tracés en fonction de leur période de retour T=(n+1)/mT = (n+1)/m. Le plus grand, en mars 1936, reçoit T=96T = 96 ans. Données : U.S. Geological Survey, station 01646500.

Chiffres de 2026

Dans le relevé du Potomac près de Washington, de 1931 à 2025, les cinq plus grands pics annuels sont survenus en mars 1936 (13 700 m3/s13\,700\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}), en octobre 1942, en juin 1972, en avril 1937 et en janvier 1996, les deux derniers à égalité, à 9830 m3/s9830\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}.

La probabilité d’une crue sur de nombreuses années

Une maison ou un pont reste debout des décennies. Ce qui compte pour eux n’est pas la probabilité d’une crue en un an, mais sur toute leur durée de vie.

Proposition 8.9 (Au moins une crue en NN ans)

Si les années sont indépendantes les unes des autres, la probabilité qu’une crue de période de retour TT soit égalée ou dépassée au moins une fois en NN ans vaut

P=1−(1−1T)N.P = 1 - \left(1 - \frac{1}{T}\right)^{N}.

Démonstration. En une année, la probabilité que la crue ne survienne pas vaut 1−1/T1 - 1/T. Les années étant indépendantes, la probabilité qu’elle ne survienne au cours d’aucune des NN années est le produit de NN tels facteurs, (1−1/T)N(1 - 1/T)^N. L’événement « au moins une fois » est le contraire de « jamais », donc sa probabilité vaut 1−(1−1/T)N1 - (1 - 1/T)^N. ∎

Pour une crue centennale sur trente ans, (0.99)30≈0.740(0.99)^{30} \approx 0.740, et P≈0.26P \approx 0.26 : une chance sur quatre. Sur cent ans, (0.99)100≈0.366(0.99)^{100} \approx 0.366 et P≈0.63P \approx 0.63 : il est loin d’être certain que la crue centennale survienne en cent ans.

La probabilité qu’une crue de période de retour 10, 50 ou 100 ans survienne au moins une fois en N ans.
La probabilité qu’une crue de période de retour 10, 50 ou 100 ans survienne au moins une fois en NN ans.

8.5 Barrages et digues

On construit depuis longtemps des ouvrages qui modifient le passage d’une crue. Deux d’entre eux le modifient en sens opposés.

Un barrage retient une retenue d’eau. Quand une crue arrive, une partie de son eau est stockée dans la retenue, dont le niveau monte, puis relâchée ensuite, sur une durée plus longue. En aval passe le même volume d’eau, mais étalé : le pic est plus bas et plus tardif. Une retenue n’abaisse une crue que tant qu’il lui reste de la place ; une fois pleine, toute l’eau qui y entre passe.

Une digue est un remblai de terre construit le long d’une rivière pour tenir ses crues à l’écart de la plaine d’inondation. Entre les digues, l’eau ne peut s’étaler ; pour faire passer le même débit par une section plus étroite, elle doit monter plus haut et couler plus vite. Les terres situées derrière les digues restent au sec, tant que les digues tiennent et ne sont pas submergées. Mais la plaine d’inondation ne stocke plus d’eau pendant la crue, si bien qu’une plus grande part de celle-ci descend vers l’aval, et plus tôt.

Schéma. (a) Une retenue stocke une partie d’une crue et la relâche plus tard : sous le barrage, le pic est plus bas et arrive plus tard. (b) Sans digues, la crue s’étale en une mince couche sur la plaine d’inondation ; entre des digues, le même débit doit passer par une section étroite et monte bien plus haut.
Schéma. (a) Une retenue stocke une partie d’une crue et la relâche plus tard : sous le barrage, le pic est plus bas et arrive plus tard. (b) Sans digues, la crue s’étale en une mince couche sur la plaine d’inondation ; entre des digues, le même débit doit passer par une section étroite et monte bien plus haut.

8.6 Exercices

Exercice 8.1 ★

Définir un bassin versant et une ligne de partage des eaux. Pourquoi deux gouttes de pluie tombées à un mètre l’une de l’autre peuvent-elles finir dans deux mers différentes ?

Solution

Solution de Exercice 8.1.

Le bassin versant d’un point d’une rivière est toute la surface de terres dont le ruissellement rejoint la rivière en amont de ce point et passe par lui. La ligne de partage des eaux est la ligne, le long des crêtes, qui sépare deux bassins voisins. Deux gouttes tombées à un mètre l’une de l’autre, de part et d’autre d’une ligne de partage, descendent des versants opposés, dans deux bassins différents : leurs rivières peuvent atteindre des mers différentes.

Exercice 8.2 ★

Définir le débit d’une rivière et donner son unité. Combien de litres passent en un jour en un point d’une rivière de débit 1 m3/s1\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} ?

Solution

Solution de Exercice 8.2.

Le débit est le volume d’eau qui traverse une section de la rivière chaque seconde, en m3/s\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. 1 m3/s1\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} représente 1000 L1000\,\mathrm{L} chaque seconde ; en un jour, 1000×86 400=86.41000 \times 86\,400 = 86.4 millions de litres.

Exercice 8.3 ★

Sur l’hydrogramme du Potomac de janvier 1996, lire le débit de base avant la crue, le débit de pointe et sa date, ainsi que le nombre de jours qu’a duré la montée.

Solution

Solution de Exercice 8.3.

Avant la crue, la rivière transportait environ 330 m3/s330\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} (entre environ 240240 et 390 m3/s390\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}). Le pic a été de 9231 m3/s9231\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} le 21 janvier. La montée a commencé le 18 janvier (362 m3/s362\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}) : elle a duré trois jours.

Exercice 8.4 ★

Quelle est la probabilité qu’une crue de 5050 ans soit égalée ou dépassée l’an prochain ? Une crue de 5050 ans est survenue l’an dernier : est-elle moins probable cette année ?

Solution

Solution de Exercice 8.4.

1/50=0.021/50 = 0.02, soit 2 %2\,\%. Non : les années sont indépendantes ; la probabilité est de nouveau de 2 %2\,\% cette année, quoi qu’il se soit passé l’an dernier.

Exercice 8.5 ★

Le Mississippi apporte en moyenne à la mer 593 000593\,000 pieds cubes d’eau par seconde (11 pied = 0.3048 m0.3048\,\mathrm{m}). Convertir ce débit en m3/s\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, et le comparer aux 206 000 m3/s206\,000\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} de l’Amazone.

Solution

Solution de Exercice 8.5.

Un pied cube vaut 0.30483≈0.028 32 m30.3048^3 \approx 0.028\,32\,\mathrm{m}^{3}, donc 593 000×0.02832≈16 800 m3/s593\,000 \times 0.02832 \approx 16\,800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. L’Amazone transporte 206 000/16 800≈12206\,000/16\,800 \approx 12 fois plus.

Exercice 8.6 ★★

Une hydrologue jauge un ruisseau avec quatre verticales espacées de 1.5 m1.5\,\mathrm{m}. Les profondeurs sont 0.30.3, 0.60.6, 0.70.7 et 0.4 m0.4\,\mathrm{m} ; les vitesses moyennes 0.20.2, 0.50.5, 0.60.6 et 0.3 m/s0.3\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Calculer la section, le débit et la vitesse moyenne.

Solution

Solution de Exercice 8.6.

Aires des bandes : 1.5×0.3=0.451.5 \times 0.3 = 0.45, 0.900.90, 1.051.05 et 0.60 m20.60\,\mathrm{m}^{2} : A=3.0 m2A = 3.0\,\mathrm{m}^{2}. Débits : 0.2×0.45=0.090.2 \times 0.45 = 0.09, 0.5×0.90=0.450.5 \times 0.90 = 0.45, 0.6×1.05=0.630.6 \times 1.05 = 0.63, 0.3×0.60=0.180.3 \times 0.60 = 0.18 : Q=1.35 m3/sQ = 1.35\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. Vitesse moyenne : 1.35/3.0=0.45 m/s1.35/3.0 = 0.45\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

Exercice 8.7 ★★

Un orage déverse 20 mm20\,\mathrm{mm} de pluie sur tout le bassin de la rivière Varden de la carte, 66 km266\,\mathrm{km}^{2}. Quel volume d’eau cela représente-t-il ? Si toute cette eau atteignait l’exutoire en deux jours, quel serait le débit supplémentaire moyen ?

Solution

Solution de Exercice 8.7.

66×106×0.020=1.32×106 m366 \times 10^6 \times 0.020 = 1.32 \times 10^{6}\,\mathrm{m}^{3}. Deux jours font 2×86 400=172 800 s2 \times 86\,400 = 172\,800\,\mathrm{s} : 1.32×106/172 800≈7.6 m3/s1.32 \times 10^6/172\,800 \approx 7.6\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} en moyenne.

Exercice 8.8 ★★

Les pics annuels d’une petite rivière sur neuf ans sont, en m3/s\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} : 4242, 6565, 3838, 120120, 5151, 4747, 8888, 3535, 5959. Les classer et donner les périodes de retour des trois plus grands. Quelle est la période de retour du pic médian ?

Solution

Solution de Exercice 8.8.

Classés : 120, 88, 65, 59, 51, 47, 42, 38, 35. Avec n=9n = 9, T=10/mT = 10/m : le plus grand (120) a T=10T = 10 ans, le deuxième (88) 5 ans, le troisième (65) environ 3.3 ans. La médiane, 51, a le rang 5 et T=2T = 2 ans : elle est égalée ou dépassée une année sur deux.

Exercice 8.9 ★★

Le même orage tombe sur deux bassins de même surface : l’un pentu, couvert par une ville, l’autre en pente douce et boisé. Esquisser leurs deux hydrogrammes sur les mêmes axes et expliquer les différences.

Solution

Solution de Exercice 8.9.

L’hydrogramme de la ville monte plus tôt et bien plus haut, et redescend vite : sur des pentes fortes, des toits et des routes, peu d’eau s’infiltre et le ruissellement atteint le ruisseau vite et d’un seul coup ; son temps de réponse est court. L’hydrogramme du bassin boisé monte plus tard, vers un pic plus bas et plus large : le sol et la forêt absorbent une grande partie de la pluie et la relâchent lentement, et l’eau s’écoule lentement sur des pentes douces. Son débit de base reste plus élevé après l’orage.

Exercice 8.10 ★★

Au pic du 21 janvier 1996, le Potomac transportait 9231 m3/s9231\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} depuis un bassin de 29 900 km229\,900\,\mathrm{km}^{2}. Quelle hauteur d’eau, répartie sur tout le bassin, représente une journée de ce débit ? Comparer au débit de base de 330 m3/s330\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}.

Solution

Solution de Exercice 8.10.

9231×86 400≈7.98×108 m39231 \times 86\,400 \approx 7.98 \times 10^{8}\,\mathrm{m}^{3}, répartis sur 29 900×106=2.99×1010 m229\,900 \times 10^6 = 2.99 \times 10^{10}\,\mathrm{m}^{2} : environ 0.027 m0.027\,\mathrm{m}, soit 27 mm27\,\mathrm{mm}. Le débit de base donne 330×86 400/2.99×1010≈0.001 m330 \times 86\,400/2.99 \times 10^{10} \approx 0.001\,\mathrm{m}, environ 1 mm1\,\mathrm{mm} par jour : le jour du pic a transporté environ 28 fois plus.

Exercice 8.11 ★★

Quelle est la probabilité qu’une crue de 1010 ans survienne au moins une fois en 1010 ans ? Qu’elle ne survienne pas du tout pendant ces dix ans ?

Solution

Solution de Exercice 8.11.

P=1−0.910≈1−0.349=0.651P = 1 - 0.9^{10} \approx 1 - 0.349 = 0.651 : environ 65 %65\,\%. Elle ne survient pas du tout avec une probabilité 0.910≈0.350.9^{10} \approx 0.35, environ 35 %35\,\%.

Exercice 8.12 ★★★

Le débit qui entre dans une retenue pendant une crue monte régulièrement de 0 m3/s0\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} à 1200 m3/s1200\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} en un jour, puis redescend régulièrement à 0 m3/s0\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} en deux jours (débit de base négligé). Quel volume la crue apporte-t-elle ? Le barrage laisse passer au plus 800 m3/s800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, et la retenue peut stocker 6060 millions de m3\mathrm{m}^{3}. Peut-elle retenir tout ce qui dépasse 800 m3/s800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} ?

Solution

Solution de Exercice 8.12.

L’hydrogramme est un triangle de trois jours de long et de 1200 m3/s1200\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} de haut : son aire vaut 12×1200×3×86 400≈1.56×108 m3\tfrac12 \times 1200 \times 3 \times 86\,400 \approx 1.56 \times 10^{8}\,\mathrm{m}^{3}, soit 156156 millions de mètres cubes. La partie au-dessus de 800 m3/s800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} est un triangle plus petit de même forme, trois fois plus petit en hauteur (400400 au lieu de 12001200) et en durée (un jour au lieu de trois) : 12×400×86 400≈1.73×107 m3\tfrac12 \times 400 \times 86\,400 \approx 1.73 \times 10^{7}\,\mathrm{m}^{3}, soit 1717 millions de mètres cubes. C’est moins que les 6060 millions que peut stocker la retenue : oui.

Exercice 8.13 ★★★

Une rivière large de 100 m100\,\mathrm{m} est pleine jusqu’à ses berges à 800 m3/s800\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, avec une vitesse de 2 m/s2\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Une crue de 1200 m3/s1200\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} arrive.

  1. Sans digues, les 400 m3/s400\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} supplémentaires s’étalent sur une plaine d’inondation large de 900 m900\,\mathrm{m}, où ils coulent à 0.5 m/s0.5\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Quelle est la profondeur de l’eau sur la plaine ?
  2. Avec des digues, toute la crue passe entre elles, à 2 m/s2\,\mathrm{m}/\mathrm{s}. Quelle est la profondeur de la rivière, et de combien dépasse-t-elle ses berges ?
Solution

Solution de Exercice 8.13.

Pleine jusqu’à ses berges, la rivière est profonde de 800/(100×2)=4 m800/(100 \times 2) = 4\,\mathrm{m}. (1) La plaine d’inondation fait passer 400 m3/s400\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} sur 900 m900\,\mathrm{m} à 0.5 m/s0.5\,\mathrm{m}/\mathrm{s} : sa profondeur vaut 400/(900×0.5)≈0.9 m400/(900 \times 0.5) \approx 0.9\,\mathrm{m}. (2) Entre les digues : 1200/(100×2)=6 m1200/(100 \times 2) = 6\,\mathrm{m} de profondeur, 2 m2\,\mathrm{m} au-dessus de ses berges, plus de deux fois la profondeur sur la plaine sans digues.

Exercice 8.14 ★★★

Quelle période de retour TT donne à une crue une chance sur deux de survenir au moins une fois en 3030 ans ?

Solution

Solution de Exercice 8.14.

On cherche (1−1/T)30=0.5(1 - 1/T)^{30} = 0.5, donc 1−1/T=0.51/30≈0.977161 - 1/T = 0.5^{1/30} \approx 0.97716, 1/T≈0.022841/T \approx 0.02284 et T≈44T \approx 44 ans.

Exercice 8.15 ★★★

Une petite carte est découpée en carrés de 100 m100\,\mathrm{m} ; leurs altitudes en mètres sont données ci-dessous (le nord en haut). L’eau quitte chaque carré vers le plus bas de ses quatre voisins (nord, sud, est, ouest) s’il est plus bas ; les carrés à 34 m34\,\mathrm{m} (coin nord-ouest) et à 30 m30\,\mathrm{m} (coin sud-est) sont les exutoires de deux ruisseaux.

34384650
37424847
45494439
51463730

Tracer la direction d’écoulement de chaque carré, trouver le bassin de chaque exutoire et sa surface, et tracer la ligne de partage des eaux.

Solution

Solution de Exercice 8.15.

Chaque carré envoie son eau vers son voisin le plus bas (lignes du nord au sud, colonnes de l’ouest à l’est) :

exutoireouestouestouest
nordouestouestsud
nordnordsudsud
nordestestexutoire

En suivant les flèches, les carrés 47, 39, 44, 37, 46 et 30 s’écoulent vers l’exutoire sud-est : 6 carrés, 0.06 km20.06\,\mathrm{km}^{2}. Les 10 autres carrés s’écoulent vers l’exutoire nord-ouest : 0.10 km20.10\,\mathrm{km}^{2}. La ligne de partage part du bord est entre 50 et 47, puis passe entre 48 et 47, entre 48 et 44, entre 49 et 44, entre 49 et 46, et entre 51 et 46 jusqu’au bord sud.

8.7 Problème : la crue centennale

Problème 8.1

Problème du week-end — à quelle fréquence la rivière entre-t-elle en ville ?

Imaginons une ville sur le Potomac, juste en amont de Washington, près d’une station hydrométrique qui enregistre chaque année le plus fort débit de la rivière depuis 1931. Les pics annuels sont représentés ci-dessous ; l’hydrogramme de janvier 1996 est donné dans le chapitre.

Partie I — Le bassin et le débit.

  1. Le bassin de la station couvre 11 56011\,560 milles carrés (11 mille = 1.609 km1.609\,\mathrm{km}). Convertir cette surface en km2\mathrm{km}^{2}.
  2. Quelle ligne d’une carte délimite cette surface ?
  3. Le plus grand pic, le 19 mars 1936, était de 484 000484\,000 pieds cubes par seconde. Le convertir en m3/s\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} (11 pied = 0.3048 m0.3048\,\mathrm{m}).
  4. Le pic annuel médian vaut 3341 m3/s3341\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. Combien de fois la crue de 1936 dépassait-elle la médiane ?
  5. Supposons qu’au pic de 1936 la rivière ait été large de 400 m400\,\mathrm{m} et profonde de 8 m8\,\mathrm{m} en moyenne à la station. Quelle aurait été sa vitesse moyenne ?

Partie II — Lire la crue de 1996.

  1. Sur l’hydrogramme de janvier 1996, quel était le débit de base les jours précédant la crue ?
  2. Quel a été le débit journalier de pointe, et quel jour ?
  3. Combien de jours a duré la montée, des 362 m3/s362\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} du 18 janvier jusqu’au pic ?
  4. Quelle hauteur d’eau, rapportée à tout le bassin, le jour du pic a-t-il fait passer à la station ?
  5. Une seconde montée, plus faible, culmine le 29 janvier. Que révèle-t-elle de l’eau qui atteint le bassin ?
  6. Le débit était revenu vers 410 m3/s410\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s} le 7 février. Combien de temps après le pic était-ce ? Pourquoi la courbe de décrue dure-t-elle plus longtemps que la courbe de montée ?

Partie III — Classer les crues.

  1. Le relevé compte n=95n = 95 pics annuels. Quelle période de retour la méthode attribue-t-elle au plus grand ?
  2. Le pic d’octobre 1942 (12 658 m3/s12\,658\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}) est classé deuxième. Quelle est sa période de retour ?
  3. Le pic de juin 1972 (10 166 m3/s10\,166\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}) est classé troisième. Quelle est sa période de retour ?
  4. Les crues d’avril 1937 et de janvier 1996 ont été égales (9826 m3/s9826\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}). Avec les rangs 4 et 5, quelles périodes de retour reçoivent-elles ? Le fait de partager une valeur compte-t-il beaucoup ici ?
  5. Sur le diagramme en barres, compter les années dont le pic a dépassé 9500 m3/s9500\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}. Estimer la probabilité d’un tel pic au cours d’une année quelconque, et sa période de retour.

Partie IV — La probabilité d’une crue.

  1. Quelle est la probabilité qu’une crue de 100100 ans soit égalée ou dépassée au cours d’une année donnée ?
  2. Quelle est la probabilité qu’elle ne le soit pas, cette année-là ?
  3. Quelle est la probabilité qu’elle ne survienne pas en 3030 ans, la durée pendant laquelle une famille peut habiter une maison au bord de la rivière ?
  4. Quelle est la probabilité d’au moins une crue de 100100 ans en 3030 ans ?
Solution

Solution de Problème 8.1.

1. 11 560×1.6092≈29 900 km211\,560 \times 1.609^2 \approx 29\,900\,\mathrm{km}^{2}.

2. La ligne de partage des eaux du bassin situé en amont de la station.

3. 484 000×0.30483≈13 700 m3/s484\,000 \times 0.3048^3 \approx 13\,700\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}.

4. 13 705/3341≈4.113\,705/3341 \approx 4.1 fois.

5. A=400×8=3200 m2A = 400 \times 8 = 3200\,\mathrm{m}^{2} et v=Q/A=13 705/3200≈4.3 m/sv = Q/A = 13\,705/3200 \approx 4.3\,\mathrm{m}/\mathrm{s}.

6. Environ 330 m3/s330\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}.

7. 9231 m3/s9231\,\mathrm{m}^{3}/\mathrm{s}, le 21 janvier.

8. Trois jours.

9. 9231×86 400/(29 900×106)≈0.027 m9231 \times 86\,400/(29\,900 \times 10^6) \approx 0.027\,\mathrm{m} : environ 27 mm27\,\mathrm{mm}.

10. De l’eau nouvelle a atteint la rivière : une autre chute de pluie sur le bassin (ou une fonte de neige) a envoyé une seconde impulsion de ruissellement, plus faible.

11. Dix-sept jours après le pic. La montée vient du ruissellement des pentes proches des ruisseaux, qui arrive vite et d’un seul coup ; sur la courbe de décrue, la rivière reçoit encore l’eau des parties les plus éloignées du bassin et l’eau qui s’écoule lentement hors du sol.

12. T=n+1=96T = n + 1 = 96 ans.

13. 96/2=4896/2 = 48 ans.

14. 96/3=3296/3 = 32 ans.

15. 96/4=2496/4 = 24 ans et 96/5=19.296/5 = 19.2 ans. Peu : dans les deux cas, ce débit revient environ une fois en vingt ans.

16. Cinq années (1936, 1937, 1943, 1972 et 1996) : 5/95≈0.0535/95 \approx 0.053, environ 5 %5\,\% par an, soit une période de retour d’environ 96/5≈1996/5 \approx 19 ans.

17. 1/100=0.011/100 = 0.01, soit 1 %1\,\%.

18. 1−0.01=0.991 - 0.01 = 0.99.

19. 0.9930≈0.7400.99^{30} \approx 0.740.

20. 1−0.740=0.261 - 0.740 = 0.26 : la probabilité d’au moins une crue centennale en 30 ans est d’environ 26 %26\,\%, une sur quatre.

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