পৃথিবী ও মহাকাশ বিজ্ঞান · বই 5 · স্নাতক তৃতীয় বর্ষ

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 3e année

বইগুলো এখনো বাংলা ভাষায় পাওয়া যায় না — Français সংস্করণ দেখানো হচ্ছে।

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 3e année · স্নাতক তৃতীয় বর্ষ

2Sismique d’exploration

Un navire de prospection avance lentement en ligne droite en mer, tractant un réseau de canons à air à quelques mètres sous la surface et, derrière lui, des câbles longs de plusieurs kilomètres, garnis d’hydrophones. Dans une campagne décrite à l’autorité de régulation, le réseau contenait 52405240 pouces cubes d’air comprimé, tiré toutes les 8 s8\,\mathrm{s} depuis 12 m12\,\mathrm{m} sous la surface, et les flûtes à azimut étroit traînées derrière de tels navires enregistrent des déports de 8 à 10 km10\,\mathrm{km}.

Chaque tir envoie une impulsion sonore dans le fond marin, et chaque interface rocheuse en profondeur renvoie un écho faible. Des semaines de traitement plus tard, un géologue fait défiler une section dans laquelle des chenaux fluviaux enfouis, des blocs de faille basculés et le remplissage en onlap d’un ancien bassin apparaissent comme si le sous-sol avait été mis à nu. La sismologie à l’échelle terrestre du chapitre précédent utilisait les ondes des séismes ; la sismique d’exploration fabrique les siennes, avec des sources dont l’instant et le lieu sont connus avec précision, et les enregistre sur des milliers de voies. Ce chapitre suit les échos depuis le tir jusqu’à la section : campagnes de sismique réfraction, la réflexion d’une ondelette par une colonne stratifiée, la méthode du point milieu commun qui transforme des échos répétés en vitesses et en image propre, la migration, qui replace les réflecteurs à leur place, et la lecture de la section comme stratigraphie.

Tu sais déjà

À une interface entre deux milieux d’impédances acoustiques Z1=ρ1v1Z_1 = \rho_1v_1 et Z2=ρ2v2Z_2 = \rho_2v_2, une onde plane en incidence normale est réfléchie avec le coefficient d’amplitude R=(Z2−Z1)/(Z2+Z1)R = (Z_2 - Z_1)/(Z_2 + Z_1) (le volume de physique de deuxième année, sur les ondes aux interfaces). L’onde conique, le temps d’interception et la distance de croisement d’un profil de réfraction sur couches horizontales ont été rencontrés au chapitre sur la Terre stratifiée du volume de première année ; les logs de sondage dans le livre 2 (année 11). La convolution (f∗g)(t)=∫f(τ)g(t−τ) dτ(f*g)(t) = \int f(\tau)g(t - \tau)\,\mathrm d\tau et la transformée de Fourier relèvent des volumes de mathématiques. Le paramètre de rai et le problème inverse linéaire sont ceux du Chapitre 1.

2.1 Campagnes de sismique réfraction

Définition 2.1 (Campagnes de sismique réfraction et réflexion)

Une campagne de sismique réfraction enregistre, le long d’une ligne de récepteurs, les premières arrivées issues d’une source contrôlée, et utilise les ondes coniques qui se propagent au sommet des couches plus rapides pour en déterminer les vitesses et profondeurs. Une campagne de sismique réflexion enregistre l’ensemble du train d’ondes, à des déports le plus souvent inférieurs aux profondeurs d’intérêt, et utilise les ondes réfléchies sous incidence quasi normale par les interfaces pour imager la stratification.

Sur couches horizontales, une onde conique arrive à t=x/v2+tit = x/v_2 + t_i, une droite dont la pente donne la vitesse v2v_2 du réfracteur et dont le temps d’interception tit_i donne sa profondeur. Un réfracteur incliné fait pencher la droite : l’onde conique tirée dans le sens du pendage arrive de plus en plus tard, à mesure que le réfracteur s’enfonce, et paraît lente ; tirée à contre-pendage paraît rapide. En tirant dans les deux sens le long de la même ligne, un profil inversé sépare la vitesse du pendage.

Théorème 2.2 (Réfraction sur une interface à pendage)

Une couche de vitesse v1v_1 surmonte un réfracteur plan de vitesse v2>v1v_2 > v_1 incliné d’un angle θ\theta le long du profil ; ic=arcsin⁡(v1/v2)i_c = \arcsin(v_1/v_2), et hh est la profondeur perpendiculaire du réfracteur sous le tir. Au-delà de la distance critique, l’onde conique arrive à

t=xsin⁡(ic+θ)v1+2hcos⁡icv1tir dans le sens du pendage,t=xsin⁡(ic−θ)v1+2hcos⁡icv1tir aˋ contre-pendage.\begin{align*} t &= \frac{x\sin(i_c + \theta)}{v_1} + \frac{2h\cos i_c}{v_1} &&\text{tir dans le sens du pendage},\\ t &= \frac{x\sin(i_c - \theta)}{v_1} + \frac{2h\cos i_c}{v_1} &&\text{tir à contre-pendage}. \end{align*}

Les vitesses apparentes vd=v1/sin⁡(ic+θ)v_d = v_1/\sin(i_c + \theta) et vu=v1/sin⁡(ic−θ)v_u = v_1/\sin(i_c - \theta) d’un profil inversé donnent

ic=12[arcsin⁡v1vd+arcsin⁡v1vu],θ=12[arcsin⁡v1vd−arcsin⁡v1vu],v2=v1sin⁡ic.i_c = \tfrac12\left[\arcsin\frac{v_1}{v_d} + \arcsin\frac{v_1}{v_u}\right],\qquad \theta = \tfrac12\left[\arcsin\frac{v_1}{v_d} - \arcsin\frac{v_1}{v_u}\right], \qquad v_2 = \frac{v_1}{\sin i_c} .

Démonstration. On tourne le repère pour que le réfracteur soit horizontal ; la surface présente alors un pendage d’angle θ\theta, et, en tir dans le sens du pendage, la profondeur perpendiculaire sous un récepteur à de déport xx est h+xsin⁡θh + x\sin\theta, sa projection sur le réfracteur xcos⁡θx\cos\theta. Le trajet de l’onde conique descend sous l’angle critique ici_c jusqu’à la normale, le long du réfracteur à v2v_2, puis remonte sous ici_c. Son temps vaut

t=hv1cos⁡ic+xcos⁡θ−htan⁡ic−(h+xsin⁡θ)tan⁡icv2+h+xsin⁡θv1cos⁡ic.t = \frac{h}{v_1\cos i_c} + \frac{x\cos\theta - h\tan i_c - (h + x\sin\theta)\tan i_c}{v_2} + \frac{h + x\sin\theta}{v_1\cos i_c}.

Avec 1/v2=sin⁡ic/v11/v_2 = \sin i_c/v_1 et 1/cos⁡ic−sin⁡ictan⁡ic=cos⁡ic1/\cos i_c - \sin i_c\tan i_c = \cos i_c, les termes en hh donnent 2hcos⁡ic/v12h\cos i_c/v_1 et ceux en xx donnent x(sin⁡iccos⁡θ+cos⁡icsin⁡θ)/v1=xsin⁡(ic+θ)/v1x(\sin i_c\cos\theta + \cos i_c\sin\theta)/v_1 = x\sin(i_c + \theta)/v_1. À contre-pendage, θ\theta change de signe. Les dernières formules inversent les deux vitesses apparentes. ∎

Les deux branches d’un profil inversé doivent donner le même temps entre les deux points de tir, peu importe l’extrémité qui a tiré : le temps réciproque, un contrôle du pointé. Deux situations mettent la méthode en échec. Une couche plus lente que celle qui la surmonte (une inversion de vitesse) ne réfracte aucune onde conique et reste invisible : ses roches sont comptées dans la couche supérieure, et toute profondeur située en dessous est surestimée. Une couche plus rapide que celle qui la surmonte mais trop mince peut ne jamais donner de première arrivée, car l’onde conique de la couche plus profonde et plus rapide la rattrape : une couche cachée. Une campagne de sismique réflexion voit les deux.

Une campagne de sismique réfraction inversée sur le flanc ouest de l’anticlinal de Varden (calculée ; problème, partie I). Le réfracteur, le sommet du calcaire, remonte de O vers E à 10.8 sous un dispositif de 1200\, m ; la craie et les argiles qui le surmontent sont regroupées en une seule couche de 2.40\, km\, s-1. L’onde conique émise depuis l’O, en tir à contre-pendage, apparaît rapide (6.57\, km\, s-1), celle émise depuis l’E, dans le sens du pendage, lente (3.52\, km\, s-1) ; toutes deux mettent 486.1\, ms pour traverser tout le dispositif. Les ondes coniques ne rattrapent les ondes directes qu’à proximité de l’extrémité éloignée : le réfracteur est profond pour un dispositif aussi court.
Une campagne de sismique réfraction inversée sur le flanc ouest de l’anticlinal de Varden (calculée ; problème, partie I). Le réfracteur, le sommet du calcaire, remonte de O vers E à 10.8∘10.8{}^{\circ} sous un dispositif de 1200 m1200\,\mathrm{m} ; la craie et les argiles qui le surmontent sont regroupées en une seule couche de 2.40 km s−12.40\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}. L’onde conique émise depuis l’O, en tir à contre-pendage, apparaît rapide (6.57 km s−16.57\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}), celle émise depuis l’E, dans le sens du pendage, lente (3.52 km s−13.52\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}) ; toutes deux mettent 486.1 ms486.1\,\mathrm{ms} pour traverser tout le dispositif. Les ondes coniques ne rattrapent les ondes directes qu’à proximité de l’extrémité éloignée : le réfracteur est profond pour un dispositif aussi court.

2.2 Réflexion à incidence normale

Définition 2.3 (Ondelette sismique, ondelette de Ricker)

Une ondelette sismique est la brève impulsion, longue de quelques dizaines de millisecondes, que la source et le système d’enregistrement envoient dans le sol ; chaque réflecteur en renvoie une copie, à un facteur près. La ondelette de Ricker de fréquence de pic ff est l’impulsion à phase nulle

w(t)=(1−2π2f2t2)e−π2f2t2,w(t) = \left(1 - 2\pi^2f^2t^2\right)e^{-\pi^2f^2t^2},

C’est la dérivée seconde d’une gaussienne, à un signe et à un facteur d’échelle près : un pic central et deux lobes latéraux, de moyenne nulle et un spectre d’amplitude qui culmine en ff.

Définition 2.4 (Série de réflectivité)

La série de réflectivité d’une colonne stratifiée est la suite des coefficients de réflexion en incidence normale rkr_k de ses interfaces, placés à leurs temps doubles verticaux τk=∑i≤k2hi/vi\tau_k = \sum_{i \le k} 2h_i/v_i : r(t)=∑krk δ(t−τk)r(t) = \sum_k r_k\,\delta(t - \tau_k).

Proposition 2.5 (Le modèle convolutif)

Si l’on ne conserve que les réflexions primaires (sans multiples), en incidence normale, avec aucune perte de transmission, ni atténuation ni étalement géométrique, et si l’ondelette ww ne change pas avec la profondeur, la trace enregistrée est la convolution de l’ondelette avec la série de réflectivité :

s(t)=∑krk w(t−τk)=(w∗r)(t).s(t) = \sum_k r_k\,w(t - \tau_k) = (w*r)(t) .

La trace ainsi calculée à partir d’un log de sondage de vitesse et de masse volumique est le sismogramme synthétique du log.

Démonstration. Chaque interface renvoie une copie de l’ondelette incidente, pondérée par son coefficient et retardée de son temps double ; l’enregistrement étant linéaire, les copies s’additionnent. La somme est la convolution de ww avec le train d’impulsions de Dirac pondérées r(t)r(t), puisque w∗δ(⋅−τk)=w(⋅−τk)w*\delta(\cdot - \tau_k) = w(\cdot - \tau_k). ∎

Le sismogramme synthétique permet de caler un forage sur une section sismique : une réflexion sur la section est appariée à l’interface du log qui la produit. La colonne de Varden située sous l’axe du synclinal du problème (le modèle sismique de ce chapitre, avec des vitesses et des masses volumiques choisies dans les fourchettes publiées pour chaque roche)

donne la figure ci-dessous. L’interface craie–argiles ne réfléchit que 2.8 %2.8\,\% de l’amplitude, car la craie et les argiles ont par hasard presque la même impédance ; le sommet du calcaire réfléchit 38 %38\,\%, la base du calcaire renvoie une impulsion inversée, et le socle une impulsion forte et positive.

Sismogramme synthétique de la colonne de Varden située sous l’axe du synclinal (calculé). À gauche : l’impédance de chaque couche en fonction du temps double. Au centre : la série de réflectivité, un pic par interface (les tiges pointent vers la droite pour une augmentation de l’impédance). À droite : leur convolution avec une ondelette de Ricker à 30\, Hz. Chaque réflexion est une copie de l’ondelette ; la faible réflexion craie–argiles, à 0.488\, s, est à peine visible.
Sismogramme synthétique de la colonne de Varden située sous l’axe du synclinal (calculé). À gauche : l’impédance de chaque couche en fonction du temps double. Au centre : la série de réflectivité, un pic par interface (les tiges pointent vers la droite pour une augmentation de l’impédance). À droite : leur convolution avec une ondelette de Ricker à 30 Hz30\,\mathrm{Hz}. Chaque réflexion est une copie de l’ondelette ; la faible réflexion craie–argiles, à 0.488 s0.488\,\mathrm{s}, est à peine visible.

Jusqu’à quelle épaisseur une couche peut-elle encore être résolue par les réflexions ? Son sommet et sa base renvoient chacun une ondelette ; lorsqu’elles se recouvrent, elles interfèrent.

Définition 2.6 (Épaisseur d’accord)

L’épaisseur d’accord d’un banc est l’épaisseur à laquelle les réflexions de son sommet et de sa base, de signes opposés, interfèrent le plus constructivement, de sorte que l’amplitude composite soit maximale. Les bancs plus minces ne sont pas résolus : leur sommet et leur base ne peuvent plus être pointés séparément, et l’amplitude décroît proportionnellement à l’épaisseur.

Proposition 2.7 (Règle du quart de longueur d’onde)

Pour une ondelette de période dominante TT dans un banc de vitesse vv, avec des coefficients de réflexion +R+R à son sommet et −R-R à sa base, la réflexion composite est maximale lorsque l’épaisseur du banc vaut b=λ/4b = \lambda/4, où λ=vT\lambda = vT ; pour b≪λ/4b \ll \lambda/4, son amplitude est proportionnelle à bb.

Démonstration. On représente l’ondelette par son harmonique dominante cos⁡(2πt/T)\cos(2\pi t/T). Les deux réflexions valent Rcos⁡(2πt/T)−Rcos⁡(2π(t−Δt)/T)R\cos(2\pi t/T) - R\cos(2\pi(t - \Delta t)/T) avec Δt=2b/v\Delta t = 2b/v, dont l’amplitude vaut 2R∣sin⁡(πΔt/T)∣2R|\sin(\pi\Delta t/T)| : elle est maximale pour Δt=T/2\Delta t = T/2, soit b=vT/4b = vT/4 ; pour Δt\Delta t petit, elle vaut environ 2πRΔt/T=4πRb/λ2\pi R\Delta t/T = 4\pi Rb/\lambda. ∎

Une ondelette de Ricker n’est pas un harmonique, et son épaisseur d’accord, lue sur le modèle en biseau de la figure ci-dessous, est un peu plus petite que le quart de la longueur d’onde à la fréquence de pic : 19.5 m19.5\,\mathrm{m} pour 30 Hz30\,\mathrm{Hz} dans une roche de 3000 m s−13000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, soit λ/4=25 m\lambda/4 = 25\,\mathrm{m}. Les données sismiques contiennent rarement beaucoup d’énergie au-delà de quelques dizaines de hertz provenant de profondeurs kilométriques, car les roches absorbent les hautes fréquences ; les bancs d’épaisseur inférieure à environ 20 m20\,\mathrm{m} apparaissent comme une réflexion unique.

Le modèle en biseau (calculé) : un banc de 3000\, m\, s-1, avec des coefficients de réflexion +R à son sommet et -R à sa base, imagé avec une ondelette de Ricker de 30\, Hz. L’amplitude au pic de la réflexion composite, rapportée à une réflexion unique de coefficient R, croît linéairement depuis zéro pour des bancs très minces, atteint son maximum à l’épaisseur d’accord et se stabilise au niveau de deux ondelettes séparées pour les bancs épais.
Le modèle en biseau (calculé) : un banc de 3000 m s−13000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, avec des coefficients de réflexion +R+R à son sommet et −R-R à sa base, imagé avec une ondelette de Ricker de 30 Hz30\,\mathrm{Hz}. L’amplitude au pic de la réflexion composite, rapportée à une réflexion unique de coefficient RR, croît linéairement depuis zéro pour des bancs très minces, atteint son maximum à l’épaisseur d’accord et se stabilise au niveau de deux ondelettes séparées pour les bancs épais.

Latéralement, la résolution est fixée par la largeur du réflecteur qui renvoie l’énergie en phase.

Définition 2.8 (Zone de Fresnel)

La zone de Fresnel (première) d’un réflecteur, pour une source et un récepteur confondus à la hauteur zz au-dessus de lui, est le disque du réflecteur autour du point d’incidence normale à partir duquel le trajet aller-retour est plus long que le trajet normal de moins d’une demi-longueur d’onde : ses réflexions arrivent en phase et construisent ensemble la réflexion enregistrée.

Proposition 2.9 (Rayon de la zone de Fresnel)

La première zone de Fresnel a pour rayon rF=λz/2+λ2/16≈λz/2r_F = \sqrt{\lambda z/2 + \lambda^2/16} \approx \sqrt{\lambda z/2} pour λ≪z\lambda \ll z.

Démonstration. Un point du réflecteur situé à la distance rr du point d’incidence normale est à la distance z2+r2\sqrt{z^2 + r^2} de la source. Le surplus de trajet aller-retour vaut 2(z2+r2−z)2(\sqrt{z^2 + r^2} - z) ; en l’égalant à λ/2\lambda/2, on obtient z2+r2=z+λ/4\sqrt{z^2 + r^2} = z + \lambda/4, d’où r2=λz/2+λ2/16r^2 = \lambda z/2 + \lambda^2/16. ∎

À une profondeur de 1 km1\,\mathrm{km}, avec λ=100 m\lambda = 100\,\mathrm{m}, la zone de Fresnel fait 225 m225\,\mathrm{m} de rayon : les structures plus étroites que cela sont floues, sauf si la migration (ci-dessous) resserre la zone.

La première zone de Fresnel (schéma) : la partie du réflecteur dont la distance à une source et un récepteur confondus dépasse la distance normale z de moins de /4 (arc en pointillés : la sphère de rayon z + /4), de sorte que le surplus de trajet aller-retour soit inférieur à une demi-longueur d’onde et que ses échos arrivent en phase. L’échelle de  est exagérée.
La première zone de Fresnel (schéma) : la partie du réflecteur dont la distance à une source et un récepteur confondus dépasse la distance normale zz de moins de λ/4\lambda/4 (arc en pointillés : la sphère de rayon z+λ/4z + \lambda/4), de sorte que le surplus de trajet aller-retour soit inférieur à une demi-longueur d’onde et que ses échos arrivent en phase. L’échelle de λ\lambda est exagérée.

2.3 Acquisition et traitement en point milieu commun

Un écho isolé est trop faible pour être distingué du bruit. Les campagnes de sismique réflexion enregistrent donc chaque point du sous-sol un grand nombre de fois, avec différents couples source–récepteur, et en additionnent les enregistrements.

Définition 2.10 (Point milieu commun, ordre de couverture)

Pour une source en xsx_s et un récepteur en xrx_r sur une ligne, le point milieu vaut (xs+xr)/2(x_s + x_r)/2 et le déport x=∣xr−xs∣x = |x_r - x_s|. On appelle point milieu commun (CMP) l’ensemble des traces, issues de tous les tirs, qui ont le même point milieu ; sur des couches planes, toutes se réfléchissent sur le même point du sous-sol. L’ordre de couverture est le nombre de traces d’une collection. Avec NN canaux à l’intervalle Δg\Delta g entre récepteurs et un tir tous les Δs\Delta s le long de la ligne, l’ordre de couverture vaut NΔg/(2Δs)N\Delta g/(2\Delta s).

Géométrie à point milieu commun (schématique) : quatre couples source–récepteur (points, triangles) de déports différents partagent le même point milieu ; sur un réflecteur plan, toutes se réfléchissent au même point situé sous lui. Leurs traces forment une collection d’ordre de couverture quatre.
Géométrie à point milieu commun (schématique) : quatre couples source–récepteur (points, triangles) de déports différents partagent le même point milieu ; sur un réflecteur plan, toutes se réfléchissent au même point situé sous lui. Leurs traces forment une collection d’ordre de couverture quatre.

Théorème 2.11 (Retard normal)

Dans une couche de vitesse vv surmontant un réflecteur plan, au temps double vertical t0t_0, la réflexion enregistrée au déport xx arrive en

t(x)2=t02+x2v2,t(x)^2 = t_0^2 + \frac{x^2}{v^2},

il s’agit d’une hyperbole dans le plan (x,t)(x, t). Le retard Δt=t(x)−t0\Delta t = t(x) - t_0 est le retard normal ; pour x≪vt0x \ll vt_0, Δt≈x2/(2v2t0)\Delta t \approx x^2/(2v^2t_0).

Démonstration. Le trajet de la réflexion va de la source au point de réflexion sous le point milieu, puis remonte jusqu’au récepteur : deux branches de longueur (vt0/2)2+(x/2)2\sqrt{(vt_0/2)^2 + (x/2)^2}. D’où t=(2/v)(vt0/2)2+(x/2)2t = (2/v)\sqrt{(vt_0/2)^2 + (x/2)^2} et t2=t02+x2/v2t^2 = t_0^2 + x^2/v^2. Ensuite t−t0=(t2−t02)/(t+t0)≈x2/(2v2t0)t - t_0 = (t^2 - t_0^2)/(t + t_0) \approx x^2/(2v^2t_0). ∎

Sur plusieurs couches, le temps de réflexion n’est plus exactement hyperbolique, mais il l’est presque aux petits déports, avec une vitesse qui est une moyenne pondérée des couches.

Définition 2.12 (Sommation, vitesses quadratiques moyennes et d’intervalle)

La vitesse d’intervalle viv_i d’une couche est sa propre vitesse ; avec Δti=2hi/vi\Delta t_i = 2h_i/v_i le temps double à travers elle, la vitesse quadratique moyenne jusqu’à la base de la couche nn est

Vqm,n=(∑i≤nvi2 Δti∑i≤nΔti)1/2.V_{\text{qm},n} = \left(\frac{\sum_{i\le n}v_i^2\,\Delta t_i}{\sum_{i\le n}\Delta t_i}\right)^{1/2}.

La vitesse de sommation d’une réflexion est la vitesse VV de l’hyperbole t2=t02+x2/V2t^2 = t_0^2 + x^2/V^2 qui ajuste au mieux ses temps dans une collection CMP.

Proposition 2.13 (Vitesse de sommation aux petits déports)

Sur des couches planes, t(x)2=t02+x2/Vqm2+O(x4)t(x)^2 = t_0^2 + x^2/V_{\text{qm}}^2 + O(x^4) : aux petits déports, la vitesse de sommation est la vitesse quadratique moyenne.

Démonstration. Pour le paramètre de rai pp, x=∑i2hitan⁡φix = \sum_i 2h_i\tan\varphi_i et t=∑i2hi/(vicos⁡φi)t = \sum_i 2h_i/(v_i\cos\varphi_i), avec sin⁡φi=pvi\sin\varphi_i = pv_i. Au deuxième ordre en pp, tan⁡φi≈pvi\tan\varphi_i \approx pv_i et 1/cos⁡φi≈1+p2vi2/21/\cos\varphi_i \approx 1 + p^2v_i^2/2, donc x≈p∑vi2Δti=pVqm2t0x \approx p\sum v_i^2\Delta t_i = pV_{\text{qm}}^2t_0 et t≈t0+12p2Vqm2t0t \approx t_0 + \tfrac12p^2V_{\text{qm}}^2t_0. Ensuite t2≈t02+p2Vqm2t02=t02+x2/Vqm2t^2 \approx t_0^2 + p^2V_{\text{qm}}^2t_0^2 = t_0^2 + x^2/V_{\text{qm}}^2, les termes négligés étant d’ordre p4p^4, soit x4x^4. ∎

Théorème 2.14 (Équation de Dix)

Si Vn−1V_{n-1} et VnV_n sont les vitesses quadratiques moyennes au sommet et à la base de la couche nn, aux temps doubles tn−1t_{n-1} et tnt_n, la vitesse d’intervalle de la couche est donnée par l’équation de Dix

vn2=Vn2tn−Vn−12tn−1tn−tn−1,v_n^2 = \frac{V_n^2t_n - V_{n-1}^2t_{n-1}}{t_n - t_{n-1}} ,

et son épaisseur est hn=vn(tn−tn−1)/2h_n = v_n(t_n - t_{n-1})/2.

Démonstration. Par définition Vn2tn=∑i≤nvi2ΔtiV_n^2t_n = \sum_{i\le n}v_i^2\Delta t_i et Vn−12tn−1=∑i≤n−1vi2ΔtiV_{n-1}^2t_{n-1} = \sum_{i\le n-1}v_i^2\Delta t_i. Leur différence vaut vn2Δtnv_n^2\Delta t_n, avec Δtn=tn−tn−1\Delta t_n = t_n - t_{n-1}. ∎

L’analyse de vitesse parcourt chaque collection à la recherche de l’hyperbole qui ajuste au mieux l’énergie : pour chaque essai t0t_0 et VV, les traces sont sommées le long de la courbe, et une mesure de cohérence (la semblance) est cartographiée ; l’analyste en retient les maxima, réflecteur par réflecteur, pour construire une fonction de vitesse. La correction de retard normal (NMO) décale chaque échantillon de chaque trace de t(x)t(x) à t0t_0, aplanissant les réflexions, puis les traces de chaque collection sont additionnées.

Définition 2.15 (Sommation (sismique))

La sommation est la somme, après la correction de retard normal, des traces d’une collection CMP en une seule trace placée au point milieu. Les traces sommées, côte à côte le long de la ligne, forment la section sommée, image des réflecteurs en temps double.

Proposition 2.16 (Gain d’une sommation)

Si les NN traces d’une collection portent le même signal de réflexion et un bruit indépendant de même écart-type σ\sigma, leur moyenne porte le même signal et un bruit d’écart-type σ/N\sigma/\sqrt N : la sommation augmente le rapport signal sur bruit d’un facteur N\sqrt N.

Démonstration. La variance d’une somme de NN variables indépendantes est la somme de leurs variances, soit Nσ2N\sigma^2 ; divisée par N2N^2, la moyenne a pour variance σ2/N\sigma^2/N (l’écart-type de la moyenne, rappelé des volumes de mathématiques). ∎

Une collection CMP synthétique sous l’axe du synclinal de la ligne de Varden (calculée par tracé de rais exact à travers la colonne à couches planes ; ondelette de Ricker à 30 Hz ; sans bruit). (a) Les quatre réflexions (toit du schiste, toit et base du calcaire, toit du socle) s’incurvent vers le bas avec le déport, le long d’hyperboles presque parfaites. (b) Après la correction de retard normal, avec les vitesses de sommation ajustées sur les déports allant jusqu’à 600\, m, les réflexions sont plates jusqu’à environ 1\, km ; au-delà, les temps vrais s’écartent de l’hyperbole, la correction les laisse courbées et les ondelettes sont étirées ; en traitement, les traces lointaines étirées des réflexions superficielles sont coupées avant la sommation.
Une collection CMP synthétique sous l’axe du synclinal de la ligne de Varden (calculée par tracé de rais exact à travers la colonne à couches planes ; ondelette de Ricker à 30 Hz ; sans bruit). (a) Les quatre réflexions (toit du schiste, toit et base du calcaire, toit du socle) s’incurvent vers le bas avec le déport, le long d’hyperboles presque parfaites. (b) Après la correction de retard normal, avec les vitesses de sommation ajustées sur les déports allant jusqu’à 600 m600\,\mathrm{m}, les réflexions sont plates jusqu’à environ 1 km1\,\mathrm{km} ; au-delà, les temps vrais s’écartent de l’hyperbole, la correction les laisse courbées et les ondelettes sont étirées ; en traitement, les traces lointaines étirées des réflexions superficielles sont coupées avant la sommation.
Vitesses sous l’axe du synclinal (calculées). La vitesse quadratique moyenne, une moyenne pondérée, varie lentement ; les vitesses de sommation de la collection s’en rapprochent. Appliquée à celles-ci, l’équation de Dix retrouve la vitesse d’intervalle de chaque couche (le trait en escalier tracé à la base de chacune) à quelques pour cent près, l’erreur croissant dans le calcaire mince et rapide.
Vitesses sous l’axe du synclinal (calculées). La vitesse quadratique moyenne, une moyenne pondérée, varie lentement ; les vitesses de sommation de la collection s’en rapprochent. Appliquée à celles-ci, l’équation de Dix retrouve la vitesse d’intervalle de chaque couche (le trait en escalier tracé à la base de chacune) à quelques pour cent près, l’erreur croissant dans le calcaire mince et rapide.
Camions vibreurs sur une ligne de prospection terrestre : au lieu d’une explosion, chaque camion appuie une lourde plaque sur le sol et la fait vibrer avec un balayage de fréquences pendant plusieurs secondes ; les longs enregistrements sont comprimés en impulsions courtes par corrélation avec le balayage (Illustration générée par IA.)
Camions vibreurs sur une ligne de prospection terrestre : au lieu d’une explosion, chaque camion appuie une lourde plaque sur le sol et la fait vibrer avec un balayage de fréquences pendant plusieurs secondes ; les longs enregistrements sont comprimés en impulsions courtes par corrélation avec le balayage (Illustration générée par IA.)

2.4 Migration

Une section sommée montre chaque réflexion sous le point milieu où elle a été enregistrée, au temps qu’elle a mis pour revenir. Pour un réflecteur plan, c’est là qu’elle se trouve. Pour un réflecteur incliné, ce n’est pas le cas : l’écho enregistré en un point de surface provient du point du réflecteur le plus proche de lui, situé vers le haut du pendage, et non à la verticale. Les points comme les extrémités de failles, qui diffusent l’énergie dans toutes les directions, apparaissent sous forme d’hyperboles.

Définition 2.17 (Migration sismique)

La migration sismique est l’étape de traitement qui déplace les réflexions d’une section sismique vers les positions des réflecteurs qui les ont produites : elle restaure les pendages et positions vrais des réflecteurs inclinés réflecteurs et ramène les hyperboles de diffraction des diffuseurs ponctuels sur leurs sommets. Réalisée avec un modèle de vitesses en temps, elle donne une section migrée en temps ; avec un modèle en profondeur, une image en profondeur.

Théorème 2.18 (Pendage sur une section à déport nul)

Dans un milieu de vitesse vv, un réflecteur plan de pendage θ\theta dans le plan de la section apparaît sur la section à déport nul, tracée en profondeur vt/2vt/2 verticalement sous chaque point d’enregistrement, comme une ligne de pendage apparent θa\theta_a avec

tan⁡θa=sin⁡θ.\tan\theta_a = \sin\theta .

La réflexion enregistrée au point xx provient du point du réflecteur situé à une distance (vt/2)sin⁡θ(vt/2)\sin\theta vers le haut du pendage, du point situé à la verticale de xx.

Démonstration. Le rai à déport nul est normal au réflecteur, donc le temps enregistré en xx vaut t=2d(x)/vt = 2d(x)/v, où d(x)d(x) est la distance de xx au plan. Cette distance croît de sin⁡θ\sin\theta pour chaque unité de xx dans le sens du pendage, donc la profondeur tracée vt/2=d(x)vt/2 = d(x) a pour pente sin⁡θ\sin\theta. Le pied de la normale issue de xx au plan se trouve à la distance horizontale dsin⁡θd\sin\theta de xx, du côté situé vers le haut du pendage. ∎

Comme tan⁡θa=sin⁡θ<tan⁡θ\tan\theta_a = \sin\theta < \tan\theta, une section non migrée montre toujours des pendages plus faibles que les vrais, et elle ne peut pas montrer des pendages supérieurs à 45∘45{}^{\circ}. Un diffuseur ponctuel de profondeur zz sous le point x0x_0 renvoie en xx le temps à déport nul t(x)=(2/v)z2+(x−x0)2t(x) = (2/v)\sqrt{z^2 + (x - x_0)^2} : une hyperbole dont le sommet se trouve à la verticale du point : c’est la diffraction. La migration sous sa forme la plus simple, la sommation de diffraction, additionne chaque section le long de l’hyperbole de diffraction de chaque diffuseur possible et place la somme au sommet : les réflecteurs, qui sont des lignes continues de diffuseurs, ressortent à leur vraie place, et les diffractions se resserrent en un point.

Migration d’un réflecteur incliné (schéma, pendage vrai 35). Le rai à déport nul en chaque point d’enregistrement est normal au réflecteur, de sorte que son écho provient de l’amont-pendage ; reporté à la verticale du point, à la profondeur vt/2, le réflecteur apparaît moins incliné (tireté : _a =, ici 29.8) et décalé vers l’aval-pendage. La migration (flèche rouge) le ramène à sa place.
Migration d’un réflecteur incliné (schéma, pendage vrai 35∘35{}^{\circ}). Le rai à déport nul en chaque point d’enregistrement est normal au réflecteur, de sorte que son écho provient de l’amont-pendage ; reporté à la verticale du point, à la profondeur vt/2vt/2, le réflecteur apparaît moins incliné (tireté : tan⁡θa=sin⁡θ\tan\theta_a = \sin\theta, ici 29.8∘29.8{}^{\circ}) et décalé vers l’aval-pendage. La migration (flèche rouge) le ramène à sa place.

2.5 Stratigraphie sismique

Une section migrée est une image de la stratification, et on peut la lire comme une stratigraphie : les réflexions suivent les surfaces de stratification, qui sont des lignes de même temps, de sorte que leur géométrie enregistre la façon dont le bassin s’est comblé.

Définition 2.19 (Stratigraphie sismique, faciès sismiques)

La stratigraphie sismique est l’interprétation de la stratigraphie et de l’histoire de remplissage d’un bassin à partir de la géométrie de ses réflexions sismiques. Un faciès sismique est une unité tridimensionnelle de réflexions dont le caractère (continuité, amplitude, fréquence, géométrie interne : parallèle, divergente, sigmoïde, chaotique, en dôme) se distingue de celui de ses voisines et s’interprète comme un milieu de dépôt.

Définition 2.20 (Terminaisons de réflexions)

Une terminaison de réflexion est la fin d’une réflexion contre une autre. Onlap : une réflexion initialement horizontale vient buter contre une surface qui se redresse plus fortement, les couches plus jeunes s’appuyant sur une pente plus ancienne. Downlap : une réflexion inclinée se termine vers l’aval-pendage contre une surface plus douce, les pieds des couches progradantes reposant sur le fond d’un bassin. Toplap : des réflexions inclinées se terminent vers l’amont-pendage contre une surface sus-jacente, avec peu d’érosion, les sommets des couches progradantes rejoignant le niveau de la mer. Troncature d’érosion : des réflexions se terminent vers l’amont-pendage contre une surface sus-jacente qui les coupe, une discordance.

Terminaisons de réflexions (coupes schématiques, réflexions grises, surfaces de terminaison en couleur). (a) Réflexions inclinées tronquées par une discordance. (b) Réflexions horizontales venant buter contre une pente plus ancienne. (c) Couches inclinées d’un prisme progradant se terminant vers l’amont-pendage contre la surface sus-jacente (toplap) et vers l’aval-pendage sur le fond du bassin (downlap).
Terminaisons de réflexions (coupes schématiques, réflexions grises, surfaces de terminaison en couleur). (a) Réflexions inclinées tronquées par une discordance. (b) Réflexions horizontales venant buter contre une pente plus ancienne. (c) Couches inclinées d’un prisme progradant se terminant vers l’amont-pendage contre la surface sus-jacente (toplap) et vers l’aval-pendage sur le fond du bassin (downlap).

Les terminaisons marquent les surfaces qui bornent des séquences de couches génétiquement liées ; les cartographier à l’échelle d’un bassin et les relier aux variations du niveau marin relatif relève de la stratigraphie séquentielle, objet du Chapitre 16. Une section sismique d’une marge passive montre typiquement des prismes de réflexions progradant vers le large, en downlap sur le plancher profond, coiffés de toplap, et enfouis vers la terre sous des couches en onlap déposées lorsque la mer est remontée.

Sur le terrain — Une campagne marine en flûtes et une équipe à terre

Un navire de prospection sismique remorquant ses flûtes au crépuscule (Illustration générée par IA.)

En mer, le navire ne s’arrête jamais : il parcourt ligne après ligne à quelques nœuds, les réseaux de canons à air tirant à intervalles fixes, les flûtes maintenues à profondeur constante par de petites ailes orientables et localisées par positionnement acoustique et satellitaire. Les observateurs de la passerelle surveillent la mer autour du réseau, et la campagne se déroule selon des règles qui fixent les mesures de protection des mammifères marins, la veille à assurer et ce qu’il faut signaler.

À terre, l’équipe déroule des câbles ou des unités d’enregistrement sans fil le long des lignes ; les camions vibreurs avancent en convoi d’un point source au suivant, et un camion d’enregistrement vérifie chaque voie avant chaque balayage. De retour au centre de traitement, les enregistrements sont triés en collections de traces à point milieu commun, les vitesses pointées, les données sommées et migrées, et la section remise aux interprètes.

2.6 Exercices

Exercice 2.1 ★

La craie (v=2500 m s−1v = 2500\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, ρ=2.00 g cm−3\rho = 2.00\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) repose sur des schistes argileux (2300 m s−12300\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, 2.30 g cm−32.30\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), qui repose sur du calcaire (4500 m s−14500\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, 2.60 g cm−32.60\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}). Calculer les trois impédances acoustiques et les coefficients de réflexion des deux interfaces. Quelle fraction de l’énergie incidente le sommet du calcaire réfléchit-il ?

Solution

Solution de Exercice 2.1.

Z=ρvZ = \rho v : craie 2000×2500=5.00×106 kg m−2 s−12000\times2500 = 5.00 \times 10^{6}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-2}\,\mathrm{s}^{-1}, argile 2300×2300=5.29×106 kg m−2 s−12300\times2300 = 5.29 \times 10^{6}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-2}\,\mathrm{s}^{-1}, calcaire 2600×4500=11.70×106 kg m−2 s−12600\times4500 = 11.70 \times 10^{6}\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-2}\,\mathrm{s}^{-1}. Craie–argile : R=(5.29−5.00)/(5.29+5.00)=0.29/10.29=0.0282R = (5.29 - 5.00)/(5.29 + 5.00) = 0.29/10.29 = 0.0282 ; argile–calcaire : R=(11.70−5.29)/(11.70+5.29)=6.41/16.99=0.377R = (11.70 - 5.29)/(11.70 + 5.29) = 6.41/16.99 = 0.377. L’énergie réfléchie est R2=0.142R^2 = 0.142 : le sommet du calcaire renvoie 14.2 %14.2\,\% de l’énergie incidente, l’interface craie–argile en renvoie moins de 0.1 %0.1\,\%.

Exercice 2.2 ★

Un réflecteur plat se trouve à 800 m800\,\mathrm{m} sous une couche de 2000 m s−12000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Calculer t0t_0, le temps de réflexion à un déport de 1000 m1000\,\mathrm{m}, et le retard normal correspondant ici, puis comparer ce résultat à l’approximation x2/(2v2t0)x^2/(2v^2t_0).

Solution

Solution de Exercice 2.2.

t0=2×800/2000=0.800 st_0 = 2\times800/2000 = 0.800\,\mathrm{s} ; t=0.8002+(1000/2000)2=0.89=0.9434 st = \sqrt{0.800^2 + (1000/2000)^2} = \sqrt{0.89} = 0.9434\,\mathrm{s} ; le retard vaut 0.1434 s0.1434\,\mathrm{s}. Par l’approximation donne 10002/(2×20002×0.800)=0.1563 s1000^2/(2\times2000^2\times0.800) = 0.1563\,\mathrm{s}, trop grand de 9 %9\,\% : pour un déport supérieur à la profondeur, la relation x≪vt0x \ll vt_0 ne est plus vérifiée.

Exercice 2.3 ★

Une flûte compte 240 voies espacées de 12.5 m12.5\,\mathrm{m}, et le navire tire tous les 25 m25\,\mathrm{m}. Calculer l’intervalle des points milieux communs et l’ordre de couverture. Quel intervalle de tir donnerait un ordre de couverture de 120 ?

Solution

Solution de Exercice 2.3.

Les points milieux se déplacent de la moitié de l’intervalle entre récepteurs : l’intervalle entre points milieux communs est 12.5/2=6.25 m12.5/2 = 6.25\,\mathrm{m}. L’ordre de couverture vaut 240×12.5/(2×25)=60240\times12.5/(2\times25) = 60. Un ordre de couverture de 120 exige un tir tous les 240×12.5/(2×120)=12.5 m240\times12.5/(2\times120) = 12.5\,\mathrm{m}.

Exercice 2.4 ★

Pour une fréquence dominante de 30 Hz30\,\mathrm{Hz}, calculer la longueur d’onde et le quart de longueur d’onde dans un grès de 3000 m s−13000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} et dans un calcaire de 4500 m s−14500\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Calculer le rayon de la première zone de Fresnel d’un réflecteur situé à 1000 m1000\,\mathrm{m} de profondeur sous des roches de vitesse moyenne 2800 m s−12800\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}.

Solution

Solution de Exercice 2.4.

λ=v/f\lambda = v/f : 100 m100\,\mathrm{m} dans le grès, λ/4=25 m\lambda/4 = 25\,\mathrm{m} ; 150 m150\,\mathrm{m} dans le calcaire, λ/4=37.5 m\lambda/4 = 37.5\,\mathrm{m}. Avec λ=2800/30=93.3 m\lambda = 2800/30 = 93.3\,\mathrm{m} et z=1000 mz = 1000\,\mathrm{m}, rF≈λz/2=46 667=216 mr_F \approx \sqrt{\lambda z/2} = \sqrt{46\,667} = 216\,\mathrm{m} (217 m217\,\mathrm{m} en ajoutant le terme λ2/16\lambda^2/16).

Exercice 2.5 ★★

Deux réflexions ont t0=0.500 st_0 = 0.500\,\mathrm{s} et une vitesse quadratique moyenne de 2400 m s−12400\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, et t0=0.700 st_0 = 0.700\,\mathrm{s} avec une vitesse de 2800 m s−12800\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Calculer la vitesse d’intervalle et l’épaisseur de la couche comprise entre elles.

Solution

Solution de Exercice 2.5.

Équation de Dix : v2=(28002×0.700−24002×0.500)/0.200=(5 488 000−2 880 000)/0.200=1.304×107 m2 s−2v^2 = (2800^2\times0.700 - 2400^2\times0.500)/0.200 = (5\,488\,000 - 2\,880\,000)/0.200 = 1.304 \times 10^{7}\,\mathrm{m}^{2}\,\mathrm{s}^{-2}, donc v=3611 m s−1v = 3611\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. La couche est traversée en 0.100 s0.100\,\mathrm{s} dans un sens : h=3611×0.100=361 mh = 3611\times0.100 = 361\,\mathrm{m}.

Exercice 2.6 ★★

Un réflecteur plan a un pendage φ\varphi dans le plan d’une ligne à points milieux communs, dans une couche de vitesse vv. (a) Montrer que t(x)2=t02+x2cos⁡2φ/v2t(x)^2 = t_0^2 + x^2\cos^2\varphi/v^2, où t0t_0 est le temps à déport nul au point milieu. (Indice : utiliser le symétrique du point milieu par rapport au réflecteur.) (b) En déduire la vitesse de sommation, et la calculer pour v=2000 m s−1v = 2000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} et φ=12∘\varphi = 12{}^{\circ}.

Solution

Solution de Exercice 2.6.

(a) Soit dd la distance du point milieu M au réflecteur, de sorte que t0=2d/vt_0 = 2d/v. Le rai réfléchi de la source S au récepteur G est aussi long que la droite reliant G à l’image S′' de S par rapport au réflecteur. Plaçons M à l’origine, la droite suivant le pendage ; S′' se trouve à la distance 2dS2d_S de S le long de la normale, avec dS=d−(x/2)sin⁡φd_S = d - (x/2)\sin\varphi. Le carré de S′'G vaut x2+4dS2+4dSxsin⁡φ=x2+4d2−x2sin⁡2φx^2 + 4d_S^2 + 4d_Sx\sin\varphi = x^2 + 4d^2 - x^2\sin^2\varphi, tous les termes en dxdx s’annulant, donc v2t2=4d2+x2cos⁡2φv^2t^2 = 4d^2 + x^2\cos^2\varphi et t2=t02+x2cos⁡2φ/v2t^2 = t_0^2 + x^2\cos^2\varphi/v^2. (b) La collection de traces suit une hyperbole de vitesse V=v/cos⁡φ=2000/cos⁡12∘=2045 m s−1V = v/\cos\varphi = 2000/\cos12{}^{\circ} = 2045\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} : un pendage rend la vitesse de sommation trop élevée, ici de 2.2 %2.2\,\%.

Exercice 2.7 ★★

Une collection de traces à point milieu commun, d’ordre de couverture 60, présente un bruit indépendant, de même variance, sur chaque trace. De quel facteur la sommation élève-t-elle le rapport signal sur bruit ? De quel facteur faut-il augmenter l’ordre de couverture pour le doubler à nouveau ?

Solution

Solution de Exercice 2.7.

Par 60=7.75\sqrt{60} = 7.75. Doubler le rapport signal sur bruit exige quatre fois autant de traces : un ordre de couverture de 240.

Exercice 2.8 ★★

Sur une section en temps à déport nul, dans une roche de 3000 m s−13000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, une réflexion remonte de 0.40 s0.40\,\mathrm{s} de temps double par kilomètre le long de la ligne. Convertir cette pente en pendage apparent, puis calculer le pendage réel du réflecteur.

Solution

Solution de Exercice 2.8.

La profondeur tracée vt/2vt/2 varie de 1.5 km s−1×0.40 s=0.60 km1.5\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}\times0.40\,\mathrm{s} = 0.60\,\mathrm{km} par kilomètre : tan⁡θa=0.60\tan\theta_a = 0.60, θa=31.0∘\theta_a = 31.0{}^{\circ}. Par le théorème du déport nul sin⁡θ=0.60\sin\theta = 0.60 : θ=36.9∘\theta = 36.9{}^{\circ}.

Exercice 2.9 ★★

Convoluer la série de réflectivité r=(0,0.3,0,−0.2,0)r = (0, 0.3, 0, -0.2, 0) avec l’ondelette à trois échantillons w=(−0.5,1,−0.5)w = (-0.5, 1, -0.5), échantillon par échantillon. Où sont situées les deux réflexions, et se recouvrent-elles ?

Solution

Solution de Exercice 2.9.

Chaque pic place une copie de ww centrée sur lui : 0.3 w0.3\,w sur les échantillons 0–2 donne (−0.15,0.3,−0.15)(-0.15, 0.3, -0.15), et −0.2 w-0.2\,w sur les échantillons 2–4 donne (0.1,−0.2,0.1)(0.1, -0.2, 0.1). Leur somme vaut (0,−0.15,0.3,−0.05,−0.2,0.1,0)(0, -0.15, 0.3, -0.05, -0.2, 0.1, 0), écrite de l’échantillon précédant la série jusqu’à celui qui la suit. Les réflexions culminent aux échantillons 1 et 3, avec leurs vrais signes ; elles se superposent à l’échantillon 2, où −0.15+0.1=−0.05-0.15 + 0.1 = -0.05 : une légère interférence, mais deux pics distincts.

Exercice 2.10 ★★★

Un profil de réfraction inversé sur une couche de 1800 m s−11800\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} donne une vitesse apparente dans le sens du pendage de 2900 m s−12900\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} et une vitesse apparente à contre-pendage de 4400 m s−14400\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Calculer l’angle critique, le pendage et la vitesse du réfracteur. Comparer la vitesse du réfracteur à la moyenne harmonique des deux vitesses apparentes.

Solution

Solution de Exercice 2.10.

arcsin⁡(1800/2900)=38.37∘\arcsin(1800/2900) = 38.37{}^{\circ} et arcsin⁡(1800/4400)=24.15∘\arcsin(1800/4400) = 24.15{}^{\circ}, donc ic=(38.37+24.15)/2=31.26∘i_c = (38.37 + 24.15)/2 = 31.26{}^{\circ} et θ=(38.37−24.15)/2=7.11∘\theta = (38.37 - 24.15)/2 = 7.11{}^{\circ} ; v2=1800/sin⁡31.26∘=3469 m s−1v_2 = 1800/\sin31.26{}^{\circ} = 3469\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. La moyenne harmonique 2×2900×4400/(2900+4400)=3496 m s−12\times2900\times4400/(2900 + 4400) = 3496\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} est supérieure de 0.8 %0.8\,\% ; multipliée par cos⁡θ=0.9923\cos\theta = 0.9923, elle donne 3469 m s−13469\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}, l’approximation usuelle pour les faibles pendages v2≈cos⁡θ 2vdvu/(vd+vu)v_2 \approx \cos\theta\,2v_dv_u/(v_d + v_u).

Exercice 2.11 ★★★

Dans la Proposition 2.7, une couche présente des coefficients de réflexion +R+R et −R-R. (a) Montrer que, pour Δt≪T\Delta t \ll T, le signal composé est environ R Δt w′(t)R\,\Delta t\,w'(t), c’est-à-dire la dérivée temporelle de l’ondelette pondérée par l’épaisseur en temps double de la couche. (b) Expliquer pourquoi une couche mince peut malgré tout être détectée sans être résolue, et comment son épaisseur pourrait être estimée à partir de son amplitude. (c) Deux couches de même roche, de 5 et 10 m10\,\mathrm{m} d’épaisseur, sont imagées avec la même ondelette : quel est le rapport de leurs amplitudes ?

Solution

Solution de Exercice 2.11.

(a) Le signal composite vaut R[w(t)−w(t−Δt)]≈R Δt w′(t)R[w(t) - w(t - \Delta t)] \approx R\,\Delta t\,w'(t) par le développement de Taylor au premier ordre. (b) Son amplitude est proportionnelle à Δt\Delta t, donc un banc plus mince que l’épaisseur d’accord renvoie encore un signal, de forme w′w', mais son toit et sa base ne peuvent être pointés comme deux événements : il est détecté, mais non résolu. Si RR et l’ondelette sont connus, par exemple grâce à un forage, l’amplitude donne Δt\Delta t et donc l’épaisseur. (c) L’amplitude est proportionnelle à l’épaisseur : le rapport vaut 5/10=1/25/10 = 1/2.

Exercice 2.12 ★★★

Un diffuseur ponctuel se trouve à 600 m600\,\mathrm{m} sous la ligne, dans une roche de 3000 m s−13000\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. (a) Écrire le temps à déport nul de sa diffraction en fonction de la distance horizontale xx au point situé à son aplomb, et le calculer pour x=0x = 0 et 300 m300\,\mathrm{m}. (b) Montrer que la diffraction est une hyperbole de la forme du retard normal avec la vitesse v/2v/2, et expliquer pourquoi une diffraction est toujours plus courbée qu’une réflexion de même temps au sommet. (c) Que fait la migration de cette diffraction ?

Solution

Solution de Exercice 2.12.

(a) t(x)=(2/v)z2+x2t(x) = (2/v)\sqrt{z^2 + x^2} : t(0)=2×600/3000=0.400 st(0) = 2\times600/3000 = 0.400\,\mathrm{s} et t(300)=(2/3000)6002+3002=0.4472 st(300) = (2/3000)\sqrt{600^2 + 300^2} = 0.4472\,\mathrm{s}. (b) t2=t02+x2/(v/2)2t^2 = t_0^2 + x^2/(v/2)^2, la forme NMO avec la vitesse v/2v/2. Une réflexion de même temps au sommet sur une section à déport nul, ne montrerait aucun retard ; comparée à une hyperbole NMO de même t0t_0 dans une collection, le retard de la x2/(2(v/2)2t0)x^2/(2(v/2)^2t_0) est quatre fois plus grand, car le temps dépend deux fois de la distance au diffuseur deux fois, à l’aller et au retour. (c) La migration somme la section le long de cette hyperbole et place l’énergie à son sommet : la diffraction se réduit à un point en x=0x = 0, z=600 mz = 600\,\mathrm{m}.

2.7 Problème : une ligne sismique à travers les collines de Varden

Problème 2.1

Problème du week-end — réfraction, analyse des vitesses, conversion en profondeur et migration le long de la coupe A–B des collines de Varden

Une ligne sismique est tirée le long de la coupe A–B des collines de Varden, la région couverte par les cartes géologiques des volumes précédents. Ses distances ss sont comptées à partir de A le long de la ligne. La couverture, du sommet vers la base, est constituée de craie, de schistes argileux (100 m100\,\mathrm{m}), de calcaire (180 m180\,\mathrm{m}) et de grès (120 m120\,\mathrm{m}), reposant en discordance sur un socle schisteux ; elle est plissée en un anticlinal et un synclinal et recoupée par une faille normale.

Partie I — Un dispositif de réfraction sur le flanc ouest. Un dispositif de 1200 m1200\,\mathrm{m} est déployé entre les points de tir O (s=300 ms = 300\,\mathrm{m}) et E (s=1500 ms = 1500\,\mathrm{m}), sur un terrain considéré comme horizontal. La craie et les schistes situés au-dessus du calcaire sont traités comme une seule couche de vitesse v1=2.40 km s−1v_1 = 2.40\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}. Les temps des ondes coniques relevés sur les enregistrements sont, de O vers E, 425.2 ms425.2\,\mathrm{ms} à 800 m800\,\mathrm{m} et 486.1 ms486.1\,\mathrm{ms} à 1200 m1200\,\mathrm{m} ; de E vers O, 372.4 ms372.4\,\mathrm{ms} à 800 m800\,\mathrm{m} et 486.1 ms486.1\,\mathrm{ms} à 1200 m1200\,\mathrm{m}.

  1. Calculer les deux vitesses apparentes. Quel tir est situé en amont du pendage ?
  2. Calculer l’angle critique et le pendage du réfracteur.
  3. Calculer la vitesse du réfracteur. De quelle roche s’agit-il ?
  4. Calculer les temps d’interception et les profondeurs perpendiculaires du réfracteur sous O et sous E.
  5. Convertir ces profondeurs en profondeurs verticales, puis vérifier le pendage à partir des deux profondeurs.
  6. Les schistes sous la craie sont plus lents que la craie. Comment le dispositif de réfraction les interprète-t-il, et comment biaise-t-il les profondeurs ?

Partie II — Analyse de vitesse au CMP S. Plus à l’est, le CMP S se situe sur l’axe du synclinal, dans le compartiment abaissé de la faille, là où les couches sont considérées comme horizontales. Quatre réflexions sont pointées à déport nul et à 600 m600\,\mathrm{m} :

réflexion1234
t0t_0 (s\mathrm{s})0.48780.57480.65480.7348
t(600 m)t(600\,\mathrm{m}) (s\mathrm{s})0.54370.62400.68870.7648
  1. Calculer la vitesse NMO V=x/t2−t02V = x/\sqrt{t^2 - t_0^2} des réflexions 1 et 2. Pourquoi la seconde est-elle plus petite que la première ?
  2. Calculer cette vitesse pour les réflexions 3 et 4.
  3. En prenant ces valeurs pour des vitesses quadratiques moyennes, calculer la vitesse d’intervalle de chaque couche par l’équation de Dix.
  4. Identifier les couches à partir de leurs vitesses, et nommer les quatre interfaces réflectrices.
  5. La réflexion 1 est la plus faible sur les enregistrements. Pourquoi ?
  6. Pourquoi les vitesses ont-elles été mesurées seulement sur les déports allant jusqu’à 600 m600\,\mathrm{m} alors que le dispositif atteint 2 km2\,\mathrm{km} ?

Partie III — Conversion en profondeur et résolution.

  1. Calculer le temps double passé dans chaque couche, puis son épaisseur.
  2. Calculer la profondeur de chaque interface réflectrice sous le sol. Comparer les épaisseurs des schistes, du calcaire et du grès avec les valeurs données plus haut.
  3. Calculer la vitesse moyenne du sol jusqu’au socle, et expliquer pourquoi la vitesse NMO de la réflexion 4 surestimerait la profondeur si on l’utilisait à la place.
  4. L’ondelette sismique de la campagne culmine à 30 Hz30\,\mathrm{Hz}. Calculer la longueur d’onde dans les schistes et leur épaisseur d’accord, à la fois par la règle du quart de longueur d’onde et par b=v/(5.2f)b = v/(5.2f) pour une ondelette de Ricker. Les schistes sont-ils résolus ? À quelle fréquence mettrait-on les schistes en accord selon la règle du quart de longueur d’onde ?
  5. Calculer le rayon de la première zone de Fresnel sur le socle, en prenant λ\lambda à partir de la vitesse NMO de la réflexion 4.

Partie IV — Migration et faille.

  1. Près de la faille, la coupure du calcaire produit une diffraction dont le sommet est à 0.550 s0.550\,\mathrm{s} ; à 200 m200\,\mathrm{m} du sommet, le long de la ligne elle se trouve à 0.5732 s0.5732\,\mathrm{s}. Écrire le temps de diffraction à déport nul et en déduire la vitesse moyenne au-dessus de la coupure.
  2. Calculer la profondeur de la coupure sous le sol.
  3. Sur le flanc est, la réflexion du sommet du calcaire de la section sommée remonte vers l’anticlinal de 0.167 s0.167\,\mathrm{s} de temps double par kilomètre, sous des roches de vitesse moyenne 2.48 km s−12.48\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}. Calculer son pendage apparent et son pendage réel.
  4. Une réflexion sur ce flanc est enregistrée à t=0.655 st = 0.655\,\mathrm{s}. De combien, et dans quel sens, la migration la déplace-t-elle ?
  5. À travers la faille, la réflexion du sommet du socle saute de 0.160 s0.160\,\mathrm{s} ; le compartiment abaissé porte l’épaisseur supplémentaire de craie. Calculer le rejet vertical.
  6. Donner la profondeur de la discordance du socle sous le CMP S, à partir des vitesses d’intervalle de la partie II.
Solution

Solution de Problème 2.1.

1. Depuis O, 400/(486.1−425.2)=400/0.0609=6568 m s−1400/(486.1 - 425.2) = 400/0.0609 = 6568\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} ; depuis E, 400/(486.1−372.4)=400/0.1137=3518 m s−1400/(486.1 - 372.4) = 400/0.1137 = 3518\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. L’onde conique issue de O semble rapide : O est l’extrémité aval-pendage, et ses tirs remontent le pendage ; le réfracteur s’élève de O vers E.

2. arcsin⁡(2400/3518)=43.02∘\arcsin(2400/3518) = 43.02{}^{\circ}, arcsin⁡(2400/6568)=21.43∘\arcsin(2400/6568) = 21.43{}^{\circ} : ic=32.22∘i_c = 32.22{}^{\circ}, θ=10.79∘\theta = 10.79{}^{\circ}.

3. v2=2400/sin⁡32.22∘=4501 m s−1v_2 = 2400/\sin32.22{}^{\circ} = 4501\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} : dans la plage du calcaire, le sommet du calcaire jurassique.

4. Les temps d’interception valent t−x/vappt - x/v_{\text{app}} à 1200 m1200\,\mathrm{m} : ti,W=0.4861−1200/6568=0.3034 st_{i,W} = 0.4861 - 1200/6568 = 0.3034\,\mathrm{s} et ti,E=0.4861−1200/3518=0.1450 st_{i,E} = 0.4861 - 1200/3518 = 0.1450\,\mathrm{s}. Avec cos⁡ic=0.8460\cos i_c = 0.8460, h=v1ti/(2cos⁡ic)h = v_1t_i/(2\cos i_c) : hW=2400×0.3034/1.692=430.4 mh_W = 2400\times0.3034/1.692 = 430.4\,\mathrm{m} et hE=205.7 mh_E = 205.7\,\mathrm{m}.

5. En divisant par cos⁡θ=0.9823\cos\theta = 0.9823 : 438.1 m438.1\,\mathrm{m} sous O et 209.4 m209.4\,\mathrm{m} sous E. Alors (438.1−209.4)/1200=0.1906=tan⁡10.79∘(438.1 - 209.4)/1200 = 0.1906 = \tan10.79{}^{\circ}, le pendage de la question 2.

6. Le schiste ne renvoie aucune onde conique : il est invisible, et la campagne le compte avec la craie. Ici v1=2.40 km s−1v_1 = 2.40\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1} était donnée comme la moyenne des deux ; si la vitesse de l’onde directe dans la craie, 2.50 km s−12.50\,\mathrm{km}\,\mathrm{s}^{-1}, avait été utilisée pour toute la couverture, chaque profondeur serait sortie trop grande.

7. V=600/0.54372−0.48782=600/0.2401=2499 m s−1V = 600/\sqrt{0.5437^2 - 0.4878^2} = 600/0.2401 = 2499\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} et V=600/0.62402−0.57482=2471 m s−1V = 600/\sqrt{0.6240^2 - 0.5748^2} = 2471\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. La seconde moyenne la craie avec le schiste, plus lent, situé dessous : la moyenne baisse.

8. 2811 m s−12811\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1} et 2829 m s−12829\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}.

9. Couche 1 : 2499 m s−12499\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Couche 2 : v2=(24712×0.5748−24992×0.4878)/0.0870v^2 = (2471^2\times0.5748 - 2499^2\times0.4878)/0.0870, v=2308 m s−1v = 2308\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Couche 3 : v2=(28112×0.6548−24712×0.5748)/0.0800v^2 = (2811^2\times0.6548 - 2471^2\times0.5748)/0.0800, v=4561 m s−1v = 4561\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. Couche 4 : v2=(28292×0.7348−28112×0.6548)/0.0800v^2 = (2829^2\times0.7348 - 2811^2\times0.6548)/0.0800, v=2972 m s−1v = 2972\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}.

10. Craie (2499 m s−12499\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}), schiste (2308 m s−12308\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}), calcaire (4561 m s−14561\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}), grès (2972 m s−12972\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}), chacun dans sa plage publiée. Les réflexions sont l’interface craie–schiste, le sommet du calcaire, l’interface calcaire–grès et la discordance au sommet du socle schisteux.

11. La craie et le schiste ont presque la même impédance : R=0.028R = 0.028 (exercice 1), contre 0.38 pour le sommet du calcaire.

12. L’hyperbole de vitesse VrmsV_{\text{rms}} ne tient qu’au second ordre en déport ; pour des déports de 2 km2\,\mathrm{km}, soit le double de la profondeur du réflecteur le plus profond, les temps s’en écartent, et une hyperbole ajustée sur tout le dispositif donnerait de fausses vitesses, et des intervalles de Dix encore pires. Les grands déports étirent aussi les ondelettes après correction.

13. Temps doubles dans les couches : 0.4878 s0.4878\,\mathrm{s}, 0.0870 s0.0870\,\mathrm{s}, 0.0800 s0.0800\,\mathrm{s}, 0.0800 s0.0800\,\mathrm{s}. Épaisseurs v Δt/2v\,\Delta t/2 : 609.5 m609.5\,\mathrm{m}, 100.4 m100.4\,\mathrm{m}, 182.4 m182.4\,\mathrm{m}, 118.9 m118.9\,\mathrm{m}.

14. Profondeurs sous le sol : 609.5 m609.5\,\mathrm{m}, 709.9 m709.9\,\mathrm{m}, 892.3 m892.3\,\mathrm{m}, 1011.2 m1011.2\,\mathrm{m}. Le schiste, le calcaire et le grès sortent à moins de 0.4 m0.4\,\mathrm{m}, 2.4 m2.4\,\mathrm{m} et 1.1 m1.1\,\mathrm{m} de leurs épaisseurs, l’erreur croissant dans le calcaire rapide et mince, où une petite erreur de temps coûte le plus.

15. vˉ=2×1011.2/0.7348=2752 m s−1\bar v = 2\times1011.2/0.7348 = 2752\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}. La vitesse quadratique moyenne pondère chaque couche par v2v^2 et n’est jamais inférieure à la moyenne pondérée par le temps : 2829×0.7348/2=1039 m2829\times0.7348/2 = 1039\,\mathrm{m}, soit 28 m28\,\mathrm{m} de trop en profondeur.

16. λ=2308/30=76.9 m\lambda = 2308/30 = 76.9\,\mathrm{m}, λ/4=19.2 m\lambda/4 = 19.2\,\mathrm{m} ; l’estimation de Ricker donne 2308/(5.2×30)=14.8 m2308/(5.2\times30) = 14.8\,\mathrm{m}. Le schiste fait 100 m100\,\mathrm{m} d’épaisseur, soit cinq fois son épaisseur d’accord : son sommet et sa base sont résolus. Il s’accorderait, selon la règle du quart de longueur d’onde, à f=v/(4b)=2308/400=5.77 Hzf = v/(4b) = 2308/400 = 5.77\,\mathrm{Hz}.

17. λ=2829/30=94.3 m\lambda = 2829/30 = 94.3\,\mathrm{m}, z=1011 mz = 1011\,\mathrm{m} : rF≈94.3×1011/2=218 mr_F \approx \sqrt{94.3\times1011/2} = 218\,\mathrm{m} (220 m220\,\mathrm{m} avec le terme λ2/16\lambda^2/16).

18. t(x)2=t02+(2x/v)2t(x)^2 = t_0^2 + (2x/v)^2, donc v=2x/t2−t02=400/0.57322−0.5502=400/0.1614=2478 m s−1v = 2x/\sqrt{t^2 - t_0^2} = 400/\sqrt{0.5732^2 - 0.550^2} = 400/0.1614 = 2478\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-1}.

19. z=vt0/2=2478×0.550/2=681 mz = vt_0/2 = 2478\times0.550/2 = 681\,\mathrm{m}.

20. La profondeur tracée vt/2vt/2 varie de 1.24×0.167=0.2071.24\times0.167 = 0.207 par unité de longueur : θa=arctan⁡0.207=11.70∘\theta_a = \arctan0.207 = 11.70{}^{\circ}. Le vrai pendage vérifie sin⁡θ=0.207\sin\theta = 0.207 : θ=11.95∘\theta = 11.95{}^{\circ}, le pendage du flanc.

21. d=2480×0.655/2=812 md = 2480\times0.655/2 = 812\,\mathrm{m} ; la migration déplace la réflexion de dsin⁡θ=812×0.207=168 md\sin\theta = 812\times0.207 = 168\,\mathrm{m} vers le haut du pendage, en direction de la crête de l’anticlinal, et la fait remonter de 812 m812\,\mathrm{m} à dcos⁡θ=795 md\cos\theta = 795\,\mathrm{m}.

22. 2500×0.160/2=200 m2500\times0.160/2 = 200\,\mathrm{m}.

23. D’après les questions 13 et 14, la discordance de socle se trouve 1011 m1011\,\mathrm{m} sous le sol au point milieu commun S.

এই অধ্যায়ে সংজ্ঞায়িত পরিভাষা-শব্দ

পরিভাষায় সব 957 টি শব্দ দেখো