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Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 3e année · 本科三年级
8Analyse structurale
Un géologue a mesuré deux cents plans de stratification sur les flancs d’un pli trop vaste pour être vu d’un seul tenant : sa charnière se trouve sous une forêt, ses flancs s’étendent sur des kilomètres. Chaque mesure est un couple de nombres. Reportées sous forme de points sur un abaque circulaire, les pôles des plans s’alignent sur une seule courbe, un grand cercle, et le pôle de ce grand cercle est l’axe du pli, une droite que personne n’a jamais vue. Ce chapitre construit l’abaque, la projection stéréographique, et l’utilise, avec les outils vectoriels qui le sous-tendent, pour trouver les axes de pli, mesurer la déformation enregistrée par des objets déformés, retrouver la contrainte à l’origine d’un jeu de failles, et restaurer une coupe déformée dans son état antérieur à la déformation.
Tu sais déjà
Les grands et petits cercles d’une sphère figurent dans le volume de première année, dans son chapitre sur l’astronomie sphérique ; direction, pendage, sens du pendage, azimut et plongement dans ses chapitres sur les cartes géologiques et les coupes ; la normale unitaire ascendante d’un plan de sens de pendage et de pendage , en composantes est, nord et haut et la moyenne vectorielle d’un ensemble de mesures dans son premier chapitre sur les méthodes de terrain et de laboratoire. Les éléments et les classes de plis, la ligne de charnière d’un pli, parallèle à et l’angle entre flancs , ainsi que la théorie d’Anderson sur la rupture en faille, se trouvent dans son chapitre sur les failles, les plis et les fabriques ; la contrainte, les contraintes principales, l’ellipse de déformation et le cisaillement simple, dans son chapitre sur la contrainte, la déformation et la rhéologie ; le pitch d’un vecteur glissement (à partir de la direction, pour une faille normale, pour une faille inverse, 0 pour un jeu senestre et pour un jeu dextre) et les axes P et T d’un mécanisme au foyer, dans son chapitre sur la source sismique. La coupe équilibrée et le décollement figurent dans le volume de deuxième année, dans son chapitre sur les Alpes. Les moindres carrés se trouvent dans la Section 1.4 ; les valeurs propres et les vecteurs propres d’une matrice symétrique figurent dans les volumes de mathématiques.
8.1 La projection stéréographique
Les données du géologue sont des orientations : l’attitude d’un plan de stratification, d’une faille, d’une foliation ; l’azimut et le plongement d’une linéation, d’une charnière de pli et d’une direction de glissement. Chacune est une direction passant par un point, sans position. Pour comparer des centaines d’entre elles, imaginons-les toutes ramenées au centre d’une sphère : une droite rencontre la moitié inférieure de la sphère en un point, un plan la coupe selon un demi-grand cercle. Une carte de l’hémisphère inférieur montre alors les droites comme points et les plans comme des courbes.
Définition 8.1 (Projection stéréographique, canevas équiangle, projection équivalente, pôle)
Soit une droite passant par le centre d’une sphère de rayon et coupant l’hémisphère inférieur en , sous l’angle à partir du nadir, où est le plongement de la droite et son azimut. La projection stéréographique associe au point où la droite menée du zénith à coupe le plan horizontal passant par ; ce point se trouve à la distance de , dans l’azimut . La carte de l’hémisphère inférieur ainsi tracée, avec son quadrillage de grands et petits cercles, est le canevas équiangle (ou canevas de Wulff). La projection équivalente envoie sur le point situé à la distance dans l’azimut ; son canevas est le canevas de Schmidt. Le pôle d’un plan est sa droite normale, représentée comme un point : pour un plan de sens de pendage et de pendage , le pôle a pour azimut et pour plongement .
Les deux projections placent une verticale au centre et une horizontale sur le cercle de rayon , la primitive. Elles diffèrent par ce qu’elles conservent.
Théorème 8.2 (Les deux projections)
- La projection stéréographique place en . Elle est conforme : en chaque point, elle dilate toutes les directions du même facteur, , de sorte qu’elle conserve les angles entre courbes.
- La projection équivalente multiplie toute aire par le même facteur, : l’aire d’une région du canevas vaut la moitié de l’aire de la région de l’hémisphère qu’elle représente.
Démonstration. (a) Dans le plan vertical passant par le zénith , le nadir et (première figure ci-dessous), l’arc du nadir à sous-tend l’angle au centre, donc l’angle inscrit en , situé à la distance au-dessus de : . Un petit pas sur la sphère vers le nadir devient sur le canevas. Le cercle des points situés à l’angle du nadir a pour circonférence et devient un cercle de circonférence ; le rapport vaut , le même que le long du rayon. Une carte qui dilate également selon deux directions perpendiculaires dilate de la même façon dans toutes les directions et conserve les angles.
(b) La calotte de la sphère comprise dans l’angle du nadir a pour aire ; son image est le disque d’aire , moitié de celle-ci. Les deux aires sont réparties uniformément en azimut, si bien que le secteur de la calotte compris entre deux azimuts et son image gardent le rapport , et il en va de même pour l’anneau compris entre deux valeurs de , différence de deux calottes. Toute région est une réunion de tels petits secteurs annulaires. ∎
La projection stéréographique transforme aussi tout cercle de la sphère, grand ou petit, en un cercle ou une droite du canevas ; nous l’admettons. Elle rend le canevas équiangle facile à tracer au compas, et un petit cercle, le cône des droites faisant un angle fixe avec un axe, conserve sa forme. La projection équivalente déforme les formes : un petit cercle devient un ovale étiré autour de la primitive. C’est la projection sur laquelle un nuage de pôles peut être dénombré, puisque des aires égales du canevas contiennent une part égale des directions de l’hémisphère ; les géologues structuraux, et les sismologues pour leurs mécanismes au foyer, l’utilisent pour leurs données.
Plans, droites et angles. Un plan de sens du pendage et de pendage coupe l’hémisphère inférieur selon un demi-grand cercle. Ses extrémités se trouvent sur la primitive aux deux bouts de la direction ; son milieu est la ligne de plus grande pente, qui plonge de vers ; et son pôle est situé à de chacun de ses points, dans l’azimut . Une droite du plan est un point du grand cercle. Pour reporter des données, on pose sur le canevas une feuille transparente que l’on fait tourner autour du centre jusqu’à ce que la direction des données se place le long du diamètre nord–sud du canevas ; on trace alors le grand cercle du bon pendage, puis on remet la feuille en place. L’angle entre deux droites se mesure le long du grand cercle qui passe par les deux points, en comptant les divisions des petits cercles qu’il traverse, après avoir fait tourner la feuille jusqu’à ce que les deux points se trouvent sur un même grand cercle du canevas. L’angle entre deux plans est l’angle entre leurs pôles, ou son supplémentaire. Un ordinateur fait de même avec des vecteurs : l’angle entre deux droites de vecteurs unitaires et vaut .
Méthode 8.3 (Rotation des données autour d’un axe)
Pour défaire un basculement, par exemple pour ramener une couche à l’horizontale avec les linéations qu’elle porte, ou pour restaurer une direction paléomagnétique mesurée dans des strates basculées (Chapitre 4) :
- Choisir l’axe de rotation : pour une couche basculée, sa ligne de direction, horizontale ; l’angle est le pendage, dans le sens qui relève la couche.
- Sur le canevas, faire tourner la feuille jusqu’à ce que l’axe se place le long du diamètre nord–sud, où les petits cercles sont les cônes qui l’entourent.
- Déplacer chaque point le long de son petit cercle de l’angle de rotation, compté sur les grands cercles. Un point qui sortirait de l’hémisphère inférieur réapparaît à l’autre extrémité de son petit cercle, dans l’azimut opposé.
- Remettre la feuille en place. Avec des vecteurs, la rotation de d’un angle autour du vecteur unitaire vaut .
8.2 Analyse des plis
Un pli cylindrique est engendré par une droite, l’axe du pli, déplacée parallèlement à elle-même. Tout plan tangent à la surface plissée contient l’axe, donc toute normale à la surface est perpendiculaire à cet axe : tous les pôles se situent sur le grand cercle du plan perpendiculaire à l’axe.
Définition 8.4 (Diagramme pi, axe bêta)
Le diagramme pi d’un pli est le tracé des pôles des plans mesurés sur sa surface plissée. Pour un pli cylindrique, ils se situent sur un grand cercle, la -ceinture ; le pôle de la ceinture est le axe bêta, l’estimation de l’axe du pli donnée par les mesures.
Avec deux flancs seulement, l’axe bêta est le produit vectoriel de leurs normales, comme le volume de première année l’a montré pour la ligne de charnière. Avec deux cents mesures dispersées, un ajustement optimal est nécessaire. Le vecteur moyen, qui a servi pour les mesures d’un seul plan, ne convient pas : les pôles d’une ceinture se répartissent dans toutes les directions le long de celle-ci, et leur moyenne dit peu de chose du cercle sur lequel ils se trouvent.
Définition 8.5 (Tenseur d’orientation)
Le tenseur d’orientation de vecteurs unitaires est la matrice symétrique
Il ne change pas lorsqu’un vecteur est remplacé par son opposé, il convient donc aux axes et aux pôles, qui n’ont pas de sens. Ses valeurs propres ont pour somme sa trace, .
Théorème 8.6 (Amas et ceinture à partir du tenseur d’orientation)
Pour tout vecteur unitaire ,
qui atteint sa plus petite valeur, , lorsque est le vecteur propre associé à la plus petite valeur propre, et sa plus grande, , le long du vecteur propre . Comme est le sinus de l’angle entre et le plan perpendiculaire à , le grand cercle perpendiculaire à est la ceinture qui minimise la somme des carrés des sinus des distances des pôles à ce cercle, et est leur sinus quadratique moyen. L’axe est la droite la plus proche des vecteurs, l’axe moyen d’un amas.
Démonstration. ; on moyenne sur . La matrice est symétrique, donc elle admet une base orthonormée de vecteurs propres, dans laquelle avec et . Il s’agit d’une moyenne pondérée des valeurs propres, de poids dont la somme vaut 1 : elle se situe entre et et les atteint pour et . ∎
Les valeurs propres décrivent la forme des données. Un amas a proche de 1 et les deux autres petites ; une ceinture a proche de 0, les pôles étant répartis le long du cercle de sorte que et se partagent le reste ; des vecteurs dispersés uniformément donnent trois valeurs propres proches de . Un pli est cylindrique, à la précision des mesures près, lorsque est non supérieur à la dispersion des mesures répétées d’un même plan. Un pli conique, ou deux générations de plis, écartent les pôles de tout grand cercle et augmentent .
La figure ci-dessous représente douze mesures prises sur les deux flancs de l’anticlinal de Varden, pli fictif de la série (Problème 8.1 calcule son axe). Les pôles des flancs peu inclinés se regroupent près du centre du canevas en deux groupes, qui définissent ensemble une ceinture orientée presque est-ouest ; l’axe bêta se situe sur la primitive, presque plein nord. Les plans moyens des deux flancs, tracés comme grands cercles, se coupent au même point : l’axe bêta est la droite commune à tous les flancs.
8.3 Analyse de la déformation finie
Une roche déformée enregistre sa déformation lorsqu’elle contient des objets dont la forme initiale, ou la disposition initiale, est connue : ooïdes arrondis et taches de réduction, fossiles de symétrie connue, galets, ou simplement les centres de grains qui étaient autrefois régulièrement espacés.
Définition 8.7 (Analyse de la déformation finie, méthode de Fry)
L’analyse de la déformation finie est la mesure de l’ellipse de déformation, ou de l’ellipsoïde, qu’a subie une roche, à partir des formes, des orientations ou des espacements d’objets dont l’état avant la déformation est connu. Dans la méthode de Fry, on trace le vecteur qui joint le centre de chaque objet au centre de chacun des autres, depuis une origine commune ; lorsque les centres étaient répartis avec un espacement minimal et sans direction privilégiée, la région vide autour de l’origine est une ellipse de la forme et de l’orientation de l’ellipse de déformation.
Proposition 8.8 (Le vide de Fry)
Si une déformation homogène transforme tout vecteur en , et si aucun couple de centres n’était plus proche que avant la déformation, alors, après celle-ci, la région autour de l’origine du diagramme de Fry, qui est vide de points, contient l’ellipse , de demi-axes et selon les directions principales de la déformation.
Démonstration. Une déformation homogène déplace chaque point par la même application linéaire, plus une translation, de sorte que la différence de deux centres devient . Avant la déformation, aucune différence ne se trouvait dans le disque de rayon ; après, aucune ne se trouve dans son image, qui est l’ellipse de déformation du volume de première année, dilatée d’un facteur . ∎
En pratique, les centres ne sont pas tous à l’espacement minimal, et le vide se lit comme le bord intérieur de l’anneau le plus dense de points ; son rapport donne une estimation légèrement faible du rapport de déformation . La figure ci-dessous réalise le test sur une lame mince inventée, déformée jusqu’à , avec le grand axe à de l’horizontale : l’ellipse ajustée au bord du vide donne et . Lorsque les objets eux-mêmes sont mesurés, les objets initialement ronds deviennent exactement des ellipses de rapport d’axes ; les objets initialement elliptiques, d’orientations quelconques, finissent avec des rapports dispersés autour de , les plus grands lorsque leurs grands axes étaient initialement parallèles à la direction d’étirement, et leurs orientations finales se regroupent autour de celle-ci. Le graphe de en fonction de , lu à l’aide de tables ou d’un ordinateur, sépare la déformation des formes initiales.
En trois dimensions, l’ellipsoïde de déformation possède les étirements principaux . Sa forme se place sur le diagramme de Flinn, avec en fonction de et le paramètre
Sur la droite , qui correspond à la déformation plane à volume constant (, , donc ), l’ellipsoïde n’est ni en cigare ni en crêpe. Au-dessus, , l’ellipsoïde est allongé, étiré dans une direction par une constriction : les roches déformées de cette façon développent une forte linéation. En dessous, , il est aplati, et la roche développe une forte foliation.
8.4 Paléocontrainte
La théorie d’Anderson indique sur quels plans se forment de nouvelles failles, et qu’elles glissent perpendiculairement à . La plupart des failles, cependant, sont d’anciennes zones de faiblesse réactivées dans un champ de contrainte qu’elles n’ont pas choisi, et elles glissent de façon oblique. Leurs directions de glissement, lues sur les stries des surfaces de faille, enregistrent encore la contrainte, à condition que chaque faille glisse dans le sens où la contrainte la pousse.
Définition 8.9 (Paléocontrainte, hypothèse de Wallace–Bott, rapport de contraintes, inversion des stries de faille)
La paléocontrainte est l’état de contrainte qui a agi dans une roche par le passé, dans la mesure où l’on peut le déduire des structures qu’elle a laissées : en pratique, les directions des contraintes principales et le rapport de contraintes
L’hypothèse de Wallace–Bott postule qu’une faille glisse parallèlement à la contrainte de cisaillement projetée sur son plan par une contrainte uniforme, chaque faille indépendamment. L’inversion des stries de faille est la recherche des directions principales et du rapport de contraintes dont les directions de glissement prédites ajustent au mieux un ensemble de failles et de stries mesurées.
Théorème 8.10 (Direction de glissement sur un plan)
Soit le tenseur des contraintes, les compressions étant comptées positivement, et la normale unitaire ascendante d’une faille. On pose
Sous l’hypothèse de Wallace–Bott, le toit glisse par rapport au mur le long de , la traction de cisaillement qu’il exerce sur le mur. De plus :
- la direction de est inchangée lorsque est remplacé par avec ; elle ne dépend donc que des directions principales et de , et le tenseur réduit dans le repère principal prédit le même glissement que ;
- si est perpendiculaire à une direction principale, le glissement l’est aussi ;
- avec , la direction est celle de , linéaire en , où et .
Démonstration. Les compressions étant comptées positivement, le toit pousse sur le mur, à travers le plan de normale pointant vers le toit, avec la traction ; sa composante le long du plan est . Lorsque la faille glisse, le toit se déplace dans le sens où il entraîne le mur, le long de . (Vérification : avec vertical, et pointe vers le bas du pendage : il s’agit d’une faille normale.) (a) : . En écrivant avec , on obtient . (b) ; si , ni ni n’ont de composante selon , et il en va de même pour . (c) et ; on regroupe les termes avec et sans . ∎
La partie (b) est le cas d’Anderson : une faille qui contient glisse perpendiculairement à lui, quel que soit , de sorte qu’elle ne dit rien du rapport de contraintes. La partie (c) transforme un glissement mesuré en . Soit le vecteur glissement unitaire du toit, déduit du pitch, et la direction du plan perpendiculaire à celui-ci. Le glissement prédit est parallèle à lorsque , et comme ,
à condition que le glissement prédit pointe alors selon et non .
Lorsque les directions principales ne sont pas connues, chaque faille fournit une équation, l’angle de son glissement dans son plan, pour quatre inconnues : trois angles qui orientent les axes principaux, et . Quatre failles d’attitudes différentes constituent le minimum, et quelques dizaines sont courantes. L’inversion minimise la somme des carrés des écarts angulaires entre les glissements mesurés et prédits, par moindres carrés sur une grille ou par itération comme dans la Section 1.4. Les failles qui ne s’ajustent pas forment une seconde population, peut-être d’un autre âge.
La figure ci-dessous présente cinq failles des monts Varden : la faille normale principale et quatre plus petites, toutes à glissement normal. Une recherche sur grille portant sur et l’azimut de , avec vertical, ajuste les cinq failles à moins d’un quart de degré près, avec horizontal vers .
Les axes P et T du volume de première année ne sont pas les contraintes principales. Ils sont construits à partir du plan de faille et du seul glissement, à du plan, dans le plan qui contient le glissement et la normale ; une faille nouvelle, dans une roche d’angle de frottement voisin de , fait environ avec , et une faille réactivée fait un angle quelconque. Un seul mécanisme donne les axes P et T ; seules de nombreuses failles d’attitudes différentes, inversées ensemble, donnent la contrainte. L’hypothèse elle-même a des limites : la contrainte peut varier d’une faille à l’autre, des blocs peuvent tourner, et des failles qui se rencontrent se gênent dans leur glissement.
8.5 Restauration d’une coupe
Une coupe est une interprétation : entre la surface et les forages, le géologue dessine ce qui est vraisemblable. Le volume de deuxième année, dans son chapitre sur les Alpes, appelle coupe équilibrée une coupe qui peut être ramenée à un état non déformé en conservant les longueurs des couches et les aires des unités, les plis et les chevauchements s’enracinant sur un décollement. La restauration en est le test.
Définition 8.11 (Restauration de coupe, ligne de référence, méthode des kink-bands)
restauration de coupe défait, sur une coupe dessinée parallèlement à la direction du transport tectonique, la déformation qu’elle montre, événement par événement et dans l’ordre inverse, en conservant les longueurs des couches et les aires des unités dans le plan de la coupe. Une ligne de référence est une ligne traversant les couches, placée là où elles n’ont pas glissé l’une sur l’autre (dans l’avant-pays non déformé, ou sur la surface axiale d’un pli symétrique), que l’on prend perpendiculaire aux couches dans la coupe restaurée ; les longueurs sont mesurées à partir d’elle. Dans la méthode des kink-bands les plis sont dessinés en flancs droits d’épaisseur de couche constante, reliés par des charnières vives, dont les surfaces axiales bissectent l’angle entre les flancs ; chaque couche est alors une ligne brisée, dont la longueur est la somme de ses segments droits.
Une couche pliée en flancs droits, de pendage dans un sens ou dans l’autre, sur la distance horizontale , a pour longueur : son raccourcissement est , la variation relative de longueur étant . Les aires fournissent l’autre moitié de l’équilibre.
Proposition 8.12 (Profondeur du décollement)
Soit une couche située à la hauteur au-dessus d’un décollement horizontal, raccourcie de dans le plan d’une coupe, et que la roche comprise entre elle et le décollement conserve son aire, sans matière franchissant les extrémités de la coupe. Alors l’aire dont la couche plissée dépasse son niveau initial vérifie
Démonstration. Avant la déformation, la roche située sous la couche occupait sur la longueur . Après elle, la même roche s’étend sur la longueur , sous la couche, qui se trouve au niveau initial augmenté du soulèvement : son aire vaut . En égalant les deux aires, on obtient . ∎
Deux couches donnent les deux inconnues : leurs aires en excès diffèrent de fois leur écart vertical. La figure ci-dessous présente la construction.
Une coupe traversée par une faille se restaure dans l’ordre inverse des événements : la structure la plus jeune en premier. Une faille normale de rejet vertical et de pendage a un rejet horizontal et un glissement sur une coupe parallèle à son pendage ; le toit est ramené vers le haut de la faille d’une valeur égale au glissement. Sur une coupe oblique au glissement, le pendage de la faille et son déplacement sont apparents, et une coupe qui semble équilibrée peut ne pas l’être : c’est pourquoi les coupes sont tracées parallèlement à la direction de transport.
Sur le terrain — Mesurer une attitude

Pour mesurer un plan de stratification, le géologue pose le couvercle ouvert d’une boussole-clinomètre à plat contre la surface, choisie lisse et représentative, et tourne l’instrument jusqu’à ce que sa bulle indique l’horizontale : l’aiguille donne alors le sens du pendage, et le clinomètre, l’instrument tourné sur sa tranche, selon la ligne de plus grande pente, le pendage. La mesure se note sous la forme sens du pendage et pendage, par exemple , avec le lieu et la nature de la surface. Les azimuts lus à l’aiguille aimantée sont corrigés de la déclinaison locale. Un téléphone intelligent équipé d’une application de géologie fournit la même information en une seule étape : posé à plat contre le plan, ses accéléromètres donnent la direction de la pesanteur et donc le pendage, et son magnétomètre l’azimut. Les géologues de terrain le comparent régulièrement à une boussole, car le fer proche et les circuits propres du téléphone peuvent perturber le magnétomètre ; ils répètent chaque mesure et moyennent les normales par la moyenne vectorielle.
8.6 Exercices
Exercice 8.1 ★
Donner l’azimut et le plongement du pôle du plan (sens du pendage, pendage). Donner l’attitude du plan dont le pôle a pour azimut et plonge de .
Solution
Solution de Exercice 8.1.
Le pôle a un azimut et un plongement . Le plan a un pendage de vers : .
Exercice 8.2 ★
Une droite plonge de . À quelle distance du centre se place-t-elle sur un canevas équiangle et sur un canevas équivalent, tous deux de rayon ?
Exercice 8.3 ★
Les flancs d’un pli ont pour attitudes et . Calculer l’angle entre leurs pôles par le produit scalaire des normales, l’angle entre flancs, et la classe du pli.
Solution
Solution de Exercice 8.3.
, , : les pôles sont distants de , l’angle entre flancs vaut , un pli ouvert.
Exercice 8.4 ★
Une faille porte des stries de pitch . Avec le vecteur direction et le vecteur de plus grande pente du plan, le glissement du toit est . Calculer , , ainsi que l’azimut et le plongement du glissement. Nommer la faille.
Solution
Solution de Exercice 8.4.
et : azimut , plongement . Le pitch se situe entre (normal) et 0 (senestre) : une faille normale oblique à composante senestre.
Exercice 8.5 ★★
Les flancs d’un pli ont pour attitudes et . Calculer l’azimut et le plongement de son axe, ainsi que son angle entre flancs.
Solution
Solution de Exercice 8.5.
de longueur . Son opposé, , pointe vers le bas : azimut , plongement . , entre les normales, angle entre flancs : un pli ouvert.
Exercice 8.6 ★★
Calculer la fraction de la surface du canevas située à l’intérieur du cercle des droites plongeant de plus de , sur le canevas équivalent et sur le canevas équiangle, ainsi que la fraction des directions de l’hémisphère inférieur qui plongent de plus de . Quel canevas faut-il utiliser pour compter les pôles ?
Solution
Solution de Exercice 8.6.
Un plongement supérieur à signifie . Projection équivalente : , du canevas ; avec le canevas équiangle : , . Sur la sphère, la calotte représente de l’hémisphère : seule la projection équivalente la restitue fidèlement, donc c’est sur elle que l’on compte les pôles.
Exercice 8.7 ★★
Trois pôles se trouvent dans le plan vertical est–ouest, à , et de la verticale : . Calculer leur tenseur d’orientation, ses valeurs propres et vecteurs propres, et l’axe bêta. Pourquoi la plus petite valeur propre est-elle exactement nulle ?
Exercice 8.8 ★★
Placer sur le diagramme de Flinn l’ellipsoïde , puis l’ellipsoïde à volume constant avec et . Calculer pour chacun et nommer la déformation.
Solution
Solution de Exercice 8.8.
, , : constriction. , , , : aplatissement.
Exercice 8.9 ★★
Dans une coupe parallèle à l’étirement, des ooïdes initialement circulaires sont des ellipses de rapport d’axes , toutes parallèles, et l’aire de chacune est inchangée. Calculer les étirements principaux et l’extension selon le grand axe. Avant la déformation, les centres des ooïdes n’étaient jamais plus proches que : donner les demi-axes du vide du diagramme de Fry.
Solution
Solution de Exercice 8.9.
et : , ; le grand axe a été allongé de . Le vide a pour demi-axes et .
Exercice 8.10 ★★★
À du nadir, calculer l’étirement selon le rayon, , et autour du cercle, , pour les deux projections. Vérifier le théorème sur les projections, et donner le rapport des axes de l’ovale dans lequel le canevas équivalent transforme un très petit cercle à cet endroit.
Solution
Solution de Exercice 8.10.
Canevas équiangle : selon la direction radiale et en direction orthoradiale : ils sont égaux et la projection est conforme. Projection équivalente : et ; le produit vaut , soit le facteur d’aire du théorème. Un petit cercle devient un ovale d’axes dans le rapport , dont le grand axe est orienté autour du centre.
Exercice 8.11 ★★★
Dans un régime décrochant, est horizontale vers , horizontale vers et verticale. Une faille verticale de direction . Sans calculer , montrer que son glissement est horizontal pour tout . Calculer ensuite pour avec la normale au plan et donner le sens du glissement.
Solution
Solution de Exercice 8.11.
La faille est verticale, donc sa normale est horizontale et perpendiculaire à la verticale ; d’après la partie (b) du théorème, le glissement est perpendiculaire à , horizontal, pour tout . Avec selon le nord, selon l’est : , , et , vers . Le bloc du côté de , le côté est, se déplace vers le nord-nord-est le long de la direction : vu depuis le côté ouest, il se déplace vers la gauche, une faille senestre (pitch 0). n’est pas intervenu dans le calcul.
Exercice 8.12 ★★★
Une coupe de de long traverse un train de plis de décollement. Deux horizons distants de , se trouvent au-dessus de leur niveau initial d’une aire de (inférieur) et (supérieur). Calculer le raccourcissement, la profondeur du décollement sous l’horizon inférieur, la longueur initiale de la coupe et sa variation relative de longueur.
Solution
Solution de Exercice 8.12.
; sous l’horizon inférieur. La coupe mesurait de long, et a varié de .
8.7 Problème : plis et failles des collines de Varden
Problème 8.1
Problème du week-end — l’axe d’un pli, la contrainte d’un système de failles et la restauration d’une coupe, dans une région fictive
Dans les collines de Varden, région fictive de la série, une couverture mésozoïque repose sur un socle de schistes et de granite. La couverture est plissée en un anticlinal droit et un synclinal droit à flancs rectilignes, puis recoupée par une faille normale. Un géologue a mesuré douze plans de stratification sur les deux flancs de l’anticlinal (sens du pendage/pendage, en degrés) :
| flanc est | 075/13 | 084/11 | 089/13 | 079/14 | 086/12 | 072/11 |
| flanc ouest | 283/11 | 272/13 | 281/14 | 288/10 | 276/13 | 274/12 |
Les sommes des normales unitaires ascendantes des six mesures de chaque flanc sont et (est, nord, haut). Cinq failles portent des stries (sens du pendage/pendage, pitch du glissement du toit) : (la faille principale), , , et . La faille principale présente un rejet vertical de . Les axes de l’anticlinal et du synclinal sont distants de , de sorte que les plis se répètent tous les d’est en ouest.
Partie I — Pôles et axe bêta.
- Donner l’azimut et le plongement du pôle de la mesure , ainsi que sa distance au centre d’un canevas équivalent de rayon .
- Calculer la normale unitaire ascendante de la mesure ; la comparer à en module.
- Calculer l’attitude moyenne de chaque flanc à partir de et , les longueurs des résultantes moyennes, et l’écart quadratique moyen des mesures autour de leurs moyennes.
- Calculer , ainsi que l’azimut et le plongement de l’axe bêta.
- Calculer l’angle entre les deux normales moyennes, l’angle entre flancs, et la classe du pli.
- Le plan axial de ce pli symétrique contient l’axe bêta et est perpendiculaire à , la différence des normales unitaires moyennes. Donner son attitude ; le pli est-il droit ?
- Donner l’attitude de la ceinture , et expliquer pourquoi les pôles se trouvent sur elle.
Partie II — Le tenseur d’orientation. Le tenseur d’orientation des douze pôles est
avec les valeurs propres , et .
- Vérifier que la trace de vaut 1. Avec , le vecteur unitaire selon , calculer . Que dit le résultat de ?
- Calculer l’écart angulaire quadratique moyen entre les pôles et la ceinture.
- Expliquer la valeur de à partir des pendages des flancs.
- Le pli est-il cylindrique à la précision des mesures près ?
- Le plongement de l’axe bêta est fixé par l’inclinaison nord–sud de la ceinture, à laquelle chaque pôle contribue avec la dispersion trouvée à la question 9. Estimer l’erreur type du plongement.
Partie III — La paléocontrainte.
- De quel type est la faille principale ? Selon Anderson, donner les directions de , et .
- Montrer, à l’aide du théorème sur la direction de glissement, que la faille principale glisse droit selon son pendage pour toute valeur de . Que nous apprend-elle sur ?
- Pour la faille , calculer et ses composantes et , avec vertical et horizontal, dirigé vers .
- Son glissement donne . Calculer .
- Les trois autres petites failles donnent , et . Donner la moyenne, et dire d’où provient la dispersion.
- Que dit de ?
- Calculer les axes P et T de la faille principale (à du plan, dans son plan de pendage), et les comparer à et .
Partie IV — Restauration d’une coupe est–ouest.
- Calculer le pendage apparent du flanc est, , sur une coupe est–ouest.
- En prenant les flancs à sur la coupe, calculer la longueur restaurée d’une longueur d’onde de pli, le raccourcissement et la variation relative de longueur.
- Calculer la hauteur de la crête de l’anticlinal au-dessus des synclinaux et l’aire en excès d’une longueur d’onde, en supposant que les synclinaux sont restés à leur niveau initial.
- Calculer la profondeur du décollement sous l’horizon plissé. Les plis peuvent-ils être décollés à la base de la couverture, à quelques centaines de mètres de profondeur ?
- Calculer le rejet horizontal et le glissement de la faille principale sur une coupe orientée à .
- Sur la coupe est–ouest, calculer le pendage apparent de la faille et son rejet horizontal apparent. Quelle coupe doit être restaurée ?
- Dans quel ordre la faille et les plis sont-ils restaurés, et où sont placées les lignes de référence ?
- Quel est le plongement de l’axe du pli de Varden, déduit des douze mesures ?
Solution
Solution de Problème 8.1.
1. Le pôle a pour azimut et pour plongement ; et du centre, vers .
2. . Six vecteurs unitaires presque parallèles s’additionnent presque à 6 : .
3. Flanc est : et ; et la dispersion vaut , soit . Flanc ouest : et ; , dispersion .
4.
de longueur . Son opposé pointe vers le bas : l’azimut vaut et le plongement .
5. Le cosinus de l’angle entre les normales moyennes vaut , le produit scalaire des sommes divisé par leurs longueurs : entre les normales, soit un angle entre flancs de : un pli ouvert, voisin d’un pli doux.
6.
une normale horizontale vers . Le plan axial est vertical, de direction , pratiquement nord–sud : le pli est droit.
7. La ceinture est le plan dont le pôle est l’axe bêta : sens du pendage , pendage , presque vertical, dans le plan est–ouest. Chaque flanc contient l’axe de pli, donc chaque normale est perpendiculaire à lui et se situe dans le plan qui lui est perpendiculaire.
8. . , la plus petite valeur propre : est, à l’arrondi près, le vecteur propre , et la ceinture passant par les deux pôles moyens est la meilleure ceinture d’ajustement parmi les douze.
9. .
10. Le long de la ceinture, les pôles se situent à environ de la verticale, de part et d’autre ; , le carré moyen de leurs composantes est–ouest, soit .
11. Oui : les pôles s’écartent de la ceinture de en moyenne, pas plus que la dispersion de des mesures d’un seul flanc autour de leur moyenne.
12. : le plongement vaut .
13. Un pitch de : une faille normale pure, à glissement de pendage. Anderson : verticale, horizontale selon le sens du pendage, –, horizontale selon la direction, –.
14. La normale de se situe dans le plan vertical d’azimut , qui contient et : . D’après la question (b), le glissement est perpendiculaire à , qui suit la direction, quel que soit : il est à glissement de pendage. La faille ne dit rien de ; dans la formule, et , donc numérateur et dénominateur s’annulent.
15. ; ; .
16. et , donc .
17. . Les pitchs ont été arrondis au degré près ; un degré de pitch déplace d’environ 0.02 sur ces failles, si bien que l’arrondi au demi-degré explique la dispersion.
18. : est plus proche de que de . Les deux contraintes horizontales sont nettement inférieures à la verticale ; la région a été étirée surtout vers , un peu selon .
19. Avec et le glissement , plonge de vers : P ; plonge de vers : T. Ils sont dans le même plan vertical que et , mais décalés de par rapport à eux, car la faille fait , et non , avec .
20. : .
21. , , une variation relative de .
22. ; .
23. . Un décollement à la base de la couverture donnerait de quelques centaines de mètres et une aire excédentaire environ cinquante fois plus petite : les plis ne sont pas décollés à cet endroit. Soit le socle s’est plissé avec la couverture, soit les synclinaux se sont enfoncés sous le niveau initial, ce qui réduit ; la coupe seule ne permet pas de trancher.
24. Rejet horizontal , glissement .
25. : , et le rejet horizontal apparent vaut . Le glissement de la faille est selon le pendage, vers : la coupe selon montre les vraies longueurs et c’est celle qu’il faut restaurer.
26. La faille recoupe les plis, elle est donc plus jeune et on la restaure en premier, en faisant remonter le toit le long de la faille de ; les plis sont alors dépliés. Les lignes de référence se placent sur les surfaces axiales des synclinaux, dans le mur, là où les plis symétriques ne présentaient aucun glissement entre les couches.
27. L’axe du pli de Varden plonge vers le nord (azimut ) : le imposé à la région, retrouvé à la précision de qu’autorisent les douze mesures.
本章定义的术语
- Analyse de la déformation finie, méthode de Fry
- Tenseur d’orientation
- Paléocontrainte, hypothèse de Wallace–Bott, rapport de contraintes, inversion des stries de faille
- Diagramme pi, axe bêta
- Restauration de coupe, ligne de référence, méthode des kink-bands
- Projection stéréographique, canevas équiangle, projection équivalente, pôle