Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « Continuité » ?

Aussi appelé : continue

Définition 21.9 Mathématiques du lycée · Chapitre 21 — Limites et continuité

Soit ff définie sur un intervalle II et aIa \in I. La fonction ff est continue en aa si limxaf(x)=f(a)\lim\limits_{x \to a} f(x) = f(a). Elle est continue sur II si elle est continue en tout point de II.

Exemples

Exemple 21.17

L’équation x3+x=1x^3 + x = 1 a une unique solution réelle. En effet f(x)=x3+xf(x) = x^3 + x est continue et strictement croissante sur R\R (somme de fonctions strictement croissantes), limf=\lim_{-\infty} f = -\infty et lim+f=+\lim_{+\infty} f = +\infty, donc le théorème de la bijection s’applique avec k=1k = 1. Comme f(0.6)=0.816<1f(0.6) = 0.816 < 1 et f(0.7)=1.043>1f(0.7) = 1.043 > 1, la solution est dans (0.6,0.7)\intoo{0.6}{0.7}.

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Définition 13.6 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 13 — Limites et continuité

ff est continue en x0Ix_0 \in I lorsque f(x)f(x0)f(x) \to f(x_0) quand xx0x \to x_0 ; continue sur II lorsqu’elle est continue en tout point. D’après le Théorème 13.3 : ff est continue en x0x_0 si et seulement si f(un)f(x0)f(u_n) \to f(x_0) pour toute suite unx0u_n \to x_0 de points de II.

Une fonction continue vérifiant f(a) < 0 < f(b) doit couper l’axe : la démonstration par dichotomie du  piège un point d’intersection entre deux suites adjacentes.
Une fonction continue vérifiant f(a)<0<f(b)f(a) < 0 < f(b) doit couper l’axe : la démonstration par dichotomie du Théorème 13.10 piège un point d’intersection entre deux suites adjacentes.

Exemples

Exemple 13.7 (Une taxonomie des discontinuités)

Trois façons d’échouer en un point, par gravité croissante. Éliminable : f(x)=sinxxf(x) = \frac{\sin x}{x} sur R\R^* a pour limite 11 en 00 ; poser f(0)=1f(0) = 1 répare tout — la discontinuité était un trou, pas un trait de caractère. Saut : x\lfloor x \rfloor en un entier a des limites latérales distinctes (n1n - 1 et nn) ; aucun choix de valeur ne peut les réconcilier, mais les deux demi-limites existent. Essentielle : sin1x\sin\frac1x en 00 n’a aucune limite latérale (Exercice 13.1) — oscillation sans apaisement. Les fonctions monotones ne peuvent produire que le type intermédiaire (leurs limites latérales existent toujours, comme bornes supérieures et inférieures), et c’est pourquoi leur ensemble de discontinuités est au plus dénombrable — un rationnel par saut. Les dérivées, d’après le théorème de Darboux (Exercice 14.10), ne peuvent produire que le dernier type : une fonction présentant une discontinuité de saut n’est jamais la dérivée de quoi que ce soit.

Exemple 13.9 (Maximum et minimum de fonctions continues)

Si ff et gg sont continues, max(f,g)\max(f, g) et min(f,g)\min(f, g) le sont aussi : aucune disjonction de cas n’est nécessaire, grâce aux identités

max(f,g)=f+g+fg2,min(f,g)=f+gfg2,\max(f, g) = \frac{f + g + \abs{f - g}}{2}, \qquad \min(f, g) = \frac{f + g - \abs{f - g}}{2},

et à la continuité des sommes et de \abs{\,\cdot\,} (Proposition 13.8). En particulier f+=max(f,0)f^+ = \max(f, 0) et f=max(f,0)f^- = \max(-f, 0) sont continues avec f=f+ff = f^+ - f^- : la décomposition selon le signe utilisée pour les séries (Chapitre 17) et, à pleine échelle, dans la théorie de l’intégration du volume de Licence 3, ne coûte rien en régularité.

Exemple 13.11 (Une équation, le protocole complet)

Résolvons ex=3x\eu^x = 3 - x sur R\R : existence, unicité, localisation. Posons g(x)=ex+x3g(x) = \eu^x + x - 3, continue. Localisation et existence : g(0)=2<0g(0) = -2 < 0 et g(1)=e2>0g(1) = \eu - 2 > 0, donc le théorème des valeurs intermédiaires plante une solution dans (0,1)\intoo{0}{1}. Unicité : gg est la somme de ex\eu^x, strictement croissante, et de x3x - 3, donc strictement croissante sur R\R ; une fonction strictement monotone prend chaque valeur au plus une fois, donc la solution est unique sur R\R tout entier (et pas seulement sur l’intervalle sondé). Le protocole — se ramener à g=0g = 0, changement de signe pour l’existence, monotonie pour l’unicité — règle en trois lignes la plupart des questions « combien de solutions ? », et les tableaux de variations du Chapitre 14 l’étendent aux gg non monotones en découpant R\R en branches monotones.

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