地球与空间科学 · 第 4 册 · 本科二年级

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 2e année

书籍暂未推出简体中文版——当前显示 Français 版。

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 2e année · 本科二年级

15Massifs anciens et cycle de Wilson

Sur la côte du sud-est de l’Écosse, à Siccar Point, des bancs de grès gris se dressent à la verticale sous une couverture de grès rouge qui plonge doucement vers la mer. Les bancs gris se sont déposés dans un océan au début du Silurien, puis ont été plissés et clivés lors de la fermeture de cet océan ; ils ont été arasés en une surface irrégulière, puis des graviers rouges du Dévonien supérieur les ont ensevelis, et une seconde orogenèse, plus douce, a incliné à son tour les couches rouges. Une falaise témoigne d’un océan disparu, d’une chaîne de montagnes disparue et de la suivante. Ce chapitre lit de tels témoignages, les rassemble en un cycle que suivent les bassins océaniques, et remonte au rythme le plus long de tous, l’assemblage et la fragmentation des supercontinents.

Tu sais déjà

Des volumes scolaires : la Pangée et sa fragmentation, supercontinents ; discordances ; le taux de dénudation, le rebond isostatique et la décroissance exponentielle d’une chaîne usée par ses rivières. Du volume de première année : rifts continentaux, marges passives et dorsales médio-océaniques, vitesses d’expansion totale et demi-vitesse ; subduction et marges actives. Du Chapitre 12 au Chapitre 14 : migmatites et granites ; orogène, ophiolite, suture, nappe de charriage, flysch et molasse, bassin d’avant-pays ; orogènes de collision et de type andin ; épaississement crustal, épaisseur d’Airy et effondrement gravitaire.

Siccar Point, au sud-est de la pointe : bancs presque verticaux de grauwacke silurienne grise, plissés lors de l’orogenèse calédonienne, sous des couches rouges faiblement inclinées du Dévonien supérieur. Photographie de dave souza, 2008, CC BY-SA 4.0.
Siccar Point, au sud-est de la pointe : bancs presque verticaux de grauwacke silurienne grise, plissés lors de l’orogenèse calédonienne, sous des couches rouges faiblement inclinées du Dévonien supérieur. Photographie de dave souza, 2008, CC BY-SA 4.0.

15.1 Chaînes usées jusqu’à leurs racines

L’Europe occidentale et l’est de l’Amérique du Nord sont traversés par des chaînes de montagnes bien plus anciennes que les Alpes. Leurs sommets ont disparu, mais leurs roches demeurent. Trois d’entre elles comptent ici.

La chaîne calédonienne court de Norvège à travers l’Écosse et l’Irlande jusqu’à Terre-Neuve et aux Appalaches du Nord, puis se prolonge par le Groenland oriental et le Svalbard. Elle garde la trace d’un océan, l’Iapetus, qui occupait le Paléozoïque inférieur entre Laurentia, l’ancêtre de l’Amérique du Nord et du Groenland, au nord-ouest, et Baltica et Avalonia, au sud-est et à l’est. Ses marges s’étaient disloquées il y a environ 600 Ma ; sa fermeture, du Cambrien au Dévonien, a produit une série entière de collisions, si bien que l’orogenèse calédonienne s’étale sur près de 200 Ma. Le terme désigne un lieu et un océan, non un âge.

La chaîne varisque, appelée hercynienne dans les anciens textes, traverse l’Europe depuis le sud-ouest de l’Angleterre et la Belgique, à travers la France et l’Ibérie jusqu’en Europe centrale ; la chaîne appalachienne de l’est de l’Amérique du Nord en est la jumelle occidentale. Ensemble, elles enregistrent la fermeture des océans entre le continent du sud, le Gondwana, et celui du nord, que les collisions calédoniennes venaient de souder Leur dernière collision, au Carbonifère supérieur et au Permien, a laissé une chaîne plissée orientée est–ouest à travers le sud de l’Europe, et nord-est–sud-ouest entre l’est de l’Amérique du Nord et le nord-ouest de l’Afrique, et avec elle la Pangée.

Comment reconnaître une chaîne de montagnes érodée depuis trois cents millions d’années ? Non par son relief, qui a disparu. On cherche ses parties, chacune rencontrée par les chapitres précédents :

  • sutures bordées d’ophiolites, lambeaux de plancher océanique d’un océan refermé ;
  • bandes de roches métamorphiques, souvent de haut degré, racines de la croûte épaissie, aujourd’hui à la surface parce que les kilomètres qui les recouvraient ont été érodés ;
  • granites et migmatites, produits de la fusion crustale que entraînent l’épaississement et l’échauffement ;
  • sédiments de l’océan qui se referme et de la chaîne : flysch déposé dans des bassins profonds pendant la convergence, molasse déposée dans des bassins d’avant-pays et intramontagneux ;
  • discordances angulaires, où des couches plus jeunes reposent sur des couches plissées et érodées avant elles, qui datent la déformation entre les deux.

Définition 15.1 (Pénéplaine)

Une pénéplaine est une surface continentale de faible relief, proche du niveau de base de l’érosion, recoupant des roches de dureté et de structure différentes, par une longue érosion d’un ancien relief.

La chaîne varisque est un orogène chaud. Dans les Alpes du Chapitre 13, les roches suivaient des gradients métamorphiques d’environ 8 ∘C8\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre ; dans la chaîne varisque, d’environ 30 ∘C30\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre. Sa croûte a largement fondu : dans le Massif central et le massif Armoricain, des migmatites se sont formées entre environ 330 et 325 Ma, et des granites les ont intrudées. Cette fusion est la principale différence avec les Alpes occidentales. Lorsque la collision s’achève, la croûte épaissie s’amincit par extension, des roches métamorphiques sont remontées le long de détachements, et des bassins intramontagneux se sont ouverts ; puis l’érosion a aplani la chaîne en une pénéplaine permienne et triasique, sur laquelle se sont déposés les sédiments du cycle suivant.

phaseâgece qui est entré en collision
pénobscotienne490–485 Maun arc insulaire chevauché sur la marge avalonienne
grampienne, taconique480–455 Maarcs insulaires contre Laurentia (Écosse ; nord des Appalaches)
shelviennedébut de l’Ordovicien supérieurAvalonia contre Baltica ; la mer de Tornquist se ferme
scandienne425–400 MaBaltica contre Laurentia ; les grandes nappes de charriage de Scandinavie
acadienneDévonien inférieurdes terranes venues du Gondwana contre le nouveau continent ; l’Iapetus est fermé
Principales phases de l’orogenèse calédonienne. Les phases précoces sont des collisions d’arcs avec des arcs ou des continents, les phases tardives des collisions de continents ; la plupart des phases ont commencé à des époques différentes selon les lieux.

Le tableau ci-dessus montre l’autre marque des vieilles chaînes : elles sont composites. Avant que deux continents ne se rencontrent, des arcs et des blocs plus petits arrivent un à un et sont soudés.

Définition 15.2 (Terrane ; microcontinent)

Un terrane est un bloc de croûte délimité par des failles, dont l’histoire géologique diffère de celle de ses voisins, amené à sa position actuelle par le mouvement des plaques ; il peut être un arc insulaire, un plateau océanique, un lambeau de plancher océanique ou un fragment de continent. Un microcontinent est un bloc de croûte continentale, plus petit qu’un continent, séparé des continents par de la croûte océanique.

Avalonia était un tel bloc : une bande de croûte qui quitta la marge du Gondwana, ouvrit derrière elle l’océan Rhéique à l’Ordovicien, traversa l’Iapetus et s’amarra contre Baltica, puis Laurentia. L’Armorique et la Saxothuringe, aujourd’hui en France et en Allemagne, la suivirent tour à tour ; leurs sutures, marquées par des ophiolites, découpent la chaîne varisque en zones, depuis un avant-pays septentrional, sur l’ancien continent nord, jusqu’à un avant-pays méridional, sur le Gondwana.

Trois moments de la fermeture des océans Iapetus et Rhéique, sous la forme d’une esquisse schématique sans projection cartographique ni échelle : positions, tailles et formes ne sont que topologiques. A : Avalonia a quitté le Gondwana et l’océan Rhéique s’ouvre derrière elle. B : l’Iapetus s’est refermé ; Laurentia, Baltica et Avalonia forment Laurussia, le long de sutures calédoniennes (en rouge) ; de petits blocs traversent l’océan Rhéique. C : le Gondwana a rencontré Laurussia le long de la chaîne varisque–appalachienne (hachurée).
Trois moments de la fermeture des océans Iapetus et Rhéique, sous la forme d’une esquisse schématique sans projection cartographique ni échelle : positions, tailles et formes ne sont que topologiques. A : Avalonia a quitté le Gondwana et l’océan Rhéique s’ouvre derrière elle. B : l’Iapetus s’est refermé ; Laurentia, Baltica et Avalonia forment Laurussia, le long de sutures calédoniennes (en rouge) ; de petits blocs traversent l’océan Rhéique. C : le Gondwana a rencontré Laurussia le long de la chaîne varisque–appalachienne (hachurée).

15.2 Le cycle de Wilson

En 1966, J. Tuzo Wilson se demanda si l’Atlantique s’était d’abord refermé, puis rouvert. Des fossiles du Paléozoïque inférieur et moyen lui apprirent qu’un vaste océan séparait alors les faunes d’Amérique du Nord de celles de l’Europe occidentale, un océan qui n’existait plus du Paléozoïque supérieur au milieu du Mésozoïque. L’Atlantique actuel s’était ouvert presque à l’endroit où s’était refermé cet ancien océan, l’Iapetus.

Définition 15.3 (Cycle de Wilson)

Le cycle de Wilson est la succession des étapes par lesquelles un bassin océanique s’ouvre puis se referme entre des marges continentales : rifting continental, fragmentation et expansion océanique, océan élargi à marges passives, début de la subduction, rétrécissement et fermeture de l’océan, collision continentale, effondrement et érosion de la chaîne, après quoi le continent ressoudé peut de nouveau se disloquer le long de la même zone.

La figure ci-dessous suit ces étapes. Ce sont celles des chapitres précédents, mises en ordre : les rifts et marges passives du volume de première année, les marges actives et leurs arcs, les collisions alpine et himalayenne, l’effondrement gravitaire du Tibet, l’usure lente des vieilles chaînes.

Les étapes du cycle de Wilson, en coupes schématiques (sans échelle) : croûte continentale en orange, croûte océanique en gris, la dorsale en rouge, volcans de l’arc en triangles ; dans le dernier panneau, la suture et un granite subsistent dans une croûte d’épaisseur normale.
Les étapes du cycle de Wilson, en coupes schématiques (sans échelle) : croûte continentale en orange, croûte océanique en gris, la dorsale en rouge, volcans de l’arc en triangles ; dans le dernier panneau, la suture et un granite subsistent dans une croûte d’épaisseur normale.

15.2.1 Quelle largeur, quelle durée ?

Un océan s’élargit par expansion océanique à sa dorsale et se rétrécit par subduction à ses fosses. Un simple bilan donne sa largeur.

Proposition 15.4 (Largeur d’un océan au cours d’un cycle)

Supposons qu’un océan s’ouvre à l’instant t0t_0 et s’élargisse à la vitesse d’expansion totale VsV_s de sa dorsale, jusqu’à ce qu’une zone de subduction commence à une marge à l’instant t1t_1 et consomme du plancher océanique à la vitesse VcV_c par rapport à cette marge, avec Vc>VsV_c > V_s, la dorsale continuant de s’étendre. Sa largeur est

W(t)=Vs (t−t0)(t0≤t≤t1),W(t)=Vs (t1−t0)−(Vc−Vs) (t−t1)(t≥t1),W(t) = V_s\,(t - t_0) \quad (t_0 \le t \le t_1), \qquad W(t) = V_s\,(t_1 - t_0) - (V_c - V_s)\,(t - t_1) \quad (t \ge t_1),

maximale à t1t_1, et l’océan se referme un temps Vs(t1−t0)/(Vc−Vs)V_s(t_1 - t_0)/(V_c - V_s) après le début de la subduction. Avec une expansion symétrique, la dorsale se déplace vers la fosse à Vc−Vs/2V_c - V_s/2.

Démonstration. Fixons la marge, la fosse restant immobile. Avant t1t_1, les deux marges s’écartent à pleine vitesse VsV_s, si bien que la largeur croît à VsV_s à partir de zéro. Après t1t_1, la plaque située entre la fosse et la dorsale se dirige vers la fosse à VcV_c ; la dorsale ajoute VsV_s à la distance entre cette plaque et la plaque éloignée, si bien que la marge éloignée se dirige vers la fosse à Vc−VsV_c - V_s, la vitesse à laquelle la largeur diminue. La largeur s’annule après Vs(t1−t0)/(Vc−Vs)V_s(t_1 - t_0)/(V_c - V_s). Avec une expansion symétrique, la dorsale se déplace à la moyenne des vitesses des plaques de part et d’autre, (Vc+(Vc−Vs))/2=Vc−Vs/2(V_c + (V_c - V_s))/2 = V_c - V_s/2. ∎

La figure ci-dessous déroule ce bilan pour un océan modèle de type Iapetus : expansion à partir de 570 Ma570\,\mathrm{Ma} à 30 mm30\,\mathrm{mm} par an, subduction à partir de 490 Ma490\,\mathrm{Ma} consommant 60 mm60\,\mathrm{mm} par an. Ces vitesses sont des hypothèses, des valeurs rondes de l’ordre de celles qu’on mesure aujourd’hui dans les océans ; le véritable Iapetus n’était ni si simple ni si bien connu. L’océan modèle atteint 2400 km2400\,\mathrm{km} et se referme à 410 Ma410\,\mathrm{Ma}, dans l’intervalle de temps de la collision scandienne.

Largeur d’un océan modèle au cours d’un cycle de Wilson, d’après la  avec V_s = 30\, mm par an à partir de 570\, Ma et V_c = 60\, mm par an à partir de 490\, Ma. Le temps croît de gauche à droite.
Largeur d’un océan modèle au cours d’un cycle de Wilson, d’après la Proposition 15.4 avec Vs=30 mmV_s = 30\,\mathrm{mm} par an à partir de 570 Ma570\,\mathrm{Ma} et Vc=60 mmV_c = 60\,\mathrm{mm} par an à partir de 490 Ma490\,\mathrm{Ma}. Le temps croît de gauche à droite.

15.2.2 Ouvrir là où il s’était refermé

L’idée de Wilson repose sur un principe mécanique : une vieille chaîne est une zone faible, et un continent que l’on écarte tend à se rompre le long de ses zones faibles plutôt qu’à travers son intérieur fort et stable.

Définition 15.5 (Réactivation structurale)

La réactivation structurale d’une structure préexistante (faille, zone de cisaillement, suture, contact lithologique) est la concentration renouvelée de la déformation le long de celle-ci, sous un champ de contraintes ultérieur qui peut différer de celui qui l’a formée.

L’Atlantique Nord est le cas d’école, et il ne se vérifie qu’en partie. Dans l’Atlantique central, le jeune océan suit de près les Appalaches. Entre la Scandinavie et le Groenland, la fragmentation suit largement la chaîne calédonienne. Plus au sud, ce n’est pas le cas : la suture de l’Iapetus traverse encore le nord de l’Angleterre et le centre de l’Irlande, et l’Atlantique s’est ouvert à l’ouest, laissant des morceaux de l’ancienne croûte de Laurentia sur la marge nord-ouest de l’Europe, autour de Rockall et de Hatton. Plus au nord-ouest, la mer du Labrador et la baie de Baffin recoupent en droite ligne des cratons et des chaînes plus anciennes. Les vieilles structures guident les rifts ultérieurs, mais pas toujours : une faiblesse refroidie depuis plus de 30 à 50 Ma peut être devenue résistante, et un nouveau rift peut suivre la fabrique plus profonde du manteau plutôt que la suture crustale. Le cycle de Wilson est un guide, non une loi.

Tous les cycles n’ouvrent pas un océan large. Beaucoup d’orogènes ferment des océans embryonnaires, des rifts à peine ouverts à l’expansion, d’une largeur inférieure à environ 500 km500\,\mathrm{km} : les Alpes, les Pyrénées, la plus grande partie de la chaîne varisque d’Europe occidentale. D’autres ferment de larges océans matures, comme les Calédonides scandinaves. La différence apparaît à la fin : une chaîne qui a fermé un océan large portait un arc de longue durée, qui a vidé le manteau sous-jacent de sa partie fusible ; son effondrement fut pauvre en magma, comme dans les Calédonides. Une chaîne qui a fermé un bassin étroit repose sur un manteau fertile ; son effondrement peut être riche en magma, comme dans la chaîne varisque, où le Moho est aujourd’hui plat et la croûte inférieure stratifiée, lue comme du basalte sous-plaqué sous la croûte, ou comme une croûte inférieure cisaillée pendant qu’elle était chaude. En quelques dizaines de Ma, les anomalies thermiques d’une chaîne s’estompent ; ses structures demeurent.

15.3 Supercontinents

Définition 15.6 (Supercontinent ; cycle des supercontinents)

Un supercontinent est une masse continentale qui rassemble la plus grande part de la croûte continentale terrestre en un seul bloc. Le cycle des supercontinents est l’assemblage épisodique des continents en un supercontinent, suivi de sa fragmentation ultérieure, répétée au fil de l’histoire de la Terre.

La Pangée, que Wegener a reconstituée et que les volumes scolaires ont décrite, a existé d’environ 325 à 200 Ma. D’autres supercontinents ont été proposés : Pannotia, vers 620 à 580 Ma, dont l’existence est discutée ; Rodinia, vers 950 à 800 Ma ; Nuna, aussi appelé Columbia, vers 1.6 à 1.4 Ga ; et, plus douteux, Kenorland vers 2.7 à 2.5 Ga, et Ur vers 3.0 Ga. Ils semblent s’être assemblés et fragmentés à des intervalles d’environ 500 Ma depuis peut-être la fin de l’Archéen. Le cycle a été relié aux âges des orogenèses, aux pics d’âge des granites et des grains de zircon qu’ils contiennent, à la croissance de la croûte, aux grandes provinces magmatiques, au niveau de la mer et au climat : l’assemblage d’un supercontinent tend à coïncider avec un refroidissement.

Supercontinents au fil de l’histoire de la Terre, de l’assemblage à la fragmentation, datés d’après une revue récente : les barres couvrent les intervalles cités (Ur ne donne qu’une estimation), les points marquent leurs milieux. Pannotia, Kenorland et Ur sont discutés. Le temps croît de gauche à droite.
Supercontinents au fil de l’histoire de la Terre, de l’assemblage à la fragmentation, datés d’après une revue récente : les barres couvrent les intervalles cités (Ur ne donne qu’une estimation), les points marquent leurs milieux. Pannotia, Kenorland et Ur sont discutés. Le temps croît de gauche à droite.

Le cycle est-il vraiment périodique ? Les milieux des intervalles du graphique sont séparés de 400, 1100, 625, 275 et 337.5 Ma : en moyenne environ 550, mais dispersés d’un facteur quatre. « Environ un demi-milliard d’années » est une tendance, non une horloge, et les supercontinents plus anciens reposent sur des indices ténus.

15.4 Des montagnes aux plaines

Qu’est-ce qui transforme une chaîne comme l’Himalaya en collines basses de Bretagne ? Le volume scolaire a construit un modèle : les rivières usent une chaîne à une vitesse proportionnelle à son altitude moyenne, khkh, et chaque mètre retiré du sommet est en partie restitué par le rebond isostatique, si bien que seule la fraction f=(ρm−ρc)/ρmf = (\rho_m - \rho_c)/\rho_m de cette masse est perdue sous forme de hauteur. L’altitude moyenne décroît alors selon

h(t)=h0 e−kft,h(t) = h_0\,e^{-k f t} ,

avec le temps caractéristique τ=1/(kf)\tau = 1/(kf). Dans les grands bassins de latitude moyenne, le taux de dénudation est proportionnel au relief moyen et, sans soulèvement, le relief tomberait au dixième de sa valeur en environ 11 Ma : k=ln⁡10/11≈0.21k = \ln 10/11 \approx 0.21 par Ma. Avec les masses volumiques 2700 et 3300 kg m−33300\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, f=0.18f = 0.18 et τ≈26 Ma\tau \approx 26\,\mathrm{Ma} : une chaîne haute de 3 km3\,\mathrm{km} se dresse encore à 1 km1\,\mathrm{km} de hauteur environ 30 Ma plus tard, et s’abaisse sous 300 m300\,\mathrm{m} après environ 60 Ma.

Le même rebond explique pourquoi les vieilles chaînes exposent leurs racines. Pour ramener une croûte épaissie de HH à TT au niveau de la mer, toute l’épaisseur en excès T−HT - H doit être érodée, alors que l’altitude moyenne n’était que (T−H)f(T - H)f : environ 5.5 fois plus de roche est enlevée que la hauteur de la chaîne. Les roches qui étaient à 20 ou 30 km30\,\mathrm{km} de profondeur dans la racine remontent à la surface : les migmatites, granites et gneiss de haut degré des vieux massifs, comme ceux du Massif central.

La chaîne varisque, dont les dernières collisions ont pris fin vers 290 Ma, avait été aplanie en pénéplaine pendant le Permien et le Trias, en une soixantaine de Ma, ce que donne le modèle. L’effondrement peut accélérer le processus : l’extension d’une croûte épaissie, comme Tibet aujourd’hui, l’amincit directement, sans attendre les rivières. À Siccar Point, des graviers du Dévonien supérieur reposent sur des couches siluriennes plissées lors des collisions calédoniennes, sur une ancienne surface émergée qui conserve un certain relief entre les couches dures et les couches tendres.

Sur le terrain — Lire une discordance angulaire

Les géologues qui étudient une discordance angulaire comme celle de Siccar Point commencent par mesurer l’attitude des couches situées sous et au-dessus de la surface, direction et pendage, en de nombreux endroits. Ils cherchent la polarité des couches inférieures, grâce au granoclassement ou aux marques de base des couches, car des couches plissées peuvent être renversées. Ils examinent la surface elle-même : son relief, les altérations sous-jacentes, les galets des roches plus anciennes dans le conglomérat qui la recouvre. Puis ils datent : les fossiles les plus jeunes situés en dessous donnent l’âge avant lequel le plissement n’a pu se produire, les fossiles les plus anciens situés au-dessus donnent l’âge avant lequel il avait eu lieu et le terrain avait été érodé. L’intervalle entre les deux bornes encadre l’orogenèse. À Siccar Point, les couches inférieures sont du Silurien inférieur et les supérieures du Dévonien supérieur, et le plissement, le soulèvement et l’érosion calédoniens s’insèrent entre les deux ; l’inclinaison douce des couches supérieures est plus récente encore, varisque.

Exercices

Données : g=9.8 m s−2g = 9.8\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-2} ; masses volumiques de la croûte et du manteau 2700 kg m−32700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} et 3300 kg m−33300\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} ; croûte normale H=35 kmH = 35\,\mathrm{km} ; âges des bases du Silurien, du Dévonien et du Carbonifère, 443.1, 419.6 et 358.9 Ma358.9\,\mathrm{Ma}, du Trias 251.9 Ma251.9\,\mathrm{Ma}.

Exercice 15.1 ★

Les marges de l’Iapetus se sont disloquées vers 600 Ma600\,\mathrm{Ma} ; la principale collision calédonienne, la scandienne, s’est achevée vers 400 Ma400\,\mathrm{Ma} ; la première collision arc–continent avec Laurentia a commencé vers 480 Ma480\,\mathrm{Ma}. (a) Combien de temps a duré l’ensemble du cycle de l’Iapetus ? (b) Combien de temps ont duré les collisions ? (c) Pourquoi ne faut-il pas employer « calédonien » pour désigner un âge ?

Solution

Solution de Exercice 15.1.

(a) 600−400=200 Ma600 - 400 = 200\,\mathrm{Ma}, depuis le rifting des marges jusqu’à la dernière collision. (b) 480−400=80 Ma480 - 400 = 80\,\mathrm{Ma}. (c) L’orogenèse calédonienne est un ensemble de phases étalées sur près de 200 Ma, et chaque phase a commencé à des moments différents selon les lieux : le mot désigne un océan et sa chaîne, non un moment. Un âge se donne par l’échelle stratigraphique ou en Ma.

Exercice 15.2 ★

Ranger ces situations dans l’ordre du cycle de Wilson et nommer l’étape de chacune : (a) la mer Rouge, un océan étroit entre de jeunes marges en rifting ; (b) l’Himalaya ; (c) le rift est-africain ; (d) l’océan Atlantique, large, à marges passives des deux côtés ; (e) la marge pacifique de l’Amérique du Sud ; (f) les basses collines de Bretagne sur un socle ancien de granite et de gneiss.

Solution

Solution de Exercice 15.2.

(c) le rift est-africain, rifting ; (a) la mer Rouge, un océan jeune ; (d) l’Atlantique, un océan large à marges passives ; (e) la marge pacifique de l’Amérique du Sud, subduction et fermeture d’un océan ; (b) l’Himalaya, collision ; (f) la Bretagne, une chaîne aplanie, après quoi un rifting peut reprendre.

Exercice 15.3 ★

À Siccar Point, des couches du Silurien inférieur reposent sous des couches du Dévonien supérieur. (a) Entre quelles bornes, données ci-dessus, le plissement, le soulèvement et l’érosion ont-ils dû se produire ? (b) Quelle est la durée maximale qu’ils ont pu prendre ? (c) Énumérer dans l’ordre les événements que la falaise enregistre.

Solution

Solution de Exercice 15.3.

(a) Après le dépôt des couches du Silurien inférieur, donc après 443.1 Ma443.1\,\mathrm{Ma}, et avant le dépôt des couches du Dévonien supérieur, donc avant 358.9 Ma358.9\,\mathrm{Ma}, la fin du Dévonien. (b) Moins de 443.1−358.9=84.2 Ma443.1 - 358.9 = 84.2\,\mathrm{Ma} ; en fait moins encore, puisque les couches inférieures sont plus jeunes que la base du Silurien et les couches supérieures plus anciennes que son sommet. (c) Dépôt des turbidites grises dans l’océan ; plissement et clivage lors des collisions calédoniennes ; soulèvement et érosion jusqu’à une surface continentale irrégulière ; dépôt de brèches et de conglomérats rouges ; légère bascule lors de l’orogenèse varisque ; l’érosion actuelle, qui entaille la falaise.

Exercice 15.4 ★

Dire si chacun est un terrane, un microcontinent, les deux ou aucun, et pourquoi : (a) Avalonia ; (b) Laurentia ; (c) un arc insulaire accolé à un continent ; (d) la suture de l’Iapetus.

Solution

Solution de Exercice 15.4.

(a) Les deux : un bloc de croûte continentale séparé des continents par des océans pendant qu’il traversait l’Iapetus, et, une fois accolé, un bloc délimité par des failles dont l’histoire diffère de celle de ses voisins. (b) Aucun des deux : un continent, et non un bloc ajouté à un continent. (c) Un terrane, et non un microcontinent : sa croûte est celle d’un arc, non un fragment de continent. (d) Aucun des deux : c’est la limite entre terranes, la trace de l’océan refermé.

Exercice 15.5 ★★

Prendre les milieux des intervalles des supercontinents Ur (3000), Kenorland (2600), Nuna (1500), Rodinia (875), Pannotia (600) et la Pangée (262.5), exprimés en Ma. (a) Calculer les cinq écarts et leur moyenne. (b) Quel est le rapport de l’écart le plus grand à le plus petit ? (c) Retirer Kenorland et Ur, douteux : quel est l’écart moyen des quatre autres ? « un demi-milliard d’années » est-il une période ?

Solution

Solution de Exercice 15.5.

(a) 3000−2600=4003000 - 2600 = 400, 2600−1500=11002600 - 1500 = 1100, 1500−875=6251500 - 875 = 625, 875−600=275875 - 600 = 275, 600−262.5=337.5600 - 262.5 = 337.5 ; moyenne 2737.5/5=547.5 Ma2737.5/5 = 547.5\,\mathrm{Ma}. (b) 1100/275=4.01100/275 = 4.0. (c) (1500−262.5)/3=412.5 Ma(1500 - 262.5)/3 = 412.5\,\mathrm{Ma}. La moyenne varie d’un quart lorsque les points douteux sont retirés, et les écarts varient d’un facteur quatre : une récurrence grossière, non une période.

Exercice 15.6 ★★

Un océan large de 3000 km3000\,\mathrm{km} commence à être subduit à une marge à 70 mm70\,\mathrm{mm} par an, tandis que sa dorsale s’étend à 25 mm25\,\mathrm{mm} par an. (a) Combien de temps faut-il pour qu’il se referme ? (b) Combien de temps si l’expansion cesse aussitôt ? (c) Le mouvement de quelle plaque fixe la vitesse de fermeture après que la dorsale a été subduite ?

Solution

Solution de Exercice 15.6.

(a) 3000/(70−25)=66.7 Ma3000/(70 - 25) = 66.7\,\mathrm{Ma}. (b) 3000/70=42.9 Ma3000/70 = 42.9\,\mathrm{Ma}. (c) Une fois la dorsale subduite, le plancher océanique qui reste appartient à la plaque éloignée, qui porte le continent lointain : la vitesse de fermeture est la vitesse de cette plaque par rapport à la fosse.

Exercice 15.7 ★★

Supposons que la fusion crustale commence vers 700 ∘C700\,{}^{\circ}\mathrm{C} et que la surface soit à 0 ∘C0\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (a) À quelle profondeur cette température est-elle atteinte le long d’un gradient de 8 ∘C8\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre ? De 30 ∘C30\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre ? (b) Quelle chaîne, les Alpes ou la chaîne varisque, devrait alors mettre à nu des migmatites et des granites d’origine crustale ? (c) Pourquoi un gradient fixe surestime-t-il la profondeur dans le premier cas ?

Solution

Solution de Exercice 15.7.

(a) 700/8=87.5 km700/8 = 87.5\,\mathrm{km} ; 700/30=23.3 km700/30 = 23.3\,\mathrm{km}. (b) La chaîne varisque : à 30 ∘C30\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre, la croûte moyenne fond ; à 8 ∘C8\,{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre la température de fusion se situe sous la base d’une croûte même épaissie. (c) Le gradient faible décrit des roches entraînées vite vers le bas dans une zone de subduction, avant de pouvoir se réchauffer. Les roches qui restent profondément enfouies dans une croûte épaissie se réchauffent vers un géotherme normal en quelques Ma, et peuvent alors atteindre la fusion à plus faible profondeur.

Exercice 15.8 ★★

Les collisions varisques se sont achevées vers 290 Ma290\,\mathrm{Ma} ; une pénéplaine s’était formée au Permien et au Trias. Utiliser le modèle de décroissance du chapitre, τ=26.3 Ma\tau = 26.3\,\mathrm{Ma}. (a) Combien de temps met une chaîne pour passer d’une altitude moyenne de 3 km3\,\mathrm{km} à 0.3 km0.3\,\mathrm{km} ? (b) À quel âge cela serait-il le cas ? (c) Quel temps caractéristique l’y amènerait-il d’ici la base du Trias ? (d) Quel processus peut raccourcir ce délai ?

Solution

Solution de Exercice 15.8.

(a) τln⁡(3/0.3)=26.3×2.303=60.6 Ma\tau\ln(3/0.3) = 26.3\times2.303 = 60.6\,\mathrm{Ma}. (b) 290−60.6=229 Ma290 - 60.6 = 229\,\mathrm{Ma}, au Trias supérieur. (c) τ=(290−251.9)/ln⁡10=16.5 Ma\tau = (290 - 251.9)/\ln10 = 16.5\,\mathrm{Ma}. (d) L’effondrement extensif de la croûte épaissie, qui l’amincit et abaisse directement sa surface ; également une vitesse d’érosion plus forte, un climat plus humide ou des roches plus tendres, ou une altitude de départ plus basse.

Exercice 15.9 ★★

(a) Expliquer pourquoi la suture de l’Iapetus dans le nord de l’Angleterre et le centre de l’Irlande, et la croûte laurentienne près de Rockall, montrent que l’Atlantique ne s’est pas rouvert exactement le long de l’ancienne suture. (b) Qu’est-ce qu’un géologue s’attendrait à trouver dans le vieux socle, de part et d’autre de la suture en Irlande ? (c) Les Appalaches avaient été déformées jusqu’au Permien inférieur ; le rifting a commencé environ 80 Ma après l’orogenèse. Comparer avec les 30 à 50 Ma au bout desquels une zone refroidie peut devenir trop résistante pour se réactiver.

Solution

Solution de Exercice 15.9.

(a) La suture, trace de l’Iapetus, se trouve à terre en Grande-Bretagne et en Irlande, à l’est de l’Atlantique ; la croûte de Laurentia, venue du côté lointain de l’Iapetus, se trouve près de Rockall, du côté européen. Le nouveau rift s’est ouvert à l’ouest de l’ancienne suture : il s’est ouvert près d’elle, non le long d’elle. (b) Au nord de la suture, socle et couverture de la marge laurentienne ; au sud, ceux d’Avalonia, aux histoires différentes et, au Paléozoïque inférieur, aux faunes différentes. (c) Le rifting est survenu après 80 Ma, soit plus que les 30 à 50 Ma au bout desquels une zone refroidie peut être devenue résistante ; pourtant l’Atlantique central a bien suivi les Appalaches. La chaleur d’une chaîne s’estompe ; ses failles, fabriques et compositions demeurent et peuvent encore guider un rift.

Exercice 15.10 ★★★

Un océan large de 3000 km3000\,\mathrm{km} a sa dorsale au milieu, à 1500 km1500\,\mathrm{km} d’une fosse qui consomme la plaque de son côté à 70 mm70\,\mathrm{mm} par an ; la dorsale s’étend à 40 mm40\,\mathrm{mm} par an, symétriquement. (a) À quelle vitesse la dorsale s’approche-t-elle de la fosse ? (b) Quand atteint-elle la fosse ? (c) Quelle est alors la largeur de l’océan ? (d) Que devient l’arc volcanique lorsqu’une dorsale est subduite ?

Solution

Solution de Exercice 15.10.

(a) 70−40/2=50 mm70 - 40/2 = 50\,\mathrm{mm} par an. (b) 1500 km/50 km Ma−1=30 Ma1500\,\mathrm{km}/50\,\mathrm{km}\,\mathrm{Ma}^{-1} = 30\,\mathrm{Ma}. (c) L’océan se rétrécit à 70−40=30 mm70 - 40 = 30\,\mathrm{mm} par an : 3000−30×30=2100 km3000 - 30\times30 = 2100\,\mathrm{km}. (d) Une lithosphère jeune et chaude arrive alors à la fosse, et aucune plaque vieille et froide ne se déshydrate plus sous l’arc : le magmatisme de l’arc change ou s’arrête.

Exercice 15.11 ★★★

Une collision épaissit une croûte de 35 km35\,\mathrm{km} à 60 km60\,\mathrm{km}, compensée à la manière d’Airy. (a) Quelle est l’altitude moyenne, d’après la Proposition 14.4 ? (b) Quelle quantité de roche l’érosion doit-elle enlever pour ramener la surface au niveau de la mer avec une croûte d’épaisseur normale ? (c) Quelle était la pression lithostatique sur les roches qui finissent à la surface ? (d) Dans quel faciès métamorphique ont-elles pu se recristalliser ?

Solution

Solution de Exercice 15.11.

(a) h=ΔT(ρm−ρc)/ρm=25×600/3300=4.5 kmh = \Delta T(\rho_m - \rho_c)/\rho_m = 25\times600/3300 = 4.5\,\mathrm{km}. (b) Il faut enlever toute la surépaisseur, 25 km25\,\mathrm{km}, soit 5.5 fois la hauteur de la chaîne. (c) 2700×9.8×25 000=6.6×108 Pa2700\times9.8\times25\,000 = 6.6 \times 10^{8}\,\mathrm{Pa}, soit environ 0.66 GPa0.66\,\mathrm{GPa}. (d) À environ 0.7 GPa0.7\,\mathrm{GPa} et aux températures de la racine d’une croûte épaissie, plusieurs centaines de degrés, le faciès à amphibolites ou celui à granulites : les gneiss et les migmatites des vieux massifs.

Exercice 15.12 ★★★

Après la rencontre de deux continents, la convergence se poursuit à 30 mm30\,\mathrm{mm} par an pendant 10 Ma10\,\mathrm{Ma}. Le raccourcissement est absorbé par une chaîne qui finit large de 300 km300\,\mathrm{km}, dans une croûte qui était épaisse de 35 km35\,\mathrm{km}. (a) En utilisant la Proposition 14.8, trouver l’épaisseur crustale. (b) Trouver l’altitude d’Airy et la racine. (c) En utilisant la Proposition 14.5, calculer l’énergie potentielle en excès et la comparer à celle du Tibet, 6.1×1012 N m−16.1 \times 10^{12}\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}^{-1}. (d) Que doit-il se produire ensuite ?

Solution

Solution de Exercice 15.12.

(a) S=30×10=300 kmS = 30\times10 = 300\,\mathrm{km} ; W0=300+300=600 kmW_0 = 300 + 300 = 600\,\mathrm{km} ; T=35×600/300=70 kmT = 35\times600/300 = 70\,\mathrm{km}. (b) h=35×600/3300=6.36 kmh = 35\times600/3300 = 6.36\,\mathrm{km} ; r=4.5h=28.6 kmr = 4.5h = 28.6\,\mathrm{km}. (c) ΔF=2700×9.8×6364×(35 000+3182+14 318)=8.8×1012 N m−1\Delta F = 2700\times9.8\times6364\times(35\,000 + 3182 + 14\,318) = 8.8 \times 10^{12}\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}^{-1}, 1.4 fois celle du Tibet. (d) Une telle chaîne est plus lourde que le Tibet, qui s’étale déjà : effondrement gravitaire, par extension de ses régions élevées et chevauchements sur ses bords.

Problème 15.1

Problème du week-end — L’Iapetus de sa naissance à sa fermeture

Un océan modèle de type Iapetus s’ouvre entre deux continents, L au nord-ouest et B au sud-est. Le rifting commence à 610 Ma610\,\mathrm{Ma} ; l’expansion océanique à 580 Ma580\,\mathrm{Ma}. Sauf indication contraire, g=9.8 m s−2g = 9.8\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-2}, ρc=2700 kg m−3\rho_c = 2700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, ρm=3300 kg m−3\rho_m = 3300\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} et la croûte normale a pour épaisseur H=35 kmH = 35\,\mathrm{km}. L’expansion est symétrique et à vitesse constante.

Partie I — Ouverture.

  1. À 500 Ma500\,\mathrm{Ma}, du plancher océanique formé à 540 Ma540\,\mathrm{Ma} se trouve à 720 km720\,\mathrm{km} de l’axe de la dorsale. Calculer la demi-vitesse d’expansion en millimètres par an.
  2. En déduire la vitesse d’expansion totale. À quelle classe de dorsale appartient-elle, parmi les dorsales lentes, rapides et ultralentes ?
  3. Quelle était la largeur de l’océan à 540 Ma540\,\mathrm{Ma} ?
  4. Quelle était-elle à 500 Ma500\,\mathrm{Ma} ?
  5. Quelles hypothèses le modèle a-t-il faites pour obtenir ces largeurs ?
  6. Quel est l’âge du plancher océanique le plus ancien à 500 Ma500\,\mathrm{Ma}, et où se trouve-t-il ? Pourquoi est-ce un lieu probable du début de la subduction ?

Partie II — Fermeture. À 500 Ma500\,\mathrm{Ma}, une zone de subduction commence le long de la marge de L et consomme du plancher océanique à 64 mm64\,\mathrm{mm} par an par rapport à L ; la dorsale poursuit son expansion.

  1. À quelle vitesse l’océan se rétrécit-il ?
  2. Si la dorsale s’étendait jusqu’au bout, quand l’océan se fermerait-il ?
  3. La dorsale commence au milieu de l’océan. Quand atteint-elle la fosse ?
  4. Quelle est alors la largeur de l’océan ?
  5. Une fois la dorsale subduite, l’expansion s’arrête et B se rapproche de L à 40 mm40\,\mathrm{mm} par an. Quand l’océan se referme-t-il ?
  6. Comparer avec les âges de la phase scandienne, de 425 à 400 Ma400\,\mathrm{Ma}.

Partie III — Collision. Après la collision, la convergence se poursuit à 40 mm40\,\mathrm{mm} par an pendant 8 Ma8\,\mathrm{Ma} ; le raccourcissement est absorbé par une chaîne qui finit large de 400 km400\,\mathrm{km}.

  1. Quel est ce raccourcissement ?
  2. En utilisant la Proposition 14.8, trouver l’épaisseur de la croûte.
  3. En utilisant la Proposition 14.4, trouver son altitude moyenne d’Airy et sa racine.
  4. Calculer son énergie potentielle en excès et la comparer à celle du Tibet, 6.1×1012 N m−16.1 \times 10^{12}\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}^{-1}.
  5. Que doit faire la chaîne ensuite ?

Partie IV — Usure. À 410 Ma410\,\mathrm{Ma}, l’effondrement a ramené l’altitude moyenne à 3.0 km3.0\,\mathrm{km}. L’érosion suit alors le modèle du chapitre, avec k=ln⁡10/11k = \ln 10/11 par Ma, et le rebond isostatique.

  1. Calculer ff et le temps caractéristique τ\tau.
  2. Quelle est l’altitude moyenne à 380 Ma380\,\mathrm{Ma} ?
  3. Quand l’altitude moyenne descend-elle sous 500 m500\,\mathrm{m} ?
  4. Quelle épaisseur de croûte est enlevée en plus pendant qu’elle passe de 3.0 km3.0\,\mathrm{km} à 0.5 km0.5\,\mathrm{km} ?
  5. Quelle pression lithostatique supportaient, dans la racine, les roches alors exposées ?
  6. Des sédiments du Dévonien supérieur reposent sur la chaîne érodée de Siccar Point. Le calendrier du modèle est-il compatible avec cela, sachant que la base du Carbonifère est à 358.9 Ma358.9\,\mathrm{Ma} ?
  7. En résumé, quelle fut la plus grande largeur atteinte par l’océan modèle, en kilomètres ?
Solution

Solution de Problème 15.1.

1. 720/(540−500)=18 km720/(540 - 500) = 18\,\mathrm{km} par Ma, soit 18 mm18\,\mathrm{mm} par an. 2. 36 mm36\,\mathrm{mm} par an : une dorsale à expansion lente (de 20 à 55 mm55\,\mathrm{mm} par an). 3. 36×(580−540)=1440 km36\times(580 - 540) = 1440\,\mathrm{km}. 4. 36×(580−500)=2880 km36\times(580 - 500) = 2880\,\mathrm{km}. 5. Expansion symétrique à vitesse constante, à partir d’une largeur nulle à 580 Ma580\,\mathrm{Ma}, et aucune subduction avant 500 Ma500\,\mathrm{Ma}. 6. 80 Ma80\,\mathrm{Ma}, aux deux bords de l’océan, contre les marges continentales. C’est la lithosphère océanique la plus froide, la plus épaisse et la plus dense de l’océan, la plus prompte à plonger. 7. 64−36=28 mm64 - 36 = 28\,\mathrm{mm} par an. 8. 2880/28=102.9 Ma2880/28 = 102.9\,\mathrm{Ma} après 500 Ma500\,\mathrm{Ma} : à 397.1 Ma397.1\,\mathrm{Ma}. 9. La dorsale, à 1440 km1440\,\mathrm{km} de la fosse, s’en approche à 64−18=46 mm64 - 18 = 46\,\mathrm{mm} par an : après 1440/46=31.3 Ma1440/46 = 31.3\,\mathrm{Ma}, à 468.7 Ma468.7\,\mathrm{Ma}. 10. 2880−28×31.3=2004 km2880 - 28\times31.3 = 2004\,\mathrm{km}. 11. 2004/40=50.1 Ma2004/40 = 50.1\,\mathrm{Ma} plus tard : à 468.7−50.1=418.6 Ma468.7 - 50.1 = 418.6\,\mathrm{Ma}. 12. Dans l’intervalle de 425 à 400 Ma400\,\mathrm{Ma} de la collision scandienne. 13. 40×8=320 km40\times8 = 320\,\mathrm{km}. 14. W0=400+320=720 kmW_0 = 400 + 320 = 720\,\mathrm{km} ; T=35×720/400=63.0 kmT = 35\times720/400 = 63.0\,\mathrm{km}. 15. h=28×600/3300=5.09 kmh = 28\times600/3300 = 5.09\,\mathrm{km} ; r=4.5×5.09=22.9 kmr = 4.5\times5.09 = 22.9\,\mathrm{km}. 16. ΔF=2700×9.8×5091×(35 000+2545+11 455)=6.60×1012 N m−1\Delta F = 2700\times9.8\times5091\times(35\,000 + 2545 + 11\,455) = 6.60 \times 10^{12}\,\mathrm{N}\,\mathrm{m}^{-1}, environ 8 %8\,\% de plus que celle du Tibet. 17. Pour cesser de s’élever et de s’étaler : extension et failles normales dans son intérieur élevé, chevauchements sur ses bords, comme le fait le Tibet aujourd’hui. 18. f=600/3300=0.182f = 600/3300 = 0.182 ; k=2.303/11=0.209k = 2.303/11 = 0.209 par Ma ; τ=1/(kf)=26.3 Ma\tau = 1/(kf) = 26.3\,\mathrm{Ma}. 19. 3.0 e−30/26.3=0.96 km3.0\,e^{-30/26.3} = 0.96\,\mathrm{km}. 20. 26.3ln⁡(3.0/0.5)=47.1 Ma26.3\ln(3.0/0.5) = 47.1\,\mathrm{Ma} après 410 Ma410\,\mathrm{Ma} : à 362.9 Ma362.9\,\mathrm{Ma}. 21. La croûte en excès vaut h/fh/f : 3.0/0.182=16.5 km3.0/0.182 = 16.5\,\mathrm{km} se réduit à 0.5/0.182=2.75 km0.5/0.182 = 2.75\,\mathrm{km}, donc on enlève 13.75 km13.75\,\mathrm{km} de roche. 22. 2700×9.8×13 750=3.6×108 Pa2700\times9.8\times13\,750 = 3.6 \times 10^{8}\,\mathrm{Pa}, soit environ 0.36 GPa0.36\,\mathrm{GPa}. 23. Oui : au Dévonien supérieur, la chaîne du modèle est tombée à environ 1 km1\,\mathrm{km} d’altitude moyenne et continue de baisser, avec du relief entre ses vallées et ses crêtes ; des graviers rouges peuvent s’accumuler dans ses creux bien avant 358.9 Ma358.9\,\mathrm{Ma}, comme à Siccar Point, où ils reposent sur une surface dotée de relief. 24. 2880 km2880\,\mathrm{km}, à 500 Ma500\,\mathrm{Ma}, au moment où la subduction a commencé.

本章定义的术语

在术语表中查看全部 957 个术语