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Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 2e année · 本科二年级
25Forçage orbital et âges glaciaires
Au cours du dernier million d’années, la forme de l’orbite terrestre a modifié la lumière reçue du Soleil par toute la planète en une année de moins de deux pour mille : entre et au sommet de l’atmosphère. Pendant le même million d’années, l’insolation journalière moyenne de mi-juillet à N a varié entre environ 388 et , soit plus d’un quart. Les âges glaciaires ont suivi le second nombre, et non le premier. Ce chapitre calcule les deux à partir des éléments de l’orbite terrestre, et demande comment le rayonnement solaire, à une latitude et pendant une saison donnée, peut rythmer la croissance et la fonte des calottes glaciaires qui recouvrent les continents.
Tu sais déjà
Des volumes de physique : l’ellipse, son demi-grand axe et son excentricité , les lois de Kepler. Du volume de première année : l’écliptique et l’obliquité , la déclinaison du Soleil, avec ( la longitude vraie du Soleil, comptée le long de l’écliptique à partir de l’équinoxe de printemps), l’année tropique, l’insolation journalière moyenne
et sa moyenne globale et annuelle, . Des volumes scolaires : le cycle glaciaire et le dernier maximum glaciaire ; le forçage radiatif. Des chapitres précédents : la rétroaction glace–albédo (Définition 18.8) ; l’empilement benthique, l’enregistrement EPICA de Dôme C et les modèles d’âge (Chapitre 24).
25.1 L’orbite et ses trois éléments
L’orbite terrestre est une ellipse dont le Soleil occupe l’un des foyers. Les planètes, surtout Jupiter et Saturne, la déforment lentement et la font tourner dans son plan ; l’attraction du Soleil et de la Lune sur le renflement équatorial fait osciller l’axe de rotation comme une toupie. Trois grandeurs décrivent ce qui compte pour le rayonnement solaire : l’allongement de l’ellipse, l’inclinaison de l’axe, et l’endroit de l’orbite où tombent les saisons.
Définition 25.1 (Longitude du périhélie ; précession climatique)
La longitude du périhélie est l’angle, mesuré dans le plan de l’orbite, entre la direction de l’équinoxe de printemps et la direction du périhélie vue depuis le Soleil. Elle est comptée à partir de l’équinoxe mobile : elle varie donc avec le mouvement de l’axe et avec la rotation de l’orbite. La précession climatique est la quantité , appelée aussi indice de précession.
Vue depuis la Terre, le Soleil se déplace le long de l’écliptique, et sa longitude vraie est l’angle compté à partir de l’équinoxe de printemps : au solstice de juin, au solstice de décembre. La Terre est au périhélie lorsque le Soleil se trouve dans la direction opposée à celle du périhélie, soit ; aujourd’hui et le périhélie tombe à , environ onze jours après le solstice de décembre, vers le 3 janvier.
Définition 25.2 (Paramètres de Milankovitch)
Les paramètres de Milankovitch sont les trois grandeurs orbitales qui fixent la répartition de l’ensoleillement sur la Terre selon les saisons et les latitudes : l’excentricité , l’obliquité et la précession climatique . La théorie de Milankovitch affirme que leurs variations lentes rythment la croissance et la fonte des calottes glaciaires du Quaternaire, par l’intermédiaire de l’insolation estivale aux hautes latitudes nord.
Chacun de ces paramètres varie selon son propre rythme. L’excentricité a des périodes principales voisines de , , et ans, qui se combinent en un cycle d’environ ans, et une période de ans, la plus stable de toutes ; sur le dernier million d’années, elle a varié de à , et aujourd’hui, à , elle diminue lentement. L’obliquité varie avec une période principale de ans, entre et sur le dernier million d’années ; à , elle diminue, après son dernier maximum vers ans avant aujourd’hui. L’axe oscille en environ ans, tandis que l’orbite tourne en environ ans ; ensemble, ils font passer le périhélie par les saisons, avec des périodes principales voisines de , et ans.
La précession climatique oscille vite, mais seulement dans la mesure où l’excentricité le permet : lorsque l’orbite est presque circulaire, comme il y a ans, peu importe où tombe le périhélie. La figure le montre clairement : l’enveloppe du panneau (c) est le panneau (a).
25.2 Rayonnement solaire issu de l’orbite
L’insolation journalière rappelée plus haut demande un ingrédient de plus : la distance du Soleil à un jour donné.
Proposition 25.3 (Distance et longitude du Soleil)
Lorsque la longitude vraie du Soleil vaut , la distance Terre–Soleil vaut
Au solstice de juin (), au premier ordre en , ; au solstice de décembre, .
Démonstration. Sur une ellipse dont le Soleil occupe un foyer, , où l’anomalie vraie est l’angle, vu du Soleil, entre le périhélie et la Terre. La Terre est vue du Soleil dans la direction opposée à celle sous laquelle le Soleil est vu depuis la Terre, si bien que sa longitude vue du Soleil vaut , et , . Pour , et ; pour , le signe change. ∎
La précession climatique est donc le bon indice : elle mesure à quel point la Terre est plus proche du Soleil, ou plus éloignée, au solstice de juin. Lorsque est grand et positif, comme aujourd’hui et bien davantage il y a ans, l’été boréal tombe près de l’aphélie et il est faible ; lorsqu’il est grand et négatif, comme il y a environ ans, l’été boréal tombe près du périhélie.
Exemple 25.4 (Le Soleil de juin à N, aujourd’hui)
Aujourd’hui , , , et les tables utilisent . Au solstice de juin ; à , , donc : le Soleil est au-dessus de l’horizon pendant heures. Le facteur entre parenthèses de la formule d’insolation vaut , et à la distance moyenne . Le facteur de distance vaut , donc .
La seconde loi de Kepler ajoute une nuance. Près de l’aphélie, la Terre se déplace plus lentement : la saison qui tombe là est plus faible, mais dure plus longtemps. Aujourd’hui, les étés boréaux durent environ 4.5 jours de plus que les hivers boréaux, et les printemps environ trois jours de plus que les automnes.
Proposition 25.5 (Les moyennes annuelles ne dépendent pas de la précession)
L’énergie reçue par unité de surface au sommet de l’atmosphère entre deux longitudes données du Soleil ne dépend pas de , et l’insolation annuelle moyenne à toute latitude est celle d’une orbite circulaire de rayon multipliée par . Au pôle, la moyenne annuelle vaut
qui croît avec l’obliquité.
Démonstration. Par la seconde loi de Kepler, le rayon balaie une aire à la vitesse constante , et l’aire balayée pendant que la Terre tourne de vaut , donc , avec . L’insolation à une latitude donnée et pour une longitude donnée du Soleil vaut fois sa valeur à la distance , si bien que l’énergie reçue est : la distance s’est éliminée, et avec elle . Sur toute l’année, parcourt et la moyenne vaut . Au pôle Nord pour et 0 sinon ; l’intégrale vaut . ∎
La précession déplace le rayonnement solaire d’une saison à l’autre, sans jamais le faire entrer ni sortir d’une année ; l’excentricité modifie le total annuel d’un facteur , de au plus sur le dernier million d’années ; l’obliquité déplace le rayonnement entre les latitudes, en élevant la moyenne annuelle aux pôles et en l’abaissant légèrement à l’équateur. Seuls le régime saisonnier et la répartition latitudinale changent beaucoup, et c’est ce que montre la figure ci-dessous.
25.3 Calcul de la courbe d’insolation
La courbe d’insolation construite par Milankovitch est aujourd’hui un calcul de routine. Les éléments orbitaux du passé se calculent en intégrant les mouvements des planètes ; tabulés tous les mille ans, ils servent de données d’entrée. Pour chaque âge, la méthode ci-dessous donne l’insolation à toute latitude et pour toute saison.
Méthode 25.6 (Insolation du passé)
- Lire , et pour l’âge voulu.
- Choisir la saison par la longitude vraie du Soleil : pour le solstice de juin ; le mi-juillet des tables correspond à .
- Calculer à partir de , puis l’angle horaire du coucher du Soleil à la latitude (jour ou nuit polaire si ).
- Calculer le facteur de distance avec la Proposition 25.3.
- Multiplier : .
Appliquée aux 1001 âges du dernier million d’années, la méthode reproduit l’insolation de mi-juillet tabulée à N à près, soit l’arrondi des tables, et reproduit exactement les valeurs de juin tabulées pour aujourd’hui. Les tables placent l’origine des temps en 1950.
Deux traits ressortent. La courbe est dominée par la précession climatique, avec des pics espacés d’environ ans, dont la hauteur croît et décroît avec l’excentricité ; l’obliquité ajoute une modulation plus lente. Et les variations sont grandes : sur les dernières années, la valeur de mi-juillet a varié de 388 à .
25.4 Théorie de Milankovitch et cycles glaciaires
Histoire des sciences — Ensoleillement à soixante-cinq degrés nord
Milutin Milankovitch, né en 1879, a bâti une théorie mathématique du climat à partir des variations saisonnières et latitudinales de l’ensoleillement. En combinant les trois variations orbitales, il calcula l’insolation des différentes latitudes et les températures de surface qui en découlent pour les années précédant 1800. Sur la suggestion du climatologue Köppen, il retint comme grandeur décisive l’insolation estivale à N : les grandes calottes glaciaires s’étaient développées près de cette latitude, et des étés frais fondent moins la neige de l’hiver, si bien que la neige s’accumule d’une année sur l’autre. Il tenait l’obliquité pour le plus important des trois paramètres. Pendant une cinquantaine d’années, la théorie fut largement ignorée ; Milankovitch mourut en 1958. En 1976, Hays, Imbrie et Shackleton trouvèrent dans les sédiments des grands fonds, pour les derniers ans, des pics spectraux de la variabilité climatique vers , et ans, les périodes de la précession, de l’obliquité et de l’excentricité, et conclurent que les variations de l’orbite terrestre sont la cause fondamentale des âges glaciaires du Quaternaire.
La figure ci-dessous reprend leur test sur les enregistrements du Chapitre 24. Elle compare les spectres d’amplitude, c’est-à-dire la force de chaque période, de l’insolation de juillet à N et de l’empilement benthique, dans deux fenêtres de ans.
Glaciaires, interglaciaires et terminaisons
Définition 25.7 (Période glaciaire ; interglaciaire ; terminaison glaciaire)
Dans l’enregistrement du Quaternaire, une période glaciaire est un intervalle où de grandes calottes glaciaires recouvrent les continents de l’hémisphère Nord, ce que traduisent un O benthique élevé et un niveau marin bas ; un interglaciaire est un intervalle où la glace continentale de l’hémisphère Nord est faible hors du Groenland, comme aujourd’hui. Une terminaison glaciaire est l’une des grandes transitions qui mettent fin à un cycle glaciaire, du plein glaciaire aux conditions interglaciaires, beaucoup plus vite que la croissance qui l’a précédée.
Sur le dernier demi-million d’années, la période dominante du climat est voisine de ans, bien que le forçage à cette période, qui provient de l’excentricité seule, soit négligeable à côté de celui de l’obliquité et de la précession. Les cycles sont aussi dissymétriques : le O benthique enregistre une accumulation de glace par paliers pendant environ ans, puis une décroissance en environ ans, en dents de scie dont les fronts descendants sont les terminaisons. Le dernier interglaciaire, d’environ à ans, s’acheva lorsque l’insolation estivale à N tomba à l’une de ses valeurs les plus basses des derniers ans : la valeur de juin atteignit son minimum, , il y a ans, et la valeur de mi-juillet son second minimum, , il y a ans. Le dernier maximum glaciaire survint environ ans plus tard.
Avec quelle rapidité une calotte glaciaire peut-elle suivre son forçage ? Le modèle le plus simple traite le volume de glace comme tendant vers le volume que soutiendrait l’insolation actuelle, avec un temps de réponse :
Proposition 25.8 (Une réponse retardée)
Pour un forçage , la solution du modèle à retard tend vers
la glace suit presque entièrement un forçage lent et seulement faiblement un forçage rapide, toujours en retard. La réponse à une somme de sinusoïdes est la somme des réponses : le modèle ne crée aucune période qui manque à son forçage.
Démonstration. Essayons : en substituant, et , donc , , une amplitude et un retard de phase . Toute autre solution diffère de celle-ci d’un multiple de , qui s’éteint. L’équation est linéaire, donc les solutions s’additionnent. ∎
Sur les derniers ans, le modèle à retard est corrélé à l’empilement avec , et l’insolation seule avec seulement : le retard aide, mais une calotte glaciaire linéaire ne peut pas produire des cycles de ans à partir d’un forçage qui n’en a aucun. Les terminaisons doivent faire intervenir un comportement non linéaire qui amplifie une faible poussée de l’insolation. Les candidats sont des rétroactions qui agissent sur l’ensemble du climat : la rétroaction glace–albédo de la Définition 18.8, puisqu’une planète couverte de neige et de glace réfléchit davantage le rayonnement solaire ; et le dioxyde de carbone, qui, dans les carottes de glace antarctiques, augmente à l’échelle de millénaires chaque fois que la circulation de retournement de l’Atlantique s’affaiblit, comme c’est le cas lorsque l’eau de fonte des calottes glaciaires se déverse dans l’Atlantique Nord. Au-delà d’un seuil de dioxyde de carbone, les conditions interglaciaires peuvent se stabiliser.
Définition 25.9 (Transition du Pléistocène moyen)
La transition du Pléistocène moyen est le passage, d’environ à ans, de cycles glaciaires d’environ ans, de faible amplitude, à des cycles quasi périodiques d’environ ans, de grande amplitude, avec des calottes glaciaires plus épaisses, sans aucun changement correspondant du forçage orbital.
Avant la transition, les calottes glaciaires suivaient l’obliquité, comme le montre le spectre en pointillé de la figure ci-dessus ; un décompte trouve une terminaison glaciaire dans 67, 88 et des cycles d’obliquité du Quaternaire ancien, moyen et récent. La théorie orbitale seule ne peut pas expliquer le changement ; les candidats sont la dynamique des calottes glaciaires elles-mêmes, peut-être après l’enlèvement du régolithe meuble sur lequel elles glissaient, et une diminution progressive du dioxyde de carbone pendant les minima glaciaires. Aucune explication n’est encore généralement admise.
25.5 Le dioxyde de carbone dans les cycles glaciaires
Les carottes de glace antarctiques montrent que le dioxyde de carbone suit les cycles glaciaires : entre 188 et au dernier maximum glaciaire, entre 266 et au dernier interglaciaire ; la série composite du Chapitre 24 donne pour 19 à , et sur les deux mille ans précédant l’industrialisation. Son forçage radiatif croît à peu près comme le logarithme de la concentration, par doublement.
Exemple 25.10 (L’orbite face au dioxyde de carbone)
De à , le forçage vaut , sur tout le globe et pendant toute l’année. L’orbite, sur le dernier million d’années, a modifié la moyenne globale et annuelle de l’insolation d’au plus , mais l’insolation de mi-juillet à N d’environ .
L’orbite est un métronome, non un moteur. Elle redistribue le rayonnement solaire entre les saisons et les latitudes et fixe le calendrier ; les calottes glaciaires, par leur albédo et leur lenteur, et le dioxyde de carbone, par son forçage global, transforment un signal régional en un changement global du climat.
Exercices
Données des exercices, sauf indication contraire : (la valeur des tables) ; une année tropique de jours ; les éléments orbitaux des tables, dont ceux d’aujourd’hui sont , , .
Exercice 25.1 ★
Prendre . (a) Calculer le rapport de la distance à l’aphélie à la distance au périhélie . (b) Exprimer leur différence en pourcentage de . (c) De quel facteur le rayonnement solaire au périhélie est-il supérieur à celui de l’aphélie ?
Solution
Solution de Exercice 25.1.
(a) : l’aphélie est plus loin que le périhélie. (b) , soit de , proche des 3.4 pour cent généralement cités. (c) Le rayonnement solaire décroît comme le carré inverse de la distance : , soit environ de rayonnement en plus au périhélie.
Exercice 25.2 ★
Les tables donnent , aujourd’hui ; , il y a ans ; , il y a ans. (a) Calculer la précession climatique pour chaque âge. (b) Pour chacun, donner la longitude du Soleil au périhélie. (c) À quel âge le périhélie était-il le plus proche du solstice de juin, et à quel âge était-il le plus proche de l’équinoxe de septembre ?
Solution
Solution de Exercice 25.2.
(a) Aujourd’hui ; il y a ans ; il y a ans , valeurs des tables. (b) La longitude du Soleil au périhélie est : aujourd’hui, il y a ans, il y a ans. (c) Il y a ans, le périhélie tombait après le solstice de juin, le plus proche des trois de celui-ci, pendant l’été boréal ; il y a ans, il tombait à l’équinoxe de septembre, où la précession climatique est nulle.
Exercice 25.3 ★
L’axe de rotation précesse avec une période d’environ ans par rapport aux étoiles, tandis que l’orbite tourne avec une période d’environ ans. Supposer que les deux mouvements déplacent le périhélie par rapport à l’équinoxe dans le même sens, de sorte que leurs fréquences s’ajoutent. (a) Combiner les deux fréquences pour trouver la période avec laquelle le périhélie parcourt les saisons. (b) Comparer cette période aux périodes principales de la précession climatique, , et milliers d’années.
Solution
Solution de Exercice 25.3.
(a) Les fréquences s’ajoutent : , soit une période de milliers d’années. (b) Le résultat tombe dans l’intervalle des périodes principales, de 19.0 à 23.7 milliers d’années. Un seul nombre ne peut pas les reproduire : la rotation de l’orbite est elle-même la somme de plusieurs mouvements de fréquences différentes, dont chacun se combine avec la précession de l’axe pour donner une période de la précession climatique ; la moyenne est la valeur de ans généralement citée.
Exercice 25.4 ★
Avec la Proposition 25.5 et , calculer l’insolation annuelle moyenne au pôle Nord pour des obliquités de et . De quel pourcentage croît-elle entre les deux ?
Solution
Solution de Exercice 25.4.
. Pour : ; pour : . Le rapport est : la moyenne annuelle au pôle croît de , soit environ , entre les deux extrêmes.
Exercice 25.5 ★★
(a) Calculer exactement le facteur de distance au solstice de juin, aujourd’hui et il y a ans (, ), et comparer avec l’approximation . (b) Calculer les deux au solstice de décembre. (c) Pourquoi l’approximation est-elle moins bonne il y a ans ?
Solution
Solution de Exercice 25.5.
(a) Au solstice de juin . Aujourd’hui et , contre ; il y a ans et , contre . (b) Au solstice de décembre : aujourd’hui contre , il y a ans contre . (c) Les termes négligés sont d’ordre : avec , ici environ . Ils valent aujourd’hui et il y a ans, proches des écarts trouvés, et : l’approximation est six fois moins bonne lorsque l’excentricité est deux fois et demie plus grande.
Exercice 25.6 ★★
Reprendre pas à pas l’Exemple 25.4 : l’angle horaire du coucher du Soleil à N au solstice de juin, la durée du jour, l’insolation à la distance moyenne, puis l’insolation d’aujourd’hui.
Solution
Solution de Exercice 25.6.
Au solstice de juin . , donc . Le jour dure heures (la Terre tourne de par heure). Avec , , , et , le facteur entre parenthèses vaut . À la distance moyenne ; avec le facteur de distance de l’Exercice 25.5, . Pour vérification, les mêmes étapes à N donnent , là où les tables donnent .
Exercice 25.7 ★★
(a) En partant de et de , montrer que la demi-année allant de l’équinoxe de mars à celui de septembre dure environ . (b) Calculer de combien de jours elle dépasse l’autre demi-année aujourd’hui. (c) Comparer avec les 4.5 jours dont les étés boréaux dépassent les hivers, et les trois jours dont les printemps dépassent les automnes.
Solution
Solution de Exercice 25.7.
(a) L’équinoxe de mars est , celui de septembre . Avec , la durée vaut . (b) L’autre demi-année est plus courte de la même quantité, donc la différence vaut jours. (c) Le printemps et l’été ensemble dépassent l’automne et l’hiver de jours ; les deux écarts cités sont arrondis, et l’accord se situe dans cet arrondi.
Exercice 25.8 ★★
Au cours du dernier million d’années, l’excentricité a varié de à . (a) Calculer l’insolation moyenne globale et annuelle aux deux extrêmes. (b) De combien, en et en pourcentage, l’orbite a-t-elle modifié cette valeur ? (c) Comparer avec l’intervalle de l’insolation de mi-juillet à N, de 388 à .
Solution
Solution de Exercice 25.8.
(a) Pour : et . Pour : et . (b) La différence vaut , soit . (c) L’insolation de mi-juillet à N a varié de , soit environ de sa moyenne et deux cents fois la variation de la moyenne annuelle globale : l’orbite agit sur le climat en déplaçant le rayonnement entre les saisons et les latitudes, non en modifiant le total.
Exercice 25.9 ★★
Avec le modèle à retard et , calculer l’amplitude relative et le retard de la masse de glace pour un forçage sinusoïdal de périodes 23, 41 et milliers d’années. Quelle bande la calotte glaciaire favorise-t-elle, et pourquoi ?
Solution
Solution de Exercice 25.9.
Avec et : pour , , une amplitude relative et un retard ka ; pour , , amplitude , retard ka ; pour , , amplitude , retard ka. La calotte glaciaire favorise le forçage lent : elle suit d’un cycle de ans mais seulement un tiers d’un cycle de précession, car elle n’a pas le temps de croître ou de décroître avant qu’un forçage rapide ne s’inverse. Elle agit comme un filtre passe-bas.
Exercice 25.10 ★★★
L’insolation de mi-juillet à N n’a presque aucune puissance à ans, pourtant le volume de glace des derniers ans y concentre l’essentiel de sa puissance. (a) Montrer que si le forçage vaut , le modèle à retard ne répond qu’aux fréquences et . (b) Montrer qu’une réponse contenant le terme , par exemple , peut créer les fréquences et , en substituant la solution linéaire dans . (c) Deux termes de précession de périodes et milliers d’années battent avec quelle période ? Que conclure concernant les cycles de ans ?
Solution
Solution de Exercice 25.10.
(a) L’équation est linéaire : si répond à et à , répond à leur somme. Par la Proposition 25.8, et sont des sinusoïdes de fréquences et (une fois le transitoire éteint), si bien que la réponse ne contient aucune autre fréquence. (b) Avec ,
donc le terme force l’équation aux fréquences de différence et de somme, et aux fréquences doubles. (c) milliers d’années ; la paire 19.0 et 22.4 donne 125 milliers d’années. Les fréquences de différence des termes de précession tombent dans la bande de l’excentricité, comme il se doit, puisque la précession climatique est . Une calotte glaciaire non linéaire pourrait donc tirer un rythme de ans de la précession ; une calotte linéaire ne le peut pas. Les cycles de ans sont la preuve d’un comportement non linéaire, bien que ce calcul seul ne dise pas lequel.
Exercice 25.11 ★★★
Au pôle Nord, l’énergie reçue par mètre carré pendant le jour polaire vaut sur la demi-année où . (a) Montrer, avec la démonstration de Proposition 25.5, que . (b) Calculer en pour et , avec et = 365.25 jours. (c) La précession n’apparaît pas dans . Pourquoi peut-elle néanmoins modifier la fonte d’une calotte glaciaire ?
Solution
Solution de Exercice 25.11.
(a) Comme dans la démonstration de la Proposition 25.5, , et est positif pour . Donc . (b) , ; pour , ; pour , , soit de plus. (c) La précession fixe la façon dont la même énergie se répartit dans le temps : un été au périhélie est plus court et plus intense, un été à l’aphélie plus long et plus faible. La fonte ne commence qu’au-dessus de , si bien qu’un été court et intense peut faire fondre davantage qu’un été long et frais recevant le même total.
Exercice 25.12 ★★★
(a) Calculer le forçage radiatif de la hausse du dioxyde de carbone de à , avec par doublement et une loi logarithmique. (b) Les intervalles donnés pour le dernier maximum glaciaire et le dernier interglaciaire sont de 188 à et de 266 à : calculer le forçage le plus faible et le plus fort qu’ils permettent. (c) Comparer avec la variation de l’insolation annuelle globale de l’Exercice 25.8 et avec l’amplitude de l’insolation estivale à N. Lequel est le déclencheur, et lequel l’amplificateur ?
Solution
Solution de Exercice 25.12.
(a) . (b) La plus petite hausse va de 194 à : ; la plus grande, de 188 à : . (c) Le forçage du dioxyde de carbone vaut environ quatre fois la plus grande variation de l’insolation annuelle globale, , et il agit partout et toute l’année ; l’insolation estivale à N varie d’environ , mais en une seule latitude et une seule saison. L’orbite est le déclencheur, par les étés des calottes glaciaires nord ; le dioxyde de carbone, avec la rétroaction glace–albédo, est un amplificateur qui étend le changement à tout le globe.
Problème 25.1
Problème du week-end — Rayonnement solaire à N
Le dernier interglaciaire s’est achevé il y a environ ans. Quel ensoleillement l’été à la latitude des grandes calottes glaciaires de l’hémisphère Nord a-t-il reçu alors, par rapport à aujourd’hui ? Utiliser les données des exercices. Les tables donnent, il y a ans, , , ; aujourd’hui, arrondies de la même façon, , , .
Partie I — L’orbite alors et aujourd’hui.
- Calculer la précession climatique alors et aujourd’hui.
- Calculer les distances au périhélie et à l’aphélie, en unités de , alors et aujourd’hui.
- À quelle longitude du Soleil la Terre était-elle au périhélie, alors et aujourd’hui ? Près de quel solstice ?
- De quel facteur le rayonnement solaire au périhélie était-il supérieur à celui de l’aphélie, alors et aujourd’hui ?
- L’obliquité était-elle plus grande ou plus petite qu’aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela signifie pour les étés des hautes latitudes ?
- Calculer la moyenne globale et annuelle de l’insolation alors et aujourd’hui. La différence est-elle significative ?
Partie II — La distance au solstice de juin.
- Montrer à partir de la Proposition 25.3 qu’au solstice de juin .
- Calculer au solstice de juin, alors et aujourd’hui.
- Calculer alors et aujourd’hui.
- Comparer avec l’approximation .
- De quel pourcentage le rayonnement du solstice était-il plus faible qu’à la distance moyenne, alors et aujourd’hui ?
Partie III — Ensoleillement à N.
- Donner la déclinaison du Soleil au solstice de juin, alors et aujourd’hui.
- Calculer l’angle horaire du coucher du Soleil à N ce jour-là, alors et aujourd’hui.
- En déduire la durée du jour.
- Calculer l’insolation journalière moyenne à la distance moyenne.
- Calculer l’insolation journalière moyenne, alors et aujourd’hui.
- Les tables donnent, pour le mi-juillet, 397.60 et . Pourquoi les valeurs au solstice sont-elles plus élevées ?
- Lequel pèse le plus dans la différence entre alors et aujourd’hui, l’obliquité ou la distance ?
Partie IV — La réponse de la calotte glaciaire.
- Dans le modèle à retard avec , quelle fraction d’un changement brusque de la calotte glaciaire a-t-elle atteinte après 5, 10 et ?
- L’insolation de juin à N est passée d’un maximum, survenu il y a environ ans, à le minimum survenu il y a ans, soit une demi-période de précession. Pour une sinusoïde de période , quelle fraction du forçage la calotte glaciaire suit-elle, et avec quel retard ?
- Pourquoi une calotte glaciaire ne peut-elle pas atteindre, en un cycle de précession, la taille qu’une faible insolation estivale soutiendrait ?
- La glace a mis environ ans à se former jusqu’au dernier maximum glaciaire, et environ ans à fondre. Pourquoi le modèle à retard ne peut-il pas produire cette dissymétrie ?
- Le dioxyde de carbone se situait entre 266 et au dernier interglaciaire, et entre 188 et au dernier maximum glaciaire. Comment aide-t-il un changement régional de l’ensoleillement à devenir un changement global du climat ?
- En résumé : quelle était l’insolation journalière moyenne à N au solstice de juin lorsque le dernier interglaciaire s’est achevé, il y a ans ?
Solution
Solution de Problème 25.1.
1. Alors ; aujourd’hui , environ 2.6 fois moins. 2. Alors et ; aujourd’hui et . 3. En : alors , aujourd’hui , toutes deux proches du solstice de décembre () ; alors, le périhélie tombait moins de trois jours après ce solstice, et l’aphélie au solstice de juin. 4. Alors , aujourd’hui : de rayonnement en plus au périhélie alors, aujourd’hui. 5. Plus petite, contre : le Soleil d’été était plus bas aux hautes latitudes, et les hautes latitudes recevaient moins de rayonnement en été et sur l’année. 6. Alors ; aujourd’hui . L’écart, ou moins d’un millième, est négligeable. 7. En , dans Proposition 25.3. 8. Alors ; aujourd’hui . 9. Alors ; aujourd’hui . 10. Alors ; aujourd’hui : l’approximation se trompe de alors, de aujourd’hui. 11. Alors plus faible, aujourd’hui . 12. Au solstice : alors, aujourd’hui. 13. Alors , ; aujourd’hui , . 14. par heure : alors heures, aujourd’hui heures. 15. Alors ( sans arrondi), et ; aujourd’hui ( sans arrondi), et . 16. Alors ; aujourd’hui , soit de plus qu’alors. 17. À mi-juillet, la longitude du Soleil vaut : , une déclinaison d’environ au lieu de , donc un jour plus court et un Soleil plus bas : à N, l’insolation journalière moyenne est maximale près du solstice, lorsque la déclinaison est la plus grande. 18. Avec la distance d’aujourd’hui, le seul changement d’obliquité coûte ; avec l’ancienne obliquité, la seule distance coûte . Les deux s’additionnent à ; la distance compte pour environ trois cinquièmes. 19. Après un changement brusque, la calotte glaciaire a atteint de celui-ci : après , après , après . 20. : la calotte glaciaire suit du forçage, avec un retard de ka. 21. Une demi-période de précession, soit environ 11 à , est à peu près égale à un temps de réponse : avant que la calotte glaciaire ait couvert les deux tiers du chemin, l’insolation s’inverse et la ramène en arrière. 22. Dans le modèle linéaire, la glace croît et décroît au même rythme pour des forçages de même taille : un forçage croissant et un forçage décroissant donnent des réponses symétriques. Une accumulation lente suivie d’un effondrement rapide exige une réponse qui dépend de l’état ou du sens du changement, c’est-à-dire une réponse non linéaire. 23. Le dioxyde de carbone a augmenté de à du glaciaire à l’interglaciaire : un forçage sur tout le globe et pendant toute l’année. Libéré lorsque la circulation atlantique s’affaiblit, il porte le changement des étés boréaux à toute la planète et, avec l’albédo de la glace qui se réduit, l’amplifie. 24. Lorsque le dernier interglaciaire s’est achevé, l’insolation journalière moyenne du solstice de juin à N était d’environ , de moins qu’aujourd’hui et sa plus faible valeur du cycle.