地球与空间科学 · 第 4 册 · 本科二年级

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 2e année

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Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 2e année · 本科二年级

7Fusion du manteau

Le manteau est solide. Les ondes sismiques de cisaillement le traversent de haut en bas, et la péridotite qu’on en remonte est une roche cristalline. Pourtant, le long des seules dorsales océaniques, il fournit chaque année une vingtaine de kilomètres cubes de croûte océanique neuve, chaque mètre cube étant fait d’un liquide de fusion. Le paradoxe se dissout quand on sait que le manteau ne fond pas parce qu’il est chauffé : il fond parce que la pression qui s’exerce sur lui baisse, ou parce qu’on y ajoute de l’eau. Sous une dorsale, le manteau remonte, sa pression chute plus vite que sa température, et il croise sa courbe de fusion ; au-dessus d’une plaque plongeante, l’eau libérée par la plaque abaisse cette courbe sous le coin de manteau. Dans les deux cas, seule une petite fraction de la roche fond, et cette fraction, séparée de son résidu, devient le basalte du plancher océanique et des arcs volcaniques. Ce chapitre décrit d’abord la roche du manteau et les diagrammes de phases qui disent comment de telles roches fondent, puis suit le manteau qui remonte sous une dorsale jusqu’à l’épaisseur de la croûte qu’il forme.

Tu sais déjà

Du volume de chimie de deuxième année : diagrammes de phases binaires, le solidus et le liquidus, le point eutectique, la fusion congruente, les solutions solides et la règle des segments inverses, selon laquelle les proportions de deux phases coexistantes sont inversement proportionnelles à leurs distances à la composition globale. Des volumes de physique : la chaleur massique, la chaleur latente, l’entropie et le second principe, selon lequel une transformation adiabatique réversible conserve l’entropie. Du volume de première année : les principaux minéraux formateurs de roches, l’olivine, les pyroxènes, le grenat et le spinelle, leurs solutions solides et le nombre de Mg ; l’adiabate du manteau, dT/dz=αgT/cp\mathrm dT/\mathrm dz = \alpha gT/c_p ; la croûte océanique, (7.1±0.8) km(7.1 \pm 0.8)\,\mathrm{km} d’épaisseur loin des points chauds et d’environ 20 km20\,\mathrm{km} au-dessus du cœur d’un panache ; les plaques plongeantes et l’eau qu’elles transportent. Du Chapitre 3 : basalte de dorsale (MORB), coefficients de partage et éléments incompatibles.

7.1 La roche du manteau

La roche du manteau atteint la surface sous forme de fragments remontés par les magmas, les xénolites, et sous forme de base de tranches de lithosphère océanique poussées sur les continents, les ophiolites. Presque tout en est de la péridotite.

Définition 7.1 (Péridotites et leurs variétés)

Une péridotite est une roche ultramafique à grains grossiers contenant plus de 40 %40\,\% d’olivine, le reste étant des pyroxènes et un peu d’un minéral alumineux (spinelle ou grenat). Une dunite contient plus de 90 %90\,\% d’olivine. Au-dessous de ce seuil, une lherzolite contient à la fois de l’orthopyroxène et du clinopyroxène ; une harzburgite contient de l’orthopyroxène mais presque pas de clinopyroxène ; une wehrlite contient du clinopyroxène mais presque pas d’orthopyroxène. Les roches contenant moins de 40 %40\,\% d’olivine sont des pyroxénites.

La classification se lit sur un triangle dont les sommets sont l’olivine, l’orthopyroxène et le clinopyroxène (figure ci-dessous) : chaque point représente une roche, et ses distances aux trois côtés donnent les proportions des trois minéraux. Une composition modèle du manteau supérieur appauvri, qui fond sous les dorsales, contient 57 %57\,\% d’olivine, 28 %28\,\% d’orthopyroxène, 13 %13\,\% de clinopyroxène et 2 %2\,\% de spinelle : c’est une lherzolite.

Classification des péridotites et des pyroxénites selon leurs proportions d’olivine, d’orthopyroxène et de clinopyroxène (d’après le schéma de la British Geological Survey). Les bandes étroites le long des deux côtés supérieurs portent les roches presque dépourvues de clinopyroxène (harzburgite) ou dépourvues d’orthopyroxène (wehrlite). Le point rouge figure le manteau supérieur modèle sous les dorsales (57, 28 et 13\,\%, renormalisés sans leurs 2\,\% de spinelle).
Classification des péridotites et des pyroxénites selon leurs proportions d’olivine, d’orthopyroxène et de clinopyroxène (d’après le schéma de la British Geological Survey). Les bandes étroites le long des deux côtés supérieurs portent les roches presque dépourvues de clinopyroxène (harzburgite) ou dépourvues d’orthopyroxène (wehrlite). Le point rouge figure le manteau supérieur modèle sous les dorsales (57, 28 et 13 %13\,\%, renormalisés sans leurs 2 %2\,\% de spinelle).

Les trois péridotites ne sont pas trois types de roches indépendants : ce sont des étapes d’un même processus. Le clinopyroxène et le minéral alumineux sont consommés en premier lorsqu’une péridotite fond (Section 7.4), si bien qu’une lherzolite ayant perdu un liquide s’appauvrit en eux ; après une fusion assez poussée, elle devient une harzburgite, et une roche ayant perdu presque tout son pyroxène est une dunite.

Définition 7.2 (Manteau fertile et manteau résiduel)

Un manteau fertile est une péridotite, typiquement une lherzolite, qui contient encore le clinopyroxène et le minéral alumineux dont se forme le basalte. Un manteau résiduel est la péridotite qui reste une fois qu’un liquide en a été extrait : plus pauvre en clinopyroxène, en aluminium, en calcium et en éléments incompatibles, plus riche en olivine et à nombre de Mg plus élevé.

Le manteau appauvri isotopique du Chapitre 4 est un réservoir, défini par ses rapports isotopiques ; un manteau résiduel est une roche définie par ce qu’elle a perdu. Les deux sont liés, puisque le manteau appauvri l’est parce qu’un liquide en a été extrait il y a longtemps, mais l’un se lit au spectromètre de masse et l’autre au microscope.

7.2 Diagrammes de phases des roches

Une roche est un mélange de minéraux, et elle fond sur un intervalle de températures, et non en un point. Les diagrammes qui décrivent cela ont d’abord été mesurés sur des mélanges de minéraux synthétiques purs, en maintenant une petite charge à une température connue jusqu’à ce qu’elle atteigne l’équilibre, puis en la trempant et en observant au microscope le verre, qui était du liquide, et les cristaux.

Un eutectique binaire : diopside et anorthite

Un basalte est constitué essentiellement d’un plagioclase calcique et d’un clinopyroxène, et Bowen choisit l’anorthite et le diopside purs comme modèle le plus simple. Mélangés et chauffés, ils forment un système eutectique ordinaire (figure ci-dessous) : le diopside fond à 1391.5 ∘C1391.5\,{}^{\circ}\mathrm{C} et l’anorthite à 1550 ∘C1550\,{}^{\circ}\mathrm{C}, mais un mélange de 58 %58\,\% de diopside et de 42 %42\,\% d’anorthite en masse fond complètement à 1270 ∘C1270\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

Le système diopside–anorthite à la pression atmosphérique, d’après les expériences de trempe de Bowen (1915) : températures du liquidus (points, milieux des encadrements de trempe) et l’eutectique E. En rouge, le refroidissement d’un liquide à 20\,\% d’anorthite : le diopside cristallise à partir de 1350\, C, le liquide suit le liquidus jusqu’à E, et le reste cristallise là sous forme d’un mélange des deux minéraux.
Le système diopside–anorthite à la pression atmosphérique, d’après les expériences de trempe de Bowen (1915) : températures du liquidus (points, milieux des encadrements de trempe) et l’eutectique E. En rouge, le refroidissement d’un liquide à 20 %20\,\% d’anorthite : le diopside cristallise à partir de 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}, le liquide suit le liquidus jusqu’à E, et le reste cristallise là sous forme d’un mélange des deux minéraux.

Lu de haut en bas, le diagramme indique l’ordre de cristallisation. Un liquide à 20 %20\,\% d’anorthite commence à cristalliser du diopside à 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; le liquide, en perdant du diopside, s’enrichit en anorthite et descend le liquidus jusqu’à l’eutectique, où l’anorthite cristallise avec le diopside, et la température reste à 1270 ∘C1270\,{}^{\circ}\mathrm{C} jusqu’à ce que tout le liquide ait disparu. Lu de bas en haut, il indique comment la roche fond : quelles que soient les proportions des deux minéraux, le premier liquide apparaît à 1270 ∘C1270\,{}^{\circ}\mathrm{C} et a la composition eutectique. C’est la première leçon pour le manteau. Le premier liquide d’une roche n’a pas la composition de la roche : il a celle que fixent les minéraux dont il provient, et il apparaît à une température bien inférieure aux points de fusion de tous les minéraux.

Fusion incongruente : forstérite et silice

Certains minéraux ne fondent pas en un liquide de leur propre composition.

Définition 7.3 (Fusion incongruente et point péritectique)

Un minéral présente une fusion incongruente lorsque, à la chauffe, il se décompose en un autre solide et un liquide de composition différente, au lieu de fondre en un liquide de sa propre composition. Sur un diagramme binaire, le point où ce liquide coexiste avec les deux solides est un point péritectique : à la différence d’un eutectique, il ne se situe pas entre les compositions des deux solides.

L’enstatite, l’orthopyroxène magnésien MgSiOX3\ce{MgSiO3}, fond de façon incongruente. À pression atmosphérique, elle se décompose à 1557 ∘C1557\,{}^{\circ}\mathrm{C} en forstérite, MgX2SiOX4\ce{Mg2SiO4}, et en un liquide un peu plus riche en silice qu’elle ; ce n’est qu’à 1577 ∘C1577\,{}^{\circ}\mathrm{C} que toute la forstérite est dissoute (figure ci-dessous). Bowen et Andersen ont établi en 1914 que la décomposition donne 5.5 %5.5\,\% de forstérite et 94.5 %94.5\,\% de liquide, comme le prévoit la règle des segments inverses à partir des trois compositions (Exercice 7.6). Plus loin vers la silice, l’enstatite et la cristobalite fondent ensemble à un eutectique, à 1543 ∘C1543\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

Partie du système MgO–SiO2 à la pression atmosphérique, d’après Bowen et Andersen (1914). L’enstatite (MgSiO3) fond de façon incongruente au péritectique P, à 1557\, C, en forstérite et en un liquide à 60.9\,\% de SiO2 ; E est l’eutectique enstatite–cristobalite, à 1543\, C. Le liquidus de la forstérite n’est mesuré qu’au voisinage de l’enstatite : la partie en tirets est tracée en ligne droite jusqu’au point de fusion de la forstérite.
Partie du système MgO\ce{MgO}–SiOX2\ce{SiO2} à la pression atmosphérique, d’après Bowen et Andersen (1914). L’enstatite (MgSiOX3\ce{MgSiO3}) fond de façon incongruente au péritectique P, à 1557 ∘C1557\,{}^{\circ}\mathrm{C}, en forstérite et en un liquide à 60.9 %60.9\,\% de SiOX2\ce{SiO2} ; E est l’eutectique enstatite–cristobalite, à 1543 ∘C1543\,{}^{\circ}\mathrm{C}. Le liquidus de la forstérite n’est mesuré qu’au voisinage de l’enstatite : la partie en tirets est tracée en ligne droite jusqu’au point de fusion de la forstérite.

Le péritectique est la deuxième leçon pour le manteau. Quand une péridotite fond, son orthopyroxène ne se dissout pas simplement : il cède de l’olivine au résidu et de la silice au liquide. Le liquide est donc plus riche en silice que les pyroxènes, et le résidu plus riche en olivine que la roche : le chemin de la lherzolite à la harzburgite puis à la dunite.

Trois composants : le diagramme ternaire

Les roches réelles comportent plus de deux minéraux. Avec trois, la composition demande un triangle, et la température devient une troisième dimension.

Définition 7.4 (Diagramme de phases ternaire, ligne cotectique, eutectique ternaire)

Un diagramme de phases ternaire représente les équilibres d’un système à trois composants à une pression donnée : chaque point d’un triangle représente une composition, les sommets les composants purs, et la surface du liquidus est tracée par des courbes d’égale température ou par les domaines des minéraux qui cristallisent en premier. Une ligne cotectique est la ligne le long de laquelle le liquide est saturé en deux minéraux à la fois, et qui cristallise les deux en se refroidissant. Les lignes cotectiques descendent des eutectiques binaires situés sur les côtés du triangle et se rejoignent à l’eutectique ternaire, la température la plus basse où existe un liquide, où les trois minéraux cristallisent ensemble.

Méthode 7.5 (Lire un chemin de cristallisation sur un diagramme ternaire)

Repérer la composition globale XX dans le triangle et le domaine où elle se situe : le minéral de ce domaine cristallise en premier. Tant que ce seul minéral cristallise, le liquide s’éloigne en ligne droite du sommet de ce minéral, en passant par XX, car retirer un composant pur ne modifie que sa proportion ; d’après la règle des segments inverses, la fraction massique de cristaux est la distance de XX au liquide divisée par la distance du sommet au liquide. Quand le liquide atteint une ligne cotectique, le second minéral se joint à la cristallisation et le liquide suit la cotectique en descendant jusqu’à l’eutectique ternaire, où cristallise le dernier liquide. Un composant qui n’entre dans aucun cristal reste dans le liquide, si bien que sa concentration donne la fraction de liquide restante : fliquide=cX/cliquidef_{\text{liquide}} = c_X/c_{\text{liquide}}.

Un système eutectique ternaire (schéma). Chaque domaine contient les liquides à partir desquels son minéral cristallise en premier ; les lignes cotectiques (flèches vers les températures décroissantes) partent des eutectiques binaires e jusqu’à l’eutectique ternaire E. Un liquide X dans le domaine A cristallise A, et s’éloigne du sommet A jusqu’à rencontrer la cotectique A–B en L_1 ; A et B cristallisent alors ensemble jusqu’à E, où C les rejoint ().
Un système eutectique ternaire (schéma). Chaque domaine contient les liquides à partir desquels son minéral cristallise en premier ; les lignes cotectiques (flèches vers les températures décroissantes) partent des eutectiques binaires ee jusqu’à l’eutectique ternaire E. Un liquide XX dans le domaine A cristallise A, et s’éloigne du sommet A jusqu’à rencontrer la cotectique A–B en L1L_1 ; A et B cristallisent alors ensemble jusqu’à E, où C les rejoint (Exercice 7.11).

Les systèmes de trois minéraux formateurs de roches se lisent de la même manière. Les règles qui fixent le nombre de phases pouvant coexister, et les surfaces d’énergie libre à partir desquelles de tels diagrammes sont calculés, relèvent du volume de troisième année de cette série.

7.3 Solidus, adiabate et trois façons de fondre

La péridotite du manteau possède un solidus, température à laquelle apparaît son premier liquide, et un liquidus bien au-dessus. Les deux augmentent avec la pression. Les expériences sur des péridotites naturelles, compilées et ajustées par Katz, Spiegelman et Langmuir en 2003, donnent pour le solidus sec

Ts(P)=1085.7+132.9 P−5.1 P2T_{\mathrm{s}}(P) = 1085.7 + 132.9\,P - 5.1\,P^2

(en degrés Celsius, PP en gigapascals) : 1086 ∘C1086\,{}^{\circ}\mathrm{C} en surface, 1331 ∘C1331\,{}^{\circ}\mathrm{C} à 2 GPa2\,\mathrm{GPa}. À profondeur égale, le manteau est plus chaud ou plus froid que cela selon l’endroit où il se trouve, et pour comparer les manteaux on retire l’effet de la profondeur.

Définition 7.6 (Température potentielle du manteau)

La température potentielle du manteau TpT_p est la température qu’aurait une parcelle de manteau en convection si on la ramenait à la surface le long de l’adiabate du manteau, sans échange de chaleur et sans fusion.

Le long de l’adiabate dT/dP=αT/(ρcp)\mathrm dT/\mathrm dP = \alpha T/(\rho c_p), la forme en pression du gradient αgT/cp\alpha gT/c_p rappelé plus haut, puisque dP=ρg dz\mathrm dP = \rho g\,\mathrm dz. Avec α=4×10−5 K−1\alpha = 4 \times 10^{-5}\,\mathrm{K}^{-1}, ρ=3300 kg/m3\rho = 3300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} et cp=1000 J/(kg K)c_p = 1000\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}), il vaut environ 20 K20\,\mathrm{K} par gigapascal, un gigapascal représentant 30.9 km30.9\,\mathrm{km} de manteau (Exercice 7.3). Le volume de première année attribuait au manteau une température potentielle d’environ 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}, d’après la physique des minéraux ; les estimations pétrologiques pour le manteau sous les dorsales vont de 1280 à 1400 ∘C1400\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

Proposition 7.7 (Début de la fusion par décompression)

Un manteau de température potentielle TpT_p qui remonte le long de l’adiabate T=Tp+GPT = T_p + GP (GG constante) commence à fondre à la pression P0P_0 où l’adiabate rencontre le solidus Ts(P)=a1+a2P+a3P2T_{\mathrm s}(P) = a_1 + a_2P + a_3P^2, la plus petite racine de

−a3P2+(G−a2)P+(Tp−a1)=0.-a_3P^2 + (G - a_2)P + (T_p - a_1) = 0 .

Un manteau plus chaud de ΔTp\Delta T_p commence à fondre plus profondément, de ΔP0≈ΔTp/(Ts′(P0)−G)\Delta P_0 \approx \Delta T_p/(T_{\mathrm s}'(P_0) - G).

Démonstration. En profondeur, l’adiabate est plus froide que le solidus, car le solidus monte plus rapidement (Ts′≈110 K/GPaT_{\mathrm s}' \approx 110\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa} contre G≈20G \approx 20). Les deux courbes se croisent là où Tp+GP=a1+a2P+a3P2T_p + GP = a_1 + a_2P + a_3P^2, ce qui se ramène au trinôme. En dérivant Tp+GP0=Ts(P0)T_p + GP_0 = T_{\mathrm s}(P_0) on obtient dTp=(Ts′(P0)−G) dP0\mathrm dT_p = (T_{\mathrm s}'(P_0) - G)\,\mathrm dP_0. ∎

Pour Tp=1350 ∘CT_p = 1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}, le début de la fusion se situe à 2.66 GPa2.66\,\mathrm{GPa}, soit environ 82 km82\,\mathrm{km} de profondeur, à 1403 ∘C1403\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; chaque 10 ∘C10\,{}^{\circ}\mathrm{C} de température potentielle la déplace d’environ 0.12 GPa0.12\,\mathrm{GPa}, soit 3.6 km3.6\,\mathrm{km}. La figure ci-dessous montre le solidus et les adiabates.

Courbes de fusion de la péridotite sèche et solidus saturé en eau d’après la paramétrisation de Katz et ses collaborateurs (2003), avec des adiabates pleines pour trois températures potentielles ; les points marquent le début de la fusion, 2.08\, GPa pour 1300\, C, 2.66\, GPa pour 1350\, C et 4.00\, GPa pour 1450\, C. Entre le solidus et le liquidus de la lherzolite, la roche fond tout en conservant son clinopyroxène. Échelle de profondeur pour un manteau de 3300\, kg/ m3.
Courbes de fusion de la péridotite sèche et solidus saturé en eau d’après la paramétrisation de Katz et ses collaborateurs (2003), avec des adiabates pleines pour trois températures potentielles ; les points marquent le début de la fusion, 2.08 GPa2.08\,\mathrm{GPa} pour 1300 ∘C1300\,{}^{\circ}\mathrm{C}, 2.66 GPa2.66\,\mathrm{GPa} pour 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C} et 4.00 GPa4.00\,\mathrm{GPa} pour 1450 ∘C1450\,{}^{\circ}\mathrm{C}. Entre le solidus et le liquidus de la lherzolite, la roche fond tout en conservant son clinopyroxène. Échelle de profondeur pour un manteau de 3300 kg/m33300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}.

Le diagramme montre les trois façons de porter une roche au-dessus de son solidus.

Définition 7.8 (Fusion partielle, fusion par décompression et fusion hydratée)

Fusion partielle est la fusion d’une fraction d’une roche, entre son solidus et son liquidus. Fusion par décompression est la fusion partielle d’une roche qui monte, et donc perd de la pression, plus vite qu’elle ne se refroidit, jusqu’à croiser son solidus. Fusion hydratée, ou fusion par apport d’eau, est la fusion partielle provoquée par l’ajout d’un volatil, principalement de l’eau, qui abaisse le solidus sous la température de la roche. Le troisième mode, chauffer une roche au-dessus de son solidus à pression constante, exige une source de chaleur extérieure, comme un magma chaud.

Le chauffage est le mode le moins efficace dans le manteau, qui conduit lentement la chaleur ; dans la croûte, la chaleur d’un magma basaltique peut fondre les roches qui l’entourent (Chapitre 12). La décompression alimente les dorsales et les points chauds ; la fusion hydratée alimente les arcs volcaniques.

7.4 Fusion par décompression sous une dorsale

Une fois que le manteau qui monte a franchi son solidus, il continue de monter, et la question devient celle de la quantité de liquide qu’il produit.

Définition 7.9 (Taux de fusion)

Le taux de fusion FF d’une roche partiellement fondue est la masse de liquide qu’elle a produite divisée par sa masse initiale. Entre le solidus (F=0F = 0) et le liquidus (F=1F = 1), la température à la surface de fusion est une fonction T(P,F)T(P, F).

La fusion consomme de la chaleur : la chaleur latente, TΔST\Delta S par kilogramme de liquide, où ΔS\Delta S est l’entropie de fusion. Une parcelle qui monte n’échange pas de chaleur avec son environnement, si bien que la chaleur latente est prélevée sur sa propre température, et elle suit un chemin d’entropie constante situé entre le solidus et le liquidus.

Proposition 7.10 (Productivité de fusion isentropique)

Pour un manteau qui monte sans échange de chaleur, de chaleur massique cpc_p, de dilatation thermique α\alpha, de masse volumique ρ\rho et d’entropie de fusion ΔS\Delta S, la productivité de fusion, c’est-à-dire le liquide produit par unité de baisse de pression, vaut

−dFdP=cpT(∂T∂P)F−αρΔS+cpT(∂T∂F)P ,-\frac{\mathrm dF}{\mathrm dP} = \frac{\dfrac{c_p}{T}\Big(\dfrac{\partial T}{\partial P}\Big)_F - \dfrac{\alpha}{\rho}} {\Delta S + \dfrac{c_p}{T}\Big(\dfrac{\partial T}{\partial F}\Big)_P}\,,

avec TT en kelvins.

Démonstration. L’entropie spécifique de la roche partiellement fondue varie de ds=cp dT/T−(α/ρ) dP+ΔS dF\mathrm ds = c_p\, \mathrm dT/T - (\alpha/\rho)\,\mathrm dP + \Delta S\,\mathrm dF : les deux premiers termes sont ceux d’un solide (le second est une relation de Maxwell, rappelée des volumes de physique), le troisième est l’entropie gagnée par la masse dF\mathrm dF qui fond. Une montée adiabatique réversible conserve ds=0\mathrm ds = 0. Sur la surface de fusion dT=(∂T/∂P)F dP+(∂T/∂F)P dF\mathrm dT = (\partial T/\partial P)_F\,\mathrm dP + (\partial T/\partial F)_P\,\mathrm dF. En substituant,

[cpT(∂T∂P)F−αρ]dP+[ΔS+cpT(∂T∂F)P]dF=0,\Big[\frac{c_p}{T}\Big(\frac{\partial T}{\partial P}\Big)_F - \frac{\alpha}{\rho}\Big]\mathrm dP + \Big[\Delta S + \frac{c_p}{T}\Big(\frac{\partial T}{\partial F}\Big)_P\Big]\mathrm dF = 0,

qui est le résultat. ∎

Le numérateur est l’excès de la pente des courbes de fusion sur celle de l’adiabate, le moteur ; le dénominateur regroupe la chaleur latente et la chaleur nécessaire pour élever la température de la roche qui fond le long de l’intervalle de fusion, les freins. Avec les paramètres de Katz et ses collaborateurs, ΔS=300 J/(kg K)\Delta S = 300\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}), et un taux de fusion qui croît linéairement entre le solidus et le liquidus de la lherzolite, la productivité à 2 GPa2\,\mathrm{GPa} vaut environ 11 %11\,\% par gigapascal (Exercice 7.8) : chaque kilomètre de montée fond environ un tiers de pour cent de la roche. Leur fonction de fusion ajustée, qui fait que le premier pour cent de liquide apparaît lentement, donne un peu moins en moyenne, environ 9 %9\,\% par gigapascal depuis le début de la fusion jusqu’à la surface, pour Tp=1350 ∘CT_p = 1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}. La productivité chute lorsque le clinopyroxène est épuisé, après des taux de fusion de Mcpx/(0.50+0.08P)M_{\mathrm{cpx}}/(0.50 + 0.08P) dans leur modèle, soit environ 25 à 30 %30\,\% pour un manteau à 13 à 15 %15\,\% de clinopyroxène : un résidu de harzburgite fond à contrecœur.

Taux de fusion d’une colonne de péridotite sèche qui monte sans échange de chaleur, depuis le début de la fusion jusqu’à la surface, calculé en conservant l’entropie avec la fonction de fusion de Katz et ses collaborateurs (2003), pour une roche à 15\,\% de clinopyroxène. À 1450\, C, le clinopyroxène est épuisé vers 25\, km, et la courbe se raidit.
Taux de fusion d’une colonne de péridotite sèche qui monte sans échange de chaleur, depuis le début de la fusion jusqu’à la surface, calculé en conservant l’entropie avec la fonction de fusion de Katz et ses collaborateurs (2003), pour une roche à 15 %15\,\% de clinopyroxène. À 1450 ∘C1450\,{}^{\circ}\mathrm{C}, le clinopyroxène est épuisé vers 25 km25\,\mathrm{km}, et la courbe se raidit.

Le liquide ne reste pas là où il se forme. À environ 2900 kg/m32900\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} il est plus léger que la péridotite solide, 3300 kg/m33300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}, si bien qu’il se sépare de son résidu et monte à travers celui-ci ; sous une dorsale, il est rassemblé vers l’axe. La croûte se construit à partir des liquides d’une région entière du manteau.

Proposition 7.11 (Croûte d’une région de fusion triangulaire)

Sous une dorsale qui s’écarte à la demi-vitesse UU, le manteau monte verticalement à la vitesse UU à travers une région de fusion triangulaire de hauteur HH, dont le sommet est sous l’axe et les côtés à 45∘45{}^{\circ}, puis en sort horizontalement à la vitesse UU par ses côtés ; le taux de fusion croît linéairement de 00 à la base jusqu’à Fmax⁡F_{\max} au sommet, tout le liquide est extrait vers la croûte, et manteau et croûte ont la même masse volumique. Alors la croûte est

hc=∫0HF(z) dz=12Fmax⁡Hh_c = \int_0^H F(z)\,\mathrm dz = \tfrac12 F_{\max}H

épaisse, et le liquide agrégé a pour taux de fusion moyen Fmax⁡/2F_{\max}/2.

Démonstration. Mesurons xx depuis l’axe et la hauteur yy au-dessus de la base. Le manteau entre par la base en ∣x∣≤H|x| \le H et monte jusqu’à rencontrer un côté, en y=H−∣x∣y = H - |x|, en ayant fondu jusqu’à F=Fmax⁡(H−∣x∣)/HF = F_{\max}(H - |x|)/H. Par unité de longueur de dorsale et par unité de temps, le liquide produit vaut ∫−HHUF dx=2UFmax⁡∫0H(1−x/H) dx=UFmax⁡H\int_{-H}^{H} U F\,\mathrm dx = 2UF_{\max}\int_0^H (1 - x/H)\,\mathrm dx = UF_{\max}H. La croûte sort des deux côtés à la vitesse UU : 2Uhc=UFmax⁡H2Uh_c = UF_{\max}H. Le manteau traité vaut 2UH2UH, donc le taux de fusion moyen est UFmax⁡H/(2UH)=Fmax⁡/2UF_{\max}H/(2UH) = F_{\max}/2. Enfin ∫0HFmax⁡ y/H dy=Fmax⁡H/2\int_0^H F_{\max}\,y/H\,\mathrm dy = F_{\max}H/2. ∎

Le résultat ne dépend pas de la vitesse d’écartement, comme on l’observe (le volume de première année). Pour Tp=1350 ∘CT_p = 1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}, la colonne de la figure ci-dessus, avec son départ lent, donne ∫F dz=9.0 km\int F\,\mathrm dz = 9.0\,\mathrm{km} de croûte, un peu plus que les 7.1 km7.1\,\mathrm{km} mesurés ; un manteau 50 ∘C50\,{}^{\circ}\mathrm{C} plus froid donne 5.5 km5.5\,\mathrm{km}, et un manteau 100 ∘C100\,{}^{\circ}\mathrm{C} plus chaud 19 km19\,\mathrm{km}, proche des 20 km20\,\mathrm{km} sous le cœur d’un panache (figure ci-dessous). L’épaisseur de la croûte est un thermomètre, et un thermomètre sensible : puisque hc∝P02h_c \propto P_0^2 lorsque la productivité est constante, dix degrés la modifient d’environ un dixième (problème du week-end).

Région de fusion triangulaire sous une dorsale (schéma, non à l’échelle ; en réalité z_0 vaut dix fois l’épaisseur de la croûte). Le manteau qui monte sous l’axe franchit son solidus en z_0, fond en montant, et cesse de fondre lorsque son écoulement devient horizontal sous les plaques en mouvement ; le liquide remonte vers l’axe et construit la croûte.
Région de fusion triangulaire sous une dorsale (schéma, non à l’échelle ; en réalité z0z_0 vaut dix fois l’épaisseur de la croûte). Le manteau qui monte sous l’axe franchit son solidus en z0z_0, fond en montant, et cesse de fondre lorsque son écoulement devient horizontal sous les plaques en mouvement ; le liquide remonte vers l’axe et construit la croûte.
Épaisseur de la croûte formée par une région de fusion triangulaire, ∈t F\, dz le long de l’axe, en fonction de la température potentielle du manteau (colonnes comme dans la figure ci-dessus), comparée à l’épaisseur sismique de la croûte océanique normale et de la croûte au-dessus du cœur d’un panache (bandes).
Épaisseur de la croûte formée par une région de fusion triangulaire, ∫F dz\int F\,\mathrm dz le long de l’axe, en fonction de la température potentielle du manteau (colonnes comme dans la figure ci-dessus), comparée à l’épaisseur sismique de la croûte océanique normale et de la croûte au-dessus du cœur d’un panache (bandes).

7.5 Fusion hydratée au-dessus d’une plaque plongeante

À une zone de subduction, le coin de manteau ne monte pas ; il est entraîné vers le bas le long de la plaque plongeante. C’est l’eau qui le fait fondre. La plaque transporte l’eau vers le bas dans ses minéraux et la libère à mesure qu’ils se décomposent sous l’effet de la pression et de la température (le volume de première année) ; l’eau monte dans le coin chaud au-dessus. L’eau se dissout dans le liquide silicaté, et un liquide qui en contient est stable à plus basse température. Dans la paramétrisation de Katz et ses collaborateurs, XX pour cent d’eau dissoute dans le liquide abaisse le solidus de

ΔT=43 X0.75(∘C),\Delta T = 43\,X^{0.75} \quad ({}^{\circ}\mathrm{C}),

43 ∘C43\,{}^{\circ}\mathrm{C} pour 1 %1\,\%, 144 ∘C144\,{}^{\circ}\mathrm{C} pour 5 %5\,\%, jusqu’à la quantité qui sature le liquide, nulle à pression atmosphérique, environ 13 %13\,\% à 1 GPa1\,\mathrm{GPa}, et qui croît avec la pression. Le solidus saturé en eau est la courbe bleue de la figure du solidus : voisin de 920 ∘C920\,{}^{\circ}\mathrm{C} entre 1 et 2 GPa2\,\mathrm{GPa}, environ 300 ∘C300\,{}^{\circ}\mathrm{C} à 400 ∘C400\,{}^{\circ}\mathrm{C} sous le solidus sec (Exercice 7.12).

L’eau est incompatible : elle entre dans le liquide bien plus facilement que dans les minéraux, avec un coefficient de partage d’environ 0.01. Même un manteau contenant une centaine de parties par million d’eau produit donc un premier liquide contenant environ un pour cent d’eau, qui abaisse son solidus d’environ 50 ∘C50\,{}^{\circ}\mathrm{C}, si bien que la fusion commence plus profondément que dans un manteau sec, et qu’il se forme une longue traîne de petites fractions fondues (Exercice 7.9). Au-dessus d’une plaque, l’apport d’eau est bien plus grand, et le coin fond là où sa température dépasse le solidus hydraté : les magmas des arcs naissent hydratés.

7.6 Degré de fusion et magmas primaires

Définition 7.12 (Magma primaire)

Un magma primaire est un liquide dont la composition n’a pas changé depuis qu’il a quitté sa source : il est en équilibre avec le manteau résiduel, et n’a ni cristallisé de minéraux ni réagi avec les roches sur son chemin vers la surface.

Un magma qui cristallise des minéraux en remontant, ou qui se mélange à d’autres, n’est plus primaire ; la manière dont il évolue ensuite fait l’objet du Chapitre 8. Un magma primaire garde la trace de sa source : son taux de fusion, car un faible degré de fusion concentre les éléments incompatibles dans le liquide (Chapitre 3), et la pression à laquelle il s’est équilibré pour la dernière fois avec le résidu. La répartition des éléments en traces entre liquide et résidu, lors de la fusion à l’équilibre ou de la fusion fractionnée, est modélisée dans le volume de troisième année. Le résidu, quant à lui, est la harzburgite et la péridotite que l’on trouve à la base des ophiolites.

Sur le terrain — Lire le manteau à la surface

Une dunite, presque entièrement faite d’olivine, avec de petits grains noirs de chromite ; l’échantillon mesure 8.5 cm8.5\,\mathrm{cm} de large (Mike Davis, CC0).

Les géologues rencontrent le manteau sous deux formes. Les xénolites du manteau, nodules de péridotite verte dans les basaltes et les kimberlites, ont été arrachés aux parois du conduit et remontés en quelques jours ou semaines, trop vite pour perdre les minéraux qu’ils avaient en profondeur. Les ophiolites exposent le manteau sous une section de croûte océanique, sa harzburgite et d’autres péridotites à la base de la séquence. Là, les géologues cartographient les péridotites et la dunite parmi elles, les échantillonnent le long de traverses, et mesurent au laboratoire les proportions des minéraux, leurs compositions et les éléments en traces des résidus ; chaque échantillon est placé sur le triangle de classification et sur les chemins de fusion de ce chapitre.

7.7 Exercices

Exercice 7.1 ★

Nommer chaque roche d’après ses proportions d’olivine, d’orthopyroxène et de clinopyroxène (en pour cent) : (a) 93, 5, 2 ; (b) 75, 25, 0 ; (c) 60, 27, 13 ; (d) 30, 45, 25. (e) Donner le nom du manteau supérieur modèle (57, 28, 13 et 2 %2\,\% de spinelle) après renormalisation de ses trois silicates à 100 %100\,\%.

Solution

Solution de Exercice 7.1.

(a) Plus de 90 %90\,\% d’olivine : dunite. (b) De l’olivine et de l’orthopyroxène sans clinopyroxène : harzburgite. (c) Plus de 40 %40\,\% d’olivine avec les deux pyroxènes : lherzolite. (d) Moins de 40 %40\,\% d’olivine : une pyroxénite (une olivine-websterite, avec les deux pyroxènes). (e) 57/98=58.2 %57/98 = 58.2\,\%, 28/98=28.6 %28/98 = 28.6\,\%, 13/98=13.3 %13/98 = 13.3\,\% : une lherzolite.

Exercice 7.2 ★

Sur le diagramme diopside–anorthite, un liquide à 60 %60\,\% d’anorthite se refroidit. (a) À quelle température commence-t-il à cristalliser, et quel minéral se forme ? (b) À quelle température apparaît le second minéral, et quelle est alors la composition du liquide ? (c) Quelle est la composition du premier liquide lorsqu’une roche à 80 %80\,\% de diopside et 20 %20\,\% d’anorthite est chauffée, et à quelle température apparaît-il ?

Solution

Solution de Exercice 7.2.

(a) Le liquidus à 60 %60\,\% d’anorthite est à 1390 ∘C1390\,{}^{\circ}\mathrm{C}, dans le domaine de l’anorthite : l’anorthite cristallise en premier. (b) Le diopside apparaît à l’eutectique, 1270 ∘C1270\,{}^{\circ}\mathrm{C}, lorsque le liquide a 42 %42\,\% d’anorthite. (c) Le premier liquide de tout mélange des deux minéraux est le liquide eutectique, à 42 %42\,\% d’anorthite, à 1270 ∘C1270\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

Exercice 7.3 ★

(a) Calculer le gradient adiabatique αT/(ρcp)\alpha T/(\rho c_p) en kelvins par gigapascal pour Tp=1350 ∘CT_p = 1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}, α=4.0×10−5 K−1\alpha = 4.0 \times 10^{-5}\,\mathrm{K}^{-1}, ρ=3300 kg/m3\rho = 3300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3}, cp=1000 J/(kg K)c_p = 1000\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}). (b) Combien de kilomètres de manteau correspondent à un gigapascal (g=9.81 m/s2g = 9.81\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2}) ? Convertir le gradient en kelvins par kilomètre et le comparer à un gradient géothermique typique près de la surface, d’environ 30 K/km30\,\mathrm{K}/\mathrm{km}.

Solution

Solution de Exercice 7.3.

(a) 4.0×10−5×1623/(3300×1000)=1.97×10−8 K/Pa=19.7 K/GPa4.0 \times 10^{-5}\times1623/(3300\times1000) = 1.97 \times 10^{-8}\,\mathrm{K}/\mathrm{Pa} = 19.7\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}. (b) 109/(3300×9.81)=3.09×104 m10^{9}/(3300\times9.81) = 3.09 \times 10^{4}\,\mathrm{m}, soit 30.9 km30.9\,\mathrm{km} par gigapascal ; 19.7/30.9=0.64 K/km19.7/30.9 = 0.64\,\mathrm{K}/\mathrm{km}, environ cinquante fois moins que les 30 K/km30\,\mathrm{K}/\mathrm{km} près de la surface, où la chaleur est conduite et non transportée.

Exercice 7.4 ★

(a) Calculer le solidus sec de la péridotite à 0, 1, 2 et 3 GPa3\,\mathrm{GPa}. (b) De combien de degrés monte-t-il par gigapascal au voisinage de 2 GPa2\,\mathrm{GPa} ? (c) Expliquer en une phrase pourquoi un manteau à 1400 ∘C1400\,{}^{\circ}\mathrm{C} à 3 GPa3\,\mathrm{GPa} est solide, et le même manteau porté à 2 GPa2\,\mathrm{GPa} sans échange de chaleur est partiellement fondu.

Solution

Solution de Exercice 7.4.

(a) Ts(0)=1085.7 ∘CT_{\mathrm s}(0) = 1085.7\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Ts(1)=1085.7+132.9−5.1=1213.5 ∘CT_{\mathrm s}(1) = 1085.7 + 132.9 - 5.1 = 1213.5\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Ts(2)=1085.7+265.8−20.4=1331.1 ∘CT_{\mathrm s}(2) = 1085.7 + 265.8 - 20.4 = 1331.1\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Ts(3)=1085.7+398.7−45.9=1438.5 ∘CT_{\mathrm s}(3) = 1085.7 + 398.7 - 45.9 = 1438.5\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (b) 132.9−2×5.1×2=112.5 K/GPa132.9 - 2\times5.1\times2 = 112.5\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}. (c) À 3 GPa3\,\mathrm{GPa}, 1400 ∘C1400\,{}^{\circ}\mathrm{C} est sous le solidus, 1438.5 ∘C1438.5\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; en remontant à 2 GPa2\,\mathrm{GPa} le long de l’adiabate, elle se refroidit de seulement environ 20 ∘C20\,{}^{\circ}\mathrm{C}, jusqu’à 1380 ∘C1380\,{}^{\circ}\mathrm{C} environ, tandis que le solidus descend à 1331.1 ∘C1331.1\,{}^{\circ}\mathrm{C} : la roche est maintenant au-dessus de son solidus et une partie fond.

Exercice 7.5 ★★

Un liquide à 70 %70\,\% de diopside et 30 %30\,\% d’anorthite se refroidit. (a) Estimer sa température de liquidus par interpolation entre le liquidus à 20 %20\,\% d’anorthite (1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}) et à 40 %40\,\% (1277.5 ∘C1277.5\,{}^{\circ}\mathrm{C}). (b) Quel minéral cristallise en premier ? (c) Quelle fraction massique du système a cristallisé lorsque le liquide atteint l’eutectique ? (d) Quelles sont les proportions de diopside et d’anorthite dans la roche finale ?

Solution

Solution de Exercice 7.5.

(a) 1350+(1277.5−1350)×(30−20)/(40−20)=1314 ∘C1350 + (1277.5 - 1350)\times(30 - 20)/(40 - 20) = 1314\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (b) La composition se situe du côté diopside de l’eutectique : diopside. (c) Le liquide atteint l’eutectique avec 42 %42\,\% d’anorthite ; l’anorthite reste dans le liquide, donc la fraction liquide vaut 30/42=0.71430/42 = 0.714 et 1−0.714=29 %1 - 0.714 = 29\,\% du système a cristallisé en diopside. (d) Tout cristallise : 70 %70\,\% de diopside et 30 %30\,\% d’anorthite, la composition globale.

Exercice 7.6 ★★

(a) Calculer le pourcentage massique de SiOX2\ce{SiO2} dans la forstérite MgX2SiOX4\ce{Mg2SiO4} et dans l’enstatite MgSiOX3\ce{MgSiO3} (MMgO=40.30 g/molM_{\ce{MgO}} = 40.30\,\mathrm{g}/\mathrm{mol}, MSiOX2=60.08 g/molM_{\ce{SiO2}} = 60.08\,\mathrm{g}/\mathrm{mol}). (b) Bowen et Andersen ont trouvé que le liquide péritectique contient 97.5 %97.5\,\% de MgSiOX3\ce{MgSiO3} et 2.5 %2.5\,\% de SiOX2\ce{SiO2} : quelle est sa teneur en silice ? (c) Utiliser la règle des segments inverses pour calculer la fraction massique de forstérite formée lorsque l’enstatite fond au péritectique, et la comparer à leur 5.5 %5.5\,\%. (d) Qu’implique cela pour la teneur en silice d’un liquide de péridotite, comparée à celle de son orthopyroxène ?

Solution

Solution de Exercice 7.6.

(a) Forstérite : 60.08/(2×40.30+60.08)=60.08/140.68=42.71 %60.08/(2\times40.30 + 60.08) = 60.08/140.68 = 42.71\,\% SiOX2\ce{SiO2} ; enstatite : 60.08/100.38=59.85 %60.08/100.38 = 59.85\,\%. (b) 0.975×59.85+2.5=60.85 %0.975\times59.85 + 2.5 = 60.85\,\%. (c) L’enstatite se situe entre la forstérite et le liquide : la fraction de forstérite vaut (60.85−59.85)/(60.85−42.71)=1.00/18.14=5.5 %(60.85 - 59.85)/(60.85 - 42.71) = 1.00/18.14 = 5.5\,\%, valeur de Bowen et Andersen. (d) Le liquide est plus riche en silice que l’orthopyroxène dont il provient, et le résidu gagne de l’olivine.

Exercice 7.7 ★★

Avec l’adiabate T=Tp+20PT = T_p + 20P et le solidus sec du texte, calculer la pression et la profondeur (30.9 km30.9\,\mathrm{km} par gigapascal) auxquelles la fusion commence pour (a) Tp=1300 ∘CT_p = 1300\,{}^{\circ}\mathrm{C} et (b) Tp=1450 ∘CT_p = 1450\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (c) De combien de kilomètres par 10 ∘C10\,{}^{\circ}\mathrm{C} le début de la fusion s’approfondit-il au voisinage de Tp=1300 ∘CT_p = 1300\,{}^{\circ}\mathrm{C} ? Utiliser la Proposition 7.7.

Solution

Solution de Exercice 7.7.

(a) 5.1P2−112.9P+214.3=05.1P^2 - 112.9P + 214.3 = 0 : P0=(112.9−12746.4−4371.7)/10.2=(112.9−91.51)/10.2=2.10 GPaP_0 = (112.9 - \sqrt{12746.4 - 4371.7})/10.2 = (112.9 - 91.51)/10.2 = 2.10\,\mathrm{GPa}, soit 2.097×30.9=64.8 km2.097\times30.9 = 64.8\,\mathrm{km}. (b) 5.1P2−112.9P+364.3=05.1P^2 - 112.9P + 364.3 = 0 : P0=(112.9−72.90)/10.2=3.92 GPaP_0 = (112.9 - 72.90)/10.2 = 3.92\,\mathrm{GPa}, soit 121 km121\,\mathrm{km}. (c) Ts′(2.10)=132.9−21.4=111.5 K/GPaT_{\mathrm s}'(2.10) = 132.9 - 21.4 = 111.5\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}, donc ΔP0=10/(111.5−20)=0.109 GPa\Delta P_0 = 10/(111.5 - 20) = 0.109\,\mathrm{GPa} par 10 ∘C10\,{}^{\circ}\mathrm{C}, soit 3.4 km3.4\,\mathrm{km}.

Exercice 7.8 ★★

À 2.0 GPa2.0\,\mathrm{GPa}, supposer que le taux de fusion croît linéairement depuis le solidus sec jusqu’au liquidus de la lherzolite Tl=1475.0+80.0P−3.2P2T_{\mathrm l} = 1475.0 + 80.0P - 3.2P^2. Pour F=0.10F = 0.10 : (a) calculer la température de la roche en fusion ; (b) calculer (∂T/∂P)F(\partial T/\partial P)_F et (∂T/∂F)P(\partial T/\partial F)_P ; (c) calculer la productivité avec cp=1000 J/(kg K)c_p = 1000\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}), α/ρ=1.21×10−8 m3/(kg K)\alpha/\rho = 1.21 \times 10^{-8}\,\mathrm{m}^{3}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}) et ΔS=300 J/(kg K)\Delta S = 300\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}). (d) Que vaudrait-elle sans chaleur latente ?

Solution

Solution de Exercice 7.8.

(a) Ts=1331.1 ∘CT_{\mathrm s} = 1331.1\,{}^{\circ}\mathrm{C}, Tl=1475.0+160.0−12.8=1622.2 ∘CT_{\mathrm l} = 1475.0 + 160.0 - 12.8 = 1622.2\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; T=1331.1+0.10×291.1=1360.2 ∘CT = 1331.1 + 0.10\times291.1 = 1360.2\,{}^{\circ}\mathrm{C}, soit 1633 K1633\,\mathrm{K}. (b) (∂T/∂P)F=112.5+0.10×(67.2−112.5)=108.0 K/GPa(\partial T/\partial P)_F = 112.5 + 0.10\times(67.2 - 112.5) = 108.0\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa} ; (∂T/∂F)P=Tl−Ts=291.1 K(\partial T/\partial F)_P = T_{\mathrm l} - T_{\mathrm s} = 291.1\,\mathrm{K}. (c) cp/T=0.612c_p/T = 0.612 ; avec α/ρ=12.1 J/(kg K)\alpha/\rho = 12.1\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}) par gigapascal, le numérateur vaut 0.612×108.0−12.1=54.00.612\times108.0 - 12.1 = 54.0 et le dénominateur 300+0.612×291.1=478.2300 + 0.612\times291.1 = 478.2 : −dF/dP=0.113-\mathrm dF/\mathrm dP = 0.113, 11.3 %11.3\,\% par gigapascal. (d) 54.0/178.2=0.30354.0/178.2 = 0.303, 30 %30\,\% par gigapascal : la chaleur latente divise la productivité par un facteur 2.7.

Exercice 7.9 ★★

(a) De combien abaissent le solidus 1, 5 et 13 %13\,\% d’eau dissoute dans le liquide ? (b) Quel est le solidus saturé en eau à 1 GPa1\,\mathrm{GPa} ? (c) Un manteau contient 125 ppm125\,\mathrm{ppm} d’eau en masse, et le coefficient de partage de l’eau entre les minéraux et le liquide vaut 0.01. À la toute première fusion, le liquide contient X=Xglobale/DX = X_{\text{globale}}/D : le calculer, ainsi que l’abaissement du solidus qu’il provoque.

Solution

Solution de Exercice 7.9.

(a) 43×1=43 ∘C43\times1 = 43\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; 43×50.75=43×3.34=144 ∘C43\times5^{0.75} = 43\times3.34 = 144\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; 43×130.75=43×6.85=294 ∘C43\times13^{0.75} = 43\times6.85 = 294\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (b) 1213.5−294=919 ∘C1213.5 - 294 = 919\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (c) 125 ppm125\,\mathrm{ppm} correspondent à 0.0125 %0.0125\,\%, donc X=0.0125/0.01=1.25 %X = 0.0125/0.01 = 1.25\,\% et ΔT=43×1.250.75=43×1.18=51 ∘C\Delta T = 43\times1.25^{0.75} = 43\times1.18 = 51\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

Exercice 7.10 ★★★

(a) Dans la Proposition 7.11, vérifier que le manteau qui entre à la base du triangle chaque année est égal à celui qui sort par ses côtés. Pourquoi les côtés doivent-ils faire 45∘45{}^{\circ} pour un manteau qui monte à UU et sort à UU ? (b) Montrer que, avec une productivité constante Π\Pi par gigapascal, hc=Π ρg z02/2h_c = \Pi\,\rho g\,z_0^2/2 (avec P0=ρgz0P_0 = \rho g z_0), de sorte que la croûte croît comme le carré de la profondeur de début de fusion. (c) Une dorsale s’écarte à un taux total de 50 mm/an50\,\mathrm{mm}/\mathrm{an} et produit 7.1 km7.1\,\mathrm{km} de croûte : quel volume de croûte produit chaque kilomètre de dorsale par an, et quel volume de manteau fond-il si le taux de fusion moyen est de 12 %12\,\% ?

Solution

Solution de Exercice 7.10.

(a) La base a une largeur de 2H2H et le manteau la traverse à UU : 2UH2UH par unité de longueur de dorsale et de temps. Chaque côté couvre la hauteur HH et est traversé horizontalement à UU : UHUH chacun, 2UH2UH au total. Avec des côtés à θ\theta, la base serait de largeur 2H/tan⁡θ2H/\tan\theta et l’apport 2UH/tan⁡θ2UH/\tan\theta, égal à la sortie seulement si tan⁡θ=1\tan\theta = 1 : dans ce modèle, l’angle est fixé par la conservation de la masse. (b) Avec une productivité constante, le taux de fusion au sommet vaut Fmax⁡=ΠP0=Πρgz0F_{\max} = \Pi P_0 = \Pi\rho g z_0, et H=z0H = z_0 : hc=Fmax⁡z0/2=Πρgz02/2h_c = F_{\max}z_0/2 = \Pi\rho g z_0^2/2. (c) Chaque année, 50 mm50\,\mathrm{mm} de nouvelle plaque, 0.05 m×1000 m×7100 m=3.6×105 m30.05\,\mathrm{m}\times1000\,\mathrm{m}\times7100\,\mathrm{m} = 3.6 \times 10^{5}\,\mathrm{m}^{3} de croûte par kilomètre de dorsale ; avec un taux de fusion moyen de 12 %12\,\%, elle provient de 3.6×105/0.12=3.0×106 m33.6 \times 10^{5}/0.12 = 3.0 \times 10^{6}\,\mathrm{m}^{3} de manteau.

Exercice 7.11 ★★★

Dans le système ternaire de la figure schématique, le liquide XX contient 60 %60\,\% de A, 20 %20\,\% de B et 20 %20\,\% de C ; l’eutectique binaire eABe_{AB} est à A 40, B 60 (pour cent), et l’eutectique ternaire E à A 25, B 30, C 45. (a) Écrire la composition du liquide lorsqu’une fraction massique tt de A pur a cristallisé, et montrer que le rapport de B à C reste égal à 1. (b) La cotectique de eABe_{AB} à E est la ligne des points eAB+s(E−eAB)e_{AB} + s(E - e_{AB}) : trouver où le liquide la rencontre, et la fraction de A cristallisée à ce moment. (c) Lorsque le liquide atteint E, quelle fraction du système est encore liquide ? (C n’entre dans aucun cristal avant E.) (d) Quelle quantité de A et de B a cristallisé à ce moment ?

Solution

Solution de Exercice 7.11.

(a) Après qu’une masse tt de A a quitté une masse unitaire de liquide, le liquide contient 0.6−t0.6 - t de A, 0.2 de B et 0.2 de C dans une masse 1−t1 - t : ((0.6−t),0.2,0.2)/(1−t)\big((0.6 - t), 0.2, 0.2\big)/(1 - t), et B/C reste égal à 1. (b) Sur la cotectique, (0.40−0.15s,0.60−0.30s,0.45s)(0.40 - 0.15s, 0.60 - 0.30s, 0.45s) ; B = C donne 0.60−0.30s=0.45s0.60 - 0.30s = 0.45s, s=0.8s = 0.8 : L1L_1 contient A 28, B 36, C 36. Alors 0.2/(1−t)=0.360.2/(1 - t) = 0.36, t=0.44t = 0.44 : 44 %44\,\% du système a cristallisé en A. (c) Le C est tout entier dans le liquide : f=20/45=0.44f = 20/45 = 0.44, 44 %44\,\% encore liquide. (d) A : 0.60−0.444×0.25=0.490.60 - 0.444\times0.25 = 0.49 ; B : 0.20−0.444×0.30=0.070.20 - 0.444\times0.30 = 0.07 ; avec le liquide, 49+7+44=100 %49 + 7 + 44 = 100\,\%.

Exercice 7.12 ★★★

La teneur en eau d’un liquide saturé est Xsat=12P0.6+PX_{\mathrm{sat}} = 12P^{0.6} + P (pour cent, PP en gigapascals). (a) Calculer-la à 1 et 2 GPa2\,\mathrm{GPa}, l’abaissement du solidus qu’elle produit, et le solidus saturé en eau aux deux pressions. (b) Pourquoi le solidus saturé varie-t-il à peine entre 1 et 2 GPa2\,\mathrm{GPa}, alors que le solidus sec monte de plus de 100 ∘C100\,{}^{\circ}\mathrm{C} ? (c) Dans un coin de manteau à 2 GPa2\,\mathrm{GPa} et 1100 ∘C1100\,{}^{\circ}\mathrm{C}, quelle quantité d’eau le liquide doit-il contenir pour que la roche fonde ?

Solution

Solution de Exercice 7.12.

(a) Xsat(1)=12+1=13 %X_{\mathrm{sat}}(1) = 12 + 1 = 13\,\%, ΔT=294 ∘C\Delta T = 294\,{}^{\circ}\mathrm{C}, solidus saturé 1213.5−294=919 ∘C1213.5 - 294 = 919\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Xsat(2)=12×1.516+2=20.2 %X_{\mathrm{sat}}(2) = 12\times1.516 + 2 = 20.2\,\%, ΔT=43×20.20.75=43×9.53=410 ∘C\Delta T = 43\times20.2^{0.75} = 43\times9.53 = 410\,{}^{\circ}\mathrm{C}, solidus saturé 1331.1−410=921 ∘C1331.1 - 410 = 921\,{}^{\circ}\mathrm{C}. (b) Le liquide dissout davantage d’eau à plus haute pression, et l’abaissement plus grand annule la hausse de 118 ∘C118\,{}^{\circ}\mathrm{C} du solidus sec. (c) Le solidus doit baisser de 1331.1−1100=231 ∘C1331.1 - 1100 = 231\,{}^{\circ}\mathrm{C} : X=(231/43)1/0.75=5.371.333=9.4 %X = (231/43)^{1/0.75} = 5.37^{1.333} = 9.4\,\% d’eau, inférieur aux 20.2 %20.2\,\% à saturation, si bien que le coin peut fondre.

7.8 Problème : sous la dorsale

Problème 7.1

Problème du week-end — de l’adiabate du manteau à l’épaisseur de la croûte océanique, puis retour à la température du manteau

Le manteau monte sous une dorsale le long de l’adiabate et fond. Données : dilatation thermique α=4.0×10−5 K−1\alpha = 4.0 \times 10^{-5}\,\mathrm{K}^{-1} ; masse volumique ρ=3300 kg/m3\rho = 3300\,\mathrm{kg}/\mathrm{m}^{3} ; chaleur massique cp=1000 J/(kg K)c_p = 1000\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}) ; entropie de fusion ΔS=300 J/(kg K)\Delta S = 300\,\mathrm{J}/(\mathrm{kg}\,\mathrm{K}) ; g=9.81 m/s2g = 9.81\,\mathrm{m}/\mathrm{s}^{2} ; solidus sec Ts=1085.7+132.9P−5.1P2T_{\mathrm s} = 1085.7 + 132.9P - 5.1P^2 et liquidus de la lherzolite Tl=1475.0+80.0P−3.2P2T_{\mathrm l} = 1475.0 + 80.0P - 3.2P^2 (∘C{}^{\circ}\mathrm{C}, PP en GPa\mathrm{GPa}) ; productivité moyenne du modèle de fusion ajusté, Π=9 %\Pi = 9\,\% par gigapascal ; coefficient de réaction du clinopyroxène près de la surface 0.50 ; croûte observée (7.1±0.8) km(7.1 \pm 0.8)\,\mathrm{km} sous les dorsales normales et 20 km20\,\mathrm{km} au-dessus du cœur du panache d’Islande. Prendre le manteau et la croûte de même masse volumique.

Partie I — Où la fusion commence.

  1. Convertir Tp=1350 ∘CT_p = 1350\,{}^{\circ}\mathrm{C} en kelvins.
  2. Calculer le gradient adiabatique αTp/(ρcp)\alpha T_p/(\rho c_p) en kelvins par gigapascal, et l’arrondir à la dizaine la plus proche.
  3. Combien de kilomètres de manteau correspondent à un gigapascal ? Donner le gradient en kelvins par kilomètre.
  4. Avec l’adiabate T=1350+20PT = 1350 + 20P, écrire le trinôme pour la pression de début de fusion P0P_0 et le résoudre.
  5. Donner la profondeur et la température auxquelles la fusion commence.
  6. Vérifier que le solidus à P0P_0 donne la même température.

Partie II — Quelle quantité de liquide.

  1. À 1.5 GPa1.5\,\mathrm{GPa}, calculer le solidus, le liquidus de la lherzolite et leur différence.
  2. Avec un taux de fusion croissant linéairement entre eux, donner la température de la roche à F=0.10F = 0.10, en degrés Celsius et en kelvins.
  3. Calculer (∂T/∂P)F(\partial T/\partial P)_F et (∂T/∂F)P(\partial T/\partial F)_P à cet endroit.
  4. Calculer la productivité de la Proposition 7.10, en pour cent par gigapascal.
  5. Le modèle ajusté donne Π=9 %\Pi = 9\,\% par gigapascal en moyenne. Pourquoi est-elle plus faible ? Avec Π\Pi, quel est le taux de fusion Fmax⁡F_{\max} atteint à la surface ?
  6. Le manteau modèle contient 13 %13\,\% de clinopyroxène. À quel taux de fusion est-il épuisé près de la surface ? Le résidu sous l’axe est-il une lherzolite ou une harzburgite ?

Partie III — La croûte.

  1. Utiliser la Proposition 7.11 avec H=z0H = z_0 pour calculer l’épaisseur de la croûte.
  2. Quel est le taux de fusion moyen du liquide agrégé ?
  3. Comparer à l’épaisseur observée.
  4. La figure complète donne 9.0 km9.0\,\mathrm{km}. Pourquoi est-elle plus faible que votre estimation ?
  5. Montrer que hc=kP02h_c = k P_0^2 et calculer kk en kilomètres par gigapascal au carré.

Partie IV — La température du manteau.

  1. Calculer la pression de début de fusion P0P_0 qui produit 7.1 km7.1\,\mathrm{km} de croûte.
  2. Donner la profondeur correspondante du début de fusion.
  3. Avec l’adiabate T=Tp+20PT = T_p + 20P, calculer la température potentielle qui place le début de fusion à cette pression.
  4. Refaire le calcul pour 6.3 et 7.9 km7.9\,\mathrm{km} : quelle plage de TpT_p la dispersion de la croûte autorise-t-elle ?
  5. La croûte fait 20 km20\,\mathrm{km} d’épaisseur au-dessus du cœur du panache d’Islande. Calculer la température potentielle là, et son excès sur celle de la question 20.
  6. Les laves des îles océaniques suggèrent des panaches de 200 à 300 ∘C300\,{}^{\circ}\mathrm{C} plus chauds que le manteau ambiant. Suggérer pourquoi la croûte donne un excès plus faible.
  7. De combien de pour cent la croûte s’épaissit-elle pour un manteau 10 ∘C10\,{}^{\circ}\mathrm{C} plus chaud, près d’une dorsale normale ?
  8. Les dorsales très lentes produisent une croûte plus mince. Expliquer pourquoi, à l’aide du triangle.
  9. Énoncer la température potentielle du manteau sous une dorsale normale que donne l’épaisseur de la croûte, le nombre clé de ce problème, et la comparer à 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C} issus de la physique des minéraux et à l’intervalle de 1280 à 1400 ∘C1400\,{}^{\circ}\mathrm{C} issu des laves.
Solution

Solution de Problème 7.1.

1. 1350+273=1623 K1350 + 273 = 1623\,\mathrm{K}. 2. 4.0×10−5×1623/(3300×1000)=1.97×10−8 K/Pa=19.7 K/GPa4.0 \times 10^{-5}\times1623/(3300\times1000) = 1.97 \times 10^{-8}\,\mathrm{K}/\mathrm{Pa} = 19.7\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}, arrondi à 20 K/GPa20\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}. 3. 109/(3300×9.81)=30.9 km10^{9}/(3300\times9.81) = 30.9\,\mathrm{km} ; 20/30.9=0.65 K/km20/30.9 = 0.65\,\mathrm{K}/\mathrm{km}. 4. 1350+20P=1085.7+132.9P−5.1P21350 + 20P = 1085.7 + 132.9P - 5.1P^2, soit 5.1P2−112.9P+264.3=05.1P^2 - 112.9P + 264.3 = 0: P0=(112.9−12746.4−5391.7)/10.2=(112.9−85.76)/10.2=2.66 GPaP_0 = (112.9 - \sqrt{12746.4 - 5391.7})/10.2 = (112.9 - 85.76)/10.2 = 2.66\,\mathrm{GPa}. 5. 2.66×30.9=82 km2.66\times30.9 = 82\,\mathrm{km} ; T=1350+20×2.66=1403 ∘CT = 1350 + 20\times2.66 = 1403\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 6. 1085.7+132.9×2.66−5.1×2.662=1085.7+353.5−36.1=1403 ∘C1085.7 + 132.9\times2.66 - 5.1\times2.66^2 = 1085.7 + 353.5 - 36.1 = 1403\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 7. Ts=1085.7+199.4−11.5=1273.6 ∘CT_{\mathrm s} = 1085.7 + 199.4 - 11.5 = 1273.6\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Tl=1475.0+120.0−7.2=1587.8 ∘CT_{\mathrm l} = 1475.0 + 120.0 - 7.2 = 1587.8\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; différence 314.2 K314.2\,\mathrm{K}. 8. 1273.6+0.10×314.2=1305.0 ∘C1273.6 + 0.10\times314.2 = 1305.0\,{}^{\circ}\mathrm{C}, 1578 K1578\,\mathrm{K}. 9. Ts′=132.9−15.3=117.6 K/GPaT_{\mathrm s}' = 132.9 - 15.3 = 117.6\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa}, Tl′=80.0−9.6=70.4 K/GPaT_{\mathrm l}' = 80.0 - 9.6 = 70.4\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa} : (∂T/∂P)F=117.6+0.10×(70.4−117.6)=112.9 K/GPa(\partial T/\partial P)_F = 117.6 + 0.10\times(70.4 - 117.6) = 112.9\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa} ; (∂T/∂F)P=314.2 K(\partial T/\partial F)_P = 314.2\,\mathrm{K}. 10. cp/T=1000/1578=0.634c_p/T = 1000/1578 = 0.634 ; numérateur 0.634×112.9−12.1=71.6−12.1=59.50.634\times112.9 - 12.1 = 71.6 - 12.1 = 59.5 ; dénominateur 300+0.634×314.2=499.2300 + 0.634\times314.2 = 499.2 : 0.1190.119, soit 11.9 %11.9\,\% par gigapascal. 11. Avec la fonction ajustée F=T′1.5F = T'^{1.5}, où T′T' est la fraction du chemin parcouru du solidus au liquidus, la température doit monter fortement avec FF pour produire le premier pour cent de liquide, donc (∂T/∂F)P(\partial T/\partial F)_P est grand près du solidus et la fusion démarre lentement. Fmax⁡=0.09×2.66=0.24F_{\max} = 0.09\times2.66 = 0.24, 24 %24\,\%. 12. 0.13/0.50=0.260.13/0.50 = 0.26 : le clinopyroxène est épuisé à 26 %26\,\% de fusion. À 24 %24\,\%, le résidu sous l’axe en garde encore un peu : une lherzolite pauvre en clinopyroxène, à la limite de la harzburgite. 13. hc=0.24×82/2=9.8 kmh_c = 0.24\times82/2 = 9.8\,\mathrm{km}. 14. Fmax⁡/2=12 %F_{\max}/2 = 12\,\%. 15. 9.8 km9.8\,\mathrm{km} dépassent de 38 %38\,\% les 7.1 km7.1\,\mathrm{km} mesurés, au-dessus de la fourchette de la croûte océanique normale. 16. Une productivité constante donne au manteau le plus profond trop de liquide ; le modèle ajusté fait apparaître le premier liquide lentement, F(z)F(z) reste plus faible près du début de fusion, et ∫F dz\int F\,\mathrm dz est plus petite. 17. Fmax⁡=ΠP0F_{\max} = \Pi P_0 et H=30.9P0H = 30.9P_0 (km) : hc=ΠP0×30.9P0/2=kP02h_c = \Pi P_0\times30.9P_0/2 = kP_0^2 avec k=0.09×30.9/2=1.39 km/GPa2k = 0.09\times30.9/2 = 1.39\,\mathrm{km}/\mathrm{GPa}^{2}. 18. P0=7.1/1.39=5.11=2.26 GPaP_0 = \sqrt{7.1/1.39} = \sqrt{5.11} = 2.26\,\mathrm{GPa}. 19. 2.26×30.9=70 km2.26\times30.9 = 70\,\mathrm{km}. 20. Ts(2.26)=1085.7+300.4−26.0=1360.0 ∘CT_{\mathrm s}(2.26) = 1085.7 + 300.4 - 26.0 = 1360.0\,{}^{\circ}\mathrm{C}, et Tp=1360.0−20×2.26=1360.0−45.2=1315 ∘CT_p = 1360.0 - 20\times2.26 = 1360.0 - 45.2 = 1315\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 21. Pour 6.3 km6.3\,\mathrm{km} : P0=4.53=2.13 GPaP_0 = \sqrt{4.53} = 2.13\,\mathrm{GPa}, Ts=1345.6 ∘CT_{\mathrm s} = 1345.6\,{}^{\circ}\mathrm{C}, Tp=1303 ∘CT_p = 1303\,{}^{\circ}\mathrm{C}. Pour 7.9 km7.9\,\mathrm{km} : P0=5.68=2.38 GPaP_0 = \sqrt{5.68} = 2.38\,\mathrm{GPa}, Ts=1373.1 ∘CT_{\mathrm s} = 1373.1\,{}^{\circ}\mathrm{C}, Tp=1326 ∘CT_p = 1326\,{}^{\circ}\mathrm{C}. La dispersion de la croûte autorise 1315±12 ∘C1315 \pm 12\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 22. P0=20/1.39=14.39=3.79 GPaP_0 = \sqrt{20/1.39} = \sqrt{14.39} = 3.79\,\mathrm{GPa} ; Ts=1085.7+503.7−73.3=1516.1 ∘CT_{\mathrm s} = 1085.7 + 503.7 - 73.3 = 1516.1\,{}^{\circ}\mathrm{C} ; Tp=1516.1−75.8=1440 ∘CT_p = 1516.1 - 75.8 = 1440\,{}^{\circ}\mathrm{C}, soit un excès de 1440−1315=125 ∘C1440 - 1315 = 125\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 23. Les deux utilisent des indices différents. Les laves enregistrent le manteau le plus chaud, au centre du panache ; la croûte moyenne les liquides de tout le manteau qui traverse la région de fusion, dont une grande partie est plus froide. Le modèle simple garde aussi la productivité constante, alors que le clinopyroxène est épuisé à 26 %26\,\% tandis que ΠP0=0.09×3.79=0.34\Pi P_0 = 0.09\times3.79 = 0.34 ici : un manteau chaud réel fond moins, et il lui faut une température plus élevée pour produire la même croûte. 24. Ts′(2.26)=132.9−23.1=109.8 K/GPaT_{\mathrm s}'(2.26) = 132.9 - 23.1 = 109.8\,\mathrm{K}/\mathrm{GPa} ; ΔP0=10/(109.8−20)=0.111 GPa\Delta P_0 = 10/(109.8 - 20) = 0.111\,\mathrm{GPa} ; puisque hc∝P02h_c \propto P_0^2, Δhc/hc=2×0.111/2.26=9.8 %\Delta h_c/h_c = 2\times0.111/2.26 = 9.8\,\%, soit environ un dixième par 10 ∘C10\,{}^{\circ}\mathrm{C}. 25. Sous une dorsale très lente, le manteau monte si lentement qu’il perd de la chaleur par conduction vers la surface froide ; il quitte l’adiabate, sa fusion s’arrête plus profondément, et le sommet du triangle, où FF est le plus grand, est tronqué : la croûte est plus mince. 26. La croûte des dorsales normales donne une température potentielle du manteau de 1315 ∘C1315\,{}^{\circ}\mathrm{C}, à environ 12 ∘C12\,{}^{\circ}\mathrm{C} près : 35 ∘C35\,{}^{\circ}\mathrm{C} sous les 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C} de la physique des minéraux, qui est incertaine d’environ autant, et bien à l’intérieur de l’intervalle de 1280 à 1400 ∘C1400\,{}^{\circ}\mathrm{C} issu des laves. Trois thermomètres indépendants concordent sur un manteau voisin de 1300 ∘C1300\,{}^{\circ}\mathrm{C} à 1350 ∘C1350\,{}^{\circ}\mathrm{C}.

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