পৃথিবী ও মহাকাশ বিজ্ঞান · বই 3 · স্নাতক প্রথম বর্ষ

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année

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Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année · স্নাতক প্রথম বর্ষ

7Les minéraux des roches

Un plan de travail en granite montre trois ou quatre sortes de grains : du quartz gris vitreux, du feldspath rose ou blanc, des paillettes de mica noir. Un sable de plage est presque entièrement du quartz. Les petits cristaux verts dispersés dans un basalte sont de l’olivine, et le même minéral, de composition légèrement différente, forme l’essentiel du manteau supérieur. Une poignée de minéraux construit presque toutes les roches, et presque tous sont des silicates : de l’oxygène et du silicium, les deux éléments les plus abondants de la croûte, réunis en tétraèdres qui s’enchaînent de quelques façons simples. Ce chapitre explique comment l’enchaînement fixe la formule et l’habitus d’un silicate, comment un élément en remplace un autre dans un cristal de sorte qu’un minéral est une gamme de compositions plutôt qu’une seule, comment une analyse chimique devient une formule, et quels sont les principaux minéraux des roches. Il se termine par une olivine de basalte, analysée, recalculée et pesée.

Tu sais déjà

Un cristal est un solide dont les atomes se répètent sur un réseau ; la maille est la plus petite boîte qui se répète, et la coordinence d’un ion compte ses plus proches voisins de charge opposée (chimie, volume de première année). Les rayons ioniques dépendent de la charge et de la coordinence. Un minéral s’identifie à la main par son habitus, son clivage, sa dureté et son éclat (livre 2, année 11). La quantité de matière se compte en moles, et une masse molaire est la masse d’une mole (chimie).

7.1 Ce qu’est un minéral

Définition 7.1 (Minéral)

Un minéral est un solide d’origine naturelle de structure cristalline définie et de composition chimique soit fixe, soit variable dans des limites définies. Presque tous les minéraux sont inorganiques.

Une roche, au contraire, est un agrégat de grains d’un ou de plusieurs minéraux (ou de verre) : le granite est du quartz, des feldspaths et du mica ; le calcaire est surtout de la calcite. Les deux moitiés de la définition sont indépendantes. Le verre à vitre a la composition d’un silicate mais pas de structure cristalline : ce n’est pas un minéral, pas plus que le verre d’une lave trempée. Inversement, une même composition peut cristalliser dans plusieurs structures, et chaque structure est un minéral différent.

Définition 7.2 (Polymorphe)

Deux minéraux sont des polymorphes l’un de l’autre lorsqu’ils ont la même composition chimique et des structures cristallines différentes.

Le carbone cristallise en graphite, un empilement de feuillets d’hexagones de masse volumique 2.16 g cm−32.16\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}, et en diamant, une charpente où chaque atome a quatre voisins, de masse volumique 3.51 g cm−33.51\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}. Le carbonate de calcium est de la calcite (2.71 g cm−32.71\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) ou de l’aragonite (2.93 g cm−32.93\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) ; la silice est du quartz (2.65 g cm−32.65\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) ou de la coésite (2.93 g cm−32.93\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) ; AlX2SiOX5\ce{Al2SiO5} est du disthène (3.61 g cm−33.61\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), de l’andalousite (3.15 g cm−33.15\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) ou de la sillimanite (3.24 g cm−33.24\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}).

Dans chaque paire, le polymorphe le plus dense est celui qui se forme à plus haute pression : à une température donnée, une élévation de la pression favorise l’état de plus petit volume (chimie, déplacement d’un équilibre). Le diamant d’une kimberlite et la coésite d’une roche frappée par une météorite enregistrent donc des pressions que l’on ne trouve que profondément dans le manteau ou lors d’un impact. Les trois polymorphes de AlX2SiOX5\ce{Al2SiO5}, dont les domaines de stabilité se partagent le plan pression–température, servent à lire les conditions du métamorphisme (volume de deuxième année).

7.2 Le tétraèdre silicaté et ses enchaînements

Dans tout silicate courant, chaque atome de silicium occupe le centre de quatre atomes d’oxygène placés aux sommets d’un tétraèdre régulier : l’unité SiOX4\ce{SiO4} rappelée de la chimie. L’ion silicium est petit (0.26 A˚0.26\,\text{Å} en coordinence quatre) et l’ion oxyde gros, si bien que quatre oxygènes tiennent autour de lui et pas davantage ; la liaison silicium–oxygène est forte et en partie covalente. Une unité isolée porte une charge 4−4×2=−44 - 4\times2 = -4.

Les tétraèdres peuvent être isolés, leur charge compensée par des cations métalliques placés entre eux, ou partager des sommets : un oxygène commun à deux tétraèdres est un oxygène pontant. Deux tétraèdres ne partagent jamais une arête ni une face, ce qui rapprocherait trop deux siliciums. Les silicates se classent d’après le nombre de sommets que chaque tétraèdre partage (Définition 7.3).

Le tétraèdre SiO4 (a) et les façons dont les tétraèdres se lient, vus de dessus : chaque triangle est la base d’un tétraèdre, avec trois oxygènes à ses sommets, le quatrième au-dessus du point, qui marque le silicium. Les sommets qui se touchent sont des oxygènes partagés ; s est le nombre de sommets que partage chaque tétraèdre. Dans la charpente (h), les oxygènes apicaux (cercles ouverts : pointant vers le bas ; points : pointant vers le haut) sont eux aussi partagés, avec les feuillets du dessous et du dessus.
Le tétraèdre SiOX4\ce{SiO4} (a) et les façons dont les tétraèdres se lient, vus de dessus : chaque triangle est la base d’un tétraèdre, avec trois oxygènes à ses sommets, le quatrième au-dessus du point, qui marque le silicium. Les sommets qui se touchent sont des oxygènes partagés ; ss est le nombre de sommets que partage chaque tétraèdre. Dans la charpente (h), les oxygènes apicaux (cercles ouverts : pointant vers le bas ; points : pointant vers le haut) sont eux aussi partagés, avec les feuillets du dessous et du dessus.

Définition 7.3 (Les classes de silicates)

Les silicates se classent d’après l’enchaînement de leurs tétraèdres SiOX4\ce{SiO4}. Dans un nésosilicate, les tétraèdres sont isolés ; dans un sorosilicate, ils sont liés par paires par un oxygène partagé ; dans un cyclosilicate, ils forment des anneaux fermés, chacun partageant deux sommets ; dans un inosilicate, ils forment des chaînes sans fin, simples (chaque tétraèdre partageant deux sommets) ou doubles (deux chaînes simples jointes côte à côte, la moitié des tétraèdres partageant trois sommets) ; dans un phyllosilicate, ils forment des feuillets sans fin, chacun partageant trois sommets ; dans un tectosilicate, ils forment une charpente tridimensionnelle, chacun partageant ses quatre sommets.

Proposition 7.4 (Le rapport silicium/oxygène)

Si chaque tétraèdre SiOX4\ce{SiO4} d’un silicate partage en moyenne ss de ses quatre sommets avec d’autres tétraèdres, et si chaque oxygène partagé appartient à exactement deux tétraèdres, alors le réseau silicaté contient 4−s/24 - s/2 oxygènes par silicium, et porte une charge de s−4s - 4 par silicium.

Démonstration. On compte les oxygènes tétraèdre par tétraèdre. Un tétraèdre ayant sis_i sommets partagés possède entièrement ses 4−si4 - s_i oxygènes non partagés et la moitié de chacun de ses sis_i oxygènes partagés, puisque chacun est compté de nouveau par le tétraèdre voisin : il apporte 4−si+si/2=4−si/24 - s_i + s_i/2 = 4 - s_i/2 oxygènes. En sommant sur NN tétraèdres et en divisant par NN, on obtient 4−s/24 - s/2 oxygènes par silicium, ss étant la moyenne des sis_i. Chaque silicium apporte une charge +4+4 et chaque oxygène −2-2, donc la charge par silicium est 4−2(4−s/2)=s−44 - 2(4 - s/2) = s - 4. ∎

La proposition donne aussitôt l’anion de chaque classe. Tétraèdres isolés (s=0s = 0) : SiOX4X4−\ce{SiO4^{4-}}. Paires (s=1s = 1) : 4−1/2=7/24 - 1/2 = 7/2, soit SiX2OX7X6−\ce{Si2O7^{6-}}. Anneaux et chaînes simples (s=2s = 2) : SiOX3X2−\ce{SiO3^{2-}}, écrit SiX6OX18X12−\ce{Si6O18^{12-}} pour un anneau de six, SiX2OX6X4−\ce{Si2O6^{4-}} pour deux tétraèdres d’une chaîne. Chaînes doubles (la moitié avec s=2s = 2, la moitié avec s=3s = 3, donc s=5/2s = 5/2) : 4−5/4=11/44 - 5/4 = 11/4, SiX4OX11X6−\ce{Si4O11^{6-}}. Feuillets (s=3s = 3) : SiX2OX5X2−\ce{Si2O5^{2-}}. Charpentes (s=4s = 4) : SiOX2\ce{SiO2}, neutre — le quartz est une charpente de silicium et d’oxygène seuls. Plus les tétraèdres partagent, plus la charge à compenser est petite et moins il y a de cations métalliques : l’olivine MgX2SiOX4\ce{Mg2SiO4} a deux ions métalliques par silicium, un pyroxène comme l’enstatite MgX2SiX2OX6\ce{Mg2Si2O6} un seul, le quartz aucun.

L’enchaînement façonne aussi le cristal. Un silicate en feuillets se clive facilement entre ses feuillets, où les liaisons sont faibles : les micas se débitent en minces paillettes flexibles. Les silicates en chaînes se clivent parallèlement à leurs chaînes, selon deux plans faisant un angle fixé par l’empilement des chaînes : environ 87∘87{}^{\circ} et 93∘93{}^{\circ} dans les pyroxènes, dont les chaînes sont étroites, 56∘56{}^{\circ} et 124∘124{}^{\circ} dans les amphiboles, dont les chaînes doubles sont plus larges. Les deux angles de clivage, vus sur un cristal brisé ou en lame mince, sont la façon classique de distinguer les deux groupes.

7.3 Substitution ionique et solutions solides

Un cristal est un ensemble de sites, et un site se définit par sa taille et par la charge qu’il requiert, non par un élément. Un ion de taille et de charge convenables peut prendre la place d’un autre dans le cristal en croissance, et aucune roche n’est assez pure pour n’en fournir qu’un seul.

Définition 7.5 (Substitution ionique, substitution couplée)

Une substitution ionique est le remplacement, dans un site d’une structure cristalline, d’un ion par un autre de rayon voisin, sans changement de la structure. Une substitution couplée est un couple de substitutions sur deux sites différents dont les changements de charge s’annulent, de sorte que le cristal reste neutre.

Deux règles empiriques, dues à Goldschmidt, disent quelles substitutions sont possibles. Les rayons doivent être voisins : la substitution est libre lorsqu’ils diffèrent de moins de 15 %15\,\% environ, limitée entre 15 et 30 %30\,\% environ, et rare au-delà. Les charges ne doivent pas différer de plus d’une unité, et une différence de charge doit être compensée ailleurs dans la structure. Dans le site de coordinence six de l’olivine, MgX2+\ce{Mg^{2+}} (0.72 A˚0.72\,\text{Å}) est remplacé librement par FeX2+\ce{Fe^{2+}} (0.78 A˚0.78\,\text{Å}, 8 %8\,\% plus gros) et par NiX2+\ce{Ni^{2+}} (0.69 A˚0.69\,\text{Å}), peu par MnX2+\ce{Mn^{2+}} (0.83 A˚0.83\,\text{Å}), à peine par CaX2+\ce{Ca^{2+}} (1.00 A˚1.00\,\text{Å}, 39 %39\,\% plus gros). Les règles sont des guides : la température élargit le domaine possible, car un cristal chaud tolère davantage de contrainte, ce qui explique qu’un minéral formé à haute température contienne souvent davantage d’ions mal ajustés que le même minéral formé à froid.

Définition 7.6 (Solution solide, pôle pur)

Une solution solide est un minéral dans lequel un ou plusieurs sites structuraux sont occupés, dans des proportions qui varient continûment, par deux ions ou davantage. Les pôles purs d’une solution solide sont les compositions à ses limites, chacune avec chaque site variable rempli par un seul ion ; une composition intermédiaire est donnée par les fractions molaires des pôles purs.

L’olivine est la solution solide entre la forstérite MgX2SiOX4\ce{Mg2SiO4} (Fo) et la fayalite FeX2SiOX4\ce{Fe2SiO4} (Fa), complète d’un pôle pur à l’autre : une olivine dont 82 %82\,\% des sites de coordinence six sont occupés par le magnésium et 18 %18\,\% par le fer s’écrit Fo82\text{Fo}_{82}, ou (MgX0.82FeX0.18)X2SiOX4\ce{(Mg_{0.82}Fe_{0.18})2SiO4}. Le grenat, le pyroxène, l’amphibole et le mica sont des solutions solides de la même façon. Les feldspaths plagioclases sont une solution solide d’une autre sorte, entre l’albite NaAlSiX3OX8\ce{NaAlSi3O8} (Ab) et l’anorthite CaAlX2SiX2OX8\ce{CaAl2Si2O8} (An). Le sodium et le calcium ont presque le même rayon (1.02 A˚1.02\,\text{Å} et 1.00 A˚1.00\,\text{Å} en coordinence six) mais des charges différentes ; chaque calcium qui entre doit être accompagné d’un aluminium remplaçant un silicium dans un tétraèdre :

Na++Si4+  ⇌  Ca2++Al3+,\mathrm{Na^{+}} + \mathrm{Si^{4+}} \;\rightleftharpoons\; \mathrm{Ca^{2+}} + \mathrm{Al^{3+}},

une substitution couplée qui laisse inchangée la charge totale. L’aluminium peut entrer dans un tétraèdre parce qu’il est assez petit (0.39 A˚0.39\,\text{Å} en coordinence quatre) ; c’est le remplaçant le plus courant du silicium dans les silicates.

La substitution couplée dans le plagioclase. Le remplacement d’un sodium par un calcium dans le grand site ajoute une charge positive ; le remplacement d’un silicium par un aluminium dans un tétraèdre en retire une. Tout plagioclase intermédiaire Na_1-x Ca_x Al_1+x Si_3-x O_8 est neutre.
La substitution couplée dans le plagioclase. Le remplacement d’un sodium par un calcium dans le grand site ajoute une charge positive ; le remplacement d’un silicium par un aluminium dans un tétraèdre en retire une. Tout plagioclase intermédiaire Na1−xCaxAl1+xSi3−xO8\mathrm{Na}_{1-x}\mathrm{Ca}_x\mathrm{Al}_{1+x}\mathrm{Si}_{3-x}\mathrm{O}_8 est neutre.

Les propriétés d’une solution solide varient avec sa composition, et c’est ce qui les rend utiles : une masse volumique mesurée, un indice de réfraction ou une dimension de maille donne la composition. Le modèle le plus simple traite la solution solide comme un mélange idéal en volume : une mole de Fox\text{Fo}_x occupe le volume de xx mole de forstérite et de 1−x1 - x mole de fayalite. C’est un modèle, à comparer aux mesures, et il apprend déjà quelque chose de non évident sur la masse volumique.

Proposition 7.7 (Volume molaire et masse volumique d’une solution solide idéale)

Soient deux pôles purs de masses molaires M1M_1, M2M_2 et de volumes molaires V1=M1/ρ1V_1 = M_1/\rho_1, V2=M2/ρ2V_2 = M_2/\rho_2. Dans une solution solide de fraction molaire xx en pôle pur 1, la masse molaire est M(x)=xM1+(1−x)M2M(x) = x M_1 + (1 - x) M_2. Si le volume molaire est V(x)=xV1+(1−x)V2V(x) = x V_1 + (1 - x) V_2 (mélange idéal), la masse volumique est

ρ(x)=xM1+(1−x)M2xV1+(1−x)V2,\rho(x) = \frac{x M_1 + (1 - x) M_2}{x V_1 + (1 - x) V_2},

qui vaut ρ1\rho_1 en x=1x = 1 et ρ2\rho_2 en x=0x = 0, et n’est une fonction linéaire de xx que si V1=V2V_1 = V_2 ou ρ1=ρ2\rho_1 = \rho_2.

Démonstration. Une mole de la solution solide contient xx mole de la première unité formulaire et 1−x1 - x mole de la seconde ; sa masse est xM1+(1−x)M2x M_1 + (1 - x) M_2, son volume V(x)V(x) par hypothèse, et ρ=M/V\rho = M/V. En x=1x = 1, ρ=M1/V1=ρ1\rho = M_1/V_1 = \rho_1 ; en x=0x = 0, ρ=ρ2\rho = \rho_2. Si V1=V2V_1 = V_2, ρ=M(x)/V1\rho = M(x)/V_1 est affine. Sinon, écrivons ρ=(a+bx)/(c+dx)\rho = (a + bx)/(c + dx) avec d=V1−V2≠0d = V_1 - V_2 \ne 0. Si elle était affine, p+qxp + qx, alors a+bx=(c+dx)(p+qx)a + bx = (c + dx)(p + qx) pour tout xx, et le coefficient de x2x^2 donne qd=0qd = 0, donc q=0q = 0 : ρ\rho serait constante, ρ1=ρ2\rho_1 = \rho_2. Réciproquement, des masses volumiques égales des pôles purs rendent ρ\rho constante. ∎

Pour l’olivine, avec les masses volumiques mesurées 3.275 g cm−33.275\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} pour la forstérite et 4.392 g cm−34.392\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} pour la fayalite et les masses molaires 140.691 g mol−1140.691\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1} et 203.771 g mol−1203.771\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}, les volumes molaires sont 42.96 cm3 mol−142.96\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1} et 46.40 cm3 mol−146.40\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1} : remplacer le magnésium par l’ion fer, plus gros, gonfle le cristal de 8 %8\,\%, et ajoute 45 %45\,\% à sa masse. La courbe de masse volumique passe légèrement au-dessus de la droite joignant les pôles purs, de jusqu’à environ 0.02 g cm−30.02\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} (Exercice 7.10) : une interpolation en ligne droite est proche, mais non exacte.

La solution solide de l’olivine comme mélange idéal de forstérite et de fayalite, d’après leurs masses volumiques mesurées. À gauche : le volume molaire, linéaire en fonction de la composition. À droite : la masse volumique (trait plein), légèrement au-dessus de la droite joignant les pôles purs (tirets).
La solution solide de l’olivine comme mélange idéal de forstérite et de fayalite, d’après leurs masses volumiques mesurées. À gauche : le volume molaire, linéaire en fonction de la composition. À droite : la masse volumique (trait plein), légèrement au-dessus de la droite joignant les pôles purs (tirets).

7.4 Formules minérales

Définition 7.8 (Formule structurale, nombre de magnésium)

La formule structurale d’un minéral donne, pour un nombre fixé d’atomes d’oxygène, le nombre d’atomes de chaque élément et le site que chacun occupe, les ions qui se partagent un site étant écrits ensemble : l’olivine (Mg,Fe)2SiO4\mathrm{(Mg, Fe)_2SiO_4}, un plagioclase (Na0.5Ca0.5)(Al1.5Si2.5)O8\mathrm{(Na_{0.5}Ca_{0.5})(Al_{1.5}Si_{2.5})O_8}. Le nombre de magnésium d’un minéral ou d’une roche est

Mg#=100 MgMg+Fe2+,\mathrm{Mg\#} = 100\,\frac{\mathrm{Mg}}{\mathrm{Mg} + \mathrm{Fe^{2+}}},

les nombres d’atomes étant comptés en moles (ou par unité formulaire).

Une analyse chimique d’un minéral, faite à la microsonde électronique sur une lame mince polie (Chapitre 6), ne donne pas une formule : elle donne la masse de chaque élément, rapportée par convention à la masse de son oxyde, en pourcentage de la masse de l’échantillon. Transformer ces pourcentages en formule est un calcul de routine.

Méthode 7.9 (Recalculer une analyse sur un nombre fixé d’oxygènes)

Soit une analyse donnant les oxydes en pourcentage en masse, et soit nOn_O le nombre d’oxygènes du minéral par unité formulaire (4 pour l’olivine, 8 pour un feldspath, 6 pour un pyroxène, 12 pour un grenat).

  1. Diviser le pourcentage en masse de chaque oxyde par sa masse molaire : cela donne les moles d’oxyde dans 100 g100\,\mathrm{g} de minéral.
  2. Multiplier par le nombre d’oxygènes de l’oxyde (2 pour SiOX2\ce{SiO2}, 3 pour AlX2OX3\ce{Al2O3}, 1 pour MgO\ce{MgO}) pour obtenir les moles d’oxygène, et par le nombre de cations de l’oxyde (2 pour AlX2OX3\ce{Al2O3} et NaX2O\ce{Na2O}, 1 pour SiOX2\ce{SiO2}) pour obtenir les moles de cation.
  3. Additionner les moles d’oxygène, et calculer le facteur f=nO/∑(moles d’O)f = n_O / \sum(\text{moles d'O}).
  4. Multiplier chaque nombre de moles de cation par ff : les résultats sont les atomes de chaque élément par unité formulaire.
  5. Répartir les cations dans les sites (le silicium et assez d’aluminium pour remplir les tétraèdres, le reste dans les plus grands sites), et vérifier que chaque site contient le nombre d’atomes de la formule idéale.

Exemple travaillé : une olivine à 40.80 %40.80\,\% de SiOX2\ce{SiO2}, 49.40 %49.40\,\% de MgO\ce{MgO} et 9.80 %9.80\,\% de FeO\ce{FeO}. Avec les masses molaires 60.08360.083, 40.30440.304 et 71.844 g mol−171.844\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}, les moles dans 100 g100\,\mathrm{g} sont 0.679060.67906, 1.225681.22568 et 0.136410.13641 ; les oxygènes sont 2×0.67906+1.22568+0.13641=2.720212\times0.67906 + 1.22568 + 0.13641 = 2.72021, et le facteur est f=4/2.72021=1.47047f = 4/2.72021 = 1.47047. Pour quatre oxygènes : Si 0.9990.999, Mg 1.8021.802, Fe 0.2010.201. Le site tétraédrique contient 0.9990.999 atome et les sites octaédriques 1.802+0.201=2.0031.802 + 0.201 = 2.003, très proches de 1 et 2 : l’analyse est bonne, et l’olivine est (MgX1.80FeX0.20)SiOX4\ce{(Mg_{1.80}Fe_{0.20})SiO4}, Fo90\text{Fo}_{90}, avec un nombre de magnésium de 90. Notons que les charges s’ajoutent à 2nO=82n_O = 8 automatiquement, quelle que soit l’analyse, tant que chaque cation garde la charge de son oxyde : le recalcul rend lui-même la formule neutre. Ce sont les totaux des sites qui font le véritable test.

Une somme de cations trop grande pour le nombre d’oxygènes choisi indique qu’une partie du fer est FeX3+\ce{Fe^{3+}}, qui apporte plus d’oxygène par atome que l’analyse ne l’a supposé (Exercice 7.12) ; une somme trop petite, ou un total très inférieur à 100 %100\,\%, indique que quelque chose n’a pas été analysé — l’eau d’une amphibole ou d’un mica, le dioxyde de carbone d’un carbonate. Les minéraux hydratés se recalculent donc sur leurs oxygènes anhydres : 23 pour une amphibole dont la formule a OX22(OH)X2\ce{O22(OH)2}, 22 pour un mica de formule OX20(OH)X4\ce{O20(OH)4} dans une unité formulaire doublée.

7.5 Les principaux minéraux des roches

Définition 7.10 (Les principaux groupes de minéraux)

L’olivine est la solution solide de nésosilicates (Mg, Fe)X2SiOX4\ce{(Mg,Fe)2SiO4}. Le grenat est un groupe de nésosilicates cubiques X3Y2(SiO4)3\mathrm{X_3Y_2(SiO_4)_3}, X un ion divalent (Mg, Fe, Mn, Ca), Y un ion trivalent (Al, Fe, Cr). Un pyroxène est un inosilicate à chaîne simple XYSi2O6\mathrm{XYSi_2O_6} ; une amphibole est un inosilicate à chaîne double contenant de l’hydroxyle, d’environ A0−1X2Y5(Si,Al)8O22(OH)2\mathrm{A_{0-1}X_2Y_5(Si,Al)_8O_{22}(OH)_2}. Un mica est un silicate en feuillets avec un ion potassium entre les feuillets, comme la muscovite KAlX2(SiX3Al)OX10(OH)X2\ce{KAl2(Si3Al)O10(OH)2} et la biotite K(Mg, Fe)X3(SiX3Al)OX10(OH)X2\ce{K(Mg,Fe)3(Si3Al)O10(OH)2}. Un feldspath est un silicate d’aluminium en charpente, de sodium, de potassium ou de calcium. Les feldspaths de type plagioclase forment la solution solide albite NaAlSiX3OX8\ce{NaAlSi3O8} – anorthite CaAlX2SiX2OX8\ce{CaAl2Si2O8} ; le feldspath alcalin se situe entre l’albite et l’orthose KAlSiX3OX8\ce{KAlSi3O8}.

groupepôles purs ou exempleclassemasse volumique (g cm−3\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3})duretéclivage
olivineforstérite MgX2SiOX4\ce{Mg2SiO4} – fayalite FeX2SiOX4\ce{Fe2SiO4}néso3.28–4.396.5–7imparfait ; cassure conchoïdale
grenatalmandin FeX3AlX2(SiOX4)X3\ce{Fe3Al2(SiO4)3} ; pyrope MgX3AlX2(SiOX4)X3\ce{Mg3Al2(SiO4)3}néso4.32 ; 3.747–7.5aucun
pyroxènediopside CaMgSiX2OX6\ce{CaMgSi2O6} ; enstatite MgX2SiX2OX6\ce{Mg2Si2O6}ino, chaîne simple3.22–3.38 ; 3.25.5–6.5deux, à environ 87∘87{}^{\circ} et 93∘93{}^{\circ}
amphibolehornblende
CaX2(Mg, Fe)X4Al(SiX7Al)OX22(OH)X2\ce{Ca2(Mg,Fe)4Al(Si7Al)O22(OH)2}
ino, chaîne double3.10–3.285–6deux, à 56∘56{}^{\circ} et 124∘124{}^{\circ}
micamuscovite KAlX2(SiX3Al)OX10(OH)X2\ce{KAl2(Si3Al)O10(OH)2} ;
biotite K(Mg, Fe)X3(SiX3Al)OX10(OH)X2\ce{K(Mg,Fe)3(Si3Al)O10(OH)2}
phyllo2.77–2.88 ; 2.7–3.32.5–3un, parfait : minces paillettes
feldspathalbite NaAlSiX3OX8\ce{NaAlSi3O8} ; anorthite CaAlX2SiX2OX8\ce{CaAl2Si2O8} ; orthose KAlSiX3OX8\ce{KAlSi3O8}tecto2.55–2.766–6.5deux bons, {001} et {010}
quartzSiOX2\ce{SiO2}tecto2.657aucun ; cassure conchoïdale
carbonatescalcite CaCOX3\ce{CaCO3} ; dolomite CaMg(COX3)X2\ce{CaMg(CO3)2}—2.71 ; 2.843 ; 3.5–4trois, rhomboédriques
oxyde de fermagnétite FeX3OX4\ce{Fe3O4}—5.185.5–6.5aucun ; fortement magnétique
Table 7.1. Les principaux minéraux des roches : formules des pôles purs ou d’un membre courant, classe structurale, masse volumique mesurée et dureté sur l’échelle de Mohs. Les intervalles sont ceux des pôles purs ou d’échantillons naturels.

Le Table 7.1 rassemble les minéraux qui constituent presque toutes les roches de la croûte et du manteau. Leur localisation découle de leur chimie et des conditions dans lesquelles ils cristallisent.

Les silicates sombres. L’olivine, les pyroxènes, les amphiboles, la biotite et de nombreux grenats sont riches en magnésium et en fer ; ils sont denses et sombres. L’olivine et les pyroxènes cristallisent à partir de liquides magmatiques chauds riches en magnésium : ce sont les minéraux du basalte et du gabbro, et de la péridotite du manteau supérieur, faite surtout d’olivine. Les amphiboles et la biotite contiennent de l’hydroxyle et ont besoin d’eau dans le magma ou la roche : on les trouve dans les andésites, les diorites et les granites, et dans de nombreuses roches métamorphiques. Le grenat croît surtout dans les roches métamorphiques — les grains rouges d’un micaschiste sont de l’almandin — et dans les roches du manteau profond, où le pyrope est stable.

Les silicates clairs. Les feldspaths, le quartz et la muscovite sont riches en silicium, en aluminium et en alcalins ; ils sont clairs et de masse volumique plus faible. Les feldspaths sont les minéraux les plus abondants de la croûte : le plagioclase dans les basaltes, les gabbros et la plupart des autres roches magmatiques, le feldspath alcalin dans les granites. Le quartz cristallise en dernier à partir des liquides riches en silice, remplissant les espaces entre les autres grains d’un granite ; parce qu’il est dur, sans clivage et presque insoluble, il survit à l’altération et au transport et s’accumule en sable. Les minéraux argileux, silicates en feuillets formés en surface, font l’objet du Chapitre 19.

Les autres. La calcite et la dolomite font les calcaires, les dolomies et les marbres ; la calcite est le seul minéral courant qui fait effervescence dans un acide dilué froid, et elle se brise selon trois clivages en rhomboèdres. La magnétite, présente en petites quantités dans de nombreuses roches magmatiques, porte l’essentiel de leur aimantation, l’enregistrement que lisent les méthodes magnétiques des chapitres suivants.

7.5.1 Minéraux et masse volumique des roches

La masse volumique d’une roche découle de ses minéraux. Si une roche sans pores est faite de minéraux en fractions volumiques φi\varphi_i (de somme 1) de masses volumiques ρi\rho_i, un volume VV de roche contient une masse ∑iφiVρi\sum_i \varphi_i V \rho_i, de sorte que

ρroche=∑iφi ρi,wi=φi ρiρroche,\rho_{\text{roche}} = \sum_i \varphi_i\,\rho_i , \qquad w_i = \frac{\varphi_i\,\rho_i}{\rho_{\text{roche}}},

où wiw_i est la fraction massique du minéral ii. Prenons un granite de 30 %30\,\% de quartz (2.65 g cm−32.65\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), 60 %60\,\% de feldspaths (environ 2.62 g cm−32.62\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) et 10 %10\,\% de biotite (environ 3.0 g cm−33.0\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), et un gabbro de 55 %55\,\% de plagioclase (environ 2.72 g cm−32.72\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), 35 %35\,\% de pyroxène (environ 3.30 g cm−33.30\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}) et 10 %10\,\% d’olivine (environ 3.45 g cm−33.45\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}), chaque masse volumique étant choisie dans les intervalles du Table 7.1. Alors

ρgranite=0.30×2.65+0.60×2.62+0.10×3.0=2.67 g cm−3,ρgabbro=0.55×2.72+0.35×3.30+0.10×3.45=3.00 g cm−3.\begin{align*} \rho_{\text{granite}} &= 0.30\times2.65 + 0.60\times2.62 + 0.10\times3.0 = 2.67\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3},\\ \rho_{\text{gabbro}} &= 0.55\times2.72 + 0.35\times3.30 + 0.10\times3.45 = 3.00\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}. \end{align*}

La différence, d’environ 12 %12\,\%, vient des silicates sombres : le fer et le magnésium qui manquent à un granite. C’est la raison pour laquelle un continent, construit en grande partie de roches granitiques, se dresse plus haut qu’un fond océanique de basalte et de gabbro, un équilibre repris au Chapitre 11. Dans le gabbro, l’olivine représente 10 %10\,\% du volume mais 0.10×3.45/3.00=11.5 %0.10\times3.45/3.00 = 11.5\,\% de la masse : un minéral dense pèse davantage dans une roche que sa part du volume.

Au laboratoire — Distinguer les minéraux

Rhomboèdres de clivage de la calcite. Photographie Giovanna Canu et Eva Santini, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons).

Au laboratoire, un minéralogiste qui identifie un échantillon à la main éprouve tour à tour les propriétés du Table 7.1 : la dureté contre une pointe d’acier et une plaque de verre, le clivage sur une cassure fraîche, la masse volumique à partir du poids de l’échantillon dans l’air et dans l’eau, et, pour un carbonate, la réaction à une goutte d’acide chlorhydrique dilué froid sous une aspiration. Le clivage de la calcite est le cas d’école : un cristal se brise encore et encore en rhomboèdres plus petits aux mêmes angles. Les grains trop petits pour la main s’identifient en lame mince au microscope polarisant (Chapitre 8), et leur composition exacte par analyse à la microsonde, recalculée comme dans la Méthode 7.9.

(a) olivine
(a) olivine
(b) plagioclase (labradorite)
(b) plagioclase (labradorite)
(c) quartz (améthyste)
(c) quartz (améthyste)
(d) biotite sur orthose
(d) biotite sur orthose
(e) grenat (almandin)
(e) grenat (almandin)
(f) hornblende
(f) hornblende
Six minéraux des roches : (a) un cristal d’olivine gemme ; (b) une dalle polie de plagioclase montrant le jeu de couleurs de la labradorite ; (c) des cristaux de quartz, prismes à six pans à pointes pyramidales ; (d) un livre de paillettes de biotite sur un cristal d’orthose ; (e) un cristal de grenat almandin dans sa matrice ; (f) un prisme de hornblende. Photographies (a), (c)–(f) Robert M. Lavinsky, CC BY-SA 3.0 ; (b) Twyla Baker, CC0 (Wikimedia Commons).

7.6 Exercices

Exercice 7.1 ★

Nommer la classe de silicate de chaque anion, et donner le nombre ss de sommets partagés par chaque tétraèdre : SiOX4X4−\ce{SiO4^{4-}}, SiX2OX7X6−\ce{Si2O7^{6-}}, SiX6OX18X12−\ce{Si6O18^{12-}}, SiX2OX5X2−\ce{Si2O5^{2-}}, SiOX2\ce{SiO2}. À quelle classe SiOX3X2−\ce{SiO3^{2-}} pourrait-il appartenir ?

Solution

Solution de Exercice 7.1.

SiOX4X4−\ce{SiO4^{4-}} : nésosilicate, s=0s = 0. SiX2OX7X6−\ce{Si2O7^{6-}} : sorosilicate, s=1s = 1. SiX6OX18X12−\ce{Si6O18^{12-}} : cyclosilicate, s=2s = 2. SiX2OX5X2−\ce{Si2O5^{2-}} : phyllosilicate, s=3s = 3. SiOX2\ce{SiO2} : tectosilicate, s=4s = 4. SiOX3X2−\ce{SiO3^{2-}} a 4−s/2=34 - s/2 = 3, donc s=2s = 2 : un anneau (cyclosilicate) ou une chaîne simple (inosilicate) ; le rapport seul ne permet pas de les distinguer.

Exercice 7.2 ★

Avec les masses atomiques O 15.99915.999, Si 28.08528.085, Mg 24.30524.305 et Fe 55.845 g mol−155.845\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}, calculer les masses molaires de la forstérite et de la fayalite, puis leurs volumes molaires à partir des masses volumiques 3.2753.275 et 4.392 g cm−34.392\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}.

Solution

Solution de Exercice 7.2.

Forstérite : 2×24.305+28.085+4×15.999=140.691 g mol−12\times24.305 + 28.085 + 4\times15.999 = 140.691\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1} ; fayalite : 2×55.845+28.085+4×15.999=203.771 g mol−12\times55.845 + 28.085 + 4\times15.999 = 203.771\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}. Volumes molaires : 140.691/3.275=42.96 cm3 mol−1140.691/3.275 = 42.96\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1} et 203.771/4.392=46.40 cm3 mol−1203.771/4.392 = 46.40\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1}.

Exercice 7.3 ★

En coordinence six, les rayons sont MgX2+\ce{Mg^{2+}} 0.72 A˚0.72\,\text{Å}, FeX2+\ce{Fe^{2+}} 0.78 A˚0.78\,\text{Å}, NiX2+\ce{Ni^{2+}} 0.69 A˚0.69\,\text{Å}, MnX2+\ce{Mn^{2+}} 0.83 A˚0.83\,\text{Å} et CaX2+\ce{Ca^{2+}} 1.00 A˚1.00\,\text{Å}. Calculer l’écart de chacun au rayon de MgX2+\ce{Mg^{2+}} en pour cent, et dire, d’après les règles de Goldschmidt, lesquels peuvent remplacer librement le magnésium dans l’olivine.

Solution

Solution de Exercice 7.3.

(0.78−0.72)/0.72=+8.3 %(0.78 - 0.72)/0.72 = +8.3\,\% pour FeX2+\ce{Fe^{2+}} ; −4.2 %-4.2\,\% pour NiX2+\ce{Ni^{2+}} ; +15.3 %+15.3\,\% pour MnX2+\ce{Mn^{2+}} ; +38.9 %+38.9\,\% pour CaX2+\ce{Ca^{2+}}. Le fer et le nickel, à moins de 15 %15\,\%, remplacent librement le magnésium ; le manganèse, juste au-dessus, est limité ; le calcium, au-delà de 30 %30\,\%, n’entre guère. Les quatre ont la même charge que le magnésium.

Exercice 7.4 ★

Le graphite et le diamant ont pour masses volumiques 2.162.16 et 3.51 g cm−33.51\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} ; la calcite et l’aragonite 2.712.71 et 2.93 g cm−32.93\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}. De combien pour cent la masse volumique augmente-t-elle dans chaque changement ? Quel polymorphe de chaque paire se forme à la plus haute pression ?

Solution

Solution de Exercice 7.4.

(3.51−2.16)/2.16=62.5 %(3.51 - 2.16)/2.16 = 62.5\,\% du graphite au diamant ; (2.93−2.71)/2.71=8.1 %(2.93 - 2.71)/2.71 = 8.1\,\% de la calcite à l’aragonite. Les polymorphes les plus denses, le diamant et l’aragonite, sont les formes de haute pression.

Exercice 7.5 ★★

Écrire la formule structurale du plagioclase An30\text{An}_{30} (30 %30\,\% des grands sites occupés par le calcium), et vérifier qu’elle est neutre.

Solution

Solution de Exercice 7.5.

Avec x=0.30x = 0.30 dans Na1−xCaxAl1+xSi3−xO8\mathrm{Na}_{1-x}\mathrm{Ca}_x\mathrm{Al}_{1+x}\mathrm{Si}_{3-x}\mathrm{O}_8 : (Na0.7Ca0.3)(Al1.3Si2.7)O8\mathrm{(Na_{0.7}Ca_{0.3})(Al_{1.3}Si_{2.7})O_8}. Charges : 0.7+2×0.3+3×1.3+4×2.7=0.7+0.6+3.9+10.8=+160.7 + 2\times0.3 + 3\times1.3 + 4\times2.7 = 0.7 + 0.6 + 3.9 + 10.8 = +16, et 8×(−2)=−168\times(-2) = -16.

Exercice 7.6 ★★

Dans une chaîne double, la moitié des tétraèdres partagent deux sommets et la moitié en partagent trois. Compter les oxygènes d’un groupe répété de quatre tétraèdres directement sur le panneau (f) de la figure des enchaînements, et vérifier la formule SiX4OX11X6−\ce{Si4O11^{6-}} donnée par la Proposition 7.4.

Solution

Solution de Exercice 7.6.

Un groupe répété comprend deux tétraèdres partageant trois sommets (ceux dont l’apex joint les deux chaînes) et deux en partageant deux. Les quatre tétraèdres ont 4×4=164\times4 = 16 sommets, dont 3+3+2+2=103 + 3 + 2 + 2 = 10 sont partagés, soit 10/2=510/2 = 5 oxygènes partagés ; les 16−10=616 - 10 = 6 autres ne sont pas partagés. Total 5+6=115 + 6 = 11 oxygènes pour 4 siliciums : SiX4OX11\ce{Si4O11}, de charge 4×4−11×2=−64\times4 - 11\times2 = -6. La proposition donne la même chose avec s=5/2s = 5/2 : 4−5/4=11/44 - 5/4 = 11/4 oxygènes par silicium, charge 5/2−4=−3/25/2 - 4 = -3/2 par silicium.

Exercice 7.7 ★★

Recalculer sur quatre oxygènes l’analyse d’olivine 40.20 %40.20\,\% de SiOX2\ce{SiO2}, 47.10 %47.10\,\% de MgO\ce{MgO}, 12.20 %12.20\,\% de FeO\ce{FeO}, 0.40 %0.40\,\% de NiO\ce{NiO} (masse molaire de NiO\ce{NiO} 74.692 g mol−174.692\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}). Donner sa formule structurale, la vérifier, et donner sa teneur en forstérite. Montrer ensuite que la teneur en forstérite peut se trouver à partir des seuls pourcentages de MgO\ce{MgO} et de FeO\ce{FeO}.

Solution

Solution de Exercice 7.7.

Moles dans 100 g100\,\mathrm{g} : SiOX2\ce{SiO2} 40.20/60.083=0.6690740.20/60.083 = 0.66907 ; MgO\ce{MgO} 47.10/40.304=1.1686247.10/40.304 = 1.16862 ; FeO\ce{FeO} 12.20/71.844=0.1698112.20/71.844 = 0.16981 ; NiO\ce{NiO} 0.40/74.692=0.005360.40/74.692 = 0.00536. Oxygènes : 2×0.66907+1.16862+0.16981+0.00536=2.681942\times0.66907 + 1.16862 + 0.16981 + 0.00536 = 2.68194 ; f=4/2.68194=1.49146f = 4/2.68194 = 1.49146. Pour quatre oxygènes : Si 0.9980.998, Mg 1.7431.743, Fe 0.2530.253, Ni 0.0080.008. Les sites octaédriques contiennent 1.743+0.253+0.008=2.0041.743 + 0.253 + 0.008 = 2.004, le site tétraédrique 0.9980.998 : une bonne analyse, (MgX1.743FeX0.253NiX0.008)SiOX4\ce{(Mg_{1.743}Fe_{0.253}Ni_{0.008})SiO4}. Fo=100×1.743/(1.743+0.253)=87.3\mathrm{Fo} = 100\times1.743/(1.743 + 0.253) = 87.3. Le facteur ff multiplie Mg et Fe de la même façon, donc il s’élimine dans le rapport : Fo=100 (47.10/40.304)/(47.10/40.304+12.20/71.844)=100×1.16862/1.33843=87.3\mathrm{Fo} = 100\,(47.10/40.304)/(47.10/40.304 + 12.20/71.844) = 100\times1.16862/1.33843 = 87.3.

Exercice 7.8 ★★

Vérifier que la muscovite KAlX2(SiX3Al)OX10(OH)X2\ce{KAl2(Si3Al)O10(OH)2} est neutre. Ses feuillets de tétraèdres ont un aluminium pour trois silicium : quelle charge cela donne-t-il au feuillet par unité formulaire, et quel ion l’équilibre ?

Solution

Solution de Exercice 7.8.

Positif : 1+2×3+3×4+3=+221 + 2\times3 + 3\times4 + 3 = +22 ; négatif : 10×(−2)+2×(−1)=−2210\times(-2) + 2\times(-1) = -22. Un feuillet de composition SiX4OX10\ce{Si4O10} porterait −4-4 (Proposition 7.4, s=3s = 3) ; le remplacement d’un silicium sur quatre par de l’aluminium ajoute une charge négative, donc (SiX3Al)OX10\ce{(Si3Al)O10} porte −5-5. Les deux aluminiums octaédriques avec les deux hydroxyles, 6−2=+46 - 2 = +4, en équilibrent quatre sur cinq ; l’ion potassium entre les feuillets équilibre la cinquième.

Exercice 7.9 ★★

Avec les volumes molaires 42.9642.96 et 46.40 cm3 mol−146.40\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1} et les masses molaires 140.691140.691 et 203.771 g mol−1203.771\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1} : (a) calculer la masse volumique de Fo50\text{Fo}_{50} par mélange idéal, et la comparer à la moyenne des masses volumiques des pôles purs ; (b) trouver la teneur en forstérite d’une olivine de masse volumique 3.600 g cm−33.600\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}.

Solution

Solution de Exercice 7.9.

(a) M=(140.691+203.771)/2=172.231 g mol−1M = (140.691 + 203.771)/2 = 172.231\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}, V=(42.96+46.40)/2=44.68 cm3 mol−1V = (42.96 + 46.40)/2 = 44.68\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1}, ρ=172.231/44.68=3.855 g cm−3\rho = 172.231/44.68 = 3.855\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} ; la moyenne des masses volumiques est (3.275+4.392)/2=3.834 g cm−3(3.275 + 4.392)/2 = 3.834\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}, soit 0.021 g cm−30.021\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} de moins. (b) Résoudre 203.771+x(140.691−203.771)=3.600 (46.40+x(42.96−46.40))203.771 + x(140.691 - 203.771) = 3.600\,\bigl(46.40 + x(42.96 - 46.40)\bigr) : 203.771−63.080x=167.040−12.384x203.771 - 63.080x = 167.040 - 12.384x, donc x=36.731/50.696=0.7245x = 36.731/50.696 = 0.7245 : l’olivine est Fo72\text{Fo}_{72} (au pour cent près).

Exercice 7.10 ★★★

Avec les notations de la Proposition 7.7, montrer que

ρ(x)−(xρ1+(1−x)ρ2)=x(1−x)(ρ1−ρ2)(V1−V2)V(x).\rho(x) - \bigl(x\rho_1 + (1 - x)\rho_2\bigr) = \frac{x(1 - x)(\rho_1 - \rho_2)(V_1 - V_2)}{V(x)} .

En déduire que la masse volumique de l’olivine est au-dessus de la droite entre les pôles purs, et calculer l’écart en Fo50\text{Fo}_{50}.

Solution

Solution de Exercice 7.10.

Avec Mi=ρiViM_i = \rho_i V_i,

ρ(x)−(xρ1+(1−x)ρ2)=xρ1V1+(1−x)ρ2V2−(xρ1+(1−x)ρ2)(xV1+(1−x)V2)V(x).\rho(x) - \bigl(x\rho_1 + (1 - x)\rho_2\bigr) = \frac{x\rho_1V_1 + (1 - x)\rho_2V_2 - \bigl(x\rho_1 + (1 - x)\rho_2\bigr)\bigl(xV_1 + (1 - x)V_2\bigr)}{V(x)} .

En développant le produit, le numérateur vaut xρ1V1−x2ρ1V1+(1−x)ρ2V2−(1−x)2ρ2V2−x(1−x)(ρ1V2+ρ2V1)x\rho_1V_1 - x^2\rho_1V_1 + (1 - x)\rho_2V_2 - (1 - x)^2\rho_2V_2 - x(1 - x)(\rho_1V_2 + \rho_2V_1), et x−x2=x(1−x)x - x^2 = x(1 - x), (1−x)−(1−x)2=x(1−x)(1 - x) - (1 - x)^2 = x(1 - x), donc il vaut x(1−x)(ρ1V1+ρ2V2−ρ1V2−ρ2V1)=x(1−x)(ρ1−ρ2)(V1−V2)x(1 - x)(\rho_1V_1 + \rho_2V_2 - \rho_1V_2 - \rho_2V_1) = x(1 - x)(\rho_1 - \rho_2)(V_1 - V_2). Pour l’olivine (1 = forstérite), les deux différences sont négatives, 3.275−4.392=−1.1173.275 - 4.392 = -1.117 et 42.96−46.40=−3.4442.96 - 46.40 = -3.44, donc leur produit est positif et la masse volumique est au-dessus de la droite. En Fo50\text{Fo}_{50} : 0.25×1.117×3.44/44.68=0.0215 g cm−30.25\times1.117\times3.44/44.68 = 0.0215\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}, ce qui concorde avec l’Exercice 7.9 aux arrondis près des volumes molaires.

Exercice 7.11 ★★★

Un plagioclase de gabbro donne 54.10 %54.10\,\% de SiOX2\ce{SiO2}, 28.90 %28.90\,\% de AlX2OX3\ce{Al2O3}, 11.20 %11.20\,\% de CaO\ce{CaO}, 5.10 %5.10\,\% de NaX2O\ce{Na2O} et 0.30 %0.30\,\% de KX2O\ce{K2O} (masses molaires 60.08360.083, 101.961101.961, 56.07756.077, 61.97961.979, 94.195 g mol−194.195\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}). Le recalculer sur huit oxygènes ; vérifier que les sites tétraédriques (Si + Al) contiennent 4 atomes et le grand site (Ca + Na + K) 1 ; vérifier la substitution couplée en comparant Al−1\mathrm{Al} - 1 à Ca ; donner la teneur en anorthite 100 Ca/(Ca+Na+K)100\,\mathrm{Ca}/(\mathrm{Ca} + \mathrm{Na} + \mathrm{K}).

Solution

Solution de Exercice 7.11.

Total 99.60 %99.60\,\%. Moles d’oxyde : SiOX2\ce{SiO2} 0.900420.90042, AlX2OX3\ce{Al2O3} 0.283440.28344, CaO\ce{CaO} 0.199730.19973, NaX2O\ce{Na2O} 0.082290.08229, KX2O\ce{K2O} 0.003180.00318. Oxygènes : 1.80084+0.85033+0.19973+0.08229+0.00318=2.936361.80084 + 0.85033 + 0.19973 + 0.08229 + 0.00318 = 2.93636 ; f=8/2.93636=2.72446f = 8/2.93636 = 2.72446. Cations (deux fois les moles pour AlX2OX3\ce{Al2O3}, NaX2O\ce{Na2O}, KX2O\ce{K2O}) : Si 2.4532.453, Al 1.5441.544, Ca 0.5440.544, Na 0.4480.448, K 0.0170.017. Sites tétraédriques : 2.453+1.544=3.9972.453 + 1.544 = 3.997 ; grand site : 0.544+0.448+0.017=1.0090.544 + 0.448 + 0.017 = 1.009. Alors Al−1=0.544\mathrm{Al} - 1 = 0.544, égal à Ca aux arrondis près : chaque calcium est entré avec un aluminium. An=100×0.544/1.009=53.9\mathrm{An} = 100\times0.544/1.009 = 53.9 : une labradorite, An54\text{An}_{54}.

Exercice 7.12 ★★★

Une microsonde ne distingue pas FeX2+\ce{Fe^{2+}} de FeX3+\ce{Fe^{3+}} et rapporte tout le fer sous forme de FeO\ce{FeO}. (a) Montrer que la magnétite pure FeX3OX4\ce{Fe3O4}, analysée ainsi, totalise 93.09 %93.09\,\%. (b) Recalculer cette analyse sur quatre oxygènes, et dire pourquoi le résultat est impossible pour un minéral à trois cations pour quatre oxygènes. (c) Recalculer plutôt sur trois cations, et trouver les nombres de FeX2+\ce{Fe^{2+}} et de FeX3+\ce{Fe^{3+}} en exigeant que la formule soit neutre. (d) Réexprimer l’analyse en FeO\ce{FeO} et FeX2OX3\ce{Fe2O3}, et donner le nouveau total.

Solution

Solution de Exercice 7.12.

(a) M(FeX3OX4)=3×55.845+4×15.999=231.531 g mol−1M(\ce{Fe3O4}) = 3\times55.845 + 4\times15.999 = 231.531\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}. Ses trois fers, rapportés comme FeO\ce{FeO}, pèsent 3×71.844=215.532 g3\times71.844 = 215.532\,\mathrm{g}, soit 215.532/231.531=93.09 %215.532/231.531 = 93.09\,\% ; l’oxygène lié au FeX3+\ce{Fe^{3+}}, au-delà de ce que compte FeO\ce{FeO}, manque au total. (b) 93.09/71.844=1.2957293.09/71.844 = 1.29572 mole de FeO\ce{FeO} et d’oxygène ; f=4/1.29572=3.08708f = 4/1.29572 = 3.08708 ; quatre fers pour quatre oxygènes, FeX4OX4\ce{Fe4O4}. La magnétite a trois cations pour quatre oxygènes. Les oxygènes ont été sous-comptés : chaque FeX3+\ce{Fe^{3+}} en tient un et demi, non un comme le suppose FeO\ce{FeO}. (c) Sur trois cations, Fe =3= 3 avec aa FeX2+\ce{Fe^{2+}} et bb FeX3+\ce{Fe^{3+}} : a+b=3a + b = 3 et 2a+3b=82a + 3b = 8, donc b=2b = 2, a=1a = 1 : Fe2+Fe23+O4\mathrm{Fe^{2+}Fe^{3+}_2O_4}. (d) Un FeO\ce{FeO} et un FeX2OX3\ce{Fe2O3} par unité formulaire : 71.844/231.531=31.03 %71.844/231.531 = 31.03\,\% de FeO\ce{FeO} et 159.687/231.531=68.97 %159.687/231.531 = 68.97\,\% de FeX2OX3\ce{Fe2O3}, total 100.00 %100.00\,\%.

7.7 Problème : Une olivine d’un basalte

Problème 7.1

Problème du week-end — recalculer une analyse à la microsonde d’une olivine, écrire et vérifier sa formule, et trouver sa composition, sa masse volumique et sa masse dans un mètre cube de basalte

Les cristaux verts d’un basalte sont de l’olivine. Une analyse à la microsonde de l’un d’eux donne, en pourcentage en masse d’oxydes :

oxideSiOX2\ce{SiO2}FeO\ce{FeO}MnO\ce{MnO}MgO\ce{MgO}NiO\ce{NiO}CaO\ce{CaO}
% en masse39.5016.530.2343.320.200.22

Les masses atomiques sont O 15.99915.999, Si 28.08528.085, Fe 55.84555.845, Mn 54.93854.938, Mg 24.30524.305, Ni 58.69358.693, Ca 40.078 g mol−140.078\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}. La forstérite a une masse volumique de 3.275 g cm−33.275\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} et la fayalite de 4.392 g cm−34.392\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}.

Partie I — Des oxydes aux cations.

  1. Calculer les masses molaires des six oxydes.
  2. Calculer le total de l’analyse. Qu’aurait suggéré un total de 97 %97\,\% ?
  3. Calculer le nombre de moles de chaque oxyde dans 100 g100\,\mathrm{g} d’olivine.
  4. Calculer les moles d’oxygène qu’ils contiennent, et leur somme.
  5. Calculer les moles de chaque cation.
  6. Calculer le facteur qui ramène les oxygènes à quatre.
  7. Donner le nombre d’atomes de chaque élément pour quatre oxygènes, à trois décimales.

Partie II — La formule structurale.

  1. L’olivine a un site tétraédrique et deux sites octaédriques pour quatre oxygènes. Calculer la somme des cations autres que le silicium, et comparer les deux totaux de sites à la formule idéale.
  2. Écrire la formule structurale de l’olivine.
  3. Vérifier que la formule est neutre, et expliquer pourquoi cette vérification, contrairement à celle de la question 8, n’aurait pas pu échouer.
  4. À l’aide des rayons ioniques (MgX2+\ce{Mg^{2+}} 0.72 A˚0.72\,\text{Å}, FeX2+\ce{Fe^{2+}} 0.78 A˚0.78\,\text{Å}, NiX2+\ce{Ni^{2+}} 0.69 A˚0.69\,\text{Å}, MnX2+\ce{Mn^{2+}} 0.83 A˚0.83\,\text{Å}, CaX2+\ce{Ca^{2+}} 1.00 A˚1.00\,\text{Å}, tous en coordinence six), expliquer pourquoi le nickel est courant dans l’olivine et le calcium rare.
  5. La sonde rapporte tout le fer sous forme de FeO\ce{FeO}. Expliquer pourquoi le nombre total de cations trouvé à la question 7 montre que l’olivine ne contient pas de FeX3+\ce{Fe^{3+}} significatif.

Partie III — La composition.

  1. Calculer la teneur en forstérite Fo=100 Mg/(Mg+Fe)\mathrm{Fo} = 100\,\mathrm{Mg}/(\mathrm{Mg} + \mathrm{Fe}), à une décimale.
  2. Quel est le nombre de magnésium de l’olivine ? Pourquoi est-il égal ici à la teneur en forstérite ?
  3. Écrire l’olivine comme une solution solide binaire FoxFa1−x\mathrm{Fo}_x\mathrm{Fa}_{1-x}, en ignorant Mn, Ni et Ca, et donner la proportion de ses sites octaédriques occupés par le fer.
  4. Montrer que la teneur en forstérite se calcule à partir des seuls pourcentages de MgO\ce{MgO} et de FeO\ce{FeO}, sans le facteur de la question 6, et le faire.
  5. Une olivine qui a cristallisé plus tard dans la même lave contient 40.5 %40.5\,\% de MgO\ce{MgO} et 20.0 %20.0\,\% de FeO\ce{FeO}. Calculer sa teneur en forstérite. Quelle olivine est la plus riche en fer ?

Partie IV — Masse volumique et masse.

  1. Calculer les masses molaires et les volumes molaires de la forstérite et de la fayalite (volumes molaires à deux décimales).
  2. En prenant l’olivine comme le binaire FoxFa1−x\mathrm{Fo}_x\mathrm{Fa}_{1-x} de la question 15, avec xx arrondi à trois décimales, calculer sa masse molaire et son volume molaire par mélange idéal.
  3. En déduire sa masse volumique, à trois décimales.
  4. La comparer à l’interpolation en ligne droite entre les masses volumiques des pôles purs.
  5. Le basalte contient 12 %12\,\% d’olivine en volume. Quelle masse d’olivine un mètre cube de basalte contient-il ?
  6. Le basalte a une masse volumique de 2.95 g cm−32.95\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}. Quelle est la proportion d’olivine en masse ?
  7. Quelle est la teneur en forstérite de l’olivine, arrondie au pour cent entier ?
Solution

Solution de Problème 7.1.

1. SiOX2\ce{SiO2} 28.085+2×15.999=60.08328.085 + 2\times15.999 = 60.083 ; FeO\ce{FeO} 71.844 ; MnO\ce{MnO} 70.937 ; MgO\ce{MgO} 40.304 ; NiO\ce{NiO} 74.692 ; CaO\ce{CaO} 56.077 (g mol−1\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1}).

2. 39.50+16.53+0.23+43.32+0.20+0.22=100.00 %39.50 + 16.53 + 0.23 + 43.32 + 0.20 + 0.22 = 100.00\,\%. Un total de 97 %97\,\% aurait suggéré un constituant non analysé (l’eau, ou l’oxygène lié à FeX3+\ce{Fe^{3+}} rapporté comme FeO\ce{FeO}), ou une analyse médiocre.

3. SiOX2\ce{SiO2} 39.50/60.083=0.6574239.50/60.083 = 0.65742 ; FeO\ce{FeO} 0.23008 ; MnO\ce{MnO} 0.00324 ; MgO\ce{MgO} 1.07483 ; NiO\ce{NiO} 0.00268 ; CaO\ce{CaO} 0.00392.

4. 2×0.65742=1.314852\times0.65742 = 1.31485 pour SiOX2\ce{SiO2}, les mêmes nombres qu’à la question 3 pour les autres ; somme 1.31485+0.23008+0.00324+1.07483+0.00268+0.00392=2.629601.31485 + 0.23008 + 0.00324 + 1.07483 + 0.00268 + 0.00392 = 2.62960.

5. Chaque oxyde a un cation : les nombres de la question 3.

6. f=4/2.62960=1.52114f = 4/2.62960 = 1.52114.

7. Si 0.65742×1.52114=1.0000.65742\times1.52114 = 1.000 ; Fe 0.350 ; Mn 0.005 ; Mg 1.635 ; Ni 0.004 ; Ca 0.006.

8. 1.635+0.350+0.005+0.004+0.006=2.0001.635 + 0.350 + 0.005 + 0.004 + 0.006 = 2.000 pour les sites octaédriques et 1.000 pour le site tétraédrique : exactement les 2 et 1 idéaux.

9. (MgX1.635FeX0.350MnX0.005NiX0.004CaX0.006)SiOX4\ce{(Mg_{1.635}Fe_{0.350}Mn_{0.005}Ni_{0.004}Ca_{0.006})SiO4}.

10. 2×2.000+4×1.000=+8.0002\times2.000 + 4\times1.000 = +8.000 contre 4×(−2)=−84\times(-2) = -8. Chaque cation a été compté avec la charge de son oxyde, si bien que les charges positives valent le double des oxygènes par construction : la vérification ne peut pas échouer. Les totaux des sites de la question 8, si.

11. Le nickel diffère du magnésium de (0.69−0.72)/0.72=−4 %(0.69 - 0.72)/0.72 = -4\,\%, bien en deçà de 15 %15\,\% : il se substitue librement. Le calcium est (1.00−0.72)/0.72=39 %(1.00 - 0.72)/0.72 = 39\,\% plus gros, au-delà de 30 %30\,\% : il n’entre guère.

12. Du fer compté comme FeO\ce{FeO} alors qu’une partie est du FeX3+\ce{Fe^{3+}} donne trop peu d’oxygènes par cation, donc plus de trois cations pour quatre oxygènes (Exercice 7.12). La somme est 1.000+2.000=3.0001.000 + 2.000 = 3.000 : pas de FeX3+\ce{Fe^{3+}} significatif.

13. Fo=100×1.635/(1.635+0.350)=163.5/1.985=82.4\mathrm{Fo} = 100\times1.635/(1.635 + 0.350) = 163.5/1.985 = 82.4.

14. Mg#=82.4\mathrm{Mg\#} = 82.4 : tout le fer est du FeX2+\ce{Fe^{2+}} (question 12), donc Fe2+=Fe\mathrm{Fe^{2+}} = \mathrm{Fe} et les deux définitions coïncident.

15. Fo82.4Fa17.6\text{Fo}_{82.4}\text{Fa}_{17.6}, x=0.824x = 0.824 ; le fer remplit 17.6 %17.6\,\% des sites octaédriques dans le modèle binaire (0.350/2.000=17.5 %0.350/2.000 = 17.5\,\% avec les éléments mineurs).

16. Le facteur multiplie Mg et Fe de la même façon et s’élimine : Fo=100×1.07483/(1.07483+0.23008)=82.4\mathrm{Fo} = 100\times1.07483/(1.07483 + 0.23008) = 82.4.

17. 40.5/40.304=1.0048640.5/40.304 = 1.00486 et 20.0/71.844=0.2783820.0/71.844 = 0.27838 ; Fo=100×1.00486/1.28324=78.3\mathrm{Fo} = 100\times1.00486/1.28324 = 78.3. L’olivine tardive est plus riche en fer.

18. Masses molaires : M=140.691M = 140.691 et 203.771 g mol−1203.771\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1} ; V=140.691/3.275=42.96V = 140.691/3.275 = 42.96 et 203.771/4.392=46.40 cm3 mol−1203.771/4.392 = 46.40\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1}.

19. M=0.824×140.691+0.176×203.771=115.929+35.864=151.793 g mol−1M = 0.824\times140.691 + 0.176\times203.771 = 115.929 + 35.864 = 151.793\,\mathrm{g}\,\mathrm{mol}^{-1} ; V=0.824×42.96+0.176×46.40=35.399+8.166=43.565 cm3 mol−1V = 0.824\times42.96 + 0.176\times46.40 = 35.399 + 8.166 = 43.565\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1}.

20. ρ=151.793/43.565=3.484 g cm−3\rho = 151.793/43.565 = 3.484\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}.

21. 0.824×3.275+0.176×4.392=2.699+0.773=3.472 g cm−30.824\times3.275 + 0.176\times4.392 = 2.699 + 0.773 = 3.472\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3}, soit 0.012 g cm−30.012\,\mathrm{g}\,\mathrm{cm}^{-3} (0.3 %0.3\,\%) au-dessous de la valeur de mélange idéal : proche, comme le prévoit l’Exercice 7.10.

22. 0.12×3484 kg m−3×1 m3=418 kg0.12\times3484\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}\times1\,\mathrm{m}^{3} = 418\,\mathrm{kg}.

23. 418/2950=14.2 %418/2950 = 14.2\,\% : l’olivine dense représente une plus grande part de la masse que du volume.

24. L’olivine est Fo82\text{Fo}_{82} : sa teneur en forstérite est de 82 %.

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