পৃথিবী ও মহাকাশ বিজ্ঞান · বই 3 · স্নাতক প্রথম বর্ষ

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année

বইগুলো এখনো বাংলা ভাষায় পাওয়া যায় না — Français সংস্করণ দেখানো হচ্ছে।

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année · স্নাতক প্রথম বর্ষ

16Contrainte, déformation et rhéologie

Dans les années 1960, des eaux usées pompées dans un puits d’élimination au Rocky Mountain Arsenal, près de Denver, se sont répandues dans le socle cristallin fracturé entre 3.7 km3.7\,\mathrm{km} et 7.0 km7.0\,\mathrm{km} sous la surface, et des séismes ont suivi. Ils sont restés dans la partie de la roche où la pression du fluide avait augmenté de plus d’environ 3.2 MPa3.2\,\mathrm{MPa}.

Un demi-siècle plus tard la même chose s’est produite à plus grande échelle en Oklahoma, où l’eau salée remontée avec le pétrole et le gaz est réinjectée dans le sous-sol. Dans l’État et autour de lui, les séismes de magnitude 3 ou plus ont été au nombre de un à cinq par an de 2005 à 2008, puis 2020 en 2009, 585585 en 2014 et 888888 en 2015, plus de deux par jour ; des secousses de magnitude 5.7 et 5.8 ont ébranlé Prague, en 2011, et Pawnee, en 2016. Quatre puits d’élimination à fort débit à eux seuls pourraient rendre compte d’un cinquième des séismes du centre des États-Unis, et en ont déclenché certains à plus de 30 km30\,\mathrm{km}.

L’eau n’a rien repoussé ; elle a seulement élevé la pression du fluide dans les pores de la roche. Pourquoi cela ferait-il glisser une faille ? La réponse demande trois idées, qui sont le sujet de ce chapitre : la contrainte sur un plan à l’intérieur d’une roche, la condition dans laquelle le plan cède, et le fait que la pression du fluide interstitiel s’oppose à la force qui presse les deux côtés l’un contre l’autre. Avec elles, et avec une loi de fluage pour la roche chaude, nous pouvons tracer la résistance de toute la lithosphère en fonction de la profondeur.

Tu sais déjà

Une force répartie sur une surface agit par sa force par unité d’aire, en pascals ; la pression dans un fluide au repos croît avec la profondeur comme ρgz\rho g z (livres de physique). Un ressort, et un solide en petites déformations, obéissent à la loi de Hooke : la déformation est proportionnelle à la contrainte, avec le module d’Young pour constante ; un fluide visqueux résiste en proportion de sa vitesse de cisaillement, avec sa viscosité pour constante. Le volume de troisième année des livres de physique décrit contrainte et déformation en trois dimensions avec des tenseurs ; ce chapitre n’en demande que deux. Une matrice symétrique 2×22\times2 a deux valeurs propres réelles et deux vecteurs propres perpendiculaires (mathématiques, première année). Les géothermes du Chapitre 10 donnent la température en profondeur ; les failles ont été rencontrées au livre 1, année 7.

16.1 La contrainte en deux dimensions

Coupons une roche par la pensée le long d’une petite surface plane. La roche d’un côté presse sur la roche de l’autre avec une force, et la force par unité d’aire est la traction sur cette surface, dans le mot des livres de physique. Sa direction n’est pas, en général, celle de la normale à la surface.

Définition 16.1 (Contrainte normale)

Sur un plan passant par un point d’une roche, la force par unité d’aire que la roche d’un côté exerce sur l’autre a une composante selon la normale au plan, la contrainte normale σn\sigma_n, et une composante le long du plan, la contrainte de cisaillement τ\tau. En sciences de la Terre la contrainte normale est comptée positive quand elle comprime.

La convention de signe est l’opposée de celle de l’ingénieur. Elle est choisie parce que presque toute contrainte dans la Terre solide est une compression : le poids de la roche au-dessus presse sur tout ce qui est en dessous.

Nous travaillons dans un plan vertical, avec un axe xx horizontal et un axe yy. Sur un plan perpendiculaire à xx la contrainte normale est σxx\sigma_{xx} et la contrainte de cisaillement σxy\sigma_{xy} ; sur un plan perpendiculaire à yy ce sont σyy\sigma_{yy} et σyx\sigma_{yx}. Les deux contraintes de cisaillement sont égales : sur un petit carré, les forces de cisaillement sur les côtés verticaux font un couple de moment σxya⋅a\sigma_{xy}a\cdot a pour un côté aa, celles sur les côtés horizontaux un couple σyxa⋅a\sigma_{yx}a\cdot a tournant dans l’autre sens, et le carré tournerait sur lui-même s’ils différaient. Donc trois nombres décrivent la contrainte en un point, et ils suffisent à la donner sur tout plan.

Proposition 16.2 (Contrainte sur un plan incliné)

Soit un plan de normale unitaire n⃗=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec n = (\cos\theta, \sin\theta), à l’angle θ\theta de l’axe xx, et soit m⃗=(−sin⁡θ,cos⁡θ)\vec m = (-\sin\theta, \cos\theta) le vecteur unitaire le long du plan. Les contraintes normale et de cisaillement sur lui sont

σn=σxxcos⁡2θ+2σxysin⁡θcos⁡θ+σyysin⁡2θ=σxx+σyy2+σxx−σyy2cos⁡2θ+σxysin⁡2θ,τ=(σyy−σxx)sin⁡θcos⁡θ+σxy(cos⁡2θ−sin⁡2θ)=−σxx−σyy2sin⁡2θ+σxycos⁡2θ,\begin{align*} \sigma_n &= \sigma_{xx}\cos^2\theta + 2\sigma_{xy}\sin\theta\cos\theta + \sigma_{yy}\sin^2\theta = \frac{\sigma_{xx}+\sigma_{yy}}{2} + \frac{\sigma_{xx}-\sigma_{yy}}{2}\cos2\theta + \sigma_{xy}\sin2\theta, \\ \tau &= (\sigma_{yy}-\sigma_{xx})\sin\theta\cos\theta + \sigma_{xy}(\cos^2\theta - \sin^2\theta) = -\frac{\sigma_{xx}-\sigma_{yy}}{2}\sin2\theta + \sigma_{xy}\cos2\theta , \end{align*}

avec τ\tau compté positivement selon m⃗\vec m.

Démonstration. Découpons un petit prisme, comme sur la figure ci-dessous : une face inclinée d’aire AA de normale sortante n⃗\vec n, une face verticale d’aire Acos⁡θA\cos\theta et une face horizontale d’aire Asin⁡θA\sin\theta, par unité de longueur dans la troisième direction. Son poids et son inertie varient comme son volume, qui diminue plus vite que ses faces ; pour un prisme assez petit les forces sur les faces doivent s’équilibrer à elles seules. La compression étant positive, la roche extérieure pousse sur la face verticale avec la force Acos⁡θ (σxx,σxy)A\cos\theta\,(\sigma_{xx}, \sigma_{xy}) et sur la face horizontale avec Asin⁡θ (σxy,σyy)A\sin\theta\,(\sigma_{xy}, \sigma_{yy}) ; sur la face inclinée elle pousse avec −A(σnn⃗+τm⃗)-A(\sigma_n\vec n + \tau\vec m). La somme est nulle :

σnn⃗+τm⃗=cos⁡θ (σxx,σxy)+sin⁡θ (σxy,σyy).\sigma_n\vec n + \tau\vec m = \cos\theta\,(\sigma_{xx}, \sigma_{xy}) + \sin\theta\,(\sigma_{xy}, \sigma_{yy}) .

Le produit scalaire avec n⃗\vec n donne σn\sigma_n, avec m⃗\vec m donne τ\tau, puisque n⃗⋅m⃗=0\vec n\cdot\vec m = 0. Les secondes formes découlent de cos⁡2θ=(1+cos⁡2θ)/2\cos^2\theta = (1+\cos2\theta)/2, sin⁡2θ=(1−cos⁡2θ)/2\sin^2\theta = (1-\cos2\theta)/2 et 2sin⁡θcos⁡θ=sin⁡2θ2\sin\theta\cos\theta = \sin2\theta. ∎

L’équilibre des forces sur un petit prisme triangulaire de roche. La face inclinée a l’aire A et la normale unitaire n ; les faces verticale et horizontale ont les aires A et A. Bleu : les forces normales sur les deux petites faces ; orange : les forces de cisaillement sur elles ; rouge : les forces normale et de cisaillement sur la face inclinée. La compression est comptée positive, donc chaque force normale pointe vers l’intérieur du prisme.
L’équilibre des forces sur un petit prisme triangulaire de roche. La face inclinée a l’aire AA et la normale unitaire n⃗\vec n ; les faces verticale et horizontale ont les aires Acos⁡θA\cos\theta et Asin⁡θA\sin\theta. Bleu : les forces normales sur les deux petites faces ; orange : les forces de cisaillement sur elles ; rouge : les forces normale et de cisaillement sur la face inclinée. La compression est comptée positive, donc chaque force normale pointe vers l’intérieur du prisme.

Théorème 16.3 (Contraintes principales)

En tout point d’une roche il y a deux plans perpendiculaires sur lesquels la contrainte de cisaillement est nulle. Les contraintes normales sur eux sont la plus grande et la plus petite contrainte normale sur tous les plans passant par le point,

σ1,3=σxx+σyy2±(σxx−σyy2)2+σxy2,tan⁡2θp=2σxyσxx−σyy,\sigma_{1,3} = \frac{\sigma_{xx}+\sigma_{yy}}{2} \pm \sqrt{\Bigl(\frac{\sigma_{xx}-\sigma_{yy}}{2}\Bigr)^2 + \sigma_{xy}^2}, \qquad \tan2\theta_p = \frac{2\sigma_{xy}}{\sigma_{xx}-\sigma_{yy}},

où θp\theta_p est l’angle de l’axe xx à la normale du plan qui porte σ1\sigma_1.

Démonstration. Posons c=(σxx+σyy)/2c = (\sigma_{xx}+\sigma_{yy})/2, et choisissons R≥0R \ge 0 et θp\theta_p avec (σxx−σyy)/2=Rcos⁡2θp(\sigma_{xx}-\sigma_{yy})/2 = R\cos2\theta_p et σxy=Rsin⁡2θp\sigma_{xy} = R\sin2\theta_p ; alors R=((σxx−σyy)/2)2+σxy2R = \sqrt{((\sigma_{xx}-\sigma_{yy})/2)^2 + \sigma_{xy}^2} et tan⁡2θp\tan2\theta_p est celui de l’énoncé. Les secondes formes de la Proposition 16.2 deviennent

σn=c+Rcos⁡(2θ−2θp),τ=−Rsin⁡(2θ−2θp).\sigma_n = c + R\cos(2\theta - 2\theta_p), \qquad \tau = -R\sin(2\theta - 2\theta_p).

La contrainte normale est maximale, c+Rc + R, pour θ=θp\theta = \theta_p, et minimale, c−Rc - R, pour θ=θp+90∘\theta = \theta_p + 90{}^{\circ} ; dans les deux cas, τ=0\tau = 0. Notons aussi que dσn/dθ=2τ\mathrm d\sigma_n/\mathrm d\theta = 2\tau : la contrainte normale est stationnaire exactement là où la contrainte de cisaillement s’annule. ∎

Définition 16.4 (Contraintes principales, contrainte différentielle)

Les contraintes principales en un point sont les contraintes normales σ1≥σ3\sigma_1 \ge \sigma_3 sur les deux plans sans contrainte de cisaillement, et leurs directions sont les directions principales. En trois dimensions il y en a trois, σ1≥σ2≥σ3\sigma_1 \ge \sigma_2 \ge \sigma_3, sur trois plans perpendiculaires. La contrainte différentielle est σ1−σ3\sigma_1 - \sigma_3, et la contrainte moyenne dans le plan est (σ1+σ3)/2(\sigma_1+\sigma_3)/2.

Un état de contrainte se lit le plus facilement dans ses directions principales. Si l’on mesure l’angle θ\theta à partir de la direction de σ1\sigma_1 et non à partir de l’axe xx, les formules perdent leurs derniers termes.

Proposition 16.5 (Cercle de Mohr)

Sur un plan dont la normale fait l’angle θ\theta avec la direction de σ1\sigma_1,

σn=σ1+σ32+σ1−σ32cos⁡2θ,∣τ∣=σ1−σ32 ∣sin⁡2θ∣.\sigma_n = \frac{\sigma_1+\sigma_3}{2} + \frac{\sigma_1-\sigma_3}{2}\cos2\theta, \qquad |\tau| = \frac{\sigma_1-\sigma_3}{2}\,|\sin2\theta| .

Quand θ\theta tourne, le point (σn,∣τ∣)(\sigma_n, |\tau|) parcourt la moitié supérieure du cercle de centre ((σ1+σ3)/2, 0)((\sigma_1+\sigma_3)/2,\, 0) et de rayon (σ1−σ3)/2(\sigma_1-\sigma_3)/2, à l’angle 2θ2\theta de son extrémité σ1\sigma_1. La plus grande contrainte de cisaillement, (σ1−σ3)/2(\sigma_1-\sigma_3)/2, agit sur les plans à 45∘45{}^{\circ} des directions principales.

Démonstration. Dans les axes principaux σxx=σ1\sigma_{xx} = \sigma_1, σyy=σ3\sigma_{yy} = \sigma_3 et σxy=0\sigma_{xy} = 0, et la Proposition 16.2 donne les deux formules. Puis (σn−(σ1+σ3)/2)2+τ2=((σ1−σ3)/2)2(\sigma_n - (\sigma_1+\sigma_3)/2)^2 + \tau^2 = ((\sigma_1-\sigma_3)/2)^2, l’équation du cercle ; ∣sin⁡2θ∣|\sin2\theta| est maximal pour θ=45∘\theta = 45{}^{\circ}. ∎

Le signe de τ\tau dit seulement dans quel sens les deux côtés glisseraient, donc la moitié supérieure du cercle est d’ordinaire tracée seule. La construction porte le nom de l’ingénieur Christian Otto Mohr, qui bâtit aussi dessus un critère de rupture, vers lequel nous allons (Section 16.3).

La contrainte en profondeur

Définition 16.6 (Pression lithostatique, pression de fluide interstitiel, contrainte effective)

À la profondeur zz, le poids de la roche au-dessus, par unité d’aire horizontale, est la contrainte verticale σv=∫0zρg dz′\sigma_v = \int_0^z\rho g\,\mathrm dz', qui vaut ρgz\rho g z dans une couche de masse volumique uniforme ρ\rho. Quand la contrainte est la même dans toutes les directions et égale à elle, la roche est sous la pression lithostatique. La pression de l’eau, du pétrole ou du gaz dans les pores et les fissures de la roche est la pression de fluide interstitiel PP ; elle est hydrostatique, P=ρwgzP = \rho_w g z, quand les pores communiquent avec la surface. La contrainte effective est la contrainte moins la pression interstitielle, σ′=σ−P\sigma' = \sigma - P, sur tout plan ; λ=P/σv\lambda = P/\sigma_v est le rapport de pression interstitielle.

Dans une croûte de masse volumique 2700 kg m−32700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, la contrainte verticale croît de 2700×9.81×1000=26.5 MPa2700\times9.81\times1000 = 26.5\,\mathrm{MPa} par kilomètre et une pression interstitielle hydrostatique de 9.81 MPa9.81\,\mathrm{MPa} par kilomètre : λ=1000/2700=0.37\lambda = 1000/2700 = 0.37. Le fluide interstitiel écarte les grains avec la même pression dans toutes les directions ; il ne retire rien à la contrainte de cisaillement, mais il retire PP à chaque contrainte normale. Là où les pores sont scellés, par de l’argile ou du sel par exemple, le fluide peut porter une part du poids de la roche au-dessus, et λ\lambda monte vers 1.

La contrainte dans la croûte n’est pas lithostatique. Les plaques poussent et tirent, la croûte fléchit, les montagnes pèsent sur leurs racines, et les contraintes horizontales diffèrent de la contrainte verticale. Près de la surface, qui ne porte aucune contrainte de cisaillement, une direction principale est verticale, comme le montre le Chapitre 17 : σv\sigma_v est σ1\sigma_1, σ2\sigma_2 ou σ3\sigma_3, et les trois cas sont les trois façons dont les failles se déplacent.

16.2 La déformation

La contrainte est une cause ; la déformation est ce que la roche enregistre. Un fossile étiré, un galet aplati, un banc raccourci en plis mesurent tous un changement de forme.

Définition 16.7 (Extension, étirement, déformation de cisaillement)

Une ligne de matière de longueur ℓ0\ell_0 déformée à la longueur ℓ\ell a l’extension e=(ℓ−ℓ0)/ℓ0e = (\ell - \ell_0)/\ell_0 et l’étirement S=ℓ/ℓ0=1+eS = \ell/\ell_0 = 1 + e ; un raccourcissement est une extension négative, un étirement inférieur à 1. Deux lignes de matière qui étaient perpendiculaires et font maintenant l’angle 90∘−ψ90{}^{\circ} - \psi ont été cisaillées de l’angle ψ\psi, et la déformation de cisaillement est γ=tan⁡ψ\gamma = \tan\psi.

Une déformation est homogène quand chaque petite région de la roche se déforme de la même façon. La nouvelle position x⃗′\vec x' du point x⃗\vec x est alors une fonction linéaire, x⃗′=Fx⃗\vec x' = F\vec x, avec une matrice 2×22\times2 constante FF (et det⁡F>0\det F > 0, puisque la roche ne se retourne pas comme un gant). Les droites restent droites et les parallèles parallèles ; un carré devient un parallélogramme, et un cercle devient une ellipse.

Proposition 16.8 (L’ellipse de déformation)

Sous la déformation homogène x⃗′=Fx⃗\vec x' = F\vec x, le cercle de rayon 1 devient une ellipse dont les demi-axes sont les racines carrées S1≥S2S_1 \ge S_2 des valeurs propres de FFTFF^{\mathsf T}, selon ses vecteurs propres perpendiculaires. S1S_1 et S2S_2 sont les plus grand et plus petit étirements de toutes les lignes de matière, et l’aire est multipliée par det⁡F=S1S2\det F = S_1S_2.

Démonstration. Le point x⃗=Fu⃗\vec x = F\vec u provient d’un point u⃗\vec u du cercle, ∣u⃗∣=1|\vec u| = 1, donc ∣F−1x⃗∣2=1|F^{-1}\vec x|^2 = 1, c’est-à-dire x⃗T(FFT)−1x⃗=1\vec x^{\mathsf T}(FF^{\mathsf T})^{-1}\vec x = 1. La matrice B=FFTB = FF^{\mathsf T} est symétrique à valeurs propres positives λ1≥λ2\lambda_1 \ge \lambda_2 (v⃗TBv⃗=∣FTv⃗∣2>0\vec v^{\mathsf T}B\vec v = |F^{\mathsf T}\vec v|^2 > 0) ; dans ses vecteurs propres perpendiculaires l’équation s’écrit x12/λ1+x22/λ2=1x_1^2/\lambda_1 + x_2^2/\lambda_2 = 1, une ellipse de demi-axes λ1\sqrt{\lambda_1} et λ2\sqrt{\lambda_2}. Une ligne de matière selon le vecteur unitaire u⃗\vec u a l’étirement ∣Fu⃗∣|F\vec u|, et ∣Fu⃗∣2=u⃗TFTFu⃗|F\vec u|^2 = \vec u^{\mathsf T}F^{\mathsf T}F\vec u se trouve entre les valeurs propres de FTFF^{\mathsf T}F, qui sont celles de FFTFF^{\mathsf T}. Enfin λ1λ2=det⁡B=(det⁡F)2\lambda_1\lambda_2 = \det B = (\det F)^2. ∎

Définition 16.9 (Ellipse de déformation)

L’ellipse de déformation est l’ellipse en laquelle une déformation homogène change un cercle de rayon 1 ; ses demi-axes sont les étirements principaux S1≥S2S_1 \ge S_2, et ses axes les directions principales de la déformation.

Deux déformations qui changent également la forme d’un corps peuvent être très différentes.

Définition 16.10 (Cisaillement pur, cisaillement simple)

Un cisaillement pur est une déformation homogène qui conserve l’aire et garde ses directions principales fixes dans la roche : F=(k001/k)F = \begin{pmatrix} k & 0 \\ 0 & 1/k\end{pmatrix} dans ces axes, avec k>1k > 1. Un cisaillement simple déplace chaque point parallèlement à une direction, la direction de cisaillement, de γ\gamma fois sa distance à un plan fixe qui lui est parallèle : F=(1γ01)F = \begin{pmatrix} 1 & \gamma \\ 0 & 1\end{pmatrix}.

Les deux conservent l’aire, puisque les deux déterminants valent 1. En cisaillement pur les lignes de matière selon les axes de l’ellipse de déformation sont les mêmes lignes à chaque étape : la déformation est coaxiale. En cisaillement simple elles ne le sont pas, comme le montrent la proposition suivante et la figure qui la suit.

Proposition 16.11 (L’ellipse du cisaillement simple)

Un cisaillement simple γ\gamma a pour étirements principaux

S1,2=1+γ2/4±γ/2,S_{1,2} = \sqrt{1 + \gamma^2/4} \pm \gamma/2 ,

et le grand axe de son ellipse de déformation fait avec la direction de cisaillement l’angle θ′\theta' donné par tan⁡2θ′=2/γ\tan2\theta' = 2/\gamma.

Démonstration. FFT=(1+γ2γγ1)FF^{\mathsf T} = \begin{pmatrix} 1+\gamma^2 & \gamma \\ \gamma & 1\end{pmatrix} a pour trace 2+γ22+\gamma^2 et pour déterminant 1. Donc S1S2=1S_1S_2 = 1 et S12+S22=2+γ2S_1^2 + S_2^2 = 2 + \gamma^2, d’où (S1−S2)2=γ2(S_1 - S_2)^2 = \gamma^2, S1−S2=γS_1 - S_2 = \gamma, et S1=γ/2+1+γ2/4S_1 = \gamma/2 + \sqrt{1+\gamma^2/4}. Le vecteur propre de la plus grande valeur propre d’une matrice symétrique (abbd)\begin{pmatrix} a & b \\ b & d\end{pmatrix} fait avec le premier axe l’angle donné par tan⁡2θ′=2b/(a−d)\tan2\theta' = 2b/(a-d) (le Théorème 16.3 est le même calcul) : ici 2γ/γ2=2/γ2\gamma/\gamma^2 = 2/\gamma. ∎

Un carré de roche avec son cercle inscrit (a), déformé par un cisaillement pur avec k = 1.618 (b) et par un cisaillement simple avec = 1 (c), qui a les mêmes étirements principaux, 1.618 et 0.618. Bleu en tirets : les axes de l’ellipse de déformation ; gris en tirets : le carré avant. En cisaillement pur les axes restent sur les mêmes lignes de matière ; en cisaillement simple le grand axe est à 31.7 de la direction de cisaillement, et la diagonale qui était la direction d’étirement le plus rapide au départ (rouge) l’a déjà dépassée, à 26.6. Les formes sont des images exactes du carré et du cercle par les deux matrices.
Un carré de roche avec son cercle inscrit (a), déformé par un cisaillement pur avec k=1.618k = 1.618 (b) et par un cisaillement simple avec γ=1\gamma = 1 (c), qui a les mêmes étirements principaux, 1.618 et 0.618. Bleu en tirets : les axes de l’ellipse de déformation ; gris en tirets : le carré avant. En cisaillement pur les axes restent sur les mêmes lignes de matière ; en cisaillement simple le grand axe est à 31.7∘31.7{}^{\circ} de la direction de cisaillement, et la diagonale qui était la direction d’étirement le plus rapide au départ (rouge) l’a déjà dépassée, à 26.6∘26.6{}^{\circ}. Les formes sont des images exactes du carré et du cercle par les deux matrices.

L’ellipse de déformation enregistre la déformation totale, ou finie. Une déformation qui se poursuit pendant des millions d’années est la somme de nombreux petits incréments, chacun une déformation infinitésimale ; pour un petit γ\gamma la proposition donne S1,2≈1±γ/2S_{1,2} \approx 1 \pm \gamma/2 et θ′≈45∘\theta' \approx 45{}^{\circ}. En cisaillement simple les incréments étirent toujours le plus vite à 45∘45{}^{\circ} de la direction de cisaillement, tandis que l’ellipse finie tourne vers elle, 31.7∘31.7{}^{\circ} pour γ=1\gamma = 1, 22.5∘22.5{}^{\circ} pour γ=2\gamma = 2, de plus en plus près à mesure que γ\gamma croît. C’est pourquoi des galets aplatis et des minéraux étirés dans une zone de cisaillement intense se couchent presque dans son plan, et pourquoi l’angle qu’ils font avec la zone mesure jusqu’où elle a joué.

16.3 La rhéologie

Définition 16.12 (Rhéologie, comportement cassant et ductile)

La rhéologie d’un matériau est la façon dont il se déforme et s’écoule sous contrainte : la relation entre contrainte, déformation et vitesse de déformation. Une roche montre un comportement cassant quand elle se déforme par rupture ou par glissement sur des fractures, sur des surfaces discrètes, avec une perte soudaine de résistance ; elle montre un comportement ductile quand elle se déforme de façon permanente et continue dans son volume, sans perdre sa cohésion.

Les roches montrent tous les comportements des livres de physique. Sous de petites et brèves contraintes elles sont élastiques : la déformation est proportionnelle à la contrainte, comme dans la loi de Hooke, et disparaît avec elle ; les ondes sismiques (Chapitre 9) traversent la roche élastique. Sur de longues durées le manteau chaud s’écoule comme un fluide très visqueux, la vitesse de déformation croissant avec la contrainte. Entre les deux, la roche froide se rompt et glisse, et la roche chaude flue. Quel comportement l’emporte dépend de la contrainte, de la température, de la pression, du fluide dans les pores et du temps accordé.

La rupture cassante

Définition 16.13 (Critère de rupture de Coulomb)

Une roche obéit au critère de rupture de Coulomb si un plan qui la traverse se rompt, ou si une fracture existante glisse, dès que sur ce plan

τ=C+μ σn′,σn′=σn−P,\tau = C + \mu\,\sigma_n' , \qquad \sigma_n' = \sigma_n - P ,

où C≥0C \ge 0 est la cohésion de la roche, μ\mu son coefficient de frottement interne et ϕ=arctan⁡μ\phi = \arctan\mu son angle de frottement interne.

Le critère porte les noms de Coulomb et de Mohr. Ses constantes sont mesurées sur des échantillons au laboratoire, et diffèrent d’une roche à l’autre. Une fracture existante a perdu sa cohésion : pour elle, C=0C = 0, et le frottement sur elle dépend à peine de la roche (Proposition 16.15), avec μ\mu entre 0.6 et 0.85, un angle de frottement entre 31∘31{}^{\circ} et 40∘40{}^{\circ}.

Théorème 16.14 (L’angle de rupture)

Une roche qui obéit au critère de Coulomb se rompt d’abord sur les plans qui font l’angle 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 avec la direction de σ1\sigma_1, de part et d’autre d’elle, et elle se rompt quand

σ1′−σ3′2=Ccos⁡ϕ+σ1′+σ3′2 sin⁡ϕ.\frac{\sigma_1' - \sigma_3'}{2} = C\cos\phi + \frac{\sigma_1' + \sigma_3'}{2}\,\sin\phi .

Démonstration. Traçons le cercle de Mohr en contraintes effectives, de centre c′=(σ1′+σ3′)/2c' = (\sigma_1'+\sigma_3')/2 et de rayon r=(σ1′−σ3′)/2r = (\sigma_1'-\sigma_3')/2 (figure ci-dessous) ; la pression interstitielle l’a déplacé de PP, puisqu’elle retire PP à chaque contrainte normale et rien au cisaillement. Tant que tout le cercle reste sous la droite τ=C+μσn′\tau = C + \mu\sigma_n', aucun plan ne se rompt. Quand les contraintes changent, le premier plan à se rompre est le point où le cercle touche la droite. Là le rayon est perpendiculaire à la droite ; la droite monte de l’angle ϕ\phi au-dessus de l’horizontale, donc le rayon vers le point de contact fait l’angle 90∘+ϕ90{}^{\circ} + \phi avec la direction de l’extrémité σ1\sigma_1. D’après la Proposition 16.5 ce point est le plan dont la normale fait l’angle θ\theta avec σ1\sigma_1, où 2θ=90∘+ϕ2\theta = 90{}^{\circ} + \phi ; le plan lui-même fait 90∘−θ=45∘−ϕ/290{}^{\circ} - \theta = 45{}^{\circ} - \phi/2 avec σ1\sigma_1, et la moitié inférieure du cercle donne le plan symétrique. Le contact signifie que la distance du centre à la droite égale le rayon : r=(C+μc′)/1+μ2=Ccos⁡ϕ+c′sin⁡ϕr = (C + \mu c')/\sqrt{1+\mu^2} = C\cos\phi + c'\sin\phi, puisque cos⁡ϕ=1/1+μ2\cos\phi = 1/\sqrt{1+\mu^2} et sin⁡ϕ=μ/1+μ2\sin\phi = \mu/\sqrt{1+\mu^2}. ∎

Le cercle de Mohr en contraintes effectives et une enveloppe de Coulomb. Un plan dont la normale fait l’angle  avec _1 est le point à l’angle 2 de l’extrémité _1 (orange). Le cercle tracé touche juste l’enveloppe : le plan au point de contact se rompt, sa normale à = 45 + /2 de _1, le rayon en ce point perpendiculaire à l’enveloppe. Tracé à l’échelle pour C = 10\, MPa, = 0.6 et _3' = 20\, MPa, qui donnent _1' = 97.7\, MPa.
Le cercle de Mohr en contraintes effectives et une enveloppe de Coulomb. Un plan dont la normale fait l’angle θ\theta avec σ1\sigma_1 est le point à l’angle 2θ2\theta de l’extrémité σ1\sigma_1 (orange). Le cercle tracé touche juste l’enveloppe : le plan au point de contact se rompt, sa normale à θ=45∘+ϕ/2\theta = 45{}^{\circ} + \phi/2 de σ1\sigma_1, le rayon en ce point perpendiculaire à l’enveloppe. Tracé à l’échelle pour C=10 MPaC = 10\,\mathrm{MPa}, μ=0.6\mu = 0.6 et σ3′=20 MPa\sigma_3' = 20\,\mathrm{MPa}, qui donnent σ1′=97.7 MPa\sigma_1' = 97.7\,\mathrm{MPa}.

Avec ϕ=30∘\phi = 30{}^{\circ}, une roche se rompt sur des plans à 30∘30{}^{\circ} de σ1\sigma_1, et les deux plans possibles font 60∘60{}^{\circ} entre eux, coupés en deux par σ1\sigma_1. C’est l’angle entre les failles conjuguées que l’on voit sur le terrain, et la raison, comme le montre le Chapitre 17, pour laquelle les failles normales plongent fortement et les chevauchements doucement.

Pour le glissement sur des fractures qui existent déjà, l’expérience donne le frottement lui-même, et le donne avec une simplicité surprenante.

Proposition 16.15 (La loi de Byerlee)

Pour la plupart des roches, le glissement sur une fracture ou une faille existante commence quand la contrainte de cisaillement atteint

τ=0.85 σn′(σn′<200 MPa),τ=50 MPa+0.6 σn′(σn′>200 MPa),\tau = 0.85\,\sigma_n' \quad (\sigma_n' < 200\,\mathrm{MPa}), \qquad \tau = 50\,\mathrm{MPa} + 0.6\,\sigma_n' \quad (\sigma_n' > 200\,\mathrm{MPa}),

quelle que soit la sorte de roche : c’est la loi de Byerlee.

Démonstration. Admis à ce niveau. ∎

La loi est un résultat d’expérience, non de théorie. James Byerlee a mesuré, en 1975, la résistance à la fracture et la résistance au frottement d’un grès sous pressions de confinement et interstitielle, et les a trouvées toutes deux gouvernées par la contrainte effective seule, la différence des deux pressions ; la résistance à la fracture variait jusqu’à 20 %20\,\% avec le ciment entre les grains, mais le frottement ne dépendait pas de la roche, et la même loi valait pour le gabbro, la dunite, la serpentinite, le granite et le calcaire. Les deux droites se rencontrent en σn′=200 MPa\sigma_n' = 200\,\mathrm{MPa}, où les deux donnent 170 MPa170\,\mathrm{MPa}.

La loi de la contrainte effective est la clé de l’ouverture de ce chapitre. Élever la pression interstitielle de ΔP\Delta P abaisse chaque contrainte normale effective de ΔP\Delta P et laisse chaque contrainte de cisaillement telle qu’elle était : le cercle de Mohr glisse vers la gauche, inchangé en taille, vers la droite de rupture. Une faille qui était sûre peut être amenée à glisser sans aucun changement de la contrainte tectonique. La contrainte de cisaillement critique sur une faille est τc=τ0+μ(σn−P)\tau_c = \tau_0 + \mu(\sigma_n - P), et l’injection agit sur son dernier terme. À Denver les séismes sont restés dans la roche où la pression interstitielle avait augmenté de plus d’environ 3.2 MPa3.2\,\mathrm{MPa}, comme si cette hausse était ce dont les failles de là avaient besoin.

Méthode 16.16 (Tester une faille pour le glissement)

Pour décider si une faille à la profondeur zz va glisser, et ce qui l’y amènerait :

  1. Trouver les contraintes principales dans le plan perpendiculaire à la direction de la faille : σv=ρgz\sigma_v = \rho g z, et la contrainte horizontale, mesurée ou supposée ; prendre la pression interstitielle PP (hydrostatique, ρwgz\rho_w g z, si rien d’autre n’est connu).
  2. Mesurer l’angle θ\theta entre la normale à la faille et la direction de σ1\sigma_1.
  3. Calculer σn\sigma_n et τ\tau sur la faille avec la Proposition 16.5, puis σn′=σn−P\sigma_n' = \sigma_n - P.
  4. Comparer τ\tau avec le frottement de la Proposition 16.15 : en dessous, la faille tient ; τ/σn′\tau/\sigma_n' comparé à 0.85 mesure la marge.
  5. La hausse de pression interstitielle qui l’amène à glisser est ΔP=σn′−τ/0.85\Delta P = \sigma_n' - \tau/0.85 sur la branche inférieure de la loi (σn′−(τ−50)/0.6\sigma_n' - (\tau - 50)/0.6, en mégapascals, sur la supérieure).

Le fluage ductile

La roche chaude n’attend pas de se rompre. Au-dessus de quelques centaines de degrés dans une roche riche en quartz, et à des températures plus élevées dans l’olivine, les cristaux se déforment par le lent mouvement de défauts dans leur réseau, et la roche flue à une vitesse qui croît fortement avec la contrainte et avec la température.

Proposition 16.17 (Fluage en loi de puissance)

À haute température une roche qui se déforme par fluage par dislocations s’écoule à la vitesse de déformation

ε˙=A (σ1−σ3)nexp⁡(−E+PVRT),\dot\varepsilon = A\,(\sigma_1 - \sigma_3)^n \exp\Bigl(-\frac{E + PV}{RT}\Bigr),

où TT est la température absolue, PP la pression, RR la constante des gaz, et AA, nn, EE (l’énergie d’activation) et VV (le volume d’activation) sont des constantes du matériau, mesurées au laboratoire. Pour s’écouler à la vitesse ε˙\dot\varepsilon, elle demande la contrainte différentielle

σ1−σ3=(ε˙A)1/nexp⁡(E+PVnRT).\sigma_1 - \sigma_3 = \Bigl(\frac{\dot\varepsilon}{A}\Bigr)^{1/n} \exp\Bigl(\frac{E + PV}{nRT}\Bigr).

Démonstration. Admis à ce niveau. ∎

Les mécanismes derrière la loi sont le sujet du volume de troisième année. Ses constantes viennent d’expériences ; pour la quartzite humide, n=4n = 4, E=223 kJ mol−1E = 223\,\mathrm{kJ}\,\mathrm{mol}^{-1} et A=1.1×10−4A = 1.1 \times 10^{-4} (contrainte en mégapascals, temps en secondes), d’après Gleason et Tullis (1995) ; pour l’olivine sèche, n=3.5n = 3.5, E=530 kJ mol−1E = 530\,\mathrm{kJ}\,\mathrm{mol}^{-1}, V=18 cm3 mol−1V = 18\,\mathrm{cm}^{3}\,\mathrm{mol}^{-1} et A=105A = 10^{5}, d’après Hirth et Kohlstedt (2003) ; R=8.314 462 618 J mol−1 K−1R = 8.314\,462\,618\,\mathrm{J}\,\mathrm{mol}^{-1}\,\mathrm{K}^{-1}.

Deux traits de la loi façonnent la lithosphère. La contrainte ne dépend que faiblement de la vitesse : dix fois plus vite ne demande que 101/4=1.7810^{1/4} = 1.78 fois plus de contrainte de quartzite. Et elle dépend énormément de la température : l’exponentielle divise la résistance de la quartzite par plusieurs à chaque centaine de degrés. Les vitesses de déformation naturelles sont lentes. Une ceinture de croûte large de 300 km300\,\mathrm{km} qui absorbe 1 cm1\,\mathrm{cm} de mouvement de plaque par an se déforme à 0.01/(3.16×107×3×105)≈1×10−15 s−10.01/(3.16 \times 10^{7}\times3 \times 10^{5}) \approx 1 \times 10^{-15}\,\mathrm{s}^{-1}, la vitesse que nous utiliserons.

Au laboratoire — Mesurer la résistance de la roche

Une cellule triaxiale haute pression pour mesurer la résistance de la roche (Darryl Peroni, CSIRO, CC BY 3.0).

Les laboratoires de mécanique des roches mesurent la résistance dans une cellule triaxiale. Un cylindre de roche, carotté et rectifié plat à ses extrémités, est scellé dans une gaine de caoutchouc ou de métal tendre qui empêche le fluide de confinement d’entrer dans ses pores. Il prend place dans une cuve sous pression à parois épaisses : de l’huile autour de lui fixe la pression de confinement, qui joue le rôle de σ2=σ3\sigma_2 = \sigma_3 ; un piston appuie sur ses extrémités et ajoute la charge axiale, σ1\sigma_1. Une ligne séparée remplit les pores d’eau à une pression propre, de sorte que la contrainte effective puisse varier à contrainte totale fixée. La machine enregistre la force axiale et le raccourcissement de l’échantillon tandis qu’il est chargé à vitesse constante, jusqu’à ce qu’il se rompe ou, dans un échantillon scié en travers à l’avance, jusqu’à ce que la coupure se mette à glisser. Un four dans la cuve chauffe les échantillons pour des expériences de fluage, menées à des vitesses de déformation de bien des ordres de grandeur plus rapides que toutes celles de la Terre et qu’il faut extrapoler jusqu’à elle.

16.4 La résistance de la lithosphère

À chaque profondeur la lithosphère peut céder de deux façons : par glissement sur des failles, avec une résistance qui croît avec la pression effective, ou par fluage, avec une résistance qui diminue à mesure qu’elle chauffe. Elle se déforme de celle des deux façons qui demande la plus petite contrainte.

Définition 16.18 (Enveloppe de résistance, transition cassant–ductile, couche sismogène)

L’enveloppe de résistance de la lithosphère est la courbe, en fonction de la profondeur, de la plus grande contrainte différentielle qu’elle peut supporter à une vitesse de déformation donnée : à chaque profondeur, la plus petite de la résistance au frottement et de la résistance au fluage. La transition cassant–ductile est la profondeur où les deux sont égales : au-dessus d’elle la roche se déforme par failles, en dessous par fluage. La couche sismogène est l’intervalle de profondeurs où commencent la plupart des séismes.

Proposition 16.19 (Résistance au frottement en fonction de la profondeur)

Dans une couche de masse volumique ρ\rho avec une pression interstitielle hydrostatique, une contrainte principale verticale, des failles de toute orientation et sans cohésion, le glissement avec frottement μ\mu commence à la contrainte différentielle

σ1−σ3=2μ1+μ2+μ ρgz(1−λ)si σv=σ1,σ1−σ3=2μ1+μ2−μ ρgz(1−λ)si σv=σ3,\begin{align*} \sigma_1 - \sigma_3 &= \frac{2\mu}{\sqrt{1+\mu^2} + \mu}\,\rho g z(1-\lambda) && \text{si $\sigma_v = \sigma_1$}, \\ \sigma_1 - \sigma_3 &= \frac{2\mu}{\sqrt{1+\mu^2} - \mu}\,\rho g z(1-\lambda) && \text{si $\sigma_v = \sigma_3$}, \end{align*}

avec λ=ρw/ρ\lambda = \rho_w/\rho : le premier cas donne des failles normales, le second des chevauchements.

Démonstration. La contrainte effective verticale est S=ρgz−ρwgz=ρgz(1−λ)S = \rho g z - \rho_w g z = \rho g z(1-\lambda). Avec C=0C = 0 et k=1+μ2k = \sqrt{1+\mu^2}, le Théorème 16.14 dit qu’une faille glisse quand r=μc′/kr = \mu c'/k, avec rr le rayon et c′c' le centre du cercle de Mohr effectif. Si σv=σ1\sigma_v = \sigma_1, alors σ1′=S\sigma_1' = S et c′=S−rc' = S - r, donc rk=μS−μrrk = \mu S - \mu r et r=μS/(k+μ)r = \mu S/(k+\mu). Si σv=σ3\sigma_v = \sigma_3, alors c′=S+rc' = S + r et r=μS/(k−μ)r = \mu S/(k-\mu). La contrainte différentielle est 2r2r. ∎

Avec μ=0.85\mu = 0.85 et ρ=2700 kg m−3\rho = 2700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, SS croît de 16.7 MPa16.7\,\mathrm{MPa} par kilomètre et la résistance au frottement de 13.1 MPa13.1\,\mathrm{MPa} par kilomètre en extension et de 61.3 MPa61.3\,\mathrm{MPa} par kilomètre en compression, près de cinq fois plus : une croûte est bien plus facile à écarter qu’à comprimer. Au-delà d’une contrainte normale effective de 200 MPa200\,\mathrm{MPa} la branche supérieure de la loi de Byerlee prend le relais, et la pente tombe, en compression, à environ 35 MPa35\,\mathrm{MPa} par kilomètre.

Enveloppes de résistance à la vitesse de déformation 10-15\, s-1. Rouge : résistance au frottement d’après la loi de Byerlee avec une pression interstitielle hydrostatique, pour la compression (failles inverses, à droite) et l’extension (failles normales, à gauche, tracées en négatif) ; bleu : la résistance au fluage de la quartzite humide dans la croûte continentale et de l’olivine sèche dans le manteau ; contour noir et grisé : la résistance, la plus petite des deux à chaque profondeur. (a) Un continent de flux de chaleur de surface 55\, mW\, m-2 et de croûte épaisse de 35\, km : croûte supérieure forte, croûte inférieure faible, tout haut du manteau fort. (b) Plancher océanique de 60\, Ma : une seule couche forte, épaisse de 38\, km en compression.
Enveloppes de résistance à la vitesse de déformation 10−15 s−110^{-15}\,\mathrm{s}^{-1}. Rouge : résistance au frottement d’après la loi de Byerlee avec une pression interstitielle hydrostatique, pour la compression (failles inverses, à droite) et l’extension (failles normales, à gauche, tracées en négatif) ; bleu : la résistance au fluage de la quartzite humide dans la croûte continentale et de l’olivine sèche dans le manteau ; contour noir et grisé : la résistance, la plus petite des deux à chaque profondeur. (a) Un continent de flux de chaleur de surface 55 mW m−255\,\mathrm{mW}\,\mathrm{m}^{-2} et de croûte épaisse de 35 km35\,\mathrm{km} : croûte supérieure forte, croûte inférieure faible, tout haut du manteau fort. (b) Plancher océanique de 60 Ma60\,\mathrm{Ma} : une seule couche forte, épaisse de 38 km38\,\mathrm{km} en compression.

La figure ci-dessus met les deux résistances ensemble pour deux lithosphères. Le continent a le géotherme du Chapitre 10 avec un flux de chaleur de surface de 55 mW m−255\,\mathrm{mW}\,\mathrm{m}^{-2}, une croûte de quartzite humide épaisse de 35 km35\,\mathrm{km}, et de l’olivine sèche en dessous ; le plancher océanique a 60 Ma60\,\mathrm{Ma}, avec le géotherme du demi-espace du même chapitre, et de l’olivine du fond marin vers le bas. La vitesse de déformation est 10−15 s−110^{-15}\,\mathrm{s}^{-1}. Les 35 km35\,\mathrm{km} sont la profondeur moyenne du Moho sous les continents dans le modèle de Terre de référence du Chapitre 9.

Sous le continent la transition cassant–ductile tombe à 13.7 km13.7\,\mathrm{km} en compression, à 249∘C249{}^{\circ}\mathrm{C}, et à 17.1 km17.1\,\mathrm{km} en extension. Une croûte plus chaude la ferait remonter, une plus froide l’enfoncerait, puisque la loi de fluage ne dépend que de la température à une contrainte donnée. La transition est le niveau le plus résistant de la croûte. En dessous la résistance s’effondre : au Moho, à 527∘C527{}^{\circ}\mathrm{C}, la quartzite s’écoule sous 7.6 MPa7.6\,\mathrm{MPa}, alors que l’olivine à la même température demanderait quelque 30 000 MPa30\,000\,\mathrm{MPa}, si loin au-delà de la résistance au frottement que le haut du manteau est de nouveau cassant. Une seconde transition suit à 44.6 km44.6\,\mathrm{km} en compression. La croûte inférieure de ce modèle est une couche molle entre deux couches fortes : le « sandwich à la gelée ». Sous l’océan toute la lithosphère est de l’olivine, et la résistance croît jusqu’à une seule transition à 38.2 km38.2\,\mathrm{km}, à 641∘C641{}^{\circ}\mathrm{C}.

Les séismes s’accordent avec l’enveloppe océanique : à l’intérieur des plaques océaniques, ils atteignent des profondeurs où la température est de 600 aˋ 800∘C600\text{ à }800{}^{\circ}\mathrm{C}, proche des 641∘C641{}^{\circ}\mathrm{C} de la transition unique du modèle. Des séismes plus profonds ne se produisent que là où une plaque plonge sous une autre, jusqu’à plus de 700 km700\,\mathrm{km} (Chapitre 14).

Le manteau continental est là où le tableau est contesté. Pendant une vingtaine d’années le sandwich à la gelée a été l’opinion dominante, bâtie sur des mesures de laboratoire sur l’olivine sèche et sur quelques séismes que l’on croyait situés sous le Moho. En 2002 James Jackson a soutenu qu’il fallait l’abandonner : de meilleures profondeurs montraient que les séismes dans les continents sont confinés à une seule couche, d’ordinaire la croûte supérieure, parfois toute la croûte, sans séismes convaincants dans le manteau en dessous, même là où le Moho n’est qu’à 300 aˋ 500∘C300\text{ à }500{}^{\circ}\mathrm{C}. De petites quantités d’eau, quelques parties par million dans l’olivine, suffisent à l’affaiblir considérablement, et le manteau continental pourrait fort bien en contenir autant ; la résistance des continents résiderait alors surtout dans leur croûte. Les deux visions tracent des enveloppes différentes à partir des mêmes lois, avec de l’olivine sèche ou humide sous le Moho.

Quelle que soit la bonne, une enveloppe est une borne et non une mesure : les lois de laboratoire sont extrapolées sur de nombreux ordres de grandeur de vitesse de déformation, et les contraintes maximales qu’elle montre, plus d’un gigapascal, sont bien au-dessus des 1 aˋ 10 MPa1\text{ à }10\,\mathrm{MPa} que l’on voit libérés par les séismes.

16.5 Exercices

Exercice 16.1 ★

Prendre une croûte de masse volumique 2700 kg m−32700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} et g=9.81 m s−2g = 9.81\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-2}. À une profondeur de 10 km10\,\mathrm{km}, calculer (a) la contrainte verticale, (b) la pression interstitielle hydrostatique, (c) la contrainte effective verticale et le rapport de pression interstitielle λ\lambda.

Solution

Solution de Exercice 16.1.

(a) σv=2700×9.81×10 000=2.65×108 Pa=264.9 MPa\sigma_v = 2700\times9.81\times10\,000 = 2.65 \times 10^{8}\,\mathrm{Pa} = 264.9\,\mathrm{MPa}. (b) P=1000×9.81×10 000=98.1 MPaP = 1000\times9.81\times10\,000 = 98.1\,\mathrm{MPa}. (c) σv′=264.9−98.1=166.8 MPa\sigma_v' = 264.9 - 98.1 = 166.8\,\mathrm{MPa}, et λ=98.1/264.9=0.370\lambda = 98.1/264.9 = 0.370, ce qui vaut 1000/27001000/2700.

Exercice 16.2 ★

(a) Un banc de 10 km10\,\mathrm{km} de long est étiré jusqu’à 13 km13\,\mathrm{km} : donner son extension et son étirement. (b) Un autre, de 10 km10\,\mathrm{km} de long, est raccourci jusqu’à 7 km7\,\mathrm{km}. (c) Deux lignes d’une roche qui étaient perpendiculaires font maintenant un angle de 60∘60{}^{\circ} : quels sont le cisaillement angulaire et la déformation de cisaillement ?

Solution

Solution de Exercice 16.2.

(a) e=(13−10)/10=0.30e = (13-10)/10 = 0.30 et S=1.30S = 1.30. (b) e=(7−10)/10=−0.30e = (7-10)/10 = -0.30, un raccourcissement de 30 %30\,\%, et S=0.70S = 0.70. (c) L’angle s’est fermé de ψ=30∘\psi = 30{}^{\circ}, et γ=tan⁡30∘=0.577\gamma = \tan30{}^{\circ} = 0.577.

Exercice 16.3 ★

En un point, σ1=100 MPa\sigma_1 = 100\,\mathrm{MPa} et σ3=40 MPa\sigma_3 = 40\,\mathrm{MPa}. (a) Tracer le cercle de Mohr. (b) Quelle est la plus grande contrainte de cisaillement, sur quels plans agit-elle, et quelle contrainte normale agit sur eux ? (c) Calculer σn\sigma_n et τ\tau sur le plan dont la normale fait 30∘30{}^{\circ} avec σ1\sigma_1.

Solution

Solution de Exercice 16.3.

(a) Centre 70 MPa70\,\mathrm{MPa}, rayon 30 MPa30\,\mathrm{MPa}. (b) La plus grande contrainte de cisaillement est le rayon, 30 MPa30\,\mathrm{MPa}, sur les plans à 45∘45{}^{\circ} de σ1\sigma_1 et de σ3\sigma_3, qui portent la contrainte normale du centre, 70 MPa70\,\mathrm{MPa}. (c) 2θ=60∘2\theta = 60{}^{\circ} : σn=70+30cos⁡60∘=85 MPa\sigma_n = 70 + 30\cos60{}^{\circ} = 85\,\mathrm{MPa} et τ=30sin⁡60∘=26.0 MPa\tau = 30\sin60{}^{\circ} = 26.0\,\mathrm{MPa}.

Exercice 16.4 ★

Une roche a la cohésion 10 MPa10\,\mathrm{MPa} et l’angle de frottement interne 30∘30{}^{\circ}. (a) Sous quel angle avec σ1\sigma_1 se rompt-elle, et quel angle les deux plans de fracture possibles font-ils entre eux ? (b) Avec σ3′=20 MPa\sigma_3' = 20\,\mathrm{MPa}, quelle σ1′\sigma_1' effective la rompt ?

Solution

Solution de Exercice 16.4.

(a) 45∘−30∘/2=30∘45{}^{\circ} - 30{}^{\circ}/2 = 30{}^{\circ} avec σ1\sigma_1, de part et d’autre d’elle, donc les deux plans font 60∘60{}^{\circ} entre eux. (b) Avec c′=20+rc' = 20 + r, la condition du Théorème 16.14 s’écrit r=Ccos⁡ϕ+(20+r)sin⁡ϕr = C\cos\phi + (20 + r)\sin\phi, donc

r=Ccos⁡ϕ+20sin⁡ϕ1−sin⁡ϕ=8.66+100.5=37.3 MPa,r = \frac{C\cos\phi + 20\sin\phi}{1 - \sin\phi} = \frac{8.66 + 10}{0.5} = 37.3\,\mathrm{MPa},

et σ1′=20+2r=94.6 MPa\sigma_1' = 20 + 2r = 94.6\,\mathrm{MPa}.

Exercice 16.5 ★★

Dans les axes xx (horizontal) et yy (vertical), σxx=60 MPa\sigma_{xx} = 60\,\mathrm{MPa}, σyy=20 MPa\sigma_{yy} = 20\,\mathrm{MPa} et σxy=15 MPa\sigma_{xy} = 15\,\mathrm{MPa}. (a) Calculer les contraintes principales et l’angle θp\theta_p. (b) Vérifier avec la Proposition 16.2 que le plan de normale θp\theta_p ne porte aucune contrainte de cisaillement et porte la contrainte normale σ1\sigma_1. (c) Quelle est la plus grande contrainte de cisaillement en ce point ?

Solution

Solution de Exercice 16.5.

(a) c=40c = 40 et R=202+152=25 MPaR = \sqrt{20^2 + 15^2} = 25\,\mathrm{MPa} : σ1=65 MPa\sigma_1 = 65\,\mathrm{MPa} et σ3=15 MPa\sigma_3 = 15\,\mathrm{MPa} ; tan⁡2θp=30/40=0.75\tan2\theta_p = 30/40 = 0.75, 2θp=36.87∘2\theta_p = 36.87{}^{\circ}, θp=18.43∘\theta_p = 18.43{}^{\circ}. (b) À cet angle cos⁡2θ=0.9\cos^2\theta = 0.9, sin⁡2θ=0.1\sin^2\theta = 0.1 et sin⁡θcos⁡θ=0.3\sin\theta\cos\theta = 0.3 : σn=60×0.9+2×15×0.3+20×0.1=54+9+2=65 MPa\sigma_n = 60\times0.9 + 2\times15\times0.3 + 20\times0.1 = 54 + 9 + 2 = 65\,\mathrm{MPa}, et τ=(20−60)×0.3+15×(0.9−0.1)=−12+12=0\tau = (20-60)\times0.3 + 15\times(0.9-0.1) = -12 + 12 = 0. (c) R=25 MPaR = 25\,\mathrm{MPa}, sur les plans à 45∘45{}^{\circ} des directions principales.

Exercice 16.6 ★★

Une zone de cisaillement a déformé sa roche par un cisaillement simple γ=2\gamma = 2. (a) Calculer les étirements principaux et l’angle du grand axe de l’ellipse de déformation avec la direction de cisaillement. (b) Vérifier que l’aire n’a pas changé. (c) Une ligne de matière était à 45∘45{}^{\circ} de la direction de cisaillement, montant dans le sens du cisaillement : où se trouve-t-elle maintenant, et quel est son étirement ? Comparer avec (a).

Solution

Solution de Exercice 16.6.

(a) S1,2=1+1±1S_{1,2} = \sqrt{1 + 1} \pm 1 : S1=2.414S_1 = 2.414 et S2=0.414S_2 = 0.414 ; tan⁡2θ′=2/2=1\tan2\theta' = 2/2 = 1, θ′=22.5∘\theta' = 22.5{}^{\circ}. (b) S1S2=(2+1)(2−1)=1S_1S_2 = (\sqrt2 + 1)(\sqrt2 - 1) = 1, qui est det⁡F\det F : pas de changement d’aire. (c) La ligne selon (1,1)(1, 1) va en F(1,1)=(1+2,1)=(3,1)F(1, 1) = (1 + 2, 1) = (3, 1), à arctan⁡(1/3)=18.4∘\arctan(1/3) = 18.4{}^{\circ} de la direction de cisaillement, avec l’étirement 10/2=2.24\sqrt{10}/\sqrt2 = 2.24. Elle a dépassé le grand axe de l’ellipse, à 22.5∘22.5{}^{\circ}, vers le plan de cisaillement ; son étirement est un peu inférieur à S1S_1, comme il se doit, puisqu’aucune ligne ne s’étire plus que S1S_1.

Exercice 16.7 ★★

Dans une zone de cisaillement épaisse de 200 m200\,\mathrm{m}, de petites taches rondes dans une ardoise sont devenues des ellipses d’axes dans le rapport de 4 à 1. Supposer un cisaillement simple, sans changement d’aire. (a) Trouver S1S_1, S2S_2 et γ\gamma. (b) Sous quel angle avec les parois de la zone les grands axes devraient-ils se coucher ? (c) De quelle distance une paroi a-t-elle glissé le long de l’autre ?

Solution

Solution de Exercice 16.7.

(a) S1/S2=4S_1/S_2 = 4 et S1S2=1S_1S_2 = 1 donnent S1=2S_1 = 2 et S2=0.5S_2 = 0.5 ; d’après la Proposition 16.11, γ=S1−S2=1.5\gamma = S_1 - S_2 = 1.5. (b) tan⁡2θ′=2/1.5=1.333\tan2\theta' = 2/1.5 = 1.333, 2θ′=53.1∘2\theta' = 53.1{}^{\circ} : les grands axes devraient se coucher à 26.6∘26.6{}^{\circ} des parois. (c) 1.5×200=300 m1.5\times200 = 300\,\mathrm{m}.

Exercice 16.8 ★★

Une faille à une profondeur de 3 km3\,\mathrm{km}, dans une croûte de masse volumique 2700 kg m−32700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, porte la contrainte normale 70 MPa70\,\mathrm{MPa} et la contrainte de cisaillement 30 MPa30\,\mathrm{MPa}. (a) Avec une pression interstitielle hydrostatique, glisse-t-elle d’après la loi de Byerlee ? (b) Et si les pores sont scellés et λ=0.6\lambda = 0.6 ? (c) Trouver la valeur de λ\lambda à laquelle elle commence à glisser.

Solution

Solution de Exercice 16.8.

σv=2700×9.81×3000=79.46 MPa\sigma_v = 2700\times9.81\times3000 = 79.46\,\mathrm{MPa}. (a) P=29.43 MPaP = 29.43\,\mathrm{MPa}, σn′=70−29.43=40.57 MPa\sigma_n' = 70 - 29.43 = 40.57\,\mathrm{MPa}, et Byerlee permet 0.85×40.57=34.5 MPa0.85\times40.57 = 34.5\,\mathrm{MPa}, plus que les 30 MPa30\,\mathrm{MPa} appliqués : la faille tient. (b) P=0.6×79.46=47.68 MPaP = 0.6\times79.46 = 47.68\,\mathrm{MPa}, σn′=22.32 MPa\sigma_n' = 22.32\,\mathrm{MPa}, et le frottement ne donne que 19.0 MPa19.0\,\mathrm{MPa} : la faille glisse. (c) 30=0.85 (70−79.46 λ)30 = 0.85\,(70 - 79.46\,\lambda) donne λ=(70−35.29)/79.46=0.437\lambda = (70 - 35.29)/79.46 = 0.437.

Exercice 16.9 ★★

Utiliser la loi de fluage de la quartzite humide (Proposition 16.17). (a) De quel facteur la contrainte doit-elle croître pour qu’elle s’écoule dix fois plus vite ? (b) De quel facteur sa résistance chute-t-elle entre 400∘C400{}^{\circ}\mathrm{C} et 500∘C500{}^{\circ}\mathrm{C}, à la même vitesse et avec V=0V = 0 ? (c) Expliquer avec ces deux résultats pourquoi la profondeur de la transition cassant–ductile dépend bien plus du géotherme que de la vitesse de déformation.

Solution

Solution de Exercice 16.9.

(a) La contrainte varie comme ε˙1/4\dot\varepsilon^{1/4} : 101/4=1.7810^{1/4} = 1.78. (b) Le rapport des résistances est

exp⁡[EnR(1673.15−1773.15)]=exp⁡(6705×1.921×10−4)=exp⁡(1.288)=3.63.\exp\Bigl[\frac{E}{nR}\Bigl(\frac{1}{673.15} - \frac{1}{773.15}\Bigr)\Bigr] = \exp\bigl(6705\times1.921 \times 10^{-4}\bigr) = \exp(1.288) = 3.63 .

(c) Un changement de vitesse d’un facteur dix change la résistance au fluage d’un facteur 1.78, ce que la température fait en seulement 100×ln⁡1.78/ln⁡3.63≈45∘C100\times\ln1.78/\ln3.63 \approx 45{}^{\circ}\mathrm{C} ; sur un géotherme d’environ 20∘C20{}^{\circ}\mathrm{C} par kilomètre, cela déplace la transition d’environ 2 km2\,\mathrm{km}. Un changement de géotherme déplace les isothermes, et avec elles la transition, de bien davantage.

Exercice 16.10 ★★★

Là où la contrainte verticale est σ2\sigma_2, les failles sont décrochantes. Supposer que la contrainte effective verticale est alors la moyenne (σ1′+σ3′)/2(\sigma_1' + \sigma_3')/2. (a) Montrer que le glissement avec frottement μ\mu et sans cohésion commence à σ1−σ3=2μ ρgz(1−λ)/1+μ2\sigma_1 - \sigma_3 = 2\mu\,\rho g z(1-\lambda)/\sqrt{1+\mu^2}. (b) Calculer la pente en mégapascals par kilomètre pour μ=0.85\mu = 0.85 et ρ=2700 kg m−3\rho = 2700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3}, et la placer entre les pentes des failles normales et inverses. (c) Exprimer chacune des trois pentes comme un multiple de la contrainte effective verticale.

Solution

Solution de Exercice 16.10.

(a) Avec C=0C = 0, une faille glisse quand r=μc′/1+μ2r = \mu c'/\sqrt{1+\mu^2} (Théorème 16.14). Ici c′=S=ρgz(1−λ)c' = S = \rho g z(1-\lambda), donc σ1−σ3=2r=2μS/1+μ2\sigma_1 - \sigma_3 = 2r = 2\mu S/\sqrt{1+\mu^2}. (b) SS croît de 2700×9.81×1000×(1−1000/2700)=16.68 MPa2700\times9.81\times1000\times(1 - 1000/2700) = 16.68\,\mathrm{MPa} par kilomètre, et 2×0.85/1.3124=1.2952\times0.85/1.3124 = 1.295 : la pente est de 21.6 MPa21.6\,\mathrm{MPa} par kilomètre, entre 13.113.1 (failles normales) et 61.3 MPa61.3\,\mathrm{MPa} par kilomètre (chevauchements). (c) 2μ/(k+μ)=0.7862\mu/(k+\mu) = 0.786, 2μ/k=1.2952\mu/k = 1.295 et 2μ/(k−μ)=3.682\mu/(k-\mu) = 3.68, avec k=1.3124k = 1.3124 : la contrainte différentielle au glissement vaut 0.79, 1.30 et 3.68 fois la contrainte effective verticale.

Exercice 16.11 ★★★

Modéliser la lithosphère océanique de 60 Ma60\,\mathrm{Ma} comme un demi-espace refroidi depuis 1350∘C1350{}^{\circ}\mathrm{C}, avec une surface à 0∘C0{}^{\circ}\mathrm{C} et κ=10−6 m2 s−1\kappa = 10^{-6}\,\mathrm{m}^{2}\,\mathrm{s}^{-1} : T=1350erf⁡(z/(2κt))T = 1350\operatorname{erf}\bigl(z/(2\sqrt{\kappa t})\bigr). (a) Calculer 2κt2\sqrt{\kappa t}. (b) Trouver les profondeurs des isothermes 600∘C600{}^{\circ}\mathrm{C} et 800∘C800{}^{\circ}\mathrm{C}. (c) Les séismes à l’intérieur des plaques océaniques atteignent les profondeurs où la température est de 600 aˋ 800∘C600\text{ à }800{}^{\circ}\mathrm{C}. Comparer avec la transition cassant–ductile de l’enveloppe de résistance océanique de ce chapitre, à 38.2 km38.2\,\mathrm{km} et 641∘C641{}^{\circ}\mathrm{C}.

Solution

Solution de Exercice 16.11.

(a) t=60×106×3.156×107=1.89×1015 st = 60\times10^{6}\times3.156 \times 10^{7} = 1.89 \times 10^{15}\,\mathrm{s} et 2κt=21.89×109=87.0 km2\sqrt{\kappa t} = 2\sqrt{1.89 \times 10^{9}} = 87.0\,\mathrm{km}. (b) erf⁡x=600/1350=0.444\operatorname{erf}x = 600/1350 = 0.444 pour x=0.417x = 0.417 : z=0.417×87.0=36.3 kmz = 0.417\times87.0 = 36.3\,\mathrm{km} ; erf⁡x=800/1350=0.593\operatorname{erf}x = 800/1350 = 0.593 pour x=0.586x = 0.586 : z=51.0 kmz = 51.0\,\mathrm{km}. (c) Les séismes devraient atteindre 36 aˋ 51 km36\text{ à }51\,\mathrm{km} ; l’enveloppe place la base de la couche cassante à 38.2 km38.2\,\mathrm{km}, dans cet intervalle et près de son sommet, à une température, 641∘C641{}^{\circ}\mathrm{C}, dans l’intervalle observé.

Exercice 16.12 ★★★

Une roche est traversée de fractures de toute orientation, toutes contenant la direction de σ2\sigma_2, sans cohésion et de frottement 0.85. Les contraintes principales effectives sont σ1′=110 MPa\sigma_1' = 110\,\mathrm{MPa} et σ3′=20 MPa\sigma_3' = 20\,\mathrm{MPa}. (a) Montrer que certaines fractures glissent. (b) Trouver l’intervalle de l’angle entre les fractures qui glissent et σ1\sigma_1. Laquelle est au milieu de l’intervalle ? (c) Jusqu’à quelle valeur de σ1′\sigma_1', avec σ3′\sigma_3' fixée, au moins une fracture glisse-t-elle encore ?

Solution

Solution de Exercice 16.12.

(a) r=45r = 45 et c′=65 MPac' = 65\,\mathrm{MPa} ; la distance du centre à la droite τ=0.85σn′\tau = 0.85\sigma_n' est 0.85×65/1.3124=42.1 MPa0.85\times65/1.3124 = 42.1\,\mathrm{MPa}, inférieure au rayon : le cercle coupe la droite, et les plans sur l’arc au-dessus d’elle glissent. (b) Avec 2θ2\theta l’angle depuis l’extrémité σ1\sigma_1, le glissement demande 45sin⁡2θ≥0.85 (65+45cos⁡2θ)45\sin2\theta \ge 0.85\,(65 + 45\cos2\theta), c’est-à-dire 45sin⁡2θ−38.25cos⁡2θ≥55.2545\sin2\theta - 38.25\cos2\theta \ge 55.25, ou 59.06sin⁡(2θ−40.36∘)≥55.2559.06\sin(2\theta - 40.36{}^{\circ}) \ge 55.25, où 40.36∘=ϕ40.36{}^{\circ} = \phi. Donc sin⁡(2θ−ϕ)≥0.9355\sin(2\theta - \phi) \ge 0.9355, 2θ−ϕ2\theta - \phi entre 69.31∘69.31{}^{\circ} et 110.69∘110.69{}^{\circ}, 2θ2\theta entre 109.67∘109.67{}^{\circ} et 151.06∘151.06{}^{\circ} : les normales se trouvent à 54.8∘54.8{}^{\circ} à 75.5∘75.5{}^{\circ} de σ1\sigma_1, et les fractures qui glissent à 14.5∘14.5{}^{\circ} à 35.2∘35.2{}^{\circ} de σ1\sigma_1. Le milieu de l’intervalle, 24.8∘24.8{}^{\circ}, est 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2, le plan du Théorème 16.14. (c) Seul ce plan glisse quand le cercle touche juste la droite : r=μ(20+r)/kr = \mu(20 + r)/k, r=20μ/(k−μ)=17/0.4624=36.8 MPar = 20\mu/(k - \mu) = 17/0.4624 = 36.8\,\mathrm{MPa}, et σ1′=20+2r=93.5 MPa\sigma_1' = 20 + 2r = 93.5\,\mathrm{MPa}.

16.6 Problème : La faille va-t-elle glisser ?

Problème 16.1

Problème du week-end — la contrainte sur une faille normale à une profondeur de cinq kilomètres, sa marge de sécurité, et la hausse de pression interstitielle qui la ferait glisser

Une faille est orientée nord–sud et plonge de 60∘60{}^{\circ} vers l’est. Un puits d’élimination l’atteint à une profondeur de 5.00 km5.00\,\mathrm{km}, dans une croûte de masse volumique 2700 kg m−32700\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} dont les pores communiquent avec la surface. Une mesure dans le puits donne la contrainte horizontale perpendiculaire à la faille, 75.0 MPa75.0\,\mathrm{MPa} ; la contrainte horizontale selon la direction se situe entre elle et la contrainte verticale, si bien que le problème est à deux dimensions dans le plan vertical est–ouest. Prendre g=9.81 m s−2g = 9.81\,\mathrm{m}\,\mathrm{s}^{-2}, l’eau de masse volumique 1000 kg m−31000\,\mathrm{kg}\,\mathrm{m}^{-3} et la loi de Byerlee. Donner les contraintes à 0.01 MPa0.01\,\mathrm{MPa}.

Partie I — L’état de contrainte.

  1. Calculer la contrainte verticale à la profondeur de la faille.
  2. Calculer la pression interstitielle hydrostatique en ce lieu, et le rapport λ\lambda.
  3. Laquelle des deux contraintes est σ1\sigma_1 et laquelle σ3\sigma_3 ? Quelle sorte de faille cet état de contrainte entraîne-t-il ?
  4. Calculer la contrainte différentielle, le centre et le rayon du cercle de Mohr.
  5. Calculer les contraintes principales effectives et le centre du cercle effectif.
  6. Avec xx horizontal vers l’est et yy vertical, écrire les trois composantes σxx\sigma_{xx}, σyy\sigma_{yy}, σxy\sigma_{xy}. Pourquoi σxy\sigma_{xy} est-elle nulle ?

Partie II — Les contraintes sur la faille.

  1. Donner la normale unitaire à la faille dans les axes de la question 6, et l’angle θ\theta entre elle et σ1\sigma_1.
  2. Calculer σn\sigma_n et τ\tau sur la faille avec la Proposition 16.2.
  3. Vérifier les deux valeurs avec le cercle de Mohr : sous quel angle depuis l’extrémité σ1\sigma_1 se trouve la faille ?
  4. Calculer la contrainte normale effective sur la faille.
  5. Calculer le rapport τ/σn′\tau/\sigma_n' et le comparer à 0.85.
  6. Quelle contrainte de cisaillement ferait glisser la faille sous la contrainte normale effective actuelle ? De combien de mégapascals en est-elle éloignée ?

Partie III — Le cercle de Mohr et la loi de Byerlee.

  1. Tracer le cercle de Mohr effectif et la droite de Byerlee à l’échelle.
  2. Calculer la distance du centre du cercle à la droite et la comparer au rayon. Un plan quelconque de la roche peut-il glisser ?
  3. Quel plan glisserait le premier ? Donner son angle avec σ1\sigma_1 et son pendage.
  4. Avec la Proposition 16.19, calculer la contrainte différentielle à laquelle les failles normales glissent à cette profondeur, et la vérifier avec la pente de 13.1 MPa13.1\,\mathrm{MPa} par kilomètre.
  5. À quel niveau la contrainte horizontale devrait-elle tomber pour que le plan le mieux orienté glisse ?
  6. À quel niveau pour que la faille du problème glisse ? Expliquer pourquoi il est plus bas.

Partie IV — L’injection.

  1. Expliquer pourquoi une hausse ΔP\Delta P de la pression interstitielle déplace le cercle effectif de ΔP\Delta P vers la gauche sans changer son rayon.
  2. Calculer la hausse de pression interstitielle qui amène le plan le mieux orienté à glisser.
  3. Le puits est plein d’eau. Quelle pression supplémentaire la pompe doit-elle appliquer en tête de puits pour élever la pression interstitielle à la faille de cette quantité ? À quelle hauteur de colonne d’eau cela équivaut-il ?
  4. Si le frottement sur la faille était de 0.6 plutôt que 0.85, glisserait-elle déjà ? Que dit le calme de la faille de son frottement ?
  5. À quel rapport λ\lambda le plan le mieux orienté glisse-t-il ?
  6. À une décimale, en mégapascals, quelle hausse de pression interstitielle amène cette faille à glisser ?
Solution

Solution de Problème 16.1.

1. σv=2700×9.81×5000=132.44 MPa\sigma_v = 2700\times9.81\times5000 = 132.44\,\mathrm{MPa}.

2. P=1000×9.81×5000=49.05 MPaP = 1000\times9.81\times5000 = 49.05\,\mathrm{MPa}, et λ=49.05/132.44=0.370\lambda = 49.05/132.44 = 0.370.

3. σ1=σv=132.44 MPa\sigma_1 = \sigma_v = 132.44\,\mathrm{MPa}, verticale, et σ3=75.00 MPa\sigma_3 = 75.00\,\mathrm{MPa}, horizontale est–ouest : la croûte est étirée est–ouest sous son propre poids, l’état qui entraîne des failles normales, comme celle-ci.

4. σ1−σ3=57.44 MPa\sigma_1 - \sigma_3 = 57.44\,\mathrm{MPa} ; centre (132.44+75.00)/2=103.72 MPa(132.44 + 75.00)/2 = 103.72\,\mathrm{MPa} ; rayon 28.72 MPa28.72\,\mathrm{MPa}.

5. σ1′=132.44−49.05=83.39 MPa\sigma_1' = 132.44 - 49.05 = 83.39\,\mathrm{MPa}, σ3′=75.00−49.05=25.95 MPa\sigma_3' = 75.00 - 49.05 = 25.95\,\mathrm{MPa}, centre 103.72−49.05=54.67 MPa103.72 - 49.05 = 54.67\,\mathrm{MPa}.

6. σxx=75.00 MPa\sigma_{xx} = 75.00\,\mathrm{MPa}, σyy=132.44 MPa\sigma_{yy} = 132.44\,\mathrm{MPa} et σxy=0\sigma_{xy} = 0 : les axes sont les directions principales, l’une d’elles verticale, donc les plans perpendiculaires à elles ne portent aucune contrainte de cisaillement.

7. Selon son pendage la faille suit le vecteur unitaire (cos⁡60∘,−sin⁡60∘)(\cos60{}^{\circ}, -\sin60{}^{\circ}), vers l’est et vers le bas ; sa normale vers le haut est n⃗=(sin⁡60∘,cos⁡60∘)=(0.866,0.500)\vec n = (\sin60{}^{\circ}, \cos60{}^{\circ}) = (0.866, 0.500), à 30∘30{}^{\circ} de xx. Son angle avec σ1\sigma_1, selon yy, a pour cosinus 0.500 : θ=60∘\theta = 60{}^{\circ}.

8. Avec 30∘30{}^{\circ} de xx : σn=75.00×0.75+132.44×0.25=56.25+33.11=89.36 MPa\sigma_n = 75.00\times0.75 + 132.44\times0.25 = 56.25 + 33.11 = 89.36\,\mathrm{MPa}, et τ=(132.44−75.00)×sin⁡30∘cos⁡30∘=57.44×0.4330=24.87 MPa\tau = (132.44 - 75.00)\times \sin30{}^{\circ}\cos30{}^{\circ} = 57.44\times0.4330 = 24.87\,\mathrm{MPa}.

9. À 2θ=120∘2\theta = 120{}^{\circ} de l’extrémité σ1\sigma_1 : σn=103.72+28.72cos⁡120∘=103.72−14.36=89.36 MPa\sigma_n = 103.72 + 28.72\cos120{}^{\circ} = 103.72 - 14.36 = 89.36\,\mathrm{MPa} et τ=28.72sin⁡120∘=24.87 MPa\tau = 28.72\sin120{}^{\circ} = 24.87\,\mathrm{MPa}.

10. σn′=89.36−49.05=40.31 MPa\sigma_n' = 89.36 - 49.05 = 40.31\,\mathrm{MPa}.

11. 24.87/40.31=0.61724.87/40.31 = 0.617, inférieur à 0.85 : la faille tient.

12. 0.85×40.31=34.26 MPa0.85\times40.31 = 34.26\,\mathrm{MPa} ; la contrainte de cisaillement est en deçà de 9.39 MPa9.39\,\mathrm{MPa}.

13. Le cercle a son centre à 54.67 MPa54.67\,\mathrm{MPa} et pour rayon 28.72 MPa28.72\,\mathrm{MPa}, de 25.9525.95 à 83.39 MPa83.39\,\mathrm{MPa} ; la droite de Byerlee est τ=0.85 σn′\tau = 0.85\,\sigma_n' (toutes les contraintes normales ici sont inférieures à 200 MPa200\,\mathrm{MPa}) ; la faille est le point (40.31,24.87)(40.31, 24.87), à 120∘120{}^{\circ} de l’extrémité σ1\sigma_1.

14. 0.85×54.67/1+0.852=46.47/1.3124=35.41 MPa0.85\times54.67/\sqrt{1 + 0.85^2} = 46.47/1.3124 = 35.41\,\mathrm{MPa}, plus que le rayon, 28.72 MPa28.72\,\mathrm{MPa} : tout le cercle est sous la droite, et aucun plan de la roche ne peut glisser.

15. ϕ=arctan⁡0.85=40.36∘\phi = \arctan0.85 = 40.36{}^{\circ} : le plan à 45∘−ϕ/2=24.8∘45{}^{\circ} - \phi/2 = 24.8{}^{\circ} de σ1\sigma_1 vertical, de pendage 65.2∘65.2{}^{\circ}.

16. S=σv′=83.39 MPaS = \sigma_v' = 83.39\,\mathrm{MPa} et σ1−σ3=2×0.85×83.39/(1.3124+0.85)=65.55 MPa\sigma_1 - \sigma_3 = 2\times0.85\times83.39/(1.3124 + 0.85) = 65.55\,\mathrm{MPa} ; la pente donne 13.11×5=65.55 MPa13.11\times5 = 65.55\,\mathrm{MPa}.

17. σ3=132.44−65.55=66.88 MPa\sigma_3 = 132.44 - 65.55 = 66.88\,\mathrm{MPa}.

18. La faille glisse quand rsin⁡120∘=0.85 (c′+rcos⁡120∘)r\sin120{}^{\circ} = 0.85\,(c' + r\cos120{}^{\circ}) avec c′=(83.39+σ3′)/2c' = (83.39 + \sigma_3')/2 et r=(83.39−σ3′)/2r = (83.39 - \sigma_3')/2 ; la résolution donne σ3′=17.18 MPa\sigma_3' = 17.18\,\mathrm{MPa}, σ3=66.23 MPa\sigma_3 = 66.23\,\mathrm{MPa}. C’est plus bas que pour le meilleur plan : la faille ne se trouve pas au point où le cercle touche d’abord la droite, donc le cercle doit encore grandir avant d’atteindre le point propre de la faille.

19. Chaque contrainte normale effective, σ1′\sigma_1' et σ3′\sigma_3' comprises, diminue de ΔP\Delta P, et leur différence ne change pas ; les contraintes de cisaillement ne dépendent pas du tout de la pression interstitielle.

20. Le meilleur plan glisse quand la distance égale le rayon : 0.85 (54.67−ΔP)/1.3124=28.720.85\,(54.67 - \Delta P)/1.3124 = 28.72, donc ΔP=54.67−28.72×1.3124/0.85=54.67−44.34=10.33 MPa\Delta P = 54.67 - 28.72\times1.3124/0.85 = 54.67 - 44.34 = 10.33\,\mathrm{MPa}.

21. La colonne d’eau du puits pèse autant qu’avant, donc la pompe doit ajouter les 10.33 MPa10.33\,\mathrm{MPa} entiers en tête de puits, environ 103 fois la pression atmosphérique : le poids d’une colonne d’eau haute de 10.33×106/(1000×9.81)=1053 m10.33 \times 10^{6}/(1000\times9.81) = 1053\,\mathrm{m}.

22. Avec μ=0.6\mu = 0.6 la faille ne pourrait supporter que 0.6×40.31=24.19 MPa0.6\times40.31 = 24.19\,\mathrm{MPa}, moins que les 24.87 MPa24.87\,\mathrm{MPa} qu’elle porte : elle glisserait déjà. Comme elle est calme, son frottement est d’au moins 0.6170.617, ou elle a une certaine cohésion.

23. Le plan le mieux orienté glisse quand la pression interstitielle atteint 49.05+10.33=59.38 MPa49.05 + 10.33 = 59.38\,\mathrm{MPa}, c’est-à-dire λ=59.38/132.44=0.448\lambda = 59.38/132.44 = 0.448, bien en deçà de la valeur lithostatique 1.

24. ΔP=σn′−τ/0.85=40.309−24.870/0.85=40.309−29.259=11.049 MPa\Delta P = \sigma_n' - \tau/0.85 = 40.309 - 24.870/0.85 = 40.309 - 29.259 = 11.049\,\mathrm{MPa}, plus que les 10.33 MPa10.33\,\mathrm{MPa} qui feraient bouger un plan de la meilleure orientation. À une décimale, la hausse de pression interstitielle qui amène la faille à glisser est

এই অধ্যায়ে সংজ্ঞায়িত পরিভাষা-শব্দ

পরিভাষায় সব 957 টি শব্দ দেখো