পৃথিবী ও মহাকাশ বিজ্ঞান · বই 3 · স্নাতক প্রথম বর্ষ

Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année

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Sciences de la Terre et de l’Univers à l’université — 1re année · স্নাতক প্রথম বর্ষ

17Failles, plis et fabriques

Une tranchée de route montre une face de roche polie comme du verre et rayée de fines cannelures parallèles. De l’autre côté de la vallée, une falaise marine montre des bancs de grès et de schiste pliés en zigzags aux côtés droits et aux angles vifs. Sur un toit voisin, des ardoises se débitent en feuillets de quelques millimètres d’épaisseur, selon des plans qui recoupent les couches de la boue dont elles sont faites. Chacun est un enregistrement de la déformation de la roche, lu à une échelle différente : les cannelures donnent la direction dans laquelle deux blocs ont glissé l’un contre l’autre le long d’une faille ; les zigzags mesurent de combien les bancs ont été raccourcis ; les plans de l’ardoise ont poussé en travers du grain de la roche tandis qu’elle était comprimée. Ce chapitre donne la géométrie nécessaire pour mesurer ces trois enregistrements, et la mécanique du chapitre précédent explique pourquoi les failles prennent les pendages qu’elles ont.

Tu sais déjà

L’attitude d’un plan est son sens du pendage et son pendage, notée par exemple 080/12080/12 ; sa direction s’en déduit par la règle de la main droite, le plan plongeant à droite d’un observateur qui regarde le long de la direction (Chapitre 4). Un pli est une courbure de couches autrefois planes ; un anticlinal est convexe vers le haut avec les roches les plus anciennes en son cœur, un synclinal concave vers le haut ; l’axe du pli est la ligne le long de laquelle les couches se courbent le plus (Chapitre 4). Le rejet vertical et le rejet horizontal d’une faille sont les composantes verticale et horizontale de son déplacement (Chapitre 5). Une droite a une direction et un plongement, et le vecteur unitaire vers le bas (cos⁡psin⁡t,cos⁡pcos⁡t,−sin⁡p)(\cos p\sin t, \cos p\cos t, -\sin p) (Chapitre 6). Une roche qui obéit au critère de Coulomb se rompt sur des plans à 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 de σ1\sigma_1, et les failles existantes glissent selon la loi de Byerlee (Chapitre 16). Un minéral est en extinction entre polariseurs croisés quand ses directions de vibration sont parallèles à celles des polariseurs (Chapitre 8). Les failles ont été rencontrées au livre 1, année 7 ; les failles inverses, les chevauchements et la foliation au livre 2, année 12. Le produit vectoriel de deux vecteurs est perpendiculaire aux deux (mathématiques, première année).

17.1 Les failles : géométrie et cinématique

Une faille est une surface à travers laquelle deux blocs de roche se sont déplacés l’un contre l’autre. Pour décrire le mouvement il faut des noms pour les deux blocs et pour le déplacement, et un moyen de mesurer sa direction dans le plan de la faille.

Définition 17.1 (Compartiment supérieur, compartiment inférieur, vecteur glissement, glissement net, pitch)

Soit une faille localement plane et non verticale. Le compartiment supérieur (ou toit) est le bloc au-dessus d’elle, le compartiment inférieur (ou mur) le bloc en dessous. Soit AA un point du compartiment inférieur et A′A' le point du compartiment supérieur qui était en contact avec lui avant le mouvement. Le vecteur glissement AA′→\overrightarrow{AA'} est le déplacement du compartiment supérieur par rapport au compartiment inférieur ; sa longueur est le glissement net. Le pitch rr du vecteur glissement est l’angle, mesuré dans le plan de la faille, de la direction donnée par la règle de la main droite au vecteur glissement, positif quand le vecteur glissement pointe vers le haut du plan et négatif quand il pointe vers le bas : −180∘<r≤180∘-180{}^{\circ} < r \le 180{}^{\circ}. C’est la convention des sismologues, reprise pour les séismes au Chapitre 18 ; de nombreux géologues de terrain notent plutôt un angle entre 0 et 180∘180{}^{\circ}, mesuré dans le sens horaire à partir de la direction vue de dessus, et ajoutent le sens du mouvement en mots.

Les deux noms viennent de l’exploitation minière : un mineur travaillant un filon incliné se tenait sur le mur et avait le toit au-dessus de la tête. Un déplacement vu dans une seule coupe n’est pas, en général, le glissement : un banc décalé sur une carte ou dans une coupe montre une séparation, qui dépend de l’attitude du banc. Le glissement demande deux points qui n’en faisaient qu’un, comme les deux moitiés d’une ligne coupée par la faille, par exemple le bord d’un dyke contre un banc.

Les éléments d’une faille, dessinés à l’échelle pour une faille de pendage = 50 et un vecteur glissement de pitch r = -35. (a) Le plan de faille vu de face : le vecteur glissement AA' se décompose en une composante selon la direction et une selon le pendage. (b) La coupe verticale perpendiculaire à la direction : la composante en pendage se décompose en rejet vertical et rejet horizontal.
Les éléments d’une faille, dessinés à l’échelle pour une faille de pendage δ=50∘\delta = 50{}^{\circ} et un vecteur glissement de pitch r=−35∘r = -35{}^{\circ}. (a) Le plan de faille vu de face : le vecteur glissement AA′→\overrightarrow{AA'} se décompose en une composante selon la direction et une selon le pendage. (b) La coupe verticale perpendiculaire à la direction : la composante en pendage se décompose en rejet vertical et rejet horizontal.

Proposition 17.2 (Composantes du glissement)

Soit une faille de sens du pendage α\alpha et de pendage δ\delta, et un vecteur glissement de longueur LL et de pitch rr. Avec des composantes est, nord et haut, soit s=(sin⁡(α−90∘),cos⁡(α−90∘),0)\mathbf s = (\sin(\alpha-90{}^{\circ}), \cos(\alpha-90{}^{\circ}), 0) le vecteur unitaire selon la direction et u=(−cos⁡δsin⁡α,−cos⁡δcos⁡α,sin⁡δ)\mathbf u = (-\cos\delta\sin\alpha, -\cos\delta\cos\alpha, \sin\delta) le vecteur unitaire vers le haut du pendage. Alors

AA′→=L (cos⁡r s+sin⁡r u),\overrightarrow{AA'} = L\,(\cos r\,\mathbf s + \sin r\,\mathbf u),

sa composante en direction est Lcos⁡rL\cos r et sa composante en pendage Lsin⁡rL\sin r ; le rejet vertical est L ∣sin⁡r∣sin⁡δL\,|\sin r|\sin\delta, le rejet horizontal L ∣sin⁡r∣cos⁡δL\,|\sin r|\cos\delta, et le vecteur glissement plonge de pp avec sin⁡p=∣sin⁡r∣sin⁡δ\sin p = |\sin r|\sin\delta.

Démonstration. Le vecteur s\mathbf s est horizontal et pointe selon la direction ; u\mathbf u est l’opposé du vecteur unitaire vers le bas de la ligne de plus grande pente, qui a pour direction α\alpha et pour plongement δ\delta (Chapitre 6). Les deux sont dans le plan de faille, et s⋅u=−cos⁡δ(sin⁡(α−90∘)sin⁡α+cos⁡(α−90∘)cos⁡α)=−cos⁡δcos⁡90∘=0\mathbf s\cdot\mathbf u = -\cos\delta(\sin(\alpha - 90{}^{\circ})\sin\alpha + \cos(\alpha - 90{}^{\circ})\cos\alpha) = -\cos\delta\cos90{}^{\circ} = 0, donc ils forment une base orthonormée du plan. Un vecteur du plan de longueur LL à l’angle rr de s\mathbf s, compté vers u\mathbf u, est L(cos⁡r s+sin⁡r u)L(\cos r\,\mathbf s + \sin r\,\mathbf u). Sa composante verticale est Lsin⁡rsin⁡δL\sin r\sin\delta, dont la valeur est le rejet vertical ; sa partie horizontale en travers de la direction est Lsin⁡rL\sin r fois la partie horizontale de u\mathbf u, de longueur cos⁡δ\cos\delta, qui est le rejet horizontal ; et le sinus de son plongement est sa composante verticale divisée par LL. ∎

Pour une faille à glissement en pendage, ∣sin⁡r∣=1|\sin r| = 1 et le rejet horizontal est le rejet vertical divisé par tan⁡δ\tan\delta, comme au Chapitre 5. Le pitch classe les failles en familles.

Définition 17.3 (Failles normales, inverses, chevauchements, décrochantes et obliques)

Une faille dont le vecteur glissement est le long de la ligne de plus grande pente (r=±90∘r = \pm90{}^{\circ}) est une faille à glissement en pendage : une faille normale quand le compartiment supérieur s’est abaissé (r=−90∘r = -90{}^{\circ}), une faille inverse quand il s’est élevé (r=90∘r = 90{}^{\circ}). Un chevauchement est une faille inverse de pendage 45∘45{}^{\circ} ou moins. Une faille dont le glissement est parallèle à sa direction (r=0r = 0 ou 180∘180{}^{\circ}) est une faille décrochante ; de telles failles sont en général presque verticales. Une faille décrochante est dextre quand un observateur placé d’un côté voit l’autre côté déplacé vers la droite, senestre quand c’est vers la gauche. Une faille dont le glissement a à la fois une composante en direction et une composante en pendage est une faille oblique ; en pratique une faille est nommée d’après sa composante la plus grande, de sorte qu’un pitch proche de −90∘-90{}^{\circ} est dit normal.

Proposition 17.4 (Le sens d’une faille décrochante)

Le sens d’une faille décrochante ne dépend pas du côté où se tient l’observateur. Un pitch proche de 00 est senestre, un pitch proche de 180∘180{}^{\circ} dextre.

Démonstration. Si un observateur sur le bloc 1 voit le bloc 2 se déplacer de v\mathbf v, un observateur sur le bloc 2 voit le bloc 1 se déplacer de −v-\mathbf v. En se retournant pour faire face au bloc 1, le second observateur a échangé la gauche et la droite. Les deux changements s’annulent : les deux voient l’autre côté aller dans le même sens, vers la droite ou vers la gauche. Pour la seconde partie, tenons-nous sur le compartiment inférieur face au compartiment supérieur : on regarde alors vers le bas du pendage, et comme le plan plonge à droite de sa direction, la direction pointe à notre gauche. Un pitch de 00 déplace le compartiment supérieur le long de la direction, vers la gauche ; un pitch de 180∘180{}^{\circ} le déplace vers la droite. ∎

Une surface de faille est souvent elle-même un enregistrement du mouvement : les rayures et les fibres qu’elle porte sont selon le glissement. Autour de la surface, une zone de faille peut être remplie de roche brisée par le mouvement.

Définition 17.5 (Miroir de faille, stries, roches de faille)

Les stries sont des rayures ou des fibres sur une surface de faille, parallèles au glissement ; un miroir de faille est une surface de faille qui les porte, souvent lissée par le glissement. Une roche de faille est une roche faite par le mouvement sur une faille. Une brèche de faille est faite de fragments anguleux des parois de la faille, tournés et déplacés, de blocs énormes jusqu’à environ 2 mm2\,\mathrm{mm} ; une cataclasite est faite de fragments de la taille du sable ou plus petits ; ni l’une ni l’autre n’a de fabrique, les fragments étant au hasard. Une gouge de faille est une roche de faille riche en argile, très tendre à l’affleurement. Une mylonite est une roche à grain fin, fortement foliée, faite dans une zone de cisaillement par cisaillement ductile, les grains réduits par recristallisation plutôt que par broyage.

Les roches de faille sont une jauge de profondeur, et elles suivent l’enveloppe de résistance du Chapitre 16. La gouge, la brèche et la cataclasite, avec leur fabrique aléatoire, sont faites par glissement frictionnel et fracture dans la croûte cassante ; les mylonites sont faites sous la transition cassant–ductile, où la faille se prolonge vers le bas comme une bande de cisaillement ductile. Pour un géotherme normal et assez d’eau, la transition entre les deux se situe à 10 aˋ 15 km10\text{ à }15\,\mathrm{km}, près des 13.7 km13.7\,\mathrm{km} de l’enveloppe du chapitre précédent, et la faille y est la plus résistante. À travers une grande faille remontée de la profondeur, le même ordre se retrouve côte à côte : des zones de gouge près de la surface, puis la cataclasite, puis la mylonite. Le nom de mylonite, du mot grec pour moudre la farine, enregistre une erreur : on la croyait de la roche broyée. Le volume de troisième année étudie ces zones de cisaillement profondes et les mécanismes qui font les mylonites.

À gauche : un miroir de faille sur une surface de faille dans du chert, environ 3\, m × 3\, m d’une surface haute de 10\, m, Corona Heights, San Francisco ; la face polie est striée selon le glissement. Photographie : Dextersinister, CC BY-SA 4.0. À droite : brèche de faille du chevauchement de Keystone, Red Rock Canyon, Nevada : fragments anguleux de roche carbonatée grise dans une matrice plus pâle ; le cache d’objectif en haut à droite fait 5.8\, cm de large. Photographie : Jstuby, domaine public. Les deux proviennent de Wikimedia Commons. À gauche : un miroir de faille sur une surface de faille dans du chert, environ 3\, m × 3\, m d’une surface haute de 10\, m, Corona Heights, San Francisco ; la face polie est striée selon le glissement. Photographie : Dextersinister, CC BY-SA 4.0. À droite : brèche de faille du chevauchement de Keystone, Red Rock Canyon, Nevada : fragments anguleux de roche carbonatée grise dans une matrice plus pâle ; le cache d’objectif en haut à droite fait 5.8\, cm de large. Photographie : Jstuby, domaine public. Les deux proviennent de Wikimedia Commons.
À gauche : un miroir de faille sur une surface de faille dans du chert, environ 3 m×3 m3\,\mathrm{m} \times 3\,\mathrm{m} d’une surface haute de 10 m10\,\mathrm{m}, Corona Heights, San Francisco ; la face polie est striée selon le glissement. Photographie : Dextersinister, CC BY-SA 4.0. À droite : brèche de faille du chevauchement de Keystone, Red Rock Canyon, Nevada : fragments anguleux de roche carbonatée grise dans une matrice plus pâle ; le cache d’objectif en haut à droite fait 5.8 cm5.8\,\mathrm{cm} de large. Photographie : Jstuby, domaine public. Les deux proviennent de Wikimedia Commons.

Méthode 17.6 (Mesurer le glissement sur une faille)

  1. Mesurer l’attitude α/δ\alpha/\delta de la surface de faille et écrire sa direction, α−90∘\alpha - 90{}^{\circ}.
  2. Mesurer les stries : leur pitch sur la faille, ou leur direction et leur plongement ; pour un pitch rr, sin⁡p=∣sin⁡r∣sin⁡δ\sin p = |\sin r|\sin\delta.
  3. Trouver dans quel sens le compartiment supérieur s’est déplacé, à partir de repères décalés de part et d’autre de la faille, et donner son signe au pitch : négatif si le compartiment supérieur est descendu.
  4. Trouver le glissement net LL à partir de deux points qui n’en faisaient qu’un ; si seul le rejet vertical hh d’un repère horizontal est connu, L=h/(∣sin⁡r∣sin⁡δ)L = h/(|\sin r|\sin\delta).
  5. Calculer les composantes avec la Proposition 17.2 et nommer la faille avec la Définition 17.3.

Sur le terrain — Mesurer une surface de faille

Un géologue qui trouve une surface de faille sur un affleurement la mesure comme n’importe quel autre plan, avec une boussole-clinomètre posée sur la surface, puis mesure les stries qui s’y trouvent, soit comme un pitch, avec un rapporteur posé sur le plan, soit comme une direction et un plongement. Les deux se vérifient l’un l’autre avec la formule de l’étape 2 de la méthode. Le sens du mouvement est la partie difficile. De petites marches sur un miroir de faille, et des fibres de quartz ou de calcite qui ont poussé tandis que les blocs s’écartaient, peuvent montrer dans quel sens est allé le bloc manquant, mais certaines marches pointent dans le mauvais sens, si bien que le sens n’est cru que s’il s’accorde avec le décalage d’un banc repère ou d’un filon. Les roches de faille sont décrites et échantillonnées, et une zone de faille trop large pour être mesurée en un seul lieu est cartographiée comme une bande. Chaque faille est consignée à une station numérotée du carnet, avec son attitude, ses stries, le sens du mouvement et le degré de certitude du géologue.

17.2 La théorie d’Anderson de la fracturation

Pourquoi la plupart des failles normales sont-elles raides et la plupart des chevauchements doux ? En 1905 le géologue écossais Ernest Masson Anderson répondit par deux remarques : la surface de la Terre fixe les directions des contraintes principales, et le critère de Coulomb fixe alors l’angle des failles.

Proposition 17.7 (Une surface libre fait un plan principal)

À la surface de la Terre, là où elle est horizontale, une contrainte principale est verticale et les deux autres sont horizontales.

Démonstration. L’air ne presse sur le sol que par sa pression, normale à la surface : il n’exerce aucune contrainte de cisaillement. La contrainte sur le plan horizontal en surface est donc normale à lui. En trois dimensions, la contrainte sur un plan de normale unitaire n\mathbf n est le vecteur σn\boldsymbol\sigma\mathbf n (livres de physique, troisième année) ; si elle n’a pas de partie de cisaillement, elle est parallèle à n\mathbf n, de sorte que σn=λn\boldsymbol\sigma\mathbf n = \lambda\mathbf n et n\mathbf n est un vecteur propre de la matrice symétrique σ\boldsymbol\sigma : une direction principale (Définition 16.4). La verticale est donc une direction principale, et les deux autres, perpendiculaires à elle, sont horizontales. ∎

Anderson supposa que les contraintes principales gardent ces directions jusqu’aux profondeurs où se forment les failles. L’hypothèse tient bien sous une surface en pente douce et dans des roches sans fortes faiblesses anciennes ; elle échoue près d’un relief raide et là où d’anciennes failles ou couches guident les nouvelles. Avec elle, trois cas seulement sont possibles, selon celle de σ1\sigma_1, σ2\sigma_2 et σ3\sigma_3 qui est verticale.

Théorème 17.8 (La théorie d’Anderson de la fracturation)

Soit une contrainte principale verticale et que la roche se rompe selon le critère de Coulomb, avec l’angle de frottement interne ϕ\phi. De nouvelles failles se forment sur des plans qui contiennent la direction de σ2\sigma_2 et font l’angle 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 avec σ1\sigma_1, et elles glissent perpendiculairement à σ2\sigma_2, raccourcissant la roche selon σ1\sigma_1. D’où

  1. si σ1\sigma_1 est verticale, des failles normales se forment, de direction selon σ2\sigma_2 et de pendage 45∘+ϕ/245{}^{\circ} + \phi/2 ;
  2. si σ3\sigma_3 est verticale, des chevauchements se forment, de direction selon σ2\sigma_2 et de pendage 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 ;
  3. si σ2\sigma_2 est verticale, des failles décrochantes verticales se forment, de direction à 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 de part et d’autre de σ1\sigma_1.

Avec ϕ=30∘\phi = 30{}^{\circ}, les pendages sont 60∘60{}^{\circ}, 30∘30{}^{\circ} et 90∘90{}^{\circ}.

Démonstration. Sur un plan qui contient la direction de σ2\sigma_2, la normale est dans le plan de σ1\sigma_1 et de σ3\sigma_3, et la contrainte sur le plan est celle du problème en deux dimensions du Chapitre 16 : son point se trouve sur le cercle de Mohr de σ1\sigma_1 et de σ3\sigma_3, et sa partie de cisaillement est dans le plan de σ1\sigma_1 et de σ3\sigma_3, perpendiculaire à σ2\sigma_2. Sur tout autre plan, le point (σn,τ)(\sigma_n, \tau) est à l’intérieur de ce cercle, qui est le plus grand des trois cercles de Mohr d’un état de contrainte tridimensionnel (admis d’après la théorie tridimensionnelle). À mesure que les contraintes croissent, la droite de Coulomb est donc d’abord touchée par des plans contenant σ2\sigma_2, et parmi eux, d’après le Théorème 16.14, par ceux à 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 de σ1\sigma_1. Le glissement sur un tel plan, perpendiculaire à σ2\sigma_2, rapproche les deux blocs selon la direction de plus forte compression et les éloigne selon la plus faible, comme il le faut pour relâcher la contrainte. Dans le cas (a) le plan fait l’angle 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 avec la verticale, donc il plonge de 45∘+ϕ/245{}^{\circ} + \phi/2 ; il est de direction selon l’horizontale σ2\sigma_2 ; le glissement est dans le plan vertical du pendage, et le bloc au-dessus descend, allongeant la roche horizontalement : une faille normale. Dans le cas (b) le plan fait 45∘−ϕ/2<45∘45{}^{\circ} - \phi/2 < 45{}^{\circ} avec l’horizontale σ1\sigma_1, et le glissement raccourcit la roche horizontalement, poussant le compartiment supérieur vers le haut : un chevauchement. Dans le cas (c) les plans contiennent la verticale, donc ils sont verticaux ; le glissement est horizontal, perpendiculaire à σ2\sigma_2 : des failles décrochantes, à 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 de part et d’autre de l’horizontale σ1\sigma_1. ∎

Dans chaque régime deux familles de failles sont possibles, symétriques autour de σ1\sigma_1 : des failles conjuguées, se rencontrant à 90∘−ϕ90{}^{\circ} - \phi, environ 60∘60{}^{\circ}, avec σ1\sigma_1 dans l’angle aigu entre elles. Inversement, une paire de failles conjuguées mesurée sur le terrain donne les directions des contraintes qui les ont faites : σ1\sigma_1 bissecte leur angle aigu, σ2\sigma_2 est leur ligne d’intersection.

Les trois régimes d’Anderson, avec les failles aux pendages du théorème pour = 30 : 60, 30 et vertical. Flèches rouges épaisses : _1 ; flèches bleues minces : _3 ; _2 est selon la direction des failles en (a) et (b) et verticale en (c). Un banc repère (orange) est décalé du rejet vertical en (a) et (b) ; en (c) une ligne au sol est décalée horizontalement, et la faille est dextre : vue de l’un ou l’autre bloc, l’autre s’est déplacé vers la droite. Les flèches noires donnent le glissement.
Les trois régimes d’Anderson, avec les failles aux pendages du théorème pour ϕ=30∘\phi = 30{}^{\circ} : 60∘60{}^{\circ}, 30∘30{}^{\circ} et vertical. Flèches rouges épaisses : σ1\sigma_1 ; flèches bleues minces : σ3\sigma_3 ; σ2\sigma_2 est selon la direction des failles en (a) et (b) et verticale en (c). Un banc repère (orange) est décalé du rejet vertical en (a) et (b) ; en (c) une ligne au sol est décalée horizontalement, et la faille est dextre : vue de l’un ou l’autre bloc, l’autre s’est déplacé vers la droite. Les flèches noires donnent le glissement.

Les trois régimes correspondent aux trois sortes de limites de plaques du Chapitres 13 et 14. Là où la lithosphère est étirée, aux rifts et aux dorsales, la contrainte horizontale tombe sous la contrainte verticale et des failles normales se forment ; là où elle est comprimée, aux marges convergentes et dans les chaînes de montagnes, la contrainte horizontale dépasse le poids de la roche et des chevauchements se forment ; le long des failles transformantes les deux contraintes horizontales encadrent la verticale. Les pendages s’accordent assez grossièrement avec les observations : les failles normales des rifts plongent d’environ 60∘60{}^{\circ} près de la surface, et les chevauchements sont des failles inverses à faible pendage. Les exceptions sont instructives. De nombreuses failles normales s’aplatissent en profondeur, et certaines coupes de rifts les montrent atteignant une zone de cisaillement presque plate : ces failles normales à faible pendage, ou détachements, coupent la croûte à bien moins de 45∘45{}^{\circ}. La théorie d’Anderson ne peut les expliquer comme de nouvelles failles, et l’Exercice 17.10 montre que le frottement de Byerlee ne peut pas non plus les faire glisser sous des contraintes andersoniennes : elles demandent des roches de faille faibles, une forte pression interstitielle ou des contraintes tournées. Une faille qui existe déjà glisse au frottement de la loi de Byerlee, μ=0.85\mu = 0.85, ϕ=40.4∘\phi = 40.4{}^{\circ} ; les failles normales les mieux orientées plongent alors de 65.2∘65.2{}^{\circ}, comme l’a trouvé le problème du Chapitre 16.

Histoire des sciences — Les failles d’Anderson

Ernest Masson Anderson, géologue écossais, publia sa théorie des trois sortes de failles en 1905, dans un court article sur la dynamique de la fracturation, et en donna la forme complète, avec son application aux dykes et aux failles de Grande-Bretagne, dans son livre The Dynamics of Faulting and Dyke Formation. Un petit nombre d’articles et ce livre façonnent encore la géologie structurale, la sismologie et la mécanique des roches : ses trois régimes, normal, chevauchant et décrochant, sont la manière usuelle de classer les états de contrainte dans la croûte et les failles qu’ils font, et de lire la contrainte à partir des failles.

17.3 La géométrie des plis

Le Chapitre 4 a nommé les plis et lu leurs motifs sur des cartes. En trois dimensions un pli demande davantage de noms : où il se courbe, avec quelle vivacité, et comment il est placé dans l’espace.

Définition 17.9 (Charnière, ligne de charnière, flanc, plan axial, angle entre flancs, pli cylindrique)

Sur une surface plissée, la charnière est la zone de plus forte courbure et la ligne de charnière la ligne qui joint ses points de plus forte courbure ; les flancs sont les parties moins courbes de part et d’autre. La surface axiale d’un pli est la surface qui joint les lignes de charnière de ses surfaces plissées successives ; quand c’est un plan, c’est le plan axial. L’angle entre flancs ι\iota est l’angle entre les deux flancs, mesuré dans le profil, le plan perpendiculaire à la ligne de charnière, entre les tangentes aux flancs à leurs points d’inflexion ; 0≤ι≤180∘0 \le \iota \le 180{}^{\circ}. Un pli est un pli cylindrique quand ses surfaces sont engendrées par une droite déplacée parallèlement à elle-même ; la direction de cette droite est l’axe du pli de la Définition 4.14, et chaque ligne de charnière d’un pli cylindrique est une droite parallèle à lui.

Les éléments d’un anticlinal cylindrique, ici avec une ligne de charnière horizontale : la charnière, là où le banc se courbe le plus ; les deux flancs ; le plan axial passant par les lignes de charnière du toit et de la base du banc ; et l’angle entre flancs  entre les tangentes aux flancs, mesuré dans le profil à l’avant, ici 80, tracé sur la base du banc. Les lignes grises sur le toit du banc sont parallèles à l’axe du pli.
Les éléments d’un anticlinal cylindrique, ici avec une ligne de charnière horizontale : la charnière, là où le banc se courbe le plus ; les deux flancs ; le plan axial passant par les lignes de charnière du toit et de la base du banc ; et l’angle entre flancs ι\iota entre les tangentes aux flancs, mesuré dans le profil à l’avant, ici 80∘80{}^{\circ}, tracé sur la base du banc. Les lignes grises sur le toit du banc sont parallèles à l’axe du pli.

Quand les flancs sont plans, comme dans les plis en chevrons ci-dessous et dans les collines de Varden, la géométrie d’un pli découle des attitudes de ses flancs. La normale unitaire vers le haut d’un plan de sens du pendage α\alpha et de pendage δ\delta est n=(sin⁡δsin⁡α,sin⁡δcos⁡α,cos⁡δ)\mathbf n = (\sin\delta\sin\alpha, \sin\delta\cos\alpha, \cos\delta), en composantes est, nord et haut.

Proposition 17.10 (Un pli à partir de ses flancs)

Soit un pli cylindrique à flancs plans, ni l’un ni l’autre renversé, de normales unitaires vers le haut n1\mathbf n_1 et n2\mathbf n_2. Sa ligne de charnière est parallèle à n1×n2\mathbf n_1 \times \mathbf n_2, et son angle entre flancs est

ι=180∘−arccos⁡(n1⋅n2).\iota = 180{}^{\circ} - \arccos(\mathbf n_1\cdot\mathbf n_2) .

Démonstration. Chaque flanc est engendré par des droites parallèles à l’axe du pli, donc il contient la direction de l’axe, qui est donc perpendiculaire aux deux normales et parallèle à leur produit vectoriel ; la ligne de charnière est parallèle à l’axe. Le profil est perpendiculaire à l’axe, donc il contient les deux normales ; dans lui, les deux flancs apparaissent comme deux droites perpendiculaires à n1\mathbf n_1 et n2\mathbf n_2, et l’angle entre les droites égale l’angle arccos⁡(n1⋅n2)\arccos(\mathbf n_1\cdot\mathbf n_2) entre les normales ou son supplément. Quand les couches ne sont pas plissées les deux normales coïncident et l’angle entre flancs est 180∘180{}^{\circ} ; à mesure que les flancs tournent, l’angle entre les normales croît à partir de 00 tandis que l’angle entre flancs décroît à partir de 180∘180{}^{\circ}, de sorte que les deux s’ajoutent à 180∘180{}^{\circ} tant que les deux normales pointent vers le haut. ∎

Pour un pli droit dont les deux flancs plongent de δ\delta de part et d’autre, les normales font l’angle 2δ2\delta et ι=180∘−2δ\iota = 180{}^{\circ} - 2\delta.

Définition 17.11 (Classes de plis)

Selon son angle entre flancs, un pli est un pli doux (ι\iota de 180∘180{}^{\circ} à 170∘170{}^{\circ}), un pli ouvert (170∘170{}^{\circ} à 90∘90{}^{\circ}), un pli serré (90∘90{}^{\circ} à 10∘10{}^{\circ}) ou, quand ses flancs sont presque parallèles (ι\iota de 10∘10{}^{\circ} à 00), un pli isoclinal. Selon le pendage de son plan axial, un pli est un pli droit quand le plan axial plonge de plus de 80∘80{}^{\circ}, un pli couché quand il plonge de moins de 10∘10{}^{\circ}, et un pli incliné entre les deux. Un pli dont l’un des flancs a tourné au-delà de la verticale, de sorte que les deux flancs plongent dans le même sens et que les bancs de ce flanc sont à l’envers, est un pli renversé. Un pli dont la ligne de charnière n’est pas horizontale est un pli plongeant.

D’autres limites sont en usage pour les classes de serrage ; ce livre garde les quatre ci-dessus.

Classes de plis, en profil. En haut : par angle entre flancs, avec un plan axial vertical (en tirets). En bas : par le pendage du plan axial, pour des plis d’angle entre flancs 40 ; le pli incliné dessiné est aussi renversé, ses deux flancs plongeant vers la gauche.
Classes de plis, en profil. En haut : par angle entre flancs, avec un plan axial vertical (en tirets). En bas : par le pendage du plan axial, pour des plis d’angle entre flancs 40∘40{}^{\circ} ; le pli incliné dessiné est aussi renversé, ses deux flancs plongeant vers la gauche.

L’épaisseur des couches distingue deux styles. Dans les plis parallèles, ou concentriques, chaque couche garde son épaisseur mesurée perpendiculairement à elle, comme le fait une pile de feuilles de papier que l’on plie ; de tels plis se forment par flambage de couches résistantes intercalées avec des couches très faibles. Dans les plis semblables chaque surface a la même forme, les couches gardent leur épaisseur mesurée parallèlement au plan axial, et elles s’amincissent sur les flancs et s’épaississent dans les charnières, comme le font les profils dessinés plus haut ; ils se forment quand toutes les couches sont faibles, de sorte qu’elles ne jouent aucun rôle mécanique. Les plis en chevrons ont des flancs droits et des charnières étroites, avec un angle entre flancs proche de 60∘60{}^{\circ} ; ce sont des plis parallèles de couches résistantes serrées les unes contre les autres, qui glissent les unes sur les autres en se courbant.

Bancs plissés de grès et de schiste dans les falaises de Millook, au nord de la Cornouailles : plis en chevrons à flancs presque droits et à charnières vives, leurs plans axiaux proches de la verticale. Photographie : Smalljim, CC BY 3.0 (Wikimedia Commons).
Bancs plissés de grès et de schiste dans les falaises de Millook, au nord de la Cornouailles : plis en chevrons à flancs presque droits et à charnières vives, leurs plans axiaux proches de la verticale. Photographie : Smalljim, CC BY 3.0 (Wikimedia Commons).

17.4 Les fabriques

Une roche déformée est souvent déformée dans toute sa masse, pas seulement sur quelques surfaces : ses grains sont aplatis, tournés ou recristallisés dans une orientation commune, ce qui lui donne une fabrique. Une fabrique plane fait se débiter la roche, une fabrique linéaire la fait se briser en bâtonnets.

Définition 17.12 (Foliation, schistosité, clivage ardoisier, clivage de plan axial)

Une foliation est une fabrique plane qui pénètre une roche : un ensemble de surfaces parallèles très rapprochées, faites de grains lamellaires ou aplatis alignés ou de minces couches, le long desquelles la roche se débite le plus facilement. La schistosité est la foliation d’un schiste, faite de grains alignés plus gros qu’environ 1 mm1\,\mathrm{mm}. Un clivage est une foliation d’une roche à grain fin faite par sa déformation ; le clivage ardoisier est le clivage d’une ardoise, fait de silicates en feuillets trop petits pour être vus à l’œil nu, et si serrés que la roche peut être fendue presque n’importe où en minces feuillets. Un clivage de plan axial est un clivage parallèle, ou presque parallèle, aux plans axiaux des plis des mêmes roches.

Une foliation se forme à peu près perpendiculairement à la direction de plus grand raccourcissement, par la rotation de grains lamellaires, la croissance de nouveaux micas, et la dissolution de grains sur les faces les plus pressées. Le clivage d’une ardoise n’a donc rien à voir avec la stratification de la boue : il enregistre la compression. Quand les plis et le clivage croissent dans le même raccourcissement, le clivage se trouve près des plans axiaux des plis, et il s’ouvre légèrement en éventail à leur travers, convergent ou divergent selon la résistance de chaque couche, comme le montre la photographie ci-dessous.

Un petit anticlinal dans une alternance de grès et de schiste d’âge carbonifère, près de Potes, en Cantabrie. Les bancs de grès bruns s’arquent au-dessus de la charnière au milieu du bas de l’image ; dans le schiste sombre au-dessus d’eux le clivage, un ensemble de fractures raides et très rapprochées recoupant les bancs, est de plan axial : presque parallèle au plan axial du pli, il s’ouvre en éventail à travers lui, l’éventail changeant d’une couche à l’autre. Le manche du bâton de marche fait environ 4\, cm de large. Photographie : Mikenorton, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons).
Un petit anticlinal dans une alternance de grès et de schiste d’âge carbonifère, près de Potes, en Cantabrie. Les bancs de grès bruns s’arquent au-dessus de la charnière au milieu du bas de l’image ; dans le schiste sombre au-dessus d’eux le clivage, un ensemble de fractures raides et très rapprochées recoupant les bancs, est de plan axial : presque parallèle au plan axial du pli, il s’ouvre en éventail à travers lui, l’éventail changeant d’une couche à l’autre. Le manche du bâton de marche fait environ 4 cm4\,\mathrm{cm} de large. Photographie : Mikenorton, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons).

Définition 17.13 (Linéation, linéation d’intersection, linéation d’étirement)

Une linéation est une fabrique linéaire qui pénètre une roche, mesurée par sa direction et son plongement. Une linéation d’intersection est l’ensemble des droites selon lesquelles deux fabriques planes se coupent, comme la stratification et un clivage ; une linéation d’étirement est faite de grains ou de galets étirés selon la direction du plus grand étirement.

Proposition 17.14 (La linéation d’intersection d’un pli)

Dans un pli cylindrique avec un clivage de plan axial, la linéation d’intersection de la stratification et du clivage est parallèle à la ligne de charnière, partout sur le pli.

Démonstration. Chaque surface de stratification d’un pli cylindrique contient la direction de son axe. Le plan axial contient les lignes de charnière, qui sont parallèles à l’axe, donc il contient aussi cette direction, de même que chaque plan de clivage parallèle à lui. Deux plans non parallèles qui contiennent tous deux la même direction se rencontrent selon une droite de cette direction. ∎

La proposition est le chemin du géologue de terrain vers le plongement d’un pli trop grand pour être vu en entier : sur tout affleurement de l’un ou l’autre flanc, les droites selon lesquelles le clivage coupe la stratification donnent la ligne de charnière. La stratification et le clivage ensemble en disent plus : où est le pli, et de quel côté sont les bancs.

Définition 17.15 (Vergence)

La vergence d’un pli asymétrique est la direction horizontale vers laquelle sa partie supérieure s’est déplacée par rapport à sa partie inférieure : la direction dans laquelle il est renversé ou, pour un pli incliné, vers laquelle il penche.

Proposition 17.16 (Stratification et clivage sur les flancs d’un pli)

Considérons un pli à flancs droits et à clivage de plan axial, dans des roches qui étaient à l’endroit avant le plissement, et dont les deux flancs descendent de chaque charnière d’anticlinal. Vu dans le profil :

  1. sur un flanc où la stratification et le clivage plongent dans le même sens, la stratification est la plus raide des deux exactement quand le flanc est renversé ;
  2. la rotation aiguë qui amène le clivage sur la stratification a des sens opposés sur les deux flancs d’un pli ; sur un flanc non renversé, elle déplace le haut du clivage horizontalement vers la charnière d’anticlinal au sommet de ce flanc.

Démonstration. Regardons le long de la charnière avec le plan axial plongeant vers la gauche de l’angle γ\gamma, 0<γ≤90∘0 < \gamma \le 90{}^{\circ}, et comptons les angles dans le sens antihoraire à partir de l’horizontale pointant vers la droite. Le clivage, parallèle au plan axial, monte à l’angle γ\gamma. À une charnière d’anticlinal les deux flancs partent vers le bas aux angles 180∘+γ−ι/2180{}^{\circ} + \gamma - \iota/2 (flanc 1) et 180∘+γ+ι/2180{}^{\circ} + \gamma + \iota/2 (flanc 2), de part et d’autre du plan axial, avec ι/2≤γ\iota/2 \le \gamma puisque les deux descendent ; chaque flanc d’un train de plis est l’un de ces deux pour l’anticlinal à son sommet. Les roches rajeunissent vers l’extérieur, en s’éloignant du cœur de l’anticlinal, le long de la normale au flanc qui pointe loin du plan axial.

Le flanc 1 descend vers la gauche : il plonge vers la gauche de γ−ι/2\gamma - \iota/2, moins raide que le clivage. Sa normale extérieure, à 90∘+γ−ι/290{}^{\circ} + \gamma - \iota/2, pointe vers le haut : il est à l’endroit. En montant, il fait l’angle γ−ι/2\gamma - \iota/2, donc la rotation aiguë du clivage à la stratification est horaire, de ι/2\iota/2 : le haut du clivage se déplace vers la droite, là où est la charnière, puisque le flanc quitte la charnière vers la gauche.

Le flanc 2 fait l’angle γ+ι/2\gamma + \iota/2 avec l’horizontale, vers le haut. Si γ+ι/2>90∘\gamma + \iota/2 > 90{}^{\circ}, il descend vers la droite et plonge vers la droite, à l’opposé du clivage ; sa normale extérieure, à 270∘+γ+ι/2270{}^{\circ} + \gamma + \iota/2, a la composante vers le haut −cos⁡(γ+ι/2)>0-\cos(\gamma + \iota/2) > 0 : il est à l’endroit. Si γ+ι/2<90∘\gamma + \iota/2 < 90{}^{\circ}, il descend vers la gauche, plongeant vers la gauche de γ+ι/2\gamma + \iota/2, plus raide que le clivage, et la même composante est négative : le flanc est renversé. Dans les deux cas la rotation aiguë du clivage à la stratification est antihoraire, de ι/2\iota/2, et déplace le haut du clivage vers la gauche ; quand le flanc est à l’endroit il quitte la charnière vers la droite, donc la charnière est à gauche. Les flancs qui plongent dans le même sens que le clivage sont donc le flanc 1, moins raide, et un flanc 2 renversé, plus raide, ce qui est (a) ; les sens sont horaire sur le flanc 1 et antihoraire sur le flanc 2, ce qui est (b). ∎

Le sens de la rotation change donc à chaque charnière, anticlinal ou synclinal. Un géologue qui l’enregistre le long d’un itinéraire trouve les charnières de plis trop grands pour être vus sur un affleurement là où le sens change, et les flancs renversés là où la stratification est plus raide que le clivage ; le mot vergence est aussi employé pour ce sens de rotation, et les inversions de vergence des plis mineurs sont cartographiées de la même façon pour trouver les charnières des plis majeurs : les petits plis sur les deux flancs d’un grand ont des asymétries opposées, et sa trace axiale passe entre eux.

Un train de plis en chevrons déversés vers la droite, en profil, avec un clivage de plan axial (fines lignes bleues), dessiné à l’échelle : plans axiaux plongeant de 60 vers la gauche, angle entre flancs 40. Les longs flancs plongent de 40 vers la gauche, moins raide que le clivage, et sont à l’endroit ; les flancs courts plongent de 80 vers la gauche, plus raides que le clivage, et sont renversés. Amener le clivage sur la stratification par l’angle aigu est horaire sur chaque long flanc et antihoraire sur chaque flanc court. Les plis ont une vergence vers la droite.
Un train de plis en chevrons déversés vers la droite, en profil, avec un clivage de plan axial (fines lignes bleues), dessiné à l’échelle : plans axiaux plongeant de 60∘60{}^{\circ} vers la gauche, angle entre flancs 40∘40{}^{\circ}. Les longs flancs plongent de 40∘40{}^{\circ} vers la gauche, moins raide que le clivage, et sont à l’endroit ; les flancs courts plongent de 80∘80{}^{\circ} vers la gauche, plus raides que le clivage, et sont renversés. Amener le clivage sur la stratification par l’angle aigu est horaire sur chaque long flanc et antihoraire sur chaque flanc court. Les plis ont une vergence vers la droite.

17.5 Les microstructures

Au microscope, la déformation d’une roche se lit dans ses grains. Un grain de quartz courbé par le lent glissement de son réseau cristallin n’entre plus en extinction d’un seul coup entre polariseurs croisés : quand la platine tourne, une bande sombre le balaie, parce que ses parties pointent dans des directions légèrement différentes. Cette extinction ondulante (Chapitre 8) se renforce à mesure qu’on s’approche d’une zone de cisaillement, parce que des défauts s’accumulent dans le réseau cristallin. Là où l’eau est présente, les grains se dissolvent sur les faces où ils sont le plus pressés et la matière dissoute se dépose là où la contrainte est plus faible, ou est emportée : cette dissolution par pression raccourcit les roches à basse température et construit de nombreux clivages. À plus haute température, les grains déformés sont remplacés, tandis que la déformation se poursuit, par de nouveaux grains plus petits et non déformés, d’abord le long des anciens joints de grains : la recristallisation dynamique, qui réduit la taille des grains et fait les mylonites. Les formes des grains déformés et des minéraux qui poussent dans leur ombre montrent aussi dans quel sens une zone de cisaillement a joué ; ces indicateurs du sens de cisaillement, et les mécanismes eux-mêmes, relèvent du volume de troisième année.

17.6 Exercices

Exercice 17.1 ★

Nommer chaque faille d’après le pitch de son vecteur glissement, le plan plongeant de 60∘60{}^{\circ} : (a) r=−90∘r = -90{}^{\circ} ; (b) r=85∘r = 85{}^{\circ} ; (c) r=0r = 0 ; (d) r=180∘r = 180{}^{\circ} ; (e) r=−40∘r = -40{}^{\circ}. (f) Comment (b) serait-elle appelée si son pendage était de 25∘25{}^{\circ} ?

Solution

Solution de Exercice 17.1.

(a) Une faille normale. (b) Une faille inverse, presque à pur glissement en pendage. (c) Une faille décrochante senestre. (d) Une faille décrochante dextre. (e) Une faille oblique : le compartiment supérieur s’est abaissé et déplacé le long de la direction, vers la gauche ; sa composante en direction, cos⁡40∘=0.77\cos40{}^{\circ} = 0.77 du glissement net, est plus grande que sa composante en pendage, 0.640.64, donc on l’appelle une faille senestre à composante normale. (f) Avec un pendage de 25∘25{}^{\circ}, inférieur à 45∘45{}^{\circ}, la faille inverse est un chevauchement.

Exercice 17.2 ★

Une faille normale plonge de 55∘55{}^{\circ} ; son glissement est du pur glissement en pendage, avec un glissement net de 300 m300\,\mathrm{m}. Calculer son rejet vertical et son rejet horizontal.

Solution

Solution de Exercice 17.2.

Avec ∣sin⁡r∣=1|\sin r| = 1, le rejet vertical est 300sin⁡55∘=245.7 m300\sin55{}^{\circ} = 245.7\,\mathrm{m} et le rejet horizontal 300cos⁡55∘=172.1 m300\cos55{}^{\circ} = 172.1\,\mathrm{m}.

Exercice 17.3 ★

Donner l’angle entre flancs et la classe de chaque pli droit, dont les flancs plongent en sens opposés : (a) flancs plongeant de 35∘35{}^{\circ} et 35∘35{}^{\circ} ; (b) 70∘70{}^{\circ} et 75∘75{}^{\circ} ; (c) 85∘85{}^{\circ} et 88∘88{}^{\circ}.

Solution

Solution de Exercice 17.3.

Pour un pli droit dont les flancs plongent de δ1\delta_1 et δ2\delta_2 en sens opposés, ι=180∘−δ1−δ2\iota = 180{}^{\circ} - \delta_1 - \delta_2. (a) 110∘110{}^{\circ} : ouvert. (b) 35∘35{}^{\circ} : serré. (c) 7∘7{}^{\circ} : isoclinal.

Exercice 17.4 ★

Un grès a pour angle de frottement interne 35∘35{}^{\circ}. D’après la théorie d’Anderson, sous quels angles plongent ses failles normales et ses chevauchements ? Quel angle font entre elles deux failles décrochantes conjuguées ?

Solution

Solution de Exercice 17.4.

Les failles normales plongent de 45∘+35∘/2=62.5∘45{}^{\circ} + 35{}^{\circ}/2 = 62.5{}^{\circ}, les chevauchements de 45∘−17.5∘=27.5∘45{}^{\circ} - 17.5{}^{\circ} = 27.5{}^{\circ}. Des failles décrochantes conjuguées font chacune 27.5∘27.5{}^{\circ} avec σ1\sigma_1, de part et d’autre d’elle, donc elles se rencontrent à 55∘55{}^{\circ}.

Exercice 17.5 ★★

Une faille a l’attitude 090/50090/50, et des stries de pitch −30∘-30{}^{\circ} sur elle ; le glissement net est de 400 m400\,\mathrm{m}. (a) Calculer les composantes en direction et en pendage, le rejet vertical et le rejet horizontal. (b) Écrire le vecteur glissement en composantes est, nord et haut, et donner sa direction et son plongement. (c) Nommer la faille.

Solution

Solution de Exercice 17.5.

(a) La composante en direction est 400cos⁡30∘=346.4 m400\cos30{}^{\circ} = 346.4\,\mathrm{m} le long de la direction, la composante en pendage 400sin⁡−30∘=−200 m400\sin-30{}^{\circ} = -200\,\mathrm{m}, c’est-à-dire 200 m200\,\mathrm{m} vers le bas du pendage ; le rejet vertical est 200sin⁡50∘=153.2 m200\sin50{}^{\circ} = 153.2\,\mathrm{m} et le rejet horizontal 200cos⁡50∘=128.6 m200\cos50{}^{\circ} = 128.6\,\mathrm{m}. (b) La direction est 000000, donc s=(0,1,0)\mathbf s = (0, 1, 0) ; u=(−cos⁡50∘,0,sin⁡50∘)=(−0.643,0,0.766)\mathbf u = (-\cos50{}^{\circ}, 0, \sin50{}^{\circ}) = (-0.643, 0, 0.766). Alors AA′→=400(0.866 s−0.5 u)=(128.6,346.4,−153.2)\overrightarrow{AA'} = 400(0.866\,\mathbf s - 0.5\,\mathbf u) = (128.6, 346.4, -153.2) en mètres. Sa direction est arctan⁡(128.6/346.4)=20.4∘\arctan(128.6/346.4) = 20.4{}^{\circ} et son plongement arcsin⁡(153.2/400)=22.5∘\arcsin(153.2/400) = 22.5{}^{\circ}, qui est aussi arcsin⁡(sin⁡30∘sin⁡50∘)\arcsin(\sin30{}^{\circ}\sin50{}^{\circ}). (c) Une faille oblique : le pitch est entre 00 et −90∘-90{}^{\circ}, plus proche de 00 : une faille senestre à composante normale.

Exercice 17.6 ★★

Deux failles décrochantes verticales de même âge ont pour directions 020020 et 080080. (a) D’après Anderson, donner les directions de σ1\sigma_1, σ2\sigma_2 et σ3\sigma_3, et l’angle de frottement interne de la roche. (b) Laquelle des failles est dextre et laquelle senestre ? Argumenter à partir du raccourcissement selon σ1\sigma_1.

Solution

Solution de Exercice 17.6.

(a) Les deux failles font 60∘60{}^{\circ} entre elles ; σ1\sigma_1 bissecte l’angle aigu, donc elle est horizontale selon 050050 (et 230230) ; σ3\sigma_3 est horizontale selon 140140 ; σ2\sigma_2 est verticale, selon la droite où les deux failles verticales se rencontrent. Chaque faille fait 30∘30{}^{\circ} avec σ1\sigma_1, donc 45∘−ϕ/2=30∘45{}^{\circ} - \phi/2 = 30{}^{\circ} et ϕ=30∘\phi = 30{}^{\circ}. (b) Les deux failles découpent le sol en quatre coins ; les coins qui contiennent σ1\sigma_1, vers 050050 et vers 230230, se déplacent l’un vers l’autre, et ceux qui contiennent σ3\sigma_3 s’écartent, vers 140140 et 320320. Prenons la faille de direction 020020, entre le coin vers 050050 (à son est) et le coin vers 320320 (à son ouest) : par rapport au coin ouest, le coin est se déplace vers 230230 et à l’opposé de 320320, qui ont tous deux une composante vers 200200 le long de la faille. Un observateur sur le coin ouest, face à l’est, voit le coin est se déplacer vers 200200, vers la droite : la faille de direction 020020 est dextre. Le même argument, ou la symétrie autour de σ1\sigma_1, rend la faille de direction 080080 senestre.

Exercice 17.7 ★★

Les deux flancs d’un pli cylindrique ont les attitudes 120/40120/40 et 260/30260/30. Avec la Proposition 17.10, trouver la direction et le plongement de sa ligne de charnière, son angle entre flancs et sa classe.

Solution

Solution de Exercice 17.7.

Les normales vers le haut sont

n1=(sin⁡40∘sin⁡120∘,sin⁡40∘cos⁡120∘,cos⁡40∘)=(0.557,−0.321,0.766),n2=(sin⁡30∘sin⁡260∘,sin⁡30∘cos⁡260∘,cos⁡30∘)=(−0.492,−0.087,0.866).\begin{align*} \mathbf n_1 &= (\sin40{}^{\circ}\sin120{}^{\circ}, \sin40{}^{\circ}\cos120{}^{\circ}, \cos40{}^{\circ}) = (0.557, -0.321, 0.766),\\ \mathbf n_2 &= (\sin30{}^{\circ}\sin260{}^{\circ}, \sin30{}^{\circ}\cos260{}^{\circ}, \cos30{}^{\circ}) = (-0.492, -0.087, 0.866). \end{align*}

Leur produit vectoriel est (−0.211,−0.859,−0.207)(-0.211, -0.859, -0.207), qui pointe vers le bas : la ligne de charnière plonge de arcsin⁡0.207/0.909=13.1∘\arcsin 0.207/0.909 = 13.1{}^{\circ} vers 180∘+arctan⁡(0.211/0.859)=193.8∘180{}^{\circ} + \arctan(0.211/0.859) = 193.8{}^{\circ}. n1⋅n2=0.417\mathbf n_1\cdot\mathbf n_2 = 0.417, l’angle entre les normales est 65.3∘65.3{}^{\circ}, et ι=114.7∘\iota = 114.7{}^{\circ} : un pli ouvert.

Exercice 17.8 ★★

Sur un affleurement, la stratification a l’attitude 040/30040/30 et un clivage de plan axial l’attitude 160/80160/80. Trouver la direction et le plongement de la linéation d’intersection. Que dit-elle du pli ?

Solution

Solution de Exercice 17.8.

n1=(0.321,0.383,0.866)\mathbf n_1 = (0.321, 0.383, 0.866) pour la stratification et n2=(0.337,−0.925,0.174)\mathbf n_2 = (0.337, -0.925, 0.174) pour le clivage. Leur produit vectoriel, pris vers le bas, donne une droite qui plonge de 25.4∘25.4{}^{\circ} vers 074.8∘074.8{}^{\circ}. D’après la Proposition 17.14, c’est la direction de la ligne de charnière : le pli plonge d’environ 25∘25{}^{\circ} vers l’est-nord-est, ce que tout autre affleurement de l’un ou l’autre flanc devrait confirmer.

Exercice 17.9 ★★

Une faille verticale est de direction est–ouest. Un dyke vertical de direction nord–sud la recoupe ; au nord de la faille le dyke se trouve 350 m350\,\mathrm{m} à l’est de là où il est au sud de la faille. (a) La faille est-elle dextre ou senestre ? (b) Si les stries sont horizontales, quel est le glissement net ? (c) Si elles plongent au contraire de 20∘20{}^{\circ} vers l’est, quels sont le glissement net et la composante verticale du glissement, et quel bloc est descendu ?

Solution

Solution de Exercice 17.9.

(a) Un observateur au sud de la faille, face au nord, voit la partie nord du dyke déplacée vers l’est, vers la droite : la faille est dextre. (b) Le dyke est un plan vertical perpendiculaire à la faille, donc son décalage selon la direction est la composante en direction : 350 m350\,\mathrm{m}, qui est tout le glissement si les stries sont horizontales. (c) Le glissement fait alors 20∘20{}^{\circ} avec la direction dans le plan de faille vertical : sa composante horizontale est toujours 350 m350\,\mathrm{m}, donc le glissement net est 350/cos⁡20∘=372.5 m350/\cos20{}^{\circ} = 372.5\,\mathrm{m} et sa composante verticale 350tan⁡20∘=127.4 m350\tan20{}^{\circ} = 127.4\,\mathrm{m}. Le bloc nord s’est déplacé vers l’est, et les stries descendent vers l’est, donc il est aussi descendu, de 127.4 m127.4\,\mathrm{m}. Un dyke vertical ne peut montrer ce mouvement vertical, puisque le faire glisser le long de lui-même laisse sa trace inchangée.

Exercice 17.10 ★★★

Une faille sans cohésion et de coefficient de frottement μ\mu fait l’angle θ\theta avec σ1\sigma_1. (a) Montrer qu’elle glisse quand les contraintes principales effectives atteignent le rapport

σ1′σ3′=1+μcot⁡θ1−μtan⁡θ.\frac{\sigma_1'}{\sigma_3'} = \frac{1 + \mu\cot\theta}{1 - \mu\tan\theta} .

(b) Avec μ=0.6\mu = 0.6 et σ1\sigma_1 verticale, calculer le rapport pour des failles normales plongeant de 60∘60{}^{\circ}, 45∘45{}^{\circ} et 35∘35{}^{\circ}. (c) Montrer qu’une faille normale plongeant de moins d’un certain angle ne peut jamais glisser, et calculer cet angle. (d) Pour μ=0.6\mu = 0.6 et μ=0.85\mu = 0.85, donner les pendages des failles normales et des chevauchements les mieux orientés.

Solution

Solution de Exercice 17.10.

(a) La normale à la faille fait 90∘−θ90{}^{\circ} - \theta avec σ1\sigma_1, donc d’après la Proposition 16.5, σn′=σ1′sin⁡2θ+σ3′cos⁡2θ\sigma_n' = \sigma_1'\sin^2\theta + \sigma_3'\cos^2\theta et τ=(σ1′−σ3′)sin⁡θcos⁡θ\tau = (\sigma_1' - \sigma_3')\sin\theta\cos\theta. Le glissement commence quand τ=μσn′\tau = \mu\sigma_n' ; en divisant par σ3′cos⁡2θ\sigma_3'\cos^2\theta et en posant R=σ1′/σ3′R = \sigma_1'/\sigma_3', (R−1)tan⁡θ=μ(Rtan⁡2θ+1)(R - 1)\tan\theta = \mu(R\tan^2\theta + 1), donc Rtan⁡θ(1−μtan⁡θ)=tan⁡θ+μR\tan\theta(1 - \mu\tan\theta) = \tan\theta + \mu, qui est la formule. (b) Avec σ1\sigma_1 verticale, θ\theta est 90∘90{}^{\circ} moins le pendage : θ=30∘\theta = 30{}^{\circ} donne R=3.12R = 3.12 ; θ=45∘\theta = 45{}^{\circ}, R=4.00R = 4.00 ; θ=55∘\theta = 55{}^{\circ}, R=9.92R = 9.92. (c) Le dénominateur s’annule quand tan⁡θ=1/μ\tan\theta = 1/\mu, θ=59.0∘\theta = 59.0{}^{\circ} ; au-delà, RR serait négatif : aucun rapport de contraintes effectives positives ne peut faire glisser la faille, si grande que devienne σ1′\sigma_1'. Les failles normales de pendage inférieur à 31.0∘31.0{}^{\circ} ne peuvent glisser sous une σ1\sigma_1 verticale avec μ=0.6\mu = 0.6. (d) Le plan le mieux orienté est à 45∘−ϕ/245{}^{\circ} - \phi/2 de σ1\sigma_1. Pour μ=0.6\mu = 0.6, ϕ=31.0∘\phi = 31.0{}^{\circ} : les failles normales plongent de 60.5∘60.5{}^{\circ}, les chevauchements de 29.5∘29.5{}^{\circ}. Pour μ=0.85\mu = 0.85, ϕ=40.4∘\phi = 40.4{}^{\circ} : 65.2∘65.2{}^{\circ} et 24.8∘24.8{}^{\circ}.

Exercice 17.11 ★★★

Le long d’un itinéraire est–ouest à travers des plis en chevrons dont les charnières sont orientées nord, un clivage de plan axial plonge de 60∘60{}^{\circ} vers l’ouest partout. La stratification plonge de 40∘40{}^{\circ} O à la station A, de 80∘80{}^{\circ} O à la station B et de 40∘40{}^{\circ} O à la station C, de l’ouest vers l’est, dans des roches qui étaient à l’endroit avant le plissement. (a) Quelle station est sur un flanc renversé ? (b) Dans quel sens le clivage tourne-t-il sur la stratification à chaque station, vu en regardant vers le nord ? (c) Où sont les charnières, et lesquelles sont des anticlinaux ? (d) Trouver l’angle entre flancs et l’attitude des plans axiaux, et dire vers où les plis ont leur vergence.

Solution

Solution de Exercice 17.11.

En regardant vers le nord, l’est est à droite, et les plans plongeant vers l’ouest montent vers la droite. (a) En B la stratification plonge dans le même sens que le clivage, plus fortement : d’après la Proposition 17.16(a), B est sur un flanc renversé ; A et C, où la stratification est moins raide, sont à l’endroit. (b) Le clivage monte à 60∘60{}^{\circ} ; en A et C la stratification monte à 40∘40{}^{\circ}, et la rotation aiguë de l’un à l’autre est horaire, de 20∘20{}^{\circ}, déplaçant le haut du clivage vers l’est ; en B la stratification monte à 80∘80{}^{\circ} et la rotation est antihoraire, de 20∘20{}^{\circ}, le déplaçant vers l’ouest. (c) Le sens change entre A et B et de nouveau entre B et C : il y a une charnière dans chaque intervalle. En A, qui est à l’endroit, le haut du clivage se déplace vers l’est, vers l’anticlinal au sommet du flanc : la charnière entre A et B est un anticlinal, et celle entre B et C un synclinal. (d) Dans la notation de la démonstration, les flancs à l’endroit plongent de γ−ι/2=40∘\gamma - \iota/2 = 40{}^{\circ} et les flancs renversés de γ+ι/2=80∘\gamma + \iota/2 = 80{}^{\circ}, donc γ=60∘\gamma = 60{}^{\circ}, comme le dit le clivage, et ι=40∘\iota = 40{}^{\circ} : des plis serrés. Les plans axiaux sont de direction nord et plongent de 60∘60{}^{\circ} vers l’ouest, attitude 270/60270/60. Les flancs courts ont dépassé la verticale avec leurs sommets vers l’est : les plis ont une vergence vers l’est, comme sur la figure du chapitre.

Exercice 17.12 ★★★

Une couche de longueur L0L_0 est plissée en un train de plis en chevrons symétriques d’angle entre flancs ι\iota, sa longueur étant inchangée. (a) Montrer que sa longueur mesurée à travers les plis devient L0sin⁡(ι/2)L_0\sin(\iota/2). (b) Quel raccourcissement représentent des plis en chevrons d’angle entre flancs 60∘60{}^{\circ} ? (c) Quel angle entre flancs correspond à un raccourcissement de 30 %30\,\% ? (d) Un train de plis droits à flancs plongeant de 12∘12{}^{\circ} : quel raccourcissement ?

Solution

Solution de Exercice 17.12.

(a) Dans un pli en chevron symétrique chaque flanc fait l’angle ι/2\iota/2 avec le plan axial, qui est perpendiculaire à la direction du raccourcissement ; un flanc de longueur ll couvre donc lsin⁡(ι/2)l\sin(\iota/2) à travers les plis, et toute la couche L0sin⁡(ι/2)L_0\sin(\iota/2). (b) sin⁡30∘=0.5\sin30{}^{\circ} = 0.5 : un raccourcissement de 50 %50\,\%. (c) sin⁡(ι/2)=0.7\sin(\iota/2) = 0.7 donne ι=88.9∘\iota = 88.9{}^{\circ}. (d) ι=156∘\iota = 156{}^{\circ} et sin⁡78∘=0.978\sin78{}^{\circ} = 0.978 : un raccourcissement de 2.2 %2.2\,\%, qui est aussi 1−cos⁡12∘1 - \cos12{}^{\circ}.

17.7 Problème : Les structures des collines de Varden, mesurées

Problème 17.1

Problème du week-end — l’anticlinal et la faille normale des collines de Varden, des attitudes de leurs plans jusqu’au glissement sur la faille

Les collines de Varden sont plissées en un anticlinal, dont l’axe est nord–sud en x=3.5 kmx = 3.5\,\mathrm{km}, et un synclinal à 4 km4\,\mathrm{km} à l’est de lui ; les deux ont des flancs plans. Un levé de terrain a mesuré la stratification sur le flanc est de l’anticlinal à 080.7/12.2080.7/12.2 et sur son flanc ouest à 279.3/12.2279.3/12.2. La couverture est recoupée par une faille normale d’attitude 120/60120/60, dont le compartiment supérieur s’est abaissé le long du pendage, avec un rejet vertical de 200 m200\,\mathrm{m}. Donner les angles à 0.1∘0.1{}^{\circ} et les longueurs à 0.1 m0.1\,\mathrm{m}.

Partie I — Les flancs.

  1. Écrire les normales unitaires vers le haut n1\mathbf n_1 (flanc est) et n2\mathbf n_2 (flanc ouest) en composantes est, nord et haut.
  2. Calculer n1⋅n2\mathbf n_1\cdot\mathbf n_2 et l’angle entre les normales.
  3. En déduire l’angle entre flancs de l’anticlinal.
  4. Classer l’anticlinal par son angle entre flancs.
  5. Les deux flancs plongent de 12.2∘12.2{}^{\circ}. Pourquoi l’angle entre flancs n’est-il pas exactement 180∘−2×12.2∘180{}^{\circ} - 2\times12.2{}^{\circ} ? Calculer le pendage apparent de l’un ou l’autre flanc dans une coupe verticale est–ouest.
  6. Le synclinal partage le flanc est de l’anticlinal, et son propre flanc est est parallèle au flanc ouest de l’anticlinal. Quel est son angle entre flancs ?

Partie II — La ligne de charnière et le plan axial.

  1. Calculer n1×n2\mathbf n_1\times\mathbf n_2, et la direction et le plongement de la ligne de charnière.
  2. Donner l’attitude du plan axial. L’anticlinal est-il droit, incliné ou couché ?
  3. Donner la description complète du pli : serrage, attitude du plan axial, plongement.
  4. Sur la carte géologique du Chapitre 4, dans quel sens les affleurements de l’anticlinal se ferment-ils, et qu’est-ce qui affleure en son cœur ?
  5. Le schiste de la couverture porte un clivage de plan axial. Donner son attitude, et la direction et le plongement de sa linéation d’intersection sur le flanc est.
  6. Sur le flanc est, dans quel sens le clivage tourne-t-il sur la stratification, vu en regardant vers le nord, et de quel côté est la charnière de l’anticlinal ?

Partie III — La faille et les contraintes.

  1. Donner la direction de la faille par la règle de la main droite, et dire de quel côté de sa trace se trouve le compartiment supérieur.
  2. Quelle contrainte principale était verticale quand la faille s’est formée, d’après Anderson ?
  3. Donner les directions des deux contraintes principales horizontales.
  4. Quel angle de frottement interne le pendage implique-t-il ? Quel coefficient de frottement interne ?
  5. Donner l’attitude de la famille conjuguée de failles que les mêmes contraintes auraient pu faire, et l’angle entre les deux familles.
  6. La faille serait-elle la mieux orientée pour glisser de nouveau dans le même régime, avec le frottement de Byerlee de 0.85 ?

Partie IV — Le glissement.

  1. Donner le pitch du vecteur glissement, et sa direction et son plongement.
  2. Écrire le vecteur unitaire du glissement en composantes est, nord et haut.
  3. Calculer le rejet horizontal de la faille.
  4. Calculer les composantes est et nord du déplacement horizontal du compartiment supérieur.
  5. Vérifier que le glissement net LL, le rejet vertical hh et le rejet horizontal ee satisfont L2=h2+e2L^2 = h^2 + e^2, et expliquer pourquoi.
  6. Au mètre près, quel est le glissement net sur la faille de Varden ?
Solution

Solution de Problème 17.1.

1. n=(sin⁡δsin⁡α,sin⁡δcos⁡α,cos⁡δ)\mathbf n = (\sin\delta\sin\alpha, \sin\delta\cos\alpha, \cos\delta) donne

n1=(0.20855,0.03415,0.97742),n2=(−0.20855,0.03415,0.97742).\mathbf n_1 = (0.20855, 0.03415, 0.97742), \qquad \mathbf n_2 = (-0.20855, 0.03415, 0.97742).

2. n1⋅n2=−0.04349+0.00117+0.95535=0.91302\mathbf n_1\cdot\mathbf n_2 = -0.04349 + 0.00117 + 0.95535 = 0.91302, et l’angle entre les normales est 24.1∘24.1{}^{\circ}.

3. D’après la Proposition 17.10, ι=180∘−24.1∘=155.9∘\iota = 180{}^{\circ} - 24.1{}^{\circ} = 155.9{}^{\circ}.

4. Entre 170∘170{}^{\circ} et 90∘90{}^{\circ} : un pli ouvert.

5. Les flancs plongent vers 080.7080.7 et 279.3279.3, non plein est et ouest, parce que le pli plonge : leurs lignes de plus grande pente ne sont pas dans le profil, qui ne montre qu’un pendage apparent. Dans une coupe est–ouest, d’après le Théorème 5.4, tan⁡β=tan⁡12.2∘cos⁡9.3∘=0.2134\tan\beta = \tan12.2{}^{\circ} \cos9.3{}^{\circ} = 0.2134, donc β=12.0∘\beta = 12.0{}^{\circ}, et 180∘−2×12.0∘=155.9∘180{}^{\circ} - 2\times12.0{}^{\circ} = 155.9{}^{\circ} (le profil est incliné de 2∘2{}^{\circ} par rapport à cette coupe, ce qui ne change rien à cette précision).

6. Ses flancs sont parallèles à ceux de l’anticlinal, donc son angle entre flancs est aussi 155.9∘155.9{}^{\circ}.

7. n1×n2=(0.03415×0.97742−0.97742×0.03415,  0.97742×(−0.20855)−0.20855×0.97742,  0.20855×0.03415+0.03415×0.20855)=(0,−0.40768,0.01424)\mathbf n_1\times\mathbf n_2 = (0.03415\times0.97742 - 0.97742\times0.03415,\; 0.97742\times(-0.20855) - 0.20855\times0.97742,\; 0.20855\times0.03415 + 0.03415\times0.20855) = (0, -0.40768, 0.01424). Le vecteur orienté vers le bas est (0,0.40768,−0.01424)(0, 0.40768, -0.01424) : la ligne de charnière est de direction 000000 et plonge de arctan⁡(0.01424/0.40768)=2.0∘\arctan(0.01424/0.40768) = 2.0{}^{\circ} vers le nord.

8. Le plan axial contient la ligne de charnière et bissecte les deux flancs ; sa normale est selon n1−n2=(0.41710,0,0)\mathbf n_1 - \mathbf n_2 = (0.41710, 0, 0), horizontale et est–ouest. Il est vertical et de direction nord–sud : 090/90090/90. L’anticlinal est droit.

9. Un pli ouvert, droit, plongeant de 2.0∘2.0{}^{\circ} vers le nord.

10. D’après la Proposition 4.15, les affleurements d’un anticlinal se ferment dans la direction du plongement : vers le nord. Son cœur contient les roches les plus anciennes : le grès à la base de la couverture et, là où la rivière a creusé le plus profond, le socle de schiste et de granite en dessous.

11. De plan axial, le clivage est vertical et de direction nord–sud, 090/90090/90. D’après la Proposition 17.14, sa linéation d’intersection avec la stratification est parallèle à la ligne de charnière : direction 000000, plongement 2.0∘2.0{}^{\circ}. Directement : le plan 080.7/12.2080.7/12.2 rencontre le plan vertical de direction nord selon une droite de plongement arctan⁡(tan⁡12.2∘cos⁡80.7∘)=2.0∘\arctan(\tan12.2{}^{\circ} \cos80.7{}^{\circ}) = 2.0{}^{\circ} vers 000000.

12. En regardant vers le nord, le flanc est monte vers la gauche de 12.0∘12.0{}^{\circ} et le clivage est vertical : la rotation aiguë du clivage à la stratification, de 78.0∘78.0{}^{\circ}, est antihoraire et déplace le haut du clivage vers l’ouest. Le flanc est à l’endroit, donc d’après la Proposition 17.16(b) la charnière de l’anticlinal est à l’ouest, en x=3.5 kmx = 3.5\,\mathrm{km}, comme le montre la carte.

13. La direction est 120−90=030120 - 90 = 030 ; le plan plonge vers 120120, donc le compartiment supérieur se trouve du côté est-sud-est de la trace.

14. La faille est normale : σ1\sigma_1 était verticale.

15. σ2\sigma_2 est horizontale selon la direction, 030030–210210 ; σ3\sigma_3 horizontale en travers, 120120–300300.

16. 45∘+ϕ/2=60∘45{}^{\circ} + \phi/2 = 60{}^{\circ} donne ϕ=30∘\phi = 30{}^{\circ}, et μ=tan⁡30∘=0.577\mu = \tan30{}^{\circ} = 0.577.

17. La famille conjuguée est aussi de direction 030030 et plonge de 60∘60{}^{\circ} dans l’autre sens : 300/60300/60. Les deux familles se rencontrent à 180∘−2×60∘=60∘180{}^{\circ} - 2\times60{}^{\circ} = 60{}^{\circ}, avec σ1\sigma_1 verticale bissectant l’angle aigu.

18. Avec μ=0.85\mu = 0.85, ϕ=40.4∘\phi = 40.4{}^{\circ} et les failles normales les mieux orientées plongent de 65.2∘65.2{}^{\circ} ; la faille de Varden, à 60∘60{}^{\circ}, en est à 5.2∘5.2{}^{\circ}. D’après l’Exercice 17.10, elle glisse au rapport σ1′/σ3′=(1+0.85cot⁡30∘)/(1−0.85tan⁡30∘)=4.85\sigma_1'/\sigma_3' = (1 + 0.85\cot30{}^{\circ})/(1 - 0.85\tan30{}^{\circ}) = 4.85, contre 4.684.68 pour le meilleur plan : elle est presque, mais pas exactement, la mieux orientée, et glisserait de nouveau à un rapport de contraintes supérieur de 4 %4\,\% seulement.

19. Le glissement est vers le bas du pendage : r=−90∘r = -90{}^{\circ} ; le vecteur glissement est de direction 120120 et plonge de 60∘60{}^{\circ}.

20. (cos⁡60∘sin⁡120∘,cos⁡60∘cos⁡120∘,−sin⁡60∘)=(0.4330,−0.2500,−0.8660)(\cos60{}^{\circ}\sin120{}^{\circ}, \cos60{}^{\circ}\cos120{}^{\circ}, -\sin60{}^{\circ}) = (0.4330, -0.2500, -0.8660).

21. e=200/tan⁡60∘=115.5 me = 200/\tan60{}^{\circ} = 115.5\,\mathrm{m}.

22. Est : 115.47sin⁡120∘=100.0 m115.47\sin120{}^{\circ} = 100.0\,\mathrm{m} ; nord : 115.47cos⁡120∘=−57.7 m115.47\cos120{}^{\circ} = -57.7\,\mathrm{m}, c’est-à-dire 57.7 m57.7\,\mathrm{m} vers le sud.

23. L=200/sin⁡60∘=230.9 mL = 200/\sin60{}^{\circ} = 230.9\,\mathrm{m}, et 2002+115.472=40 000+13 333=53 333=230.942200^2 + 115.47^2 = 40\,000 + 13\,333 = 53\,333 = 230.94^2. Le rejet vertical et le rejet horizontal sont les composantes verticale et horizontale du glissement, qui est dans le plan vertical du pendage : ce sont les côtés d’un triangle rectangle dont l’hypoténuse est le glissement.

24. Au mètre près, le glissement net sur la faille de Varden est de

এই অধ্যায়ে সংজ্ঞায়িত পরিভাষা-শব্দ

পরিভাষায় সব 957 টি শব্দ দেখো