Mathématiques · Glossaire

Qu'est-ce que « forme linéaire » ?

Aussi appelé : hyperplan

Définition 20.17 Mathématiques universitaires — Licence 1 · Chapitre 20 — Applications linéaires

Une forme linéaire sur EE est une application linéaire φ ⁣:EK\varphi \colon E \to K. Un hyperplan de EE (dimE=n\dim E = n) est un sous-espace de dimension n1n - 1.

Exemples

Exemple 20.18 (Une forme d’évaluation et son hyperplan)

Sur R2[X]\R_2[X], l’évaluation φ(P)=P(2)\varphi(P) = P(2) est une forme linéaire, non nulle (φ(1)=1\varphi(1) = 1). Son noyau est l’hyperplan des polynômes s’annulant en 22, c’est-à-dire (théorème de factorisation, Théorème 8.7) les multiples de X2X - 2 à l’intérieur de R2[X]\R_2[X] :

kerφ=Vect(X2, X(X2)),dim=2.\ker\varphi = \operatorname{Vect}\bigl(X - 2,\ X(X - 2)\bigr), \qquad \dim = 2 .

En coordonnées dans la base (1,X,X2)(1, X, X^2), φ(a+bX+cX2)=a+2b+4c\varphi(a + bX + cX^2) = a + 2b + 4c : toute forme linéaire sur un espace de dimension finie est, une fois une base fixée, une expression linéaire fixe en les coordonnées — les formes sont des « vecteurs lignes », ce que le Chapitre 21 rendra littéral, et la ligne de coefficients obtenue ici, (1,2,4)(1, 2, 4), est une ligne de Vandermonde : les formes d’évaluation sont la porte par laquelle la théorie de l’interpolation du devoir maison du Chapitre 22 entre en algèbre linéaire.

Exemple 20.20

Dans KnK^n, un hyperplan est un ensemble de solutions {a1x1++anxn=0}\{a_1 x_1 + \dots + a_n x_n = 0\} avec les aia_i non tous nuls — l’équation familière d’un plan passant par l’origine dans R3\R^3. Dans les espaces de fonctions, les formes d’évaluation PP(1)P \mapsto P(1) ou f01ff \mapsto \int_0^1 f définissent des hyperplans de Rn[X]\R_n[X], de C([0,1])C(\intcc{0}{1}) (cf. Exercice 19.6).

Exemple 20.21 (Un hyperplan, traité de trois façons)

Prenons φ(x,y,z)=x2y+3z\varphi(x, y, z) = x - 2y + 3z sur R3\R^3 et H=kerφH = \ker\varphi. Base : résolvons x=2y3zx = 2y - 3z :

(2y3z, y, z)=y(2,1,0)+z(3,0,1),(2y - 3z,\ y,\ z) = y\,(2, 1, 0) + z\,(-3, 0, 1),

deux vecteurs libres : dimH=2\dim H = 2, un hyperplan, comme le Théorème 20.19 le prédit à partir de φ0\varphi \neq 0. Droite supplémentaire : tout vecteur hors de HH en engendre une, par exemple a=(1,0,0)a = (1, 0, 0) (φ(a)=10\varphi(a) = 1 \neq 0) ; la décomposition d’un vv arbitraire est explicite :

v=(vφ(v)a)H+φ(v)aVect(a),v = \underbrace{\bigl(v - \varphi(v)\,a\bigr)}_{\in\,H} + \underbrace{\varphi(v)\,a}_{\in\,\operatorname{Vect}(a)},

puisque φ(vφ(v)a)=φ(v)φ(v)φ(a)=0\varphi\bigl(v - \varphi(v)a\bigr) = \varphi(v) - \varphi(v)\varphi(a) = 0. Proportionnalité : si ψ(x,y,z)=2x+4y6z\psi(x,y,z) = -2x + 4y - 6z, alors ψ=2φ\psi = -2\varphi et toutes deux ont pour noyau HH ; réciproquement, toute forme s’annulant sur HH est un multiple de φ\varphi (Exercice 20.8) — l’équation d’un hyperplan est unique à un scalaire près, fait utilisé constamment pour les plans en géométrie.

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