Mathematics · Book 3 · Bachelor Year 1

Mathématiques universitaires — Licence 1

Mathématiques universitaires — Licence 1 · Bachelor Year 1

25Fonctions de deux variables

L’année s’achève par une première incursion en dimension supérieure : les fonctions f(x,y)f(x, y) de deux variables réelles. Tout se généralise — limites, continuité, dérivées, extrema — mais chaque notion prend un tour nouveau : une limite peut être approchée selon toutes les directions à la fois, les dérivées se scindent en dérivées partielles, et le gradient indique la direction de la montée. La théorie complète (différentielles, Rn\R^n général, sous-variétés) relève de la deuxième année ; ici nous fixons le vocabulaire et les premiers théorèmes honnêtes.

25.1 Le plan R2\R^2 ; continuité

Définition 25.1

Sur R2\R^2, on utilise la norme euclidienne (x,y)=x2+y2\norm{(x,y)} = \sqrt{x^2 + y^2} (Chapitre 23). Les boules ouvertes, les voisinages, les parties ouvertes de R2\R^2 se définissent exactement comme au Chapitre 12, avec des boules à la place des intervalles. Une fonction f ⁣:URf \colon U \to \R (UR2U \subseteq \R^2 ouvert) est continue en aUa \in U lorsque

ε>0, δ>0,Xaδ    f(X)f(a)ε,\forall\varepsilon > 0,\ \exists\delta > 0, \quad \norm{X - a} \leq \delta \implies \abs{f(X) - f(a)} \leq \varepsilon,

avec la même caractérisation séquentielle qu’en une variable. Sommes, produits, quotients et composées avec des fonctions continues d’une variable préservent la continuité ; les applications coordonnées sont continues, donc aussi les polynômes en (x,y)(x,y).

Exemple 25.2 (La majoration polaire, la bonne façon de prouver une limite)

Montrons que f(x,y)=x2y2x2+y2f(x, y) = \dfrac{x^2y^2}{x^2 + y^2} (avec f(0,0)=0f(0,0) = 0) est continue à l’origine. En coordonnées polaires x=ρcosθx = \rho\cos\theta, y=ρsinθy = \rho\sin\theta :

f=ρ4cos2θsin2θρ2=ρ2(cosθsinθ)2ρ24ρ00,\abs{f} = \frac{\rho^4\cos^2\theta\sin^2\theta}{\rho^2} = \rho^2\,(\cos\theta\sin\theta)^2 \leq \frac{\rho^2}{4} \xrightarrow[\rho \to 0]{} 0 ,

majoration indépendante de θ\theta : quelle que soit la direction d’approche, les valeurs sont écrasées vers 00. Cette uniformité en θ\theta est tout l’enjeu — une majoration comme g=cosθsinθ\abs g = \abs{\cos\theta\sin\theta} (plus de ρ\rho) ne prouve rien, et de fait ce gg est le piège radial discontinu de l’exemple suivant.

Exemple 25.3 (Le piège radial)

Soit f(x,y)=xyx2+y2f(x, y) = \dfrac{xy}{x^2 + y^2} pour (x,y)(0,0)(x,y) \neq (0,0), f(0,0)=0f(0, 0) = 0. Le long de chaque axe, f=00f = 0 \to 0 ; mais le long de la diagonale y=xy = x, f(x,x)=12↛0f(x, x) = \frac12 \not\to 0. Pas de limite à l’origine : approcher selon toutes les droites, et même trouver la même limite selon chacune, ne suffit pas (ici les limites selon les droites diffèrent ; il y a pire, des fonctions qui donnent la même limite selon toutes les droites et échouent le long d’une parabole, Exercice 25.3). La continuité par rapport à chaque variable séparément n’entraîne pas la continuité.

25.2 Dérivées partielles

Définition 25.4

Les dérivées partielles de ff en (a,b)(a, b) sont les dérivées à une variable le long des axes :

fx(a,b)=limh0f(a+h,b)f(a,b)h,fy(a,b)=limk0f(a,b+k)f(a,b)k.\frac{\partial f}{\partial x}(a,b) = \lim_{h \to 0} \frac{f(a + h, b) - f(a,b)}{h}, \qquad \frac{\partial f}{\partial y}(a,b) = \lim_{k \to 0} \frac{f(a, b + k) - f(a,b)}{k}.

ff est de classe C1C^1 sur UU lorsque les deux existent et sont continues sur UU. Le gradient est f(a,b)=(fx,fy)(a,b)\nabla f(a,b) = \bigl(\frac{\partial f}{\partial x},\, \frac{\partial f}{\partial y}\bigr)(a,b).

Théorème 25.5 (C1C^1 entraîne un plan tangent)

Soit ff de classe C1C^1 sur UU et (a,b)U(a,b) \in U. Alors, quand (h,k)(0,0)(h, k) \to (0,0) :

f(a+h,b+k)=f(a,b)+hfx(a,b)+kfy(a,b)+o((h,k)).f(a + h, b + k) = f(a, b) + h\,\frac{\partial f}{\partial x}(a,b) + k\,\frac{\partial f}{\partial y}(a,b) + o\bigl(\norm{(h,k)}\bigr) .

En particulier ff est continue, et le graphe z=f(x,y)z = f(x,y) admet en chaque point le plan tangent que la formule fait lire.

Exemple 25.6 (L’approximation linéaire à l’œuvre)

Estimons f(1.02, 0.99)f(1.02,\ 0.99) pour f(x,y)=x3y2f(x, y) = x^3y^2. En (1,1)(1, 1) : f=1f = 1, fx=3x2y2=3\frac{\partial f}{\partial x} = 3x^2y^2 = 3, fy=2x3y=2\frac{\partial f}{\partial y} = 2x^3y = 2, donc le Théorème 25.5 donne

f(1.02, 0.99)1+3(0.02)+2(0.01)=1.04,f(1.02,\ 0.99) \approx 1 + 3\,(0.02) + 2\,(-0.01) = 1.04 ,

contre la valeur exacte 1.023×0.992=1.040061.02^3 \times 0.99^2 = 1.04006\dots — l’erreur est du second ordre en les accroissements, comme le promet le o((h,k))o(\norm{(h,k)}). Le plan tangent au graphe en (1,1,1)(1, 1, 1) est z=1+3(x1)+2(y1)z = 1 + 3(x - 1) + 2(y - 1), l’équation implicitement utilisée dans l’estimation.

Démonstration. Déplaçons une coordonnée à la fois :

f(a+h,b+k)f(a,b)=[f(a+h,b+k)f(a,b+k)]+[f(a,b+k)f(a,b)].f(a+h, b+k) - f(a,b) = \bigl[f(a+h, b+k) - f(a, b+k)\bigr] + \bigl[f(a, b+k) - f(a,b)\bigr].

Par le théorème des accroissements finis à une variable (Théorème 14.9), le premier crochet vaut hfx(a+θh,b+k)h\, \frac{\partial f}{\partial x}(a + \theta h,\, b + k) pour un certain θ(0,1)\theta \in \intoo{0}{1}, et le second kfy(a,b+θk)k\,\frac{\partial f}{\partial y}(a,\, b + \theta' k). La continuité des dérivées partielles en (a,b)(a,b) permet d’écrire chacune comme (valeur en (a,b)(a,b)) ++ (erreur 0\to 0) ; l’erreur totale est hε1+kε2=o((h,k))h\,\varepsilon_1 + k\,\varepsilon_2 = o(\norm{(h,k)}) puisque h,k(h,k)\abs h, \abs k \leq \norm{(h,k)}.

Théorème 25.7 (Règle de la chaîne)

Soit ff de classe C1C^1 sur UU et t(x(t),y(t))t \mapsto (x(t), y(t)) de classe C1C^1 d’un intervalle dans UU. Alors g(t)=f(x(t),y(t))g(t) = f\bigl(x(t), y(t)\bigr) est de classe C1C^1, et

g(t)=x(t)fx(x(t),y(t))+y(t)fy(x(t),y(t))=f, (x,y).g'(t) = x'(t)\,\frac{\partial f}{\partial x}\bigl(x(t),y(t)\bigr) + y'(t)\,\frac{\partial f}{\partial y}\bigl(x(t),y(t)\bigr) = \bigl\langle \nabla f,\ (x', y')\bigr\rangle .

Démonstration. Appliquons le Théorème 25.5 en (x(t),y(t))(x(t), y(t)) avec (h,k)=(x(t+s)x(t),y(t+s)y(t))(h, k) = (x(t+s) - x(t),\, y(t+s) - y(t)) : quand s0s \to 0, la dérivabilité à une variable donne h=sx(t)+o(s)h = s\,x'(t) + o(s) et k=sy(t)+o(s)k = s\,y'(t) + o(s), donc (h,k)=O(s)\norm{(h, k)} = O(s) et

g(t+s)g(t)=hfx+kfy+o((h,k))=s(xfx+yfy)+o(s),g(t+s) - g(t) = h\,\frac{\partial f}{\partial x} + k\,\frac{\partial f}{\partial y} + o\bigl(\norm{(h,k)}\bigr) = s\,\Bigl(x'\,\frac{\partial f}{\partial x} + y'\,\frac{\partial f}{\partial y}\Bigr) + o(s) ,

l’erreur finale absorbant à la fois les o(s)o(s) de hh et de kk (multipliés par les valeurs fixes des dérivées partielles) et le o(O(s))o(O(s)) de l’estimation du plan tangent. On divise par ss et l’on fait tendre s0s \to 0. La continuité de gg' résulte de celle de tous les ingrédients.

Exemple 25.8 (La règle de la chaîne, vérifiée des deux façons)

Soit f(x,y)=x2yf(x, y) = x^2 y et g(t)=f(t,t2)g(t) = f(t, t^2). Directement : g(t)=t2t2=t4g(t) = t^2\cdot t^2 = t^4, donc g(t)=4t3g'(t) = 4t^3. Par la règle de la chaîne : fx=2xy\frac{\partial f}{\partial x} = 2xy et fy=x2\frac{\partial f}{\partial y} = x^2, évaluées le long de la courbe (t,t2)(t, t^2) :

g(t)=12tt2+2tt2=2t3+2t3=4t3.g'(t) = 1\cdot 2t\cdot t^2 + 2t\cdot t^2 = 2t^3 + 2t^3 = 4t^3 .

Les deux calculs concordent, et la décomposition a un sens : 2t32t^3 de la croissance vient du déplacement vers la droite à travers la pente en xx, 2t32t^3 du déplacement vers le haut à travers la pente en yy. Sur les courbes où gg n’a pas de forme close, seul le second calcul survit — c’est là tout l’intérêt du théorème.

Remarque 25.9 (Lire le gradient)

Le long d’une direction unitaire uu, la règle de la chaîne appliquée à tf(a+tu)t \mapsto f(a + tu) donne la dérivée directionnelle f(a),u\langle \nabla f(a), u\rangle : maximale quand uu pointe dans la direction de f(a)\nabla f(a) (par Cauchy–Schwarz, Théorème 23.4). Le gradient est la direction de plus forte pente, et il est orthogonal aux lignes de niveau {f=c}\{f = c\} (dériver ff le long d’une courbe tracée dans une ligne de niveau : la règle de la chaîne donne f,tangente=0\langle\nabla f,\, \text{tangente}\rangle = 0).

Exemple 25.10 (Lignes de niveau et gradients, sur une même fonction)

Prenons f(x,y)=x2y2f(x, y) = x^2 - y^2. Ses lignes de niveau : {f=c}\{f = c\} est une hyperbole ouverte vers la gauche et la droite pour c>0c > 0, vers le haut et le bas pour c<0c < 0, et le couple de droites sécantes y=±xy = \pm x pour c=0c = 0 — la carte des courbes de niveau d’un col de montagne, avec le point col à l’origine où les deux droites de niveau nul se croisent. Gradient : f=(2x,2y)\nabla f = (2x, -2y). Au point (2,1)(2, 1) (sur le niveau c=3c = 3) : f=(4,2)\nabla f = (4, -2), tandis que le vecteur tangent à la ligne de niveau, paramétrée près de ce point par (t,t23)\bigl(t, \sqrt{t^2 - 3}\bigr), vaut (1,tt23)=(1,2)\bigl(1, \frac{t}{\sqrt{t^2 - 3}}\bigr) = (1, 2) en t=2t = 2 — et de fait

(4,2), (1,2)=44=0:\langle (4, -2),\ (1, 2)\rangle = 4 - 4 = 0 :

gradient perpendiculaire à la courbe de niveau, pointant vers les valeurs plus grandes de ff (ici : en s’éloignant de l’axe des yy). Deux lectures de plus : le gradient s’annule exactement au point col, là où la carte des niveaux se pince ; et la droite tangente à la ligne de niveau en (2,1)(2,1) est 4(x2)2(y1)=04(x - 2) - 2(y - 1) = 0, c’est-à-dire 2xy=32x - y = 3 — l’équation « f, MM0=0\langle \nabla f,\ M - M_0\rangle = 0 » qui généralise la tangente à l’ellipse de l’Exercice 24.11.

Théorème 25.11 (Schwarz)

Si ff est de classe C2C^2 (les dérivées partielles des dérivées partielles existent et sont continues), alors

2fxy=2fyx.\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} = \frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} .

Démonstration. Admis à ce niveau.

25.3 Extrema locaux

Méthode 25.12 (Étude des extrema, en bon ordre)

  1. Résoudre f=0\nabla f = 0 complètement. Factoriser chaque dérivée partielle dès que possible (des produits de facteurs linéaires scindent le système en cas transparents, comme dans l’Exemple 25.16 ci-dessous) ; un cas oublié est un point critique oublié.
  2. Classer chaque point à l’aide des données de Monge r,s,tr, s, t — recalculées en chaque point, jamais une fois pour toutes.
  3. Si rts2=0rt - s^2 = 0, examiner ff directement le long de courbes bien choisies passant par le point (les droites d’abord, puis les paraboles), en cherchant soit deux signes (pas d’extremum), soit un signe constant avec un argument couvrant toutes les directions.
  4. Prendre du recul pour la vue d’ensemble : examiner le comportement à l’infini (un minimum local peut n’être pas global), et si le domaine n’est pas ouvert, traiter sa frontière à part (Exercice 25.12) — le théorème des points critiques ne voit que les points intérieurs.

Théorème 25.13 (Points critiques)

Si ff (de classe C1C^1 sur l’ouvert UU) admet un extremum local en (a,b)U(a,b) \in U, alors f(a,b)=(0,0)\nabla f(a,b) = (0,0) : le point est critique.

Démonstration. Les fonctions d’une variable xf(x,b)x \mapsto f(x, b) et yf(a,y)y \mapsto f(a, y) admettent des extrema locaux intérieurs en aa, resp. bb : la Proposition 14.7 annule les deux dérivées partielles.

Méthode 25.14 (Test du second ordre (notations de Monge))

En un point critique d’une fonction de classe C2C^2, posons

r=2fx2,s=2fxy,t=2fy2(valeurs au point).r = \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}, \qquad s = \frac{\partial^2 f}{\partial x \partial y}, \qquad t = \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} \qquad (\text{valeurs au point}).
  • Si rts2>0rt - s^2 > 0 : extremum local — minimum pour r>0r > 0, maximum pour r<0r < 0 ;
  • si rts2<0rt - s^2 < 0 : pas d’extremum (un point col) ;
  • si rts2=0rt - s^2 = 0 : le test est muet ; examiner directement.

(La justification — une formule de Taylor–Young à l’ordre 22 et l’étude du signe de la forme quadratique rh2+2shk+tk2r h^2 + 2shk + tk^2 — est menée en deuxième année ; le test est utilisé ici comme outil de travail.)

Exemple 25.15

f(x,y)=x3+y33xyf(x,y) = x^3 + y^3 - 3xy. Points critiques : f=(3x23y,  3y23x)=0\nabla f = (3x^2 - 3y,\; 3y^2 - 3x) = 0 donne y=x2y = x^2 et x=y2x = y^2, donc x=x4x = x^4 : x{0,1}x \in \{0, 1\} : points (0,0)(0,0) et (1,1)(1,1).

Dérivées secondes : r=6xr = 6x, s=3s = -3, t=6yt = 6y. En (0,0)(0,0) : rts2=9<0rt - s^2 = -9 < 0 : point col. En (1,1)(1,1) : rts2=369>0rt - s^2 = 36 - 9 > 0, r=6>0r = 6 > 0 : minimum local, f(1,1)=1f(1,1) = -1. (Non global : f(x,0)=x3f(x, 0) = x^3 \to -\infty.)

Exemple 25.16 (Une étude à quatre points, en entier)

f(x,y)=xy(3xy)=3xyx2yxy2f(x, y) = xy\,(3 - x - y) = 3xy - x^2y - xy^2. Gradient :

fx=y(32xy),fy=x(3x2y).\frac{\partial f}{\partial x} = y\,(3 - 2x - y), \qquad \frac{\partial f}{\partial y} = x\,(3 - x - 2y).

Points critiques : si y=0y = 0, la seconde équation donne x{0,3}x \in \{0, 3\} ; si x=0x = 0, la première donne y{0,3}y \in \{0, 3\} ; si xy0xy \neq 0, on résout 2x+y=32x + y = 3, x+2y=3x + 2y = 3 : x=y=1x = y = 1. Quatre points : (0,0)(0,0), (3,0)(3,0), (0,3)(0,3), (1,1)(1,1). Dérivées secondes : r=2yr = -2y, s=32x2ys = 3 - 2x - 2y, t=2xt = -2x.

  • (1,1)(1,1) : r=2r = -2, s=1s = -1, t=2t = -2 : rts2=3>0rt - s^2 = 3 > 0, r<0r < 0 : maximum local, f(1,1)=1f(1,1) = 1.
  • (0,0)(0,0) : r=t=0r = t = 0, s=3s = 3 : rts2=9<0rt - s^2 = -9 < 0 : point col ; de même (3,0)(3, 0) (s=3s = -3) et (0,3)(0, 3) : trois points cols.

Le maximum n’est que local : f(T,T)=T2(3+2T)+f(-T, -T) = T^2(3 + 2T) \to +\infty. Contrôle par symétrie : f(x,y)=f(y,x)f(x, y) = f(y, x), et de fait l’ensemble critique et la classification sont symétriques en xyx \leftrightarrow y. Interprétation : parmi les rectangles avec marge x,y0x, y \geq 0, x+y3x + y \leq 3, le produit xy(3xy)xy(3 - x - y) des trois « parts » de 33 est maximal quand les parts sont égales — une ombre à deux variables du principe de l’inégalité arithmético-géométrique.

Les deux courbes f = 0 pour f = x3 + y3 - 3xy se coupent aux points critiques (0,0) (point col) et (1,1) (minimum local).
Les deux courbes f=0\nabla f = 0 pour f=x3+y33xyf = x^3 + y^3 - 3xy se coupent aux points critiques (0,0)(0,0) (point col) et (1,1)(1,1) (minimum local).

Remarque 25.17 (Pièges courants)

Les dérivées partielles peuvent exister en un point de discontinuité : le piège radial g(x,y)=xyx2+y2g(x,y) = \frac{xy}{x^2+y^2} de l’Exemple 25.3 vérifie gx(0,0)=gy(0,0)=0\frac{\partial g}{\partial x}(0,0) = \frac{\partial g}{\partial y}(0,0) = 0 (les deux restrictions aux axes sont identiquement nulles), et pourtant gg n’a pas de limite à l’origine — les dérivées partielles ne sondent que deux directions, la continuité les exige toutes ; seule l’hypothèse C1C^1 rétablit l’ordre (Théorème 25.5). Les limites selon les droites ne suffisent jamais : la fonction de l’Exercice 25.3 a pour limite 00 selon toute droite et n’a pourtant pas de limite — toujours essayer les paraboles (ou des majorations polaires valables uniformément en θ\theta). Critique est nécessaire, pas suffisant : les points cols abondent (trois points sur quatre dans l’Exemple 25.16) ; et le théorème ne vaut que sur les ouverts — sur un disque fermé, les extrema peuvent se situer sur la frontière avec un gradient non nul (Exercice 25.12). Le cas muet rts2=0rt - s^2 = 0 est vraiment muet : x4+y4x^4 + y^4 (minimum) et x3+y3x^3 + y^3 (ni l’un ni l’autre) ont tous deux r=s=t=0r = s = t = 0 à l’origine ; seule une étude directe du signe tranche (Exercice 25.6, fonction hh). Le gradient est orthogonal aux lignes de niveau, non porté par elles : pour suivre une courbe de niveau, se déplacer perpendiculairement à f\nabla f ; pour monter le plus vite, se déplacer le long de f\nabla f — confondre les deux renverse la géométrie de toute carte de niveaux.

Remarque 25.18 (Où mènent les deux variables)

Ce chapitre est une porte d’entrée. Le gradient et la règle de la chaîne s’étendent mot pour mot à nn variables dans le volume de Licence 2, où le o((h,k))o(\norm{(h,k)}) du Théorème 25.5 devient la différentielle et où le test de Monge est démontré en entier via la formule de Taylor à l’ordre deux et les formes quadratiques. Le cas particulier que l’on peut régler cette année — les fonctions quadratiques, pour lesquelles le développement au second ordre est exact — fait l’objet du devoir maison, et il se trouve que c’est le cas qui fait tourner l’ajustement de données du monde entier : la régression par moindres carrés. Les extrema liés (l’Exercice 25.5 en était un avant-goût) deviennent les multiplicateurs de Lagrange en Licence 2 ; les fonctions harmoniques (Exercice 25.7) reviennent dans l’analyse complexe du volume de Licence 3.

Remarque 25.19 (Perspectives dans le livre 3 : l’année, bouclée)

Ce chapitre est le lieu où les deux moitiés du volume se serrent la main. La moitié analyse a fourni ses outils une dérivée à la fois : le théorème des accroissements finis fait marcher le Théorème 25.5, les développements de Taylor font marcher les tests d’extremum, et les ε\varepsilon du Chapitre 12 sont revenus avec des boules au lieu d’intervalles. La moitié algèbre a fourni la géométrie : le gradient se lit à travers le produit scalaire du Chapitre 23 (Cauchy–Schwarz en fait la direction de plus forte pente), les données de Monge (r,s,t)(r, s, t) forment une matrice symétrique du Chapitre 21 soumise au test du déterminant du Chapitre 22, et le devoir maison fait tourner une projection orthogonale sur des vecteurs de données. Même les courbes du Chapitre 24 reviennent comme lignes de niveau. Un lecteur capable de reconstituer pourquoi chacun de ces cinq relais fonctionne a, de fait, révisé l’année entière — ce qui est le véritable objet de ce dernier chapitre.

Les moindres carrés en une image : quatre points de données, la droite de régression y = 1.4x - 0.1, et les résidus verticaux (en pointillés) dont la droite minimise la somme des carrés — total 0.2, le plus petit possible. Le devoir maison calcule cette droite, démontre qu’elle est l’unique minimiseur, et identifie toute la construction à une projection orthogonale dans ℝ4.
Les moindres carrés en une image : quatre points de données, la droite de régression y=1.4x0.1y = 1.4x - 0.1, et les résidus verticaux (en pointillés) dont la droite minimise la somme des carrés — total 0.20.2, le plus petit possible. Le devoir maison calcule cette droite, démontre qu’elle est l’unique minimiseur, et identifie toute la construction à une projection orthogonale dans R4\R^4.

25.4 Exercices

Exercice 25.1

Calculer les dérivées partielles : f(x,y)=x2y+exyf(x,y) = x^2 y + \eu^{xy} ;   g(x,y)=ln(x2+y2)\;g(x,y) = \ln(x^2 + y^2) (sur R2{0}\R^2\setminus\{0\}) ;   h(x,y)=arctanyx\;h(x,y) = \arctan\frac yx (sur x>0x > 0).

Solution

Solution de Exercice 25.1.

fx=2xy+yexy\dfrac{\partial f}{\partial x} = 2xy + y\,\eu^{xy}, fy=x2+xexy\dfrac{\partial f}{\partial y} = x^2 + x\,\eu^{xy}.

gx=2xx2+y2\dfrac{\partial g}{\partial x} = \dfrac{2x}{x^2+y^2}, gy=2yx2+y2\dfrac{\partial g}{\partial y} = \dfrac{2y}{x^2+y^2}.

hx=y/x21+y2/x2=yx2+y2\dfrac{\partial h}{\partial x} = \dfrac{-y/x^2}{1 + y^2/x^2} = \dfrac{-y}{x^2+y^2}, hy=xx2+y2\dfrac{\partial h}{\partial y} = \dfrac{x}{x^2+y^2}.

Exercice 25.2

Étudier la continuité en (0,0)(0,0) (où l’on pose la valeur 00) de :

f(x,y)=x2yx2+y2,g(x,y)=xyx2+y2,h(x,y)=x3+y3x2+y2.f(x,y) = \frac{x^2 y}{x^2 + y^2}, \qquad g(x,y) = \frac{xy}{x^2 + y^2}, \qquad h(x,y) = \frac{x^3 + y^3}{x^2 + y^2}.

(Les coordonnées polaires x=ρcosθx = \rho\cos\theta, y=ρsinθy = \rho\sin\theta aident : majorer par une fonction de ρ\rho seul quand c’est possible.)

Solution

Solution de Exercice 25.2.

En coordonnées polaires (ρ0\rho \to 0) :

f=ρ3cos2θsinθρ2ρ0\abs{f} = \dfrac{\rho^3\abs{\cos^2\theta\sin\theta}}{\rho^2} \leq \rho \to 0 : continue.

g=cosθsinθg = \cos\theta\sin\theta : indépendant de ρ\rho, prenant des valeurs différentes selon les demi-droites (cf. Exemple 25.3) : pas de limite, non continue.

hρ3(cos3θ+sin3θ)ρ22ρ0\abs h \leq \dfrac{\rho^3(\abs{\cos^3\theta} + \abs{\sin^3\theta})}{\rho^2} \leq 2\rho \to 0 : continue.

Exercice 25.3 ★★

Soit f(x,y)=x2yx4+y2f(x,y) = \dfrac{x^2 y}{x^4 + y^2} (f(0,0)=0f(0,0) = 0). Démontrer que ff a pour limite 00 à l’origine selon toute droite, mais que f(x,x2)=12f\bigl(x, x^2\bigr) = \frac12 : ff n’est pas continue en (0,0)(0,0).

Solution

Solution de Exercice 25.3.

Le long de y=mxy = mx : f(x,mx)=mx3x4+m2x2=mxx2+m20f(x, mx) = \dfrac{m x^3}{x^4 + m^2 x^2} = \dfrac{mx}{x^2 + m^2} \to 0 (pour m0m \neq 0 ; le long de y=0y = 0 et de l’axe des yy, f=0f = 0). Toute limite selon une droite vaut donc 00. Mais sur la parabole y=x2y = x^2 :

f(x,x2)=x4x4+x4=12:f(x, x^2) = \frac{x^4}{x^4 + x^4} = \frac12 :

la suite (1n,1n2)(0,0)\bigl(\frac1n, \frac{1}{n^2}\bigr) \to (0,0) vérifie f120f \to \frac12 \neq 0. Non continue : les droites ne suffisent pas à tester les limites à deux variables.

Exercice 25.4

Vérifier à la main le théorème de Schwarz sur f(x,y)=x3y2+sin(xy)f(x, y) = x^3 y^2 + \sin(xy).

Solution

Solution de Exercice 25.4.

fx=3x2y2+ycos(xy)\frac{\partial f}{\partial x} = 3x^2y^2 + y\cos(xy) ; puis

2fyx=6x2y+cos(xy)xysin(xy).\frac{\partial^2 f}{\partial y\,\partial x} = 6x^2 y + \cos(xy) - xy\sin(xy) .

fy=2x3y+xcos(xy)\frac{\partial f}{\partial y} = 2x^3 y + x\cos(xy) ; puis

2fxy=6x2y+cos(xy)xysin(xy):\frac{\partial^2 f}{\partial x\,\partial y} = 6x^2 y + \cos(xy) - xy\sin(xy) :

égales, comme Schwarz le promet.

Exercice 25.5 ★★

Soit ff de classe C1C^1 sur R2\R^2 et g(t)=f(cost,sint)g(t) = f(\cos t, \sin t). Exprimer g(t)g'(t) par la règle de la chaîne. En déduire que ff restreinte au cercle unité atteint ses extrema aux points où f\nabla f est parallèle au rayon vecteur.

Solution

Solution de Exercice 25.5.

Par le Théorème 25.7 avec (x,y)=(cost,sint)(x, y) = (\cos t, \sin t) :

g(t)=sintfx(cost,sint)+costfy(cost,sint)=f, (sint,cost).g'(t) = -\sin t\,\frac{\partial f}{\partial x}(\cos t, \sin t) + \cos t\,\frac{\partial f}{\partial y}(\cos t, \sin t) = \bigl\langle \nabla f,\ (-\sin t, \cos t)\bigr\rangle .

En un extremum de gg, g(t)=0g'(t) = 0 : f\nabla f est orthogonal au vecteur tangent (sint,cost)(-\sin t, \cos t) du cercle, donc parallèle au rayon vecteur (cost,sint)(\cos t, \sin t) (dans le plan, l’orthogonal d’un vecteur unitaire est la droite qu’il engendre, prise perpendiculairement). C’est l’exemple le plus simple d’un multiplicateur de Lagrange.

Exercice 25.6 ★★

Trouver et classer les points critiques de :

f(x,y)=x2+xy+y23x,g(x,y)=x2y2+4y,h(x,y)=x4+y42(xy)2.f(x, y) = x^2 + xy + y^2 - 3x, \qquad g(x, y) = x^2 - y^2 + 4y, \qquad h(x, y) = x^4 + y^4 - 2(x - y)^2 .

(Pour hh, le test du déterminant est muet à l’origine : examiner h(x,x)h(x, x) et h(x,x)h(x, -x).)

Solution

Solution de Exercice 25.6.

ff : f=(2x+y3,  x+2y)=0\nabla f = (2x + y - 3,\; x + 2y) = 0 : y=x2y = -\frac x2 et 2xx2=32x - \frac x2 = 3 : x=2x = 2, y=1y = -1. Second ordre : r=2r = 2, s=1s = 1, t=2t = 2 : rts2=3>0rt - s^2 = 3 > 0, r>0r > 0 : minimum local (et même global — la fonction est quadratique) en (2,1)(2, -1), de valeur f(2,1)=3f(2,-1) = -3.

gg : g=(2x,  2y+4)=0\nabla g = (2x,\; -2y + 4) = 0 : point (0,2)(0, 2) ; r=2r = 2, s=0s = 0, t=2t = -2 : rts2=4<0rt - s^2 = -4 < 0 : point col.

hh : h=(4x34(xy),  4y3+4(xy))=0\nabla h = \bigl(4x^3 - 4(x - y),\; 4y^3 + 4(x-y)\bigr) = 0. En additionnant : x3+y3=0x^3 + y^3 = 0, donc y=xy = -x ; en substituant : 4x38x=04x^3 - 8x = 0 : x{0,±2}x \in \{0, \pm\sqrt2\}. Points critiques : (0,0)(0,0), (2,2)(\sqrt2, -\sqrt2), (2,2)(-\sqrt2, \sqrt2). En (±2,2)(\pm\sqrt2, \mp\sqrt2) : r=12x24=20r = 12x^2 - 4 = 20, s=4s = 4, t=20t = 20 : rts2>0rt - s^2 > 0, r>0r > 0 : minima locaux (valeur h=4+416=8h = 4 + 4 - 16 = -8). En (0,0)(0,0) : r=t=4r = t = -4, s=4s = 4 : rts2=0rt - s^2 = 0 : test muet. Examinons : h(x,x)=2x4>0h(x, x) = 2x^4 > 0 et h(x,x)=2x48x2<0h(x, -x) = 2x^4 - 8x^2 < 0 pour x0x \neq 0 petit : les deux signes dans tout voisinage — pas d’extremum à l’origine.

Exercice 25.7 ★★

Une fonction ff est dite harmonique lorsque 2fx2+2fy2=0\frac{\partial^2 f}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} = 0. Vérifier que x2y2x^2 - y^2, xyxy, excosy\eu^x\cos y et ln(x2+y2)\ln(x^2 + y^2) (hors de l’origine) sont harmoniques.

Solution

Solution de Exercice 25.7.

x2y2x^2 - y^2 : dérivées secondes 22 et 2-2 : somme 00. xyxy : les deux dérivées secondes pures sont nulles. excosy\eu^x\cos y : 2x2=excosy\frac{\partial^2}{\partial x^2} = \eu^x\cos y, 2y2=excosy\frac{\partial^2}{\partial y^2} = -\eu^x\cos y : somme 00. ln(x2+y2)\ln(x^2+y^2) : d’après l’Exercice 25.1,

2x2ln(x2+y2)=2(x2+y2)4x2(x2+y2)2=2(y2x2)(x2+y2)2,\frac{\partial^2}{\partial x^2}\ln(x^2+y^2) = \frac{2(x^2+y^2) - 4x^2}{(x^2+y^2)^2} = \frac{2(y^2 - x^2)}{(x^2+y^2)^2},

et la version en yy en est l’opposée : somme 00.

Exercice 25.8 ★★★

Trouver le point du plan {x+2yz=4}R3\{x + 2y - z = 4\} \subseteq \R^3 le plus proche de l’origine, de deux façons : par projection orthogonale (Chapitre 23), et en minimisant la fonction de deux variables f(x,y)=x2+y2+(x+2y4)2f(x, y) = x^2 + y^2 + (x + 2y - 4)^2 obtenue en éliminant zz.

Solution

Solution de Exercice 25.8.

Projection : le plan PP a pour normale n=(1,2,1)n = (1, 2, -1) et passe par A=(4,0,0)A = (4, 0, 0). Le point le plus proche de l’origine est le projeté de OO : p=O+AO,nn2n=46(1,2,1)=(23,43,23)p = O + \frac{\langle A - O, n\rangle}{\norm n^2}\,n = \frac{4}{6}(1,2,-1) = \bigl(\frac23, \frac43, -\frac23\bigr), à distance 46\frac{4}{\sqrt 6}. (Formule : la distance de l’origine au plan X,n=c\langle X, n \rangle = c vaut cn\frac{\abs c}{\norm n} avec c=4c = 4.)

Minimisation : f(x,y)=x2+y2+(x+2y4)2f(x,y) = x^2 + y^2 + (x + 2y - 4)^2. En posant w=x+2y4w = x + 2y - 4 pour le dernier facteur :

f=(2x+2w,  2y+4w)=0    x=w et y=2w.\nabla f = \bigl(2x + 2w,\; 2y + 4w\bigr) = 0 \iff x = -w \text{ et } y = -2w .

En reportant dans la définition de ww : w=w4w4w = -w - 4w - 4, donc w=23w = -\frac23, d’où x=23x = \frac23, y=43y = \frac43, et z=w=23z = w = -\frac23. Même point que par la projection, à distance 49+169+49=263=46\sqrt{\frac49 + \frac{16}{9} + \frac49} = \frac{2\sqrt 6}{3} = \frac{4}{\sqrt6} ; c’est un minimum puisque ff \to \infty à l’infini (une quadratique définie positive plus des termes linéaires).

Exercice 25.9 ★★★

(Laplacien en coordonnées polaires, premier contact) Soit ff de classe C2C^2 sur R2{0}\R^2 \setminus \{0\} et radiale : f(x,y)=φ(x2+y2)f(x, y) = \varphi\bigl(\sqrt{x^2+y^2}\bigr) avec φ\varphi de classe C2C^2 sur (0,+)\intoo{0}{+\infty}. Démontrer que

2fx2+2fy2=φ(ρ)+φ(ρ)ρ,ρ=x2+y2,\frac{\partial^2 f}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 f}{\partial y^2} = \varphi''(\rho) + \frac{\varphi'(\rho)}{\rho}, \qquad \rho = \sqrt{x^2 + y^2},

et trouver toutes les fonctions harmoniques radiales sur le plan épointé.

Solution

Solution de Exercice 25.9.

Avec ρ=x2+y2\rho = \sqrt{x^2+y^2} : ρx=xρ\frac{\partial \rho}{\partial x} = \frac{x}{\rho}, donc

fx=φ(ρ)xρ,2fx2=φ(ρ)x2ρ2+φ(ρ)(1ρx2ρ3),\frac{\partial f}{\partial x} = \varphi'(\rho)\,\frac{x}{\rho}, \qquad \frac{\partial^2 f}{\partial x^2} = \varphi''(\rho)\,\frac{x^2}{\rho^2} + \varphi'(\rho)\,\Bigl(\frac{1}{\rho} - \frac{x^2}{\rho^3}\Bigr),

(règles de dérivation du quotient et des fonctions composées). En ajoutant l’expression symétrique en yy : les termes en φ\varphi'' donnent x2+y2ρ2=1\frac{x^2 + y^2}{\rho^2} = 1, les termes en φ\varphi' donnent 2ρx2+y2ρ3=1ρ\frac{2}{\rho} - \frac{x^2 + y^2}{\rho^3} = \frac{1}{\rho} :

Δf=φ+φρ.\Delta f = \varphi'' + \frac{\varphi'}{\rho} .

Harmoniques radiales : résolvons φ+φρ=0\varphi'' + \frac{\varphi'}{\rho} = 0 : l’équation du premier ordre u+uρ=0u' + \frac u\rho = 0 pour u=φu = \varphi' donne u=cρu = \frac{c}{\rho} (Théorème 5.2), puis φ=clnρ+d\varphi = c\ln\rho + d. Les fonctions harmoniques radiales sont les clnx2+y2+dc\,\ln\sqrt{x^2 + y^2} + d — le potentiel logarithmique de l’Exercice 25.7 et les constantes, rien d’autre.

Exercice 25.10 ★★

Donner l’équation du plan tangent au graphe z=xyz = xy au point (1,1,1)(1, 1, 1). Puis trouver tous les points du graphe de f(x,y)=x3+y33xyf(x,y) = x^3 + y^3 - 3xy où le plan tangent est horizontal, et relier la réponse à l’Exemple 25.15.

Solution

Solution de Exercice 25.10.

Pour z=xyz = xy en (1,1)(1,1) : dérivées partielles y=1y = 1 et x=1x = 1, plan tangent z=1+(x1)+(y1)=x+y1z = 1 + (x - 1) + (y - 1) = x + y - 1. Un plan tangent horizontal signifie que les deux dérivées partielles s’annulent, c’est-à-dire f=0\nabla f = 0 : d’après l’Exemple 25.15, exactement les points critiques (0,0)(0, 0) et (1,1)(1, 1), avec les plans horizontaux z=0z = 0 et z=1z = -1. « Plan tangent horizontal » et « point critique » sont la même notion, vue sur le graphe et dans la formule.

Exercice 25.11 ★★

Soit ff de classe C1C^1 sur R2\R^2.

  1. Si fx=0\frac{\partial f}{\partial x} = 0 partout, démontrer que f(x,y)f(x, y) ne dépend que de yy.
  2. Trouver toutes les solutions de classe C1C^1 de l’équation fx=fy\frac{\partial f}{\partial x} = \frac{\partial f}{\partial y} sur R2\R^2. (Poser g(u,v)=f(u+v2,uv2)g(u, v) = f\bigl(\frac{u+v}2, \frac{u-v}2\bigr) et calculer gv\frac{\partial g}{\partial v} par la règle de la chaîne.)
Solution

Solution de Exercice 25.11.

  1. À yy fixé, la fonction d’une variable xf(x,y)x \mapsto f(x,y) a une dérivée nulle sur R\R, donc est constante (Théorème 14.9) : f(x,y)=f(0,y)f(x, y) = f(0, y) pour tout xx : ff ne dépend que de yy.
  2. Posons g(u,v)=f(u+v2,uv2)g(u, v) = f\bigl(\frac{u+v}2, \frac{u-v}2\bigr). Par la règle de la chaîne (Théorème 25.7, appliquée en la variable vv à uu figé) :

    gv=12fx12fy=0.\frac{\partial g}{\partial v} = \frac12\,\frac{\partial f}{\partial x} - \frac12\,\frac{\partial f}{\partial y} = 0 .

    D’après (1), gg ne dépend que de uu : g(u,v)=φ(u)g(u, v) = \varphi(u) avec φ\varphi de classe C1C^1, et en inversant le changement de variables (u=x+yu = x + y, v=xyv = x - y),

    f(x,y)=φ(x+y).f(x, y) = \varphi(x + y).

    Réciproquement, toute telle ff vérifie fx=fy=φf_x = f_y = \varphi' : les solutions sont exactement les fonctions de classe C1C^1 de x+yx + y.

Exercice 25.12 ★★★

Trouver le maximum et le minimum globaux de f(x,y)=xyf(x, y) = xy sur le disque fermé x2+y21x^2 + y^2 \leq 1. (On admettra le théorème des bornes atteintes à deux variables : une fonction continue sur le disque fermé atteint ses bornes — démontré dans le volume de Licence 2. Traiter le disque ouvert par les points critiques et le cercle frontière par le paramétrage de l’Exercice 25.5.)

Solution

Solution de Exercice 25.12.

Sur le disque ouvert, un extremum serait critique : f=(y,x)=0\nabla f = (y, x) = 0 seulement en (0,0)(0,0), où f=0f = 0 ; c’est un point col (f(±ε,±ε)=ε2>0>ε2=f(±ε,ε)f(\pm \varepsilon, \pm\varepsilon) = \varepsilon^2 > 0 > -\varepsilon^2 = f(\pm\varepsilon, \mp\varepsilon)), donc pas d’extremum là. Par le théorème admis des bornes atteintes, les bornes sont atteintes, nécessairement sur le cercle frontière. Là, avec l’Exercice 25.5,

f(cost,sint)=costsint=sin2t2[12,12],f(\cos t, \sin t) = \cos t\sin t = \frac{\sin 2t}{2} \in \intcc{-\tfrac12}{\tfrac12},

avec maximum 12\frac12 en t=π4,5π4t = \frac\pi4, \frac{5\pi}4 (points ±12(1,1)\pm\frac{1}{\sqrt2}(1,1)) et minimum 12-\frac12 en t=3π4,7π4t = \frac{3\pi}4, \frac{7\pi}4 (points ±12(1,1)\pm\frac{1}{\sqrt2}(1,-1)). Maximum global 12\frac12, minimum global 12-\frac12.

25.5 Problème : moindres carrés et droite de régression

Problème 25.1

Étant donné nn points de données, quelle droite passe « au plus près » de tous ? Legendre et Gauss ont répondu : la droite qui minimise la somme des carrés des erreurs verticales — parce que cette minimisation-là se résout exactement par l’algèbre linéaire. Ce problème démontre d’abord honnêtement le test de Monge de la Méthode 25.14 pour les fonctions quadratiques (le seul cas où le développement au second ordre est exact), puis construit les équations normales, la droite de régression et le coefficient de corrélation sur la géométrie euclidienne du Chapitre 23.

Partie I — Fonctions quadratiques : le test de Monge, démontré. Fixons des réels r,s,tr, s, t et posons q(h,k)=rh2+2shk+tk2q(h, k) = r h^2 + 2s hk + t k^2.

  1. Supposons r0r \neq 0. Établir la forme canonique

    q(h,k)=r(h+srk) ⁣2+rts2rk2,q(h, k) = r\Bigl(h + \frac{s}{r}k\Bigr)^{\!2} + \frac{rt - s^2}{r}\,k^2 ,

    et en déduire : si rts2>0rt - s^2 > 0, qq a le signe strict de rr hors de l’origine ; si rts2<0rt - s^2 < 0, qq prend les deux signes.

  2. Régler les cas restants : r=0r = 0, t0t \neq 0 (symétrique) ; et r=t=0r = t = 0 (q=2shkq = 2shk). Conclure : qq prend les deux signes si et seulement si rts2<0rt - s^2 < 0, et qq ne s’annule qu’à l’origine si et seulement si rts2>0rt - s^2 > 0.
  3. Soit maintenant f(x,y)=12(rx2+2sxy+ty2)+βx+γy+δf(x, y) = \frac12\bigl(r x^2 + 2s xy + t y^2\bigr) + \beta x + \gamma y + \delta une fonction quadratique ayant un point critique X0=(a,b)X_0 = (a, b). Démontrer le développement exact

    f(X0+(h,k))=f(X0)+12q(h,k)(sans reste),f(X_0 + (h,k)) = f(X_0) + \tfrac12\,q(h, k) \qquad (\text{sans reste}),

    et en déduire la classification de Monge pour les fonctions quadratiques : minimum global strict si rts2>0rt - s^2 > 0, r>0r > 0 ; maximum global strict si rts2>0rt - s^2 > 0, r<0r < 0 ; point col si rts2<0rt - s^2 < 0.

  4. Supposons rts2>0rt - s^2 > 0 et r>0r > 0 (donc aussi t>0t > 0). Démontrer la minoration de coercivité explicite

    q(h,k)c(h2+k2),c=rts2r+t>0.q(h, k) \geq c\,(h^2 + k^2), \qquad c = \frac{rt - s^2}{r + t} > 0 .

    (Montrer que la forme quadratique qc(h2+k2)q - c(h^2 + k^2), de coefficients rcr - c, ss, tct - c, satisfait encore aux conditions du test du discriminant.)

  5. En déduire qu’une fonction quadratique dont la partie quadratique est définie positive tend vers ++\infty quand (x,y)\norm{(x,y)} \to \infty, et admet donc un unique minimiseur global : son point critique. Contraster avec l’Exemple 25.15, où un minimum local d’une fonction non quadratique n’était pas global.

Partie II — Les équations normales. Soient C1,C2,bRnC_1, C_2, b \in \R^n (produit scalaire canonique), et

f(u,v)=uC1+vC2b2.f(u, v) = \norm{u\,C_1 + v\,C_2 - b}^2 .
  1. Développer ff et montrer que c’est une fonction quadratique de (u,v)(u, v) dont la partie quadratique a pour coefficients r=2C12r = 2\norm{C_1}^2, s=2C1,C2s = 2\langle C_1, C_2\rangle, t=2C22t = 2\norm{C_2}^2.
  2. Montrer que rts2>0rt - s^2 > 0 si et seulement si (C1,C2)(C_1, C_2) est libre (le cas d’égalité de Cauchy–Schwarz, Théorème 23.4) ; on le supposera désormais.
  3. Montrer que les équations critiques f=0\nabla f = 0 sont les équations normales

    (C12C1,C2C1,C2C22)(uv)=(C1,bC2,b)\begin{pmatrix} \norm{C_1}^2 & \langle C_1, C_2\rangle\\ \langle C_1, C_2\rangle & \norm{C_2}^2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} u\\ v\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \langle C_1, b\rangle\\ \langle C_2, b\rangle\end{pmatrix}

    — la matrice de Gram de l’Exercice 23.11 à gauche — et qu’elles disent exactement : b(uC1+vC2)C1,C2b - (uC_1 + vC_2) \perp C_1, C_2. Conclure avec la partie I et le Théorème 23.10 : l’unique minimiseur donne p=uC1+vC2=p = uC_1 + vC_2 = la projection orthogonale de bb sur Vect(C1,C2)\operatorname{Vect}(C_1, C_2).

  4. Montrer que la valeur minimale est b2p,b=bp2\norm{b}^2 - \langle p, b\rangle = \norm{b - p}^2, et faire le dessin pythagoricien.

Partie III — La droite de régression. Points de données (x1,y1),,(xn,yn)(x_1, y_1), \dots, (x_n, y_n), les xix_i n’étant pas tous égaux. Minimiser

E(α,β)=i=1n(yiαβxi)2.E(\alpha, \beta) = \sum_{i=1}^{n}\bigl(y_i - \alpha - \beta x_i\bigr)^2 .

On note xˉ=1nxi\bar x = \frac1n\sum x_i, yˉ=1nyi\bar y = \frac1n\sum y_i, vx=1nxi2xˉ2v_x = \frac1n\sum x_i^2 - \bar x^2, vy=1nyi2yˉ2v_y = \frac1n\sum y_i^2 - \bar y^2, cxy=1nxiyixˉyˉc_{xy} = \frac1n\sum x_i y_i - \bar x\bar y.

  1. Reconnaître la partie II avec C1=(1,,1)C_1 = (1, \dots, 1), C2=(x1,,xn)C_2 = (x_1, \dots, x_n), b=(y1,,yn)b = (y_1, \dots, y_n), et écrire les équations normales

    nα+(xi)β=yi,(xi)α+(xi2)β=xiyi.n\alpha + \Bigl(\sum x_i\Bigr)\beta = \sum y_i, \qquad \Bigl(\sum x_i\Bigr)\alpha + \Bigl(\sum x_i^2\Bigr)\beta = \sum x_i y_i .
  2. Les résoudre :

    β=cxyvx,α=yˉβxˉ,\beta = \frac{c_{xy}}{v_x}, \qquad \alpha = \bar y - \beta\,\bar x ,

    et observer que la droite de régression y=α+βxy = \alpha + \beta x passe par le point moyen (xˉ,yˉ)(\bar x, \bar y).

  3. Vérifier que vx>0v_x > 0 exactement quand les xix_i ne sont pas tous égaux, et rapprocher cela de la question 7.
  4. Démontrer que l’erreur minimale vaut

    Emin=n(vycxy2vx)=nvy(1ρ2),ρ=cxyvxvy(vy0).E_{\min} = n\Bigl(v_y - \frac{c_{xy}^2}{v_x}\Bigr) = n\,v_y\,(1 - \rho^2), \qquad \rho = \frac{c_{xy}}{\sqrt{v_x v_y}} \quad (v_y \neq 0).

    En déduire ρ1\abs\rho \leq 1, avec ρ=1\abs\rho = 1 si et seulement si les données sont parfaitement alignées.

  5. Exemple traité : pour les données (0,0)(0,0), (1,1)(1,1), (2,3)(2,3), (3,4)(3,4), calculer xˉ,yˉ,vx,cxy\bar x, \bar y, v_x, c_{xy}, la droite de régression, les quatre résidus et EminE_{\min}.
  6. Démontrer que les résidus εi=yiαβxi\varepsilon_i = y_i - \alpha - \beta x_i de la droite optimale vérifient iεi=0\sum_i \varepsilon_i = 0 et ixiεi=0\sum_i x_i\varepsilon_i = 0, et interpréter les deux par l’orthogonalité.

Partie IV — Variantes et applications.

  1. (Meilleure constante) Montrer que la constante α\alpha qui minimise i(yiα)2\sum_i (y_i - \alpha)^2 est la moyenne yˉ\bar y, et que la valeur minimale est nvyn\,v_y : la variance mesure le défaut de constance des données.
  2. (Droite passant par l’origine) Montrer que la pente qui minimise i(yiβxi)2\sum_i (y_i - \beta x_i)^2 est β0=xiyixi2\beta_0 = \frac{\sum x_iy_i}{\sum x_i^2}, et donner une condition sur les données pour que β0\beta_0 coïncide avec la pente cxy/vxc_{xy}/v_x de la question 11.
  3. (Distance à une droite, encore) Pour un point MM et la droite DD passant par P0P_0 et dirigée par le vecteur unitaire ww, minimiser g(τ)=P0+τwM2g(\tau) = \norm{P_0 + \tau w - M}^2 et en déduire d(M,D)2=MP02MP0,w2d(M, D)^2 = \norm{M - P_0}^2 - \langle M - P_0, w\rangle^2 ; retrouver la formule d=ax0+by0+ca2+b2d = \frac{\abs{a x_0 + b y_0 + c}}{\sqrt{a^2 + b^2}} pour la droite ax+by+c=0ax + by + c = 0 du plan.
  4. (Analyse de la variance) Démontrer la décomposition vy=β2vx+Eminnv_y = \beta^2 v_x + \frac{E_{\min}}n : la variance des yiy_i se scinde en la part expliquée par la droite et la variance résiduelle.
  5. (Ajustement parabolique) Pour ajuster y=a+bx+cx2y = a + bx + cx^2, montrer que les équations normales forment le système 3×33 \times 3 de matrice des moments

    (nxixi2xixi2xi3xi2xi3xi4),\begin{pmatrix} n & \sum x_i & \sum x_i^2\\ \sum x_i & \sum x_i^2 & \sum x_i^3\\ \sum x_i^2 & \sum x_i^3 & \sum x_i^4 \end{pmatrix},

    matrice de Gram inversible dès que trois des xix_i sont distincts (liberté de (1,X,X2)(1, X, X^2) échantillonné aux données, Exercice 23.11 ; comparer avec les matrices des moments du devoir maison du Chapitre 22).

Partie V — Robustesse, et synthèse.

  1. Classer les points critiques des trois fonctions quadratiques

    x2+xy+y2,x2+3xy+y2,x2+2xy+y2,x^2 + xy + y^2, \qquad x^2 + 3xy + y^2, \qquad x^2 + 2xy + y^2 ,

    par la partie I, en traitant à la main le troisième cas dégénéré (où le minimum est-il atteint ?).

  2. (Expérience de la valeur aberrante) Ajouter le point (10,0)(10, 0) aux données de la question 14 et recalculer la pente β\beta. Que s’est-il passé, et pourquoi l’erreur quadratique est-elle si sensible à un seul point lointain ?
  3. (Moindres carrés pondérés) Étant donné des poids wi>0w_i > 0, minimiser iwi(yiαβxi)2\sum_i w_i(y_i - \alpha - \beta x_i)^2 : montrer que la solution est donnée par les mêmes formules qu’à la question 11 avec des moyennes, une variance et une covariance pondérées (les définir).
  4. Montrer que, pour la droite optimale, Emin=0E_{\min} = 0 force tous les points à être exactement sur elle, et relier au cas d’égalité ρ=1\abs\rho = 1 de la question 13 ; tester sur les données alignées (1,1),(2,3),(3,5)(1,1), (2,3), (3,5).
  5. Synthèse, en quatre phrases : pourquoi les fonctions quadratiques sont la seule classe où le test du second ordre de ce chapitre n’a besoin d’aucun théorème admis ; comment les équations normales identifient la minimisation analytique à la projection orthogonale du Chapitre 23 ; ce que mesure le coefficient de corrélation et quelle inégalité le borne ; et quels morceaux des chapitres 18 à 23 (bases, matrices de Gram et des moments, projections) ont reparu. Nommer la méthode et les équations étudiées dans les parties II et III.
Solution

Solution de Problème 25.1.

1. En développant le membre de droite :

r(h+srk) ⁣2+rts2rk2=rh2+2shk+s2rk2+rts2rk2=q(h,k).r\Bigl(h + \frac srk\Bigr)^{\!2} + \frac{rt - s^2}{r}k^2 = rh^2 + 2shk + \frac{s^2}{r}k^2 + \frac{rt - s^2}{r}k^2 = q(h,k) .

Si rts2>0rt - s^2 > 0 : les deux carrés portent le signe du facteur rr, et q(h,k)=0q(h,k) = 0 force k=0k = 0 puis h=0h = 0 : signe strict de rr hors de l’origine. Si rts2<0rt - s^2 < 0 : q(1,0)=rq(1, 0) = r tandis que q(sr,1)=rts2rq\bigl(-\frac sr, 1\bigr) = \frac{rt - s^2}{r} est de signe opposé : les deux signes apparaissent.

2. Si r=0tr = 0 \neq t, on échange les rôles de hh et kk (la forme canonique en kk), avec les mêmes conclusions ; remarquons que rts2=s2<0rt - s^2 = -s^2 < 0 dès que s0s \neq 0, et de fait q=2shk+tk2q = 2shk + tk^2 prend alors les deux signes (kk petit devant hh). Si r=t=0r = t = 0 : q=2shkq = 2shk, deux signes si et seulement si s0s \neq 0, c’est-à-dire si et seulement si rts2=s2<0rt - s^2 = -s^2 < 0. Bilan : qq prend les deux signes     rts2<0\iff rt - s^2 < 0 ; qq ne s’annule qu’à l’origine (forme définie)     rts2>0\iff rt - s^2 > 0 (ce qui force r0r \neq 0, puisque r=0r = 0 donne q(1,0)=0q(1,0) = 0).

3. Avec fx=rx+sy+βf_x = rx + sy + \beta et fy=sx+ty+γf_y = sx + ty + \gamma, le développement direct donne

f(a+h,b+k)=f(a,b)+hfx(a,b)+kfy(a,b)+12q(h,k),f(a + h, b + k) = f(a, b) + h\,f_x(a,b) + k\,f_y(a,b) + \tfrac12 q(h, k),

sans termes d’ordre supérieur (la fonction est un polynôme de degré 22). En un point critique la partie linéaire s’annule : f(X0+H)f(X0)=12q(H)f(X_0 + H) - f(X_0) = \frac12 q(H) exactement, de sorte que l’étude de signe des questions 1 et 2 classe : minimum global strict (rts2>0rt - s^2 > 0, r>0r > 0), maximum global strict (rts2>0rt - s^2 > 0, r<0r < 0), point col — les deux signes dans tout voisinage — lorsque rts2<0rt - s^2 < 0. Cela démontre la Méthode 25.14 pour les fonctions quadratiques.

4. La forme qc(h2+k2)q - c(h^2 + k^2) a pour données rcr - c, ss, tct - c. Avec c=rts2r+tc = \frac{rt - s^2}{r + t} (noter que t>0t > 0 puisque rt>s20rt > s^2 \geq 0 et r>0r > 0) :

(rc)(tc)s2=rts2c(r+t)+c2=c20,(r - c)(t - c) - s^2 = rt - s^2 - c(r + t) + c^2 = c^2 \geq 0,

et rc0r - c \geq 0 (cr    rts2r2+rtc \leq r \iff rt - s^2 \leq r^2 + rt, vrai). Si rc>0r - c > 0, la forme canonique de la question 1 montre que qc(h2+k2)0q - c(h^2 + k^2) \geq 0 ; si rc=0r - c = 0, alors s=0s = 0 (car s2=c2-s^2 = -c^2 \leq \dots force la quantité affichée à être 0\geq 0 avec un premier facteur nul) et la forme vaut (tc)k20(t - c)k^2 \geq 0. Dans les deux cas q(h,k)c(h2+k2)q(h,k) \geq c(h^2 + k^2).

5. D’après les questions 3 et 4, f(X)=f(X0)+12q(XX0)f(X0)+c2XX02+f(X) = f(X_0) + \frac12 q(X - X_0) \geq f(X_0) + \frac c2\norm{X - X_0}^2 \to +\infty quand X\norm X \to \infty : ff est coercive, et l’inégalité est stricte pour XX0X \neq X_0 : le point critique est l’unique minimiseur global. Pour la cubique f=x3+y33xyf = x^3 + y^3 - 3xy de l’Exemple 25.15, aucune telle conclusion ne vaut : f(x,0)=x3f(x,0) = x^3 \to -\infty, et le minimum local en (1,1)(1,1) n’est pas global — c’est l’exactitude du développement quadratique qui faisait défaut.

6. En développant le carré de la norme :

f(u,v)=u2C12+2uvC1,C2+v2C222uC1,b2vC2,b+b2,f(u,v) = u^2\norm{C_1}^2 + 2uv\,\langle C_1, C_2\rangle + v^2\norm{C_2}^2 - 2u\,\langle C_1, b\rangle - 2v\,\langle C_2, b\rangle + \norm b^2 ,

fonction quadratique de (u,v)(u, v) dont la partie quadratique est 12(ru2+2suv+tv2)\frac12(ru^2 + 2suv + tv^2) avec r=2C12r = 2\norm{C_1}^2, s=2C1,C2s = 2\langle C_1, C_2\rangle, t=2C22t = 2\norm{C_2}^2.

7. rts2=4(C12C22C1,C22)0rt - s^2 = 4\bigl(\norm{C_1}^2\norm{C_2}^2 - \langle C_1, C_2\rangle^2\bigr) \geq 0 par Cauchy–Schwarz (Théorème 23.4), avec égalité exactement quand C1,C2C_1, C_2 sont proportionnels (ou l’un des deux nul), c’est-à-dire quand la famille est liée. Donc rts2>0    (C1,C2)rt - s^2 > 0 \iff (C_1, C_2) libre.

8. f=0\nabla f = 0 s’écrit

C12u+C1,C2v=C1,b,C1,C2u+C22v=C2,b,\norm{C_1}^2 u + \langle C_1, C_2\rangle v = \langle C_1, b\rangle, \qquad \langle C_1, C_2\rangle u + \norm{C_2}^2 v = \langle C_2, b\rangle,

les équations normales, avec la matrice de Gram à gauche ; elles disent uC1+vC2b, Ci=0\langle uC_1 + vC_2 - b,\ C_i\rangle = 0 pour i=1,2i = 1, 2, c’est-à-dire bpVect(C1,C2)b - p \perp \operatorname{Vect}(C_1, C_2) pour p=uC1+vC2p = uC_1 + vC_2. Par la partie I (questions 3 et 5) l’unique point critique est l’unique minimiseur global, et par le Théorème 23.10 la caractérisation « pFp \in F, bpFb - p \perp F » identifie pp à la projection orthogonale de bb sur F=Vect(C1,C2)F = \operatorname{Vect}(C_1, C_2).

9. bp2=b22b,p+p2\norm{b - p}^2 = \norm b^2 - 2\langle b, p\rangle + \norm p^2, et p,bp=0\langle p, b - p\rangle = 0 donne p2=p,b\norm p^2 = \langle p, b\rangle : le minimum vaut b2p,b\norm b^2 - \langle p, b\rangle. Pythagore : b2=p2+bp2\norm b^2 = \norm p^2 + \norm{b - p}^2 — le vecteur de données se scinde en sa part expliquée pp et sa part résiduelle bpb - p, orthogonales l’une à l’autre.

10. E(α,β)=αC1+βC2b2E(\alpha, \beta) = \norm{\alpha C_1 + \beta C_2 - b}^2 avec les C1,C2,bC_1, C_2, b indiqués ; les équations normales de la question 8 s’écrivent, terme à terme,

nα+(xi)β=yi,(xi)α+(xi2)β=xiyi.n\alpha + \Bigl(\sum x_i\Bigr)\beta = \sum y_i, \qquad \Bigl(\sum x_i\Bigr)\alpha + \Bigl(\sum x_i^2\Bigr)\beta = \sum x_i y_i .

11. En divisant par nn : α+βxˉ=yˉ\alpha + \beta\bar x = \bar y et αxˉ+β(vx+xˉ2)=cxy+xˉyˉ\alpha\bar x + \beta\bigl(v_x + \bar x^2\bigr) = c_{xy} + \bar x\bar y. En substituant α=yˉβxˉ\alpha = \bar y - \beta\bar x dans la seconde : βvx=cxy\beta v_x = c_{xy}, donc

β=cxyvx,α=yˉβxˉ,\beta = \frac{c_{xy}}{v_x}, \qquad \alpha = \bar y - \beta\bar x ,

et la première équation dit précisément que (xˉ,yˉ)(\bar x, \bar y) est sur la droite.

12. vx=1n(xixˉ)20v_x = \frac1n\sum(x_i - \bar x)^2 \geq 0, nul si et seulement si tous les xix_i valent xˉ\bar x. Et rts2=4(nxi2(xi)2)=4n2vxrt - s^2 = 4\bigl(n\sum x_i^2 - (\sum x_i)^2\bigr) = 4n^2 v_x : la condition de liberté de la question 7 est vx>0v_x > 0, c’est-à-dire les xix_i non tous égaux.

13. Avec α=yˉβxˉ\alpha = \bar y - \beta\bar x, centrons les données (x~i=xixˉ\tilde x_i = x_i - \bar x, y~i=yiyˉ\tilde y_i = y_i - \bar y) :

E(α,β)=i(y~iβx~i)2=nvy2βncxy+β2nvx,E(\alpha, \beta) = \sum_i(\tilde y_i - \beta\tilde x_i)^2 = n\,v_y - 2\beta\,n\,c_{xy} + \beta^2 n\,v_x ,

minimisée en β=cxy/vx\beta = c_{xy}/v_x, de valeur Emin=n(vycxy2vx)=nvy(1ρ2)E_{\min} = n\bigl(v_y - \frac{c_{xy}^2}{v_x}\bigr) = n v_y(1 - \rho^2). Comme Emin0E_{\min} \geq 0 et vy>0v_y > 0 : ρ21\rho^2 \leq 1, et ρ=1\abs\rho = 1 si et seulement si Emin=0E_{\min} = 0, c’est-à-dire si et seulement si tous les résidus sont nuls : les points sont exactement sur la droite.

14. n=4n = 4 : xˉ=64=1.5\bar x = \frac64 = 1.5, yˉ=2\bar y = 2, xi2=14\sum x_i^2 = 14 donc vx=3.52.25=1.25v_x = 3.5 - 2.25 = 1.25, xiyi=0+1+6+12=19\sum x_iy_i = 0 + 1 + 6 + 12 = 19 donc cxy=4.753=1.75c_{xy} = 4.75 - 3 = 1.75. Ainsi

β=1.751.25=1.4,α=21.4×1.5=0.1:y=1.4x0.1.\beta = \frac{1.75}{1.25} = 1.4, \qquad \alpha = 2 - 1.4\times1.5 = -0.1 : \qquad y = 1.4\,x - 0.1 .

Valeurs ajustées 0.1, 1.3, 2.7, 4.1-0.1,\ 1.3,\ 2.7,\ 4.1 ; résidus 0.1, 0.3, 0.3, 0.10.1,\ -0.3,\ 0.3,\ -0.1 ; Emin=0.01+0.09+0.09+0.01=0.2E_{\min} = 0.01 + 0.09 + 0.09 + 0.01 = 0.2 (vérification : vy=2644=2.5v_y = \frac{26}4 - 4 = 2.5 et 4(2.51.7521.25)=4(2.52.45)=0.24(2.5 - \frac{1.75^2}{1.25}) = 4(2.5 - 2.45) = 0.2).

15. Les deux équations normales de la question 10 sont exactement iεi=0\sum_i\varepsilon_i = 0 et ixiεi=0\sum_i x_i\varepsilon_i = 0 : le vecteur des résidus est orthogonal à C1=(1,,1)C_1 = (1, \dots, 1) et à C2=(xi)C_2 = (x_i) — à tout l’espace du modèle. En particulier la droite optimale équilibre toujours ses erreurs : leur somme est nulle.

16.  ⁣d ⁣dα(yiα)2=2(yiα)=0\frac{\dd}{\dd\alpha}\sum(y_i - \alpha)^2 = -2\sum(y_i - \alpha) = 0 donne α=yˉ\alpha = \bar y (et la dérivée seconde 2n>02n > 0 en fait le minimum global, la fonction étant une quadratique coercive d’une variable). Valeur minimale (yiyˉ)2=nvy\sum(y_i - \bar y)^2 = n v_y : la variance est l’erreur quadratique incompressible d’un modèle constant.

17.  ⁣d ⁣dβ(yiβxi)2=2xi(yiβxi)=0\frac{\dd}{\dd\beta}\sum(y_i - \beta x_i)^2 = -2\sum x_i(y_i - \beta x_i) = 0 donne β0=xiyixi2\beta_0 = \frac{\sum x_iy_i}{\sum x_i^2}. En écrivant les deux pentes sur des quantités centrées : β0=cxy+xˉyˉvx+xˉ2\beta_0 = \frac{c_{xy} + \bar x\bar y}{v_x + \bar x^2} vaut cxyvx\frac{c_{xy}}{v_x} si et seulement si cxyxˉ2=xˉyˉvxc_{xy}\bar x^2 = \bar x\bar y\,v_x, c’est-à-dire si et seulement si xˉ=0\bar x = 0 (abscisses centrées) ou yˉ=βxˉ\bar y = \beta\bar x — ce dernier cas signifiant α=0\alpha = 0 : la droite de régression complète passe déjà par l’origine.

18. g(τ)=MP022τMP0,w+τ2g(\tau) = \norm{M - P_0}^2 - 2\tau\langle M - P_0, w\rangle + \tau^2 est minimale en τ=MP0,w\tau^* = \langle M - P_0, w\rangle, de valeur d(M,D)2=MP02MP0,w2d(M,D)^2 = \norm{M - P_0}^2 - \langle M - P_0, w\rangle^2. Dans le plan, complétons ww en une base orthonormale (w,n)(w, n) avec n=(a,b)a2+b2n = \frac{(a, b)}{\sqrt{a^2+b^2}} (normale unitaire de DD) : alors MP02=MP0,w2+MP0,n2\norm{M - P_0}^2 = \langle M - P_0, w\rangle^2 + \langle M - P_0, n\rangle^2, donc d(M,D)=MP0,nd(M, D) = \abs{\langle M - P_0, n\rangle}, et avec aP0x+bP0y=caP_{0x} + bP_{0y} = -c :

d=ax0+by0+ca2+b2.d = \frac{\abs{a x_0 + b y_0 + c}}{\sqrt{a^2 + b^2}} .

19. De Emin/n=vycxy2vxE_{\min}/n = v_y - \frac{c_{xy}^2}{v_x} et β2vx=cxy2vx\beta^2 v_x = \frac{c_{xy}^2}{v_x} :

vy=β2vx+Eminn:v_y = \beta^2 v_x + \frac{E_{\min}}n :

variance totale == variance le long de la droite ajustée ++ variance résiduelle. (En divisant par vyv_y : 1=ρ2+(1ρ2)1 = \rho^2 + (1 - \rho^2), la part de variance « expliquée » par la droite est ρ2\rho^2.)

20. L’espace du modèle est Vect(C1,C2,C3)\operatorname{Vect}\bigl(C_1, C_2, C_3\bigr) avec C1=(1)C_1 = (1), C2=(xi)C_2 = (x_i), C3=(xi2)C_3 = (x_i^2) ; minimiser aC1+bC2+cC3b2\norm{aC_1 + bC_2 + cC_3 - b}^2 conduit, exactement comme à la question 8, au système de Gram 3×33\times3, dont la matrice a pour coefficients Ci,Cj=kxki+j2\langle C_i, C_j\rangle = \sum_k x_k^{\,i+j-2} : la matrice des moments affichée. Elle est inversible si et seulement si (C1,C2,C3)(C_1, C_2, C_3) est libre (Exercice 23.11) ; une relation a+bxk+cxk2=0a + bx_k + cx_k^2 = 0 pour tout kk fait de chaque xkx_k une racine d’un même polynôme de degré 2\leq 2, impossible avec trois valeurs distinctes à moins que a=b=c=0a = b = c = 0. Comparer avec les matrices des moments du devoir maison du Chapitre 22, dont les déterminants étaient des carrés de valeurs de Vandermonde.

21. Première : r=2,s=1,t=2r = 2, s = 1, t = 2, rts2=3>0rt - s^2 = 3 > 0, r>0r > 0 : minimum global strict à l’origine. Deuxième : r=2,s=3,t=2r = 2, s = 3, t = 2, rts2=5<0rt - s^2 = -5 < 0 : point col. Troisième : r=s=t=2r = s = t = 2, rts2=0rt - s^2 = 0 : dégénérée — mais x2+2xy+y2=(x+y)20x^2 + 2xy + y^2 = (x + y)^2 \geq 0 s’annule sur toute la droite y=xy = -x : un minimum global (non strict) atteint le long d’une droite, invisible au test du déterminant.

22. Nouvelles sommes (n=5n = 5) : xˉ=3.2\bar x = 3.2, yˉ=1.6\bar y = 1.6, xiyi=19\sum x_iy_i = 19 donc cxy=3.85.12=1.32c_{xy} = 3.8 - 5.12 = -1.32, xi2=114\sum x_i^2 = 114 donc vx=22.810.24=12.56v_x = 22.8 - 10.24 = 12.56. Nouvelle pente :

β=1.3212.560.105:\beta = \frac{-1.32}{12.56} \approx -0.105 :

un seul point a transformé une tendance nettement croissante (β=1.4\beta = 1.4) en une tendance légèrement décroissante. L’erreur quadratique facture un résidu ε2\varepsilon^2, de sorte qu’un seul point lointain — xixˉ\abs{x_{i} - \bar x} grand et résidu grand — domine à la fois cxyc_{xy} et vxv_x : les moindres carrés sont efficaces, mais pas robustes.

23. Posons W=wiW = \sum w_i et définissons xˉw=1Wwixi\bar x_w = \frac1W\sum w_ix_i, yˉw\bar y_w de même, vxw=1Wwixi2xˉw2v_x^w = \frac1W\sum w_ix_i^2 - \bar x_w^2, cxyw=1Wwixiyixˉwyˉwc^w_{xy} = \frac1W\sum w_ix_iy_i - \bar x_w\bar y_w. L’application u,vw=iwiuivi\langle u, v\rangle_w = \sum_i w_iu_iv_i est un produit scalaire sur Rn\R^n (wi>0w_i > 0 donne le caractère défini), donc la partie II s’applique mot pour mot et les équations normales, divisées par WW, deviennent

α+βxˉw=yˉw,αxˉw+β(vxw+xˉw2)=cxyw+xˉwyˉw,\alpha + \beta\bar x_w = \bar y_w, \qquad \alpha\bar x_w + \beta(v^w_x + \bar x_w^2) = c^w_{xy} + \bar x_w\bar y_w ,

d’où β=cxyw/vxw\beta = c^w_{xy}/v^w_x et α=yˉwβxˉw\alpha = \bar y_w - \beta\bar x_w : les mêmes formules, avec toutes les moyennes pondérées.

24. Emin=εi2=0E_{\min} = \sum\varepsilon_i^2 = 0 force chaque εi=0\varepsilon_i = 0 : tous les points sont exactement sur la droite ; par la question 13 c’est le cas ρ=1\abs\rho = 1. Test : pour (1,1),(2,3),(3,5)(1,1), (2,3), (3,5) : xˉ=2\bar x = 2, yˉ=3\bar y = 3, vx=1434=23v_x = \frac{14}3 - 4 = \frac23, cxy=2236=43c_{xy} = \frac{22}3 - 6 = \frac43 : β=2\beta = 2, α=1\alpha = -1, et de fait yi=2xi1y_i = 2x_i - 1 pour les trois points ; vy=3539=83v_y = \frac{35}3 - 9 = \frac83 et ρ2=(4/3)2(2/3)(8/3)=1\rho^2 = \frac{(4/3)^2}{(2/3)(8/3)} = 1.

25. (i) Pour les fonctions quadratiques le développement à l’ordre deux est une identité, de sorte que l’étude de signe de la forme quadratique — de l’algèbre pure, questions 1 et 2 — classe les points critiques sans aucun théorème de Taylor admis. (ii) Les équations normales disent « résidu orthogonal à l’espace du modèle », donc le minimum analytique est la projection orthogonale du vecteur de données : l’analyse et la géométrie euclidienne calculent le même objet. (iii) La corrélation ρ=cxy/vxvy\rho = c_{xy}/\sqrt{v_xv_y} mesure la part ρ2\rho^2 de la variance expliquée par la droite, et Cauchy–Schwarz la borne : ρ1\abs\rho \leq 1, avec égalité seulement pour des données alignées. (iv) Bases et liberté (chapitre 18), matrices de Gram et des moments et leurs déterminants (chapitres 22 et 23), et projection orthogonale (chapitre 23) ont tous reparu comme les pièces d’un même algorithme. Les parties II et III développent la méthode des moindres carrés (Legendre, Gauss) à travers ses équations normales.