Mathématiques universitaires — Licence 2 · Bachelor Year 2
22Variables aléatoires discrètes
Les variables aléatoires organisent les calculs de probabilité autour de fonctions plutôt que d’événements. Sur les espaces dénombrables, la théorie repose sur les familles sommables du Chapitre 7 : l’espérance est la somme d’une famille indexée par l’univers, et toutes ses propriétés — linéarité, transfert, formule du produit pour les variables indépendantes — sont des théorèmes sur les familles sommables. Le chapitre démontre les inégalités clés de Markov, de Bienaymé–Tchebychev, de Cauchy–Schwarz et de Jensen, et s’achève sur les lois classiques et la loi faible des grands nombres, dont la preuve tient en deux lignes une fois Tchebychev disponible.
22.1 Variables aléatoires et leurs lois
Définition 22.1 (Variable aléatoire discrète ; loi)
Soit un espace probabilisé dénombrable. Une variable aléatoire est une application ( un ensemble quelconque ; variable aléatoire réelle lorsque ). Sa loi (ou distribution) est la mesure de probabilité sur l’ensemble dénombrable définie par
Exemple 22.2 (Les lois classiques)
- Bernoulli : , . Indicatrice d’un événement.
- Binomiale : , : nombre de succès dans épreuves de Bernoulli indépendantes (volume Lycée ; redémontrée plus bas via des sommes de variables indépendantes).
- Géométrique : , : rang du premier succès (Exemple 21.5).
- Poisson : , — une mesure de probabilité par la série exponentielle. La loi des événements rares (Chapitre 23).
Remarque 22.3 (Quelle loi modélise quoi)
Les quatre lois répondent à quatre questions primitives : Bernoulli, « est-ce arrivé ? » ; binomiale, « combien de fois en essais ? » ; géométrique, « combien de temps jusqu’à la première fois ? » ; Poisson, « combien d’événements à un taux donné, quand les essais sont nombreux et individuellement peu probables ? ». Reconnaître la question, c’est neuf dixièmes de la modélisation : les sommes d’indicatrices désignent la binomiale, les temps d’attente la géométrique, les comptages d’événements rares la Poisson — le passage de la binomiale à la Poisson étant rendu précis par la loi des événements rares au Chapitre 23.
Proposition 22.4 (Absence de mémoire de la loi géométrique)
Si , alors pour tous :
et les lois géométriques sont les seules lois sur possédant cette propriété.
Démonstration. En sommant les poids géométriques, . Donc
Réciproquement, si vérifie avec , alors par récurrence ; , et ou bien la loi est : . ∎
Exemple 22.5 (Aucun nombre n’est jamais « dû »)
On lance un dé en attendant un six : le temps d’attente est . L’absence de mémoire dit qu’après lancers infructueux, l’attente restante , sachant , est de nouveau : l’attente conditionnelle espérée reste lancers, exactement comme au départ. Le dé ne se souvient pas, et aucun six n’est jamais « dû » — le sophisme du joueur est la croyance que la loi conditionnelle devrait s’être décalée. Réciproquement, la moitié « unicité » de la proposition dit que cette indifférence caractérise les temps d’attente géométriques : tout temps d’attente dont la prévision ne se met jamais à jour est géométrique. Les files d’attente et les durées de vie réelles se mettent généralement à jour, ce qui est précisément la façon de détecter qu’elles ne sont pas géométriques.
22.2 Espérance
Définition 22.6 (Espérance)
Une variable aléatoire réelle sur admet une espérance si la famille est sommable (Chapitre 7) ; son espérance est alors
Théorème 22.7 (Théorème de transfert)
admet une espérance si et seulement si la famille est sommable, et alors
Plus généralement, pour , la variable admet une espérance si et seulement si , et alors .
Démonstration. Partitionnons selon les lignes de niveau , . Par le théorème de sommation par paquets pour les familles sommables (Chapitre 7), la famille est sommable si et seulement si chaque paquet l’est (automatique : ) et si la famille des sommes des paquets est sommable — et alors les sommes totales coïncident. Pour : on applique l’énoncé démontré à la variable , dont les lignes de niveau sont ; une seconde sommation par paquets convertit en , les paquets regroupant désormais les valeurs par leur image , la sommabilité absolue d’une famille étant équivalente à celle de l’autre. ∎
Théorème 22.8 (Propriétés de l’espérance)
Sur l’ensemble des variables aléatoires admettant une espérance :
- (Linéarité) .
- (Positivité et monotonie) ; ; et .
- (Domination) Si et admet une espérance, alors aussi.
Démonstration. Ce sont toutes des propriétés des sommes de familles sommables (Chapitre 7) : linéarité de la somme, positivité terme à terme, et le critère de domination pour la sommabilité. (Notons que la linéarité est immédiate sur la définition sur , alors qu’elle serait malaisée sur la formule de transfert — un bénéfice de définir en amont.) ∎
Exemple 22.9
: en écrivant comme somme d’indicatrices de Bernoulli et en utilisant la linéarité, — sans coefficient binomial. : , en dérivant la série géométrique à l’intérieur de son disque (Chapitre 11). : .
Exemple 22.10 (Le transfert à l’œuvre)
Pour , calculons — la loi de elle-même est malaisée, mais le transfert ne la demande jamais :
Deux leçons. Sur le plan du calcul : reconnaître une série exponentielle décalée est tout le travail — le transfert réduit les espérances de à des manipulations de séries. Sur le plan structurel : la valeur naïve par substitution serait , et la vraie réponse est plus grande,
exactement comme l’exige l’inégalité de Jensen pour la fonction convexe . Les espérances des images convexes se situent au-dessus de la valeur naïve par substitution, et le transfert plus une vérification de série rend concrète l’inégalité abstraite.
Théorème 22.11 (Indépendance et produits)
Deux variables aléatoires sont indépendantes si pour tous — de manière équivalente, les événements et sont indépendants pour tous . Si et sont des variables réelles indépendantes admettant des espérances, alors admet une espérance et
Démonstration. L’équivalence des deux formulations résulte de la sommation de l’identité ponctuelle sur (-additivité deux fois). Pour le produit : la famille double est sommable, car par Fubini pour les familles (Chapitre 7)
par indépendance cette famille est exactement , dont la somme est par transfert appliqué à la variable ; Fubini évalue de nouveau la somme non signée comme le produit . ∎
Exemple 22.12 (Produits, avec et sans indépendance)
On lance deux dés équilibrés. Si est le second dé (indépendant du premier), . Si au contraire (le « produit » d’un dé avec lui-même),
mêmes lois marginales dans les deux scénarios, lois jointes différentes, espérances des produits différentes. La morale, digne d’être gravée : est une fonctionnelle du couple, non des deux marginales — et l’écart est, par König–Huygens, précisément la variance du dé.
22.3 Variance, covariance et les inégalités classiques
Définition 22.13 (Moments, variance)
admet un moment d’ordre 2 si admet une espérance (alors aussi, par domination : ). Sa variance et son écart-type sont alors
(la seconde forme — la formule de König–Huygens — en développant le carré et en utilisant la linéarité :
le terme central utilisant que est une constante). Pour admettant des moments d’ordre deux, la covariance est
Théorème 22.14 (Boîte à outils de la variance)
Pour des variables admettant des moments d’ordre deux :
- ;
, et plus généralement
- si sont indépendantes, (la réciproque est fausse), de sorte que les variances de variables indépendantes s’ajoutent.
Démonstration. 1 et 2 sont des développements de carrés plus la linéarité ; les produits admettent des espérances par Cauchy–Schwarz ci-dessous (ou par ). 3 est le Théorème 22.11 appliqué aux variables centrées. Un contre-exemple standard à la réciproque : uniforme sur et sont non corrélées () mais manifestement dépendantes. ∎
Théorème 22.15 (Inégalités de Markov et de Bienaymé–Tchebychev)
Démonstration. 1. Ponctuellement, (sur l’événement le membre de gauche vaut ; en dehors, ). Prenons les espérances : par monotonie et . 2. Appliquons Markov à la variable positive au niveau : l’événement est exactement . ∎
Exemple 22.16 (Non corrélées mais soudées ensemble)
On lance deux dés équilibrés, et indépendants, et on pose , . Par bilinéarité de la covariance,
somme et différence sont non corrélées. Indépendantes ? Certainement pas : force , tandis que sans conditionnement. La corrélation ne teste que la partie linéaire d’une dépendance ; ici la dépendance est portée par la contrainte que et ont la même parité, invisible à la covariance. (Pour ce couple, une covariance nulle a nécessité : des lois identiques, non l’indépendance, ont fait le travail.)
Exemple 22.17 (Quand Markov est exacte)
L’inégalité de Markov est une égalité précisément lorsque rien n’est gaspillé dans la borne : la variable doit ne prendre que les valeurs et . Concrètement, si et , alors et
Une lecture réaliste : dans une population où la richesse moyenne est et la richesse vaut soit soit , la proportion de millionnaires est exactement — la borne de Markov, atteinte exactement par une inégalité maximale. Chaque fois que s’étale sur des valeurs intermédiaires, la borne est stricte, souvent démesurément ; mais comme le montre le cas extrême, aucune meilleure inégalité ne peut être extraite de la seule moyenne.
Exemple 22.18 (Tchebychev est optimale — sans hypothèses supplémentaires)
Fixons , , et soit prenant les valeurs avec probabilité chacune et avec probabilité . Alors , , et
égalité dans Tchebychev. Ainsi l’inégalité ne peut être améliorée en utilisant seulement la variance — la décroissance en est le prix exact de l’information d’ordre deux. Une décroissance plus rapide requiert des hypothèses plus fortes : le caractère borné de la variable achète une concentration exponentielle, comme l’Exercice 22.7 le laisse entrevoir et comme le problème du week-end de ce chapitre le développe systématiquement.
Théorème 22.19 (Cauchy–Schwarz et Jensen)
- (Cauchy–Schwarz) Si admettent des moments d’ordre deux, admet une espérance et ; par conséquent .
(Jensen) Si est convexe sur un intervalle contenant , et si , admettent des espérances, alors
Démonstration. 1. Sommabilité de : . L’application est une forme bilinéaire symétrique positive sur l’espace des variables admettant des moments d’ordre deux, de sorte que l’inégalité de Cauchy–Schwarz abstraite du Chapitre 12 s’applique (positive semi-définie suffit pour l’inégalité). En l’appliquant aux variables centrées, on obtient la borne sur la covariance.
2. D’abord, appartient à : est un intervalle contenant toutes les valeurs de , et l’espérance est monotone, donc est compris entre et . Par le théorème de la droite d’appui pour les fonctions convexes (Chapitre 8), il existe tels que pour tout et . Alors, ponctuellement sur , ; en prenant les espérances,
∎
Exemple 22.20
Jensen avec donne — la positivité de la variance ; avec sur : — la moyenne harmonique est en dessous de la moyenne arithmétique, désormais sous forme aléatoire.
Remarque 22.21 (Pièges courants)
(i) requiert l’indépendance (ou au moins une covariance nulle) : en prenant on obtient dès que . (ii) De même , non : les variances ne s’ajoutent qu’entre termes indépendants (ou non corrélés). (iii) n’est pas ; pour convexe, Jensen vous indique même la direction de l’erreur, comme à l’Exemple 22.10. (iv) L’existence est une véritable hypothèse : pour la variable de Saint-Pétersbourg avec (),
est finie presque sûrement mais n’admet aucune espérance, et aucun prix d’entrée équitable pour le jeu n’existe. La sommabilité dans la définition de n’est pas un pédantisme de comptabilité — c’est là que les queues lourdes sont détectées. (v) Enfin, le théorème de transfert exige la sommabilité absolue avant tout réarrangement de la somme sur les valeurs (Chapitre 7).
Exemple 22.22 (Tchebychev sur cent lancers)
Pour : , . Tchebychev avec :
tandis que la somme binomiale exacte donne . Les garantis sont loin de la vérité, mais ils n’ont requis que la moyenne et la variance — le même certificat s’applique mot pour mot à toute variable de , , aussi exotique soit-elle, et l’Exemple 22.18 montre qu’une telle variable la sature. L’universalité a un prix ; lorsque la loi est authentiquement binomiale, les outils exponentiels du problème du week-end comblent l’essentiel de l’écart.
Exemple 22.23 (La corrélation d’une partie avec son tout)
Pour indépendantes de même loi, de variance , à quel point un terme est-il corrélé avec la somme ? Calculons
de sorte que le coefficient de corrélation est
quelle que soit la loi commune — dés, pièces, comptages de Poisson. Avec termes le même calcul donne : l’influence de chaque terme individuel sur le total se dilue comme une racine carrée, ce qui est l’ombre corrélationnelle de l’échelle des fluctuations. Cauchy–Schwarz garantit toujours ; ici la borne est atteinte exactement dans le cas dégénéré et décroît de façon prévisible ensuite.
Exemple 22.24 (Inégalité arithmético-géométrique pondérée à partir de Jensen)
Soit prenant les valeurs positives avec probabilités . La fonction est convexe sur , donc Jensen donne , c’est-à-dire
l’inégalité arithmético-géométrique pondérée, avec égalité si et seulement si est constante. Des poids égaux redonnent l’inégalité arithmético-géométrique classique. La probabilité a discrètement démontré un théorème purement algébrique : choisir une loi de probabilité est juste un procédé comptable pour les combinaisons convexes — le point de vue barycentrique du Chapitre 17 une fois de plus, désormais avec Jensen pour moteur.
22.4 La loi faible des grands nombres
Théorème 22.25 (Loi faible des grands nombres)
Soit des variables aléatoires deux à deux indépendantes de même loi, admettant un moment d’ordre deux ; posons et . Alors pour tout :
Démonstration. Par linéarité ; par le Théorème 22.14 (l’indépendance deux à deux annule les covariances) , donc . L’inégalité de Tchebychev appliquée à donne la borne. ∎
Remarque 22.26
C’est le théorème qui relie la probabilité à la fréquence : pour l’indicatrice d’un événement dans des répétitions indépendantes, est la fréquence observée de , et la loi des grands nombres dit qu’elle se concentre autour de au taux . La loi forte ( presque sûrement) est un théorème de la troisième année — sa preuve pour les moments d’ordre quatre est cependant à portée : voir l’Exercice 22.9, qui déroule Borel–Cantelli sur la borne de type Tchebychev. La même estimation de Tchebychev a alimenté la preuve par polynômes de Bernstein du théorème d’approximation de Weierstrass au Chapitre 10 — le lemme de comptage là-bas était la loi faible des grands nombres déguisée.
Exemple 22.27 (Collectionner cinquante vignettes)
Le collectionneur de vignettes de l’Exercice 22.3 avec jouets distincts : le total espéré est
boîtes — quatre fois et demie l’estimation naïve . La croissance harmonique est toute l’histoire : les premiers jouets arrivent en environ boîtes, tandis que le dernier jouet à lui seul coûte boîtes en moyenne (une attente géométrique de paramètre ). Les problèmes de complétion sont dominés par leur fin de partie, ce qui explique pourquoi l’Exercice 22.12 trouve des fluctuations d’ordre — la taille de cette attente géométrique finale — autour de la moyenne .
Exemple 22.28 (Quelle taille doit avoir ?)
Pour fixer la fréquence observée à près de avec une confiance de , la borne de Tchebychev exige
La dépendance est brutale en (quadratique) et douce en la confiance (linéaire en ). Ces deux caractéristiques sont des propriétés de la borne, non de la vérité : les inégalités exponentielles du problème du week-end abaissent le prix de la confiance de à — la même spécification coûtera environ échantillons là-bas — tandis que l’échelle est authentique et inaméliorable. Savoir quelle partie d’une borne est lâche est aussi utile que la borne elle-même.
Remarque 22.29 (Perspectives au sein de ce volume)
En aval, tout ce qui précède alimente le Chapitre 23 : l’espérance d’une fonction astucieuse de condense la loi entière en une série entière, les moments deviennent des dérivées en , et des identités de type Wald pour les sommes aléatoires portent la théorie des processus de branchement ; le théorème du produit pour les variables indépendantes devient la multiplicativité des fonctions génératrices. En amont, l’espérance est un barycentre à poids de probabilité (Chapitre 17), l’inégalité de Jensen est la géométrie de la droite d’appui des fonctions convexes (Chapitre 8), et la méthode des moments exponentiels du problème du week-end de ce chapitre est Markov appliquée à — une inégalité, améliorée par un bon changement de variable, couvrant trois chapitres.
22.5 Exercices
Exercice 22.1 ★
Calculer et pour (via des indicatrices), (montrer ), et (montrer ; utiliser et la dérivée seconde de la série géométrique).
Solution
Solution de Exercice 22.1.
Binomiale : avec des de Bernoulli indépendantes ; , et les variances de variables indépendantes s’ajoutent (Théorème 22.14) :
Poisson : , donc
Géométrique () : en dérivant deux fois à l’intérieur du disque (Chapitre 11), , donc
Exercice 22.2 ★
Soient et indépendantes. Montrer que (convolution des poids ; formule du binôme), et que la loi conditionnelle de sachant est binomiale .
Exercice 22.3 ★
(Collectionneur de vignettes, espérance) Une marque de céréales cache l’un de jouets distincts, uniformément, dans chaque boîte. Soit le nombre de boîtes nécessaires pour collectionner les jouets. En écrivant comme une somme de variables géométriques indépendantes (temps pour voir un nouveau jouet quand manquent encore), montrer
(équivalent par la comparaison série–intégrale du Chapitre 6).
Solution
Solution de Exercice 22.3.
Lorsque jouets manquent encore, chaque nouvelle boîte apporte un nouveau jouet avec probabilité , indépendamment du passé : le temps d’attente du prochain nouveau jouet est géométrique , avec , et (la première boîte donne toujours un nouveau jouet : , cohérent avec ). Par linéarité,
en utilisant (Chapitre 6). Collectionner les derniers jouets est ce qui coûte : la moitié des boîtes va à la dernière poignée.
Exercice 22.4 ★★
Soit à valeurs entières. Démontrer la formule des queues
(lorsque l’un des deux membres est fini), en écrivant et en échangeant les sommations (Fubini pour les familles positives). Retrouver pour la loi géométrique.
Solution
Solution de Exercice 22.4.
Ponctuellement, . La famille double est positive, donc Fubini pour les familles (Chapitre 7) s’applique inconditionnellement : en sommant d’abord en on obtient , en sommant d’abord en on obtient ; les deux sont simultanément finies et égales. Pour : (), donc .
Exercice 22.5 ★★
(L’échantillonnage sans remise est plus concentré) Une urne contient boules, dont blanches. On tire boules sans remise et soit le nombre de blanches (loi hypergéométrique). En utilisant les indicatrices avec le -ème tirage : montrer que chaque est de Bernoulli de paramètre (symétrie !), en déduire exactement comme avec remise, et montrer pour , d’où .
Solution
Solution de Exercice 22.5.
Symétrie : la -ème boule tirée est une boule uniformément aléatoire de l’urne (chacune des boules a la même probabilité d’atterrir en position de l’ordre de tirage), donc et par linéarité — aucune indépendance nécessaire.
Covariance : pour , (les couples ordonnés de positions distinctes reçoivent un couple ordonné de boules distinctes, uniformément). Donc
tirer une boule blanche raréfie les blanches pour les autres tirages. Par le Théorème 22.14,
l’échantillonnage sans remise a la même moyenne mais une variance plus petite qu’avec remise (égalité seulement pour ), les corrélations négatives agissant comme un stabilisateur. Pour la variance s’annule : le comptage est alors déterministe.
Exercice 22.6 ★★
Soit admettant un moment d’ordre deux. Montrer que est minimale exactement en , de minimum . Puis montrer que si et seulement si . (Pour le second point : si , utiliser Tchebychev avec et la continuité monotone, Théorème 21.6.)
Solution
Solution de Exercice 22.6.
En développant autour de :
minimale exactement en de valeur — l’espérance est le meilleur prédicteur constant en moyenne quadratique.
Si alors s’annule avec probabilité , donc (la famille définissante a des termes nuls sauf sur un ensemble négligeable). Réciproquement, si , Tchebychev (Théorème 22.15) donne pour tout ; les événements croissent vers , donc la continuité monotone (Théorème 21.6) donne .
Exercice 22.7 ★★★
(La concentration bat Markov) Soit (nombre de piles en lancers équilibrés). Comparer les bornes données par Markov (), par Tchebychev, et par la méthode exponentielle (Chernoff) :
et optimiser pour obtenir une borne exponentiellement petite. (En : borne .)
Solution
Solution de Exercice 22.7.
et . Markov : — une borne constante, inutile pour grand. Tchebychev : l’événement implique , donc la probabilité est — décroît, mais seulement polynomialement. Chernoff : par indépendance, , et Markov appliquée à donne, pour tout ,
Minimisons l’exposant : en , c’est-à-dire , donnant
exponentiellement petite. La hiérarchie Markov Tchebychev Chernoff est l’échelle standard : chaque barreau applique Markov à une fonction de la variable à croissance plus rapide.
Exercice 22.8 ★★★
(Weierstrass à nouveau, de façon probabiliste) Soit continue et . Montrer que le polynôme de Bernstein vaut , et redémontrer l’estimation du Chapitre 10 dans ce langage probabiliste (découper selon et utiliser Tchebychev).
Solution
Solution de Exercice 22.8.
Par le théorème de transfert (Théorème 22.7) appliqué à avec :
Fixons et découpons selon l’événement : en dehors de , la différence est au plus le module de continuité ; sur , au plus . En prenant les espérances et en utilisant Tchebychev avec :
La continuité uniforme de sur rend : choisir puis , et uniformément — le théorème d’approximation de Weierstrass du Chapitre 10, dont le « lemme de comptage » est désormais reconnaissable comme l’inégalité de Tchebychev pour la loi binomiale.
Exercice 22.9 ★★★
(Loi forte sous moments d’ordre quatre) Soit indépendantes, identiquement distribuées, centrées (), avec . En développant et en dénombrant les termes survivants (seuls les termes et , ), montrer pour une constante . En déduire pour tout (Markov à l’ordre 4) et conclure avec Borel–Cantelli (Théorème 21.25) que presque sûrement selon une formulation adéquate : l’événement a pour probabilité .
Solution
Solution de Exercice 22.9.
Développons et prenons les espérances. Par indépendance et centrage, tout terme contenant un indice apparaissant exactement une fois s’annule ( se factorise). Termes survivants : les termes diagonaux , et les termes appariant deux paires d’indices égaux, pour , apparaissant fois : choisir la paire non ordonnée de valeurs ( façons), puis les façons de les placer dans les quatre emplacements — . Donc, avec (Jensen ou Cauchy–Schwarz),
Markov à l’ordre 4 :
une série sommable. Par Borel–Cantelli 1 (Théorème 21.25), pour chaque l’événement a pour probabilité , donc par sous-additivité dénombrable. Sur le complémentaire — de probabilité — pour tout il existe tel que pour tout : précisément . La loi forte des grands nombres est vraie sous un moment d’ordre quatre ; en retirer cette hypothèse (théorème de Kolmogorov) relève de la troisième année.
Exercice 22.10 ★
On lance deux dés équilibrés ; soit le plus grand des deux résultats. En utilisant la formule des queues de l’Exercice 22.4 (version finie), montrer
Solution
Solution de Exercice 22.10.
(les deux dés valent au plus , indépendamment), donc et
confortablement au-dessus de la moyenne d’un seul dé, comme un maximum se doit de l’être.
Exercice 22.11 ★★
Soit le nombre de points fixes d’une permutation uniformément aléatoire de (). En écrivant , calculer , pour , et conclure : en moyenne une lettre est fixée, avec une variance exactement égale à , quel que soit .
Solution
Solution de Exercice 22.11.
Avec : , donc . Pour : , d’où
Par la boîte à outils de la variance (Théorème 22.14),
Moyenne , variance , indépendantes de — cohérent avec la limite de Poisson du problème des rencontres (Exercice 21.5).
Exercice 22.12 ★★★
(Collectionneur de vignettes, concentration) Dans le cadre de l’Exercice 22.3, montrer
en utilisant l’indépendance des étapes géométriques et (Exercice 22.1 ; la valeur est l’Exemple 14.12). En déduire avec Tchebychev que en probabilité : le temps total du collectionneur est à des fluctuations d’ordre près.
Solution
Solution de Exercice 22.12.
où est le temps pour voir un nouveau jouet quand manquent, les étapes étant indépendantes. Donc
par l’Exemple 14.12. Avec , (Exercice 22.3), Tchebychev donne, pour ,
Puisque , diviser par montre que en probabilité : les fluctuations de sont d’ordre , négligeables devant la moyenne .
22.6 Problème : la boîte à outils de la concentration, de Markov à Hoeffding
Problème 22.1
Problème du week-end — la concentration exponentielle à la main, et combien de personnes un sondage doit interroger
L’inégalité de Markov coûte un moment et achète une décroissance en ; Tchebychev coûte deux moments et achète — et l’Exemple 22.18 montre que c’est tout ce que ces moments peuvent acheter. Ce problème gravit le reste de l’échelle : la méthode exponentielle (Chernoff) avec son taux exact pour les lancers de pièce, l’inégalité de Hoeffding pour toutes les variables bornées, et le gain — des tailles d’échantillon explicites et honnêtes pour les sondages, les annonces d’élections et les tests de pièce. Tout au long, est une somme de variables de Bernoulli indépendantes et la fréquence empirique.
Partie I — Calibrage sur la pièce équilibrée. Ici et .
- Markov au niveau : montrer , une borne qui ne tend même pas vers . Où Markov perd-il autant ?
Tchebychev : en utilisant la symétrie de la binomiale équilibrée autour de , montrer
c’est-à-dire en : une décroissance polynomiale enfin.
(Chernoff, niveau général) Calculer et optimiser sur : montrer que le optimal est et
Vérifier que redonne la borne de l’Exercice 22.7.
(L’exposant est exact) Soit un entier. À partir du fait que est le plus grand des termes d’une loi de probabilité, démontrer avec , et en déduire la borne inférieure correspondante
- Tabuler les trois bornes en , : Markov , Tchebychev , Chernoff (la vraie valeur est ). Morale, en une phrase ?
Partie II — L’inégalité de Hoeffding.
(Cas de Rademacher) Pour avec probabilité chacune, démontrer
en comparant les deux séries terme à terme ().
En déduire, pour des variables de Rademacher indépendantes et tout :
- Traduire pour des pièces équilibrées () : , et la version bilatérale avec un facteur .
(Lemme de Hoeffding) Soit avec , et . Justifier que est deux fois dérivable avec
une variance d’une variable repondérée prenant toujours ses valeurs dans ; la borner par (argument de minimalité de l’Exercice 22.6) et conclure par Taylor :
(Inégalité de Hoeffding) Pour des indépendantes de moyenne commune , en déduire
- Comparer le taux de Tchebychev avec celui de Hoeffding : quelle hypothèse chacun requiert-il, et à partir de quel (approximativement) la borne exponentielle l’emporte-t-elle en , ?
Partie III — Combien de personnes un sondage doit-il interroger ? Un sondage interroge électeurs indépendants, choisis uniformément ; chacun répond honnêtement ; est le vrai score, le chiffre du sondage.
Montrer que le sondage est précis à près avec confiance (c’est-à-dire ) dès que
- Calculer le requis pour la spécification standard « trois points, quatre-vingt-quinze pour cent » (, ) : ; et pour un point : . Observer — et expliquer — le fait frappant que la réponse ne fait pas intervenir la taille de la population.
- Refaire la question 13 avec Tchebychev () : à trois points. Noter que l’échantillonnage sans remise ne fait qu’aider (Exercice 22.5 : la variance se réduit d’un facteur ).
- (Annoncer une élection) Le vrai score d’un candidat est . Combien d’électeurs doit-on sonder pour que ? Montrer — annoncer une course serrée coûte bien plus que d’estimer un score.
- Ce que les mathématiques ne couvrent pas : énumérer les hypothèses de modélisation utilisées (échantillonnage uniforme indépendant, réponses honnêtes, fixe), et expliquer en un court paragraphe pourquoi les erreurs réelles de sondage sont dominées par le biais (échantillonnage non uniforme, non-réponse), qu’aucune augmentation de ne réduit.
Partie IV — Plus fin et moins cher.
(Médiane des moyennes : décroissance exponentielle à partir de deux moments) Répartir un budget de échantillons en groupes indépendants de ; soient les moyennes de groupe et leur médiane. Choisir pour que chaque groupe satisfasse (Tchebychev : suffit). Montrer que si alors au moins groupes se trompent, et en déduire
une concentration exponentielle n’utilisant rien de plus que des variances.
- (Paley–Zygmund) Pour admettant un moment d’ordre deux, démontrer (Cauchy–Schwarz sur ) : l’outil de sens inverse — les moments peuvent aussi forcer des événements à se produire.
- (Pinsker allégée) Montrer sur (la différence s’annule à l’ordre deux en et sa dérivée seconde est ) : l’exposant exact de Chernoff bat toujours celui, quadratique, de Hoeffding.
- Développer et combiner avec la question 4 : pour de petites déviations l’exposant de Hoeffding est asymptotiquement exact — aucune méthode ne peut le battre de plus que des facteurs polynomiaux.
- Dresser le tableau de la boîte à outils : pour Markov, Tchebychev, la borne d’ordre quatre de l’Exercice 22.9, Hoeffding, et Chernoff avec exposant , énoncer en une ligne chacun : hypothèse requise, décroissance obtenue, et la question de ce problème où elle a été la plus fine.
Partie V — Dividendes.
- (Tester une pièce) Une pièce est soit équilibrée, soit biaisée avec . On la lance fois et on déclare « biaisée » quand . Montrer que les deux probabilités d’erreur sont au plus , et que lancers garantissent qu’elles sont toutes deux sous .
- (Les événements rares ont besoin d’une borne consciente de la variance) Soit et prenons la spécification relative , . Comparer les tailles d’échantillon exigées par Hoeffding () et par Tchebychev avec la vraie variance () : la borne exponentielle aveugle à la variance perd face au humble moment d’ordre deux. Énoncer la morale, et d’où viendra l’outil manquant (une borne exponentielle consciente de la variance ; l’approximation de Poisson du Chapitre 23).
- (Loi forte pour les pièces) À partir de et de Borel–Cantelli (Théorème 21.25), démontrer que presque sûrement pour des lancers de pièce indépendants : formuler l’événement presque sûr comme comme à l’Exercice 22.9, et conclure. (Le caractère borné remplace le moment d’ordre quatre utilisé là-bas.)
- Synthèse. En cinq phrases : ce que chaque barreau de l’échelle (moments un, deux, quatre ; exponentielle bornée ; exposant exact) coûte et achète ; pourquoi sonder personnes suffit pour un pays de n’importe quelle taille ; et laquelle de ces bornes le volume de troisième année affinera en les constantes exactes du théorème central limite.
Solution
Solution de Problème 22.1.
1. et Markov (Théorème 22.15) donnent . Markov ne connaît que la moyenne : il ne peut distinguer une variable concentrée en d’une variable étalée entre et , de sorte qu’il tarife la queue comme si toute la masse pouvait s’y trouver.
2. La binomiale équilibrée est symétrique autour de ( et ont la même loi), donc avec les deux événements et sont disjoints et équiprobables : . Tchebychev avec :
soit en .
3. Par indépendance et le théorème du produit, . Markov appliquée à :
La dérivée de l’exposant en est , s’annulant en , c’est-à-dire ; là et l’exposant vaut
avec et sur : . En : , la borne de l’Exercice 22.7.
4. Les nombres somment à , et le plus grand est celui en (le mode de est ici). Un maximum de nombres sommant à vaut au moins :
Donc : à un facteur polynomial près, l’exposant de Chernoff est la vérité.
5. , : Markov ; Tchebychev ; Chernoff , contre l’exact . Morale : chaque moment d’information divise la borne polynomialement ; le moment exponentiel change sa nature.
6. et ; la propriété résulte terme à terme de , qui est vraie par récurrence : .
7. Par indépendance, , donc Markov donne ; en minimisant en on obtient .
8. Avec , , donc et la question 7 donne la borne . L’événement symétrique a la même borne, d’où le facteur pour .
9. est une série de fonctions lisses de dont les dérivées terme à terme sont dominées, sur tout intervalle compact en , par (car ) : par le théorème de dérivation pour les séries normalement convergentes (Théorème 10.7) elle est deux fois dérivable, et la règle du quotient donne et , où est l’espérance pour les poids repondérés — positifs, sommant à , portés par les mêmes valeurs . Une variance d’une variable à valeurs dans est au plus : par l’Exercice 22.6, elle vaut . Taylor avec reste intégral, en utilisant , :
c’est-à-dire pour tout réel.
10. Par indépendance, ; Markov et l’optimisation donnent
en appliquant ceci aux variables (également dans ) on borne l’autre queue, d’où le bilatéral.
11. Tchebychev ne requiert qu’un moment d’ordre deux et donne ; Hoeffding requiert le caractère borné et donne . En , : les bornes sont (approximativement) contre ; elles se croisent vers , après quoi la borne exponentielle l’emporte, et démesurément ( : contre ).
12. Par Hoeffding (question 10), dès que , c’est-à-dire .
13. , : : personnes. Pour : . La taille de la population n’apparaît jamais parce que chaque électeur échantillonné est modélisé comme un nouveau tirage Bernoulli : la difficulté du sondage est la variance d’une pièce, non la taille du pays. Diviser la marge par deux coûte quatre fois l’échantillon — la loi en .
14. Tchebychev : pour , c’est-à-dire à trois points — environ fois l’exigence de Hoeffding. Sans remise, la variance est multipliée par (Exercice 22.5), donc le même ne peut que faire mieux : le calcul avec remise est le conservateur.
15. , donc par la borne de Hoeffding unilatérale dès que : électeurs. Le coût varie comme l’inverse du carré de l’avance, non de la précision désirée : les courses serrées sont chères.
16. Utilisé : l’échantillon est tiré uniformément et indépendamment de l’électorat ; toute personne échantillonnée répond, honnêtement, et ne bouge pas pendant le sondage. Les vrais sondages violent les trois : les répondants joignables et disposés ne sont pas un échantillon uniforme (biais de sélection et de non-réponse), et les réponses peuvent être mensongères ou instables. Ce sont des erreurs de biais : elles décalent loin de d’une quantité indépendante de , de sorte qu’aucune taille d’échantillon ne les réduit — les mathématiques de cette partie ne contrôlent que le terme de fluctuation.
17. Tchebychev pour un groupe de taille : pour . Si moins de groupes se trompent, alors plus de des valeurs se situent dans l’intervalle ouvert , et leur médiane aussi ; donc force au moins erreurs parmi groupes indépendants. La borne de l’union sur les ensembles possibles de groupes fautifs donne
décroissance exponentielle en le nombre de groupes, achetée avec rien d’autre que des variances — utile précisément quand les termes sont non bornés et que Hoeffding est indisponible.
18. Cauchy–Schwarz (Théorème 22.19) :
élever au carré et diviser.
19. Soit . Alors , s’annule en , et
puisque . Donc croît depuis sur , d’où et : .
20. , donne , et (la fonction est symétrique autour de ), donc . La question 4 borne alors la vraie queue en dessous par : pour petit l’exposant de Hoeffding est asymptotiquement exact — seules des améliorations polynomiales en sont possibles.
21. Markov : un moment, décroissance , utile seulement comme moteur derrière les autres (la question 1 le montre plat). Tchebychev : deux moments, décroissance , optimale sans hypothèses supplémentaires (Exemple 22.18), et le meilleur outil à la question 23. Moment d’ordre quatre (Exercice 22.9) : décroissance , juste assez de sommabilité pour une loi forte. Hoeffding : variables bornées, décroissance , le cheval de trait de la partie III. Chernoff avec le taux exact : moments exponentiels complets, exposant imbattable (questions 4, 20), le point de référence pour tout le reste.
22. Si la pièce est équilibrée : . Si : . Les deux erreurs sont sous lorsque , c’est-à-dire : lancers. (Distinguer des hypothèses distantes de points coûte ce qu’estimer à points coûte.)
23. Hoeffding : . Tchebychev avec la vraie variance : — neuf fois moins cher. L’exposant de Hoeffding tarife la variance à son pire cas , absurdement pessimiste quand ; le humble moment d’ordre deux sait mieux. L’outil manquant est une borne exponentielle consciente de la variance (inégalité de Bernstein, troisième année) — ou, pour les événements rares, l’approximation de Poisson démontrée au Chapitre 23, qui opère sur l’échelle relative naturelle.
24. Fixons : (série de type géométrique), donc Borel–Cantelli 1 (Théorème 21.25) donne , c’est-à-dire l’événement a pour probabilité pour chaque . L’intersection dénombrable a encore probabilité (sous-additivité sur les complémentaires), et dessus : la loi forte des grands nombres pour les lancers de pièce, le caractère borné jouant le rôle que le moment d’ordre quatre a joué à l’Exercice 22.9.
25. Un moment achète une borne plate ; deux achètent , et rien de plus (l’exemple d’optimalité) ; quatre achètent , assez pour se télescoper en une loi presque sûre ; le caractère borné achète ; et le moment exponentiel complet achète le taux exact , qu’aucune méthode ne bat. Sonder personnes suffit pour n’importe quel pays parce que la fluctuation de l’échantillon est régie par la variance de la pièce, non par la taille de la population — les étiquettes de prix en et sont universelles. Le théorème central limite du volume de troisième année remplace ces inégalités, sur l’échelle , par une loi limite exacte à constantes explicites — transformant chaque borne de ce problème en une égalité asymptotique.