Mathématiques universitaires — Licence 3 · Bachelor Year 3
17Séries de Laurent et théorème des résidus
Que devient une fonction holomorphe près d’un point où elle n’est pas définie ? La réponse est une trichotomie complète — point éliminable, pôle, ou singularité essentielle — lue sur une série entière à deux côtés, le développement de Laurent. Un coefficient de ce développement, le résidu, contrôle toute intégrale de contour autour de la singularité : le théorème des résidus convertit des intégrales définies difficiles en algèbre finie, compte les zéros des fonctions (principe de l’argument, Rouché), et prouve le théorème de l’application ouverte. Nous commençons par remonter le théorème de Cauchy des domaines étoilés à sa forme définitive, sans homologie — l’élégant argument de Dixon — de sorte que tous les contours d’indice zéro autour du complémentaire deviennent disponibles.
17.1 Le théorème de Cauchy global
Un cycle est une somme formelle finie de chemins fermés ; les intégrales et indices le long de sont les sommes correspondantes, et .
Théorème 17.1 (Cauchy, forme globale)
Soit ouvert, , et un cycle dans tel que
Alors, pour tout ,
Preuve (Dixon). Définir par
est continue : hors de la diagonale, clair. Près d’un point diagonal , développer en série entière en (le Théorème 16.10) : , et diviser chaque terme par (factorisation de ) donne, pour ,
valable aussi sur la diagonale (chaque somme intérieure devient , sommant à ). Pour petit la série converge uniformément sur (, sommable dans le rayon) : la somme est continue.
Poser sur : continue (continuité uniforme de sur les compacts), et holomorphe — par Morera (critère du Théorème 16.15) : pour un triangle , Fubini donne , l’intégrale intérieure s’annulant car est holomorphe sur (en la singularité est éliminable : est continue là et holomorphe ailleurs — l’argument d’extension de la preuve du Théorème 16.9).
Sur l’ouvert , définir : holomorphe sur (Morera ou dérivation sous l’intégrale). Pour :
Par hypothèse (), donc et se collent en une fonction entière . Comme la composante non bornée du complémentaire de est dans et quand (borne ML), est bornée et tend vers : Liouville (le Corollaire 16.12) donne . Ainsi sur , ce qui est la formule intégrale. En l’appliquant, pour fixe, à en :
∎
17.2 Séries de Laurent et singularités isolées
Théorème 17.2 (Développement de Laurent)
Soit holomorphe sur l’anneau (). Alors
pour tout (indépendant de ), les deux demi-séries convergeant normalement sur les sous-anneaux compacts. Le développement est unique.
Démonstration. Fixer et poser (extérieur trigonométrique, intérieur horaire) : un cycle dans avec pour tout (points dans le petit disque : ; hors du grand : ). Par le Théorème 17.1, donne
Développer le premier noyau comme dans le Théorème 16.10 (puissances de , module ) : la partie non négative . Dans le second, développer l’autre sens : , normalement convergente sur : la partie négative avec les coefficients indiqués (indice ). Indépendance de : les intégrales de coefficients sur et diffèrent d’une sur un cycle d’indice nul de la fonction holomorphe dans : zéro, par le Théorème 17.1 encore. Unicité : intégrer contre sur terme à terme (convergence normale) : seul survit. ∎
Définition 17.3
Si est holomorphe sur un disque percé , développer par Laurent (). Trois cas exclusifs :
- tous les pour : singularité éliminable (la série non négative étend holomorphiquement en ) ;
- pour un nombre fini, au moins un, : un pôle d’ordre ; de façon équivalente , holomorphe, ; de façon équivalente quand ;
- infiniment beaucoup de négatifs : singularité essentielle.
Le résidu est . Une fonction holomorphe sur moins un ensemble de pôles est méromorphe sur .
Théorème 17.4 (Riemann ; Casorati–Weierstrass)
Soit holomorphe sur .
- (Riemann) Si est bornée près de , la singularité est éliminable.
- (Casorati–Weierstrass) Si est essentielle, alors est dense dans pour tout .
Démonstration. (1) Pour et : par ML sur : (car ) : tous les coefficients négatifs s’annulent. (2) Si une valeur n’était pas approchée : près de , donc est holomorphe et bornée près de : éliminable (1), s’étend avec valeur . Si , est bornée près de : éliminable — exclu. Si , a un zéro d’ordre fini en (le Théorème 16.13 ; ), et a un pôle d’ordre : exclu encore. ∎
17.3 Le théorème des résidus
Théorème 17.5 (Théorème des résidus)
Soit ouvert, fini, , et un cycle dans avec pour tout . Alors
Démonstration. Pour chaque , soit la partie principale de en : une série convergeant sur (son rayon en est infini : la queue de Laurent converge pour tout petit, donc, étant une série entière en , partout), et holomorphe là. Alors a des singularités éliminables en chaque point de (son développement de Laurent en n’a pas de partie négative : les autres sont holomorphes en ), donc s’étend holomorphiquement à , et le Théorème 17.1 donne . Il reste à intégrer chaque : terme à terme (convergence normale sur le compact , qui évite ),
donc . Sommer sur . ∎
Méthode 17.6 (Calcul des résidus)
Pôle simple : ; pour avec , , : . Pôle d’ordre : . Singularités essentielles : développer et lire (p. ex. à partir de séries connues). Toujours vérifier quels pôles le contour encercle réellement, et avec quel indice.
Exemple 17.7 (Les quatre types classiques d’intégrales)
(a) Rationnelle sur : pour , fermer avec un grand demi-cercle dans le demi-plan supérieur : l’intégrande est là, donc (ML), et le théorème des résidus avec les pôles (simples, résidus en un pôle) donne
(b) Type Fourier : pour , — le demi-cercle supérieur marche car là ; en prenant les parties réelles : , réglant la formule admise de l’Exercice 10.10. (c) Trigonométrique sur une période : substituer , , : () devient un comptage de résidus dans le cercle unité (l’Exercice 17.2). (d) Séries : apparier avec , dont les pôles sont les entiers de résidu : le problème de week-end somme et ainsi.
17.4 Le principe de l’argument et le théorème de Rouché
Théorème 17.8 (Principe de l’argument)
Soit méromorphe sur , avec zéros (ordres ) et pôles (ordres ), et un chemin fermé dans les évitant tous, avec hors de . Alors
(un nombre fini de termes sont non nuls). Pour un contour simple trigonométrique, l’intégrale compte les zéros moins les pôles à l’intérieur, avec multiplicité — et égale le nombre de tours du chemin image autour de .
Démonstration. Près d’un zéro d’ordre : , , donc avec le second terme holomorphe près de : un pôle simple de résidu . Près d’un pôle d’ordre : donne le résidu . Ailleurs est holomorphe. (Les zéros et pôles d’indice non nul sont dans une région compacte encerclée par ; par le théorème d’identité ils y sont en nombre fini, .) Appliquer le Théorème 17.5. La dernière remarque : (substituer ). ∎
Théorème 17.9 (Rouché)
Soient holomorphes sur , et un chemin fermé avec , zéro hors de (un contour simple). Si
alors et ont le même nombre de zéros (avec multiplicité) dans la région .
Démonstration. Pour , n’a pas de zéro sur (), donc
est bien défini ; il compte les zéros dans la région encerclée (le Théorème 17.8 ; pas de pôles). est continue en (l’intégrande est conjointement continue, les dénominateurs uniformément minorés — convergence dominée) et à valeurs entières : constante. . ∎
Corollaire 17.10 (Théorème de l’application ouverte)
Une fonction holomorphe non constante sur un ouvert connexe est une application ouverte. En particulier (encore) le principe du maximum vaut, et une bijection holomorphe a une inverse holomorphe.
Démonstration. Soit ; a un zéro d’ordre fini en (théorème d’identité : ). Choisir avec sans zéro sur (zéros isolés) et soit . Pour : sur le cercle, , donc Rouché ( contre la constante ) dit que a exactement zéros dans : tout tel est atteint — : ouvert. Principe du maximum : un maximum intérieur de est impossible pour non constante, son image autour de contenant des points de plus grand module. Inverse : une bijection holomorphe est ouverte, donc est continue ; le zéro de en est simple ( donnerait préimages de valeurs proches — distinctes, car ne s’annule qu’en des points isolés, donc près de les zéros de sont simples et distincts pour générique petit : contradiction avec l’injectivité) ; alors et le quotient différentiel de converge : . ∎
17.5 Exercices
Exercice 17.1 ★
Classer la singularité en et calculer le résidu :
Donner aussi le résidu du troisième en et du dernier en .
Exercice 17.2 ★
Pour calculer, via :
Vérifier les comportements limites et .
Solution
Solution de Exercice 17.2.
Avec , , :
Les racines satisfont avec ; le résidu en est , donc l’intégrale vaut . Quand elle explose (l’intégrande pique en ) ; quand elle se comporte comme , en accord avec .
Exercice 17.3 ★★
Calculer avec des contours en demi-cercle, en justifiant les estimations d’arc :
Solution
Solution de Exercice 17.3.
Première intégrale : pôles supérieurs de en ; en chacun, , et prend les valeurs : somme des résidus . L’arc est :
Seconde : pôle double en de :
cohérent avec l’Exercice 14.3(b).
Exercice 17.4 ★★
Prouver, pour et :
et en déduire la transformée de Fourier de par inversion — en comparant avec l’Exercice 14.1.
Solution
Solution de Exercice 17.4.
Fermer dans le demi-plan supérieur () : là , donc l’arc contribue . L’unique pôle enclos est simple de résidu :
(partie réelle ; pair en ). C’est la contrepartie d’inversion de (l’Exercice 14.1) : les deux calculs se confirment mutuellement via le Théorème 14.5.
Exercice 17.5 ★★
Développer en série de Laurent dans chacune des trois régions , , . Pourquoi les trois développements diffèrent-ils ? Expliquer pourquoi le coefficient de dans les second et troisième développements n’est pas un résidu de en ( n’a pas de singularité là), et calculer les vrais résidus de , en et en .
Solution
Solution de Exercice 17.5.
Éléments simples : . Sur (Taylor) : . Sur : et : une véritable série à deux côtés. Sur : . Les trois diffèrent car les développements de Laurent sont attachés à des anneaux, non à des points : chaque région a ses propres développements géométriques. Les coefficients de ( et respectivement) sont des intégrales sur des cercles encerclant les singularités intérieures, non des résidus en ( est holomorphe en ) : pour le coefficient est ; pour le coefficient est . Les résidus de : en et en .
Exercice 17.6 ★★
(a) Montrer que a une singularité essentielle en et vérifier Casorati–Weierstrass à la main : résoudre explicitement pour tout , en exhibant des solutions arbitrairement proches de . (b) Montrer que est non bornée sur tout voisinage percé de pourtant n’a pas de pôle : quelle limite échoue ?
Solution
Solution de Exercice 17.6.
(a) La série de Laurent a infiniment de termes négatifs : essentielle. Résoudre () : , donc
toute valeur non nulle est atteinte infiniment souvent près de — plus fort que la densité. (b) Le long de , : ; le long de : module . Un pôle exige selon toute approche : ici la limite n’existe tout simplement pas, même dans .
Exercice 17.7 ★★
Compter avec Rouché : (a) les zéros de dans ; (b) les zéros de dans et dans ; (c) reprouver d’Alembert–Gauss : un polynôme monique de degré a zéros dans un grand disque (comparer avec ).
Solution
Solution de Exercice 17.7.
(a) Sur : . Rouché avec , : trois zéros dans le disque. (b) Sur : : un zéro dans . Sur : : quatre zéros dans . D’où trois zéros dans l’anneau. (c) Pour : sur , : a exactement zéros dans — d’Alembert–Gauss avec multiplicités, par pur comptage.
Exercice 17.8 ★★★
(Hurwitz) Soit uniformément sur les compacts, , connexe, . (a) Montrer que si toutes les sont sans zéro, il en va de même de . (Si : principe de l’argument sur un petit cercle autour de , et le Théorème 16.15 pour passer à la limite dans .) (b) Montrer que si toutes les sont injectives, est injective ou constante. (Appliquer (a) à sur .)
Solution
Solution de Exercice 17.8.
(a) Supposons , : choisir avec sans zéro sur le cercle (zéros isolés) et . Par le Théorème 16.15, et uniformément sur ; pour grand, sur , donc
(la limite compte le zéro ; convergence car les numérateurs convergent uniformément et les dénominateurs sont uniformément minorés). Le membre de gauche est un entier comptant les zéros de dans le disque : il doit être éventuellement — contredisant l’absence de zéro. Donc est sans zéro.
(b) Fixer et appliquer (a) sur l’ouvert connexe (retirer un point d’un ouvert connexe de préserve la connexité) à , sans zéro là par injectivité, convergeant vers . Si est non constante, sur , donc est sans zéro là : pour tout . Comme était arbitraire, est injective.
Exercice 17.9 ★★★
Pour , intégrer sur le bord du secteur et en déduire
Vérifier contre , et la limite .
Solution
Solution de Exercice 17.9.
Le bord du secteur est formé de , l’arc , et le rayon renversé. À l’intérieur se trouve l’unique pôle de , de résidu . Sur le rayon de retour, donne et ; l’arc est . D’où
: . Quand : la valeur tend vers , et de fait l’intégrande tend vers (avec domination DCT pour ).
Exercice 17.10 ★★
Soit une fraction rationnelle avec . Montrer que la somme de tous les résidus de est nulle (intégrer sur des cercles de plus en plus grands). Utiliser cela pour recalculer la décomposition en éléments simples de sans algèbre linéaire.
Solution
Solution de Exercice 17.10.
Sur grand, : . Mais pour au-delà de tous les pôles, le théorème des résidus donne : la somme totale s’annule. Pour : résidus en , en , en — somme nulle comme prédit, et
les résidus sont les coefficients d’éléments simples, et l’identité de somme nulle fournit un contrôle de cohérence gratuit (ou détermine le dernier coefficient à partir des autres).
Exercice 17.11 ★★★
(Le trou de serrure : l’intégrale de réflexion d’Euler) Pour , calculer
en intégrant (logarithme coupé le long de , ) sur le contour en trou de serrure : le long du haut de la coupure de à , autour de , sous la coupure en retour, autour de . Justifier : les deux tronçons droits diffèrent du facteur , les contributions des cercles s’annulent ( et ), et l’unique pôle a pour résidu . En déduire aussi (écrire par le Problème 10.1 et substituer ).
Solution
Solution de Exercice 17.11.
Sur le trou de serrure, avec la détermination choisie : juste au-dessus de la coupure, ; juste en dessous, . Les quatre morceaux donnent
Arcs : sur , longueur : contribution () ; sur , longueur : (). Résidu : en , . D’où
Réflexion de Gamma : ; la substitution , , la transforme en , et la formule d’Euler (le Problème 10.1) donne — en particulier encore une fois.
Exercice 17.12 ★★
(Compter les zéros avec le principe de l’argument, numériquement) Soit . (a) Combien de zéros dans le disque unité ? (Rouché contre .) (b) Combien dans l’anneau ? (Rouché contre sur .) Affiner : montrer que tout zéro a un module . (c) Combien dans le demi-plan droit ? (Compter d’abord sur ; puis suivre l’image de l’axe imaginaire : a une partie réelle positive partout, donc pas de zéro sur l’axe, et la variation d’argument le long de celui-ci est calculable — conclure avec un grand demi-disque.)
Solution
Solution de Exercice 17.12.
(a) Sur : () : a autant de zéros dans que , à savoir un (en ).
(b) Sur : : Rouché contre donne les quatre zéros dans , d’où zéros dans l’anneau . Affinage : un zéro avec satisferait , mais croît pour et vaut en : impossible. Donc les trois zéros extérieurs sont dans . (Numériquement : un zéro réel près de et une paire conjuguée près de , de module — voilà pourquoi une tentative de Rouché au rayon exact doit échouer : le théorème exige une domination stricte, et les zéros sont juste à l’extérieur.)
(c) Pas de zéro sur : . Zéros dans le demi-plan droit : utiliser le principe de l’argument sur le bord du demi-disque . Sur le grand arc, tourne de (l’arc span un angle ). Le long de l’axe imaginaire de à : reste dans le demi-plan droit (), donc varie dans et revient avec variation nette quand (les extrémités ). Enroulement total : : deux zéros dans le demi-plan droit — cohérent avec le numérique : la paire conjuguée a une partie réelle positive, les zéros réels et négatifs.
17.6 Problème : par la cotangente
Problème 17.1
Problème de week-end — sommer avec les résidus
Le théorème des résidus somme les séries : en appariant une fraction rationnelle avec , dont les pôles siègent aux entiers, on transforme en un comptage de résidus. Nous prouvons la méthode et calculons et — les valeurs trouvées par séries de Fourier en deuxième année et par traces d’opérateurs dans le Chapitre 15, maintenant par intégration de contour.
Partie I — Le noyau cotangente.
- Montrer que est méromorphe sur avec des pôles simples exactement en , chacun de résidu (calculer ).
Calculer le début du développement de Laurent en :
en divisant la série entière de par celle de (justifier la division : est holomorphe et non nulle près de , donc sa réciproque est holomorphe ; identifier les coefficients jusqu’à l’ordre ).
- Soit le bord du carré de sommets . Montrer que sur pour tout . (Sur les côtés verticaux, , de module ; sur les côtés horizontaux , borner .)
Partie II — Le théorème de sommation.
Soit rationnelle, holomorphe aux entiers, avec . En utilisant le théorème des résidus sur et la borne de la question 3, prouver :
- Où l’argument a-t-il besoin de la condition de degré ? Montrer par un exemple (prendre ) que pour une décroissance plus lente la limite symétrique peut encore exister tandis que la série bilatère diverge — et que la formule calcule alors la valeur principale.
Partie III — Les valeurs.
Appliquer la méthode à : ici a son pôle en un entier, donc mener l’argument directement — intégrer sur , montrer que l’intégrale , et calculer à partir de la question 2. Conclure :
- Idem avec : calculer et en déduire .
- Expliquer le schéma général : pour tout , est fois le coefficient de dans le développement de Laurent de en — un multiple rationnel de . Calculer en poussant la division de la question 2 d’un cran. Que dit la méthode sur — et pourquoi ne dit-elle rien ?
Partie IV — Le développement en éléments simples de la cotangente.
Fixer et appliquer la méthode de la partie II à — en notant que a maintenant des pôles simples supplémentaires en , dont les résidus doivent rejoindre le comptage. En déduire le développement en éléments simples
la série convergeant normalement sur les sous-ensembles compacts de .
- Retrouver à partir de ce développement, en développant chaque terme en puissances de (justifier l’interversion), les mêmes coefficients de Laurent qu’à la question 2 — le cercle se ferme : la formule d’Euler est le coefficient de dans les deux faces de la cotangente. Comparer avec la preuve par séries de Fourier (deuxième année) et la preuve par traces (le Problème 15.1) : trois théories, un nombre.
Partie V — Le produit d’Euler pour le sinus. Le développement de la question 9 est la dérivée logarithmique d’un produit infini ; nous prouvons maintenant honnêtement la factorisation d’Euler de 1734.
- Pour poser . Montrer que converge, uniformément sur tout disque , vers une fonction entière dont les zéros sont exactement les entiers, tous simples. (Pour écrire le facteur comme avec le logarithme principal de l’Exercice 16.3, borner pour via la série, et exponentier la somme normalement convergente de logarithmes ; les facteurs restants en nombre fini sont un polynôme. Conclure avec le Théorème 16.15.)
Montrer que sur ,
(dériver les produits finis, passer à la limite en utilisant le Théorème 16.15 et l’absence de zéro de hors de , et citer la question 9).
Montrer que s’étend en une fonction entière sans zéro avec , et conclure le produit d’Euler :
(Wallis, 1655) Évaluer en :
- Pour , développer le logarithme du produit en série double (justifier le réarrangement) et retrouver en identifiant le coefficient de dans — la face produit du nombre d’Euler.
Partie VI — Noyaux frères. La cotangente a des frères ; chacun tarife sa propre famille de séries.
Dériver terme à terme le développement de la question 9 (justifié par le Théorème 16.15) pour obtenir, normalement sur les compacts de ,
- Évaluer en : ; retrouver encore une fois en scindant les entiers par parité.
Vérifier l’identité de duplication et en déduire
normalement sur les compacts évitant .
Développer autour de ( ; Fubini encore) : avec ,
comparer avec pour retrouver et obtenir , puis recouper via .
Vérifier et en déduire
Vérifier les signes contre les résidus de aux entiers.
- Lire le coefficient de : , et confirmer la cohérence .
(Finale) Évaluer le développement de la question 20 en et en déduire la formule de Leibniz
Clore par un court paragraphe : un noyau par arithmétique — quel noyau tarife quelle famille de séries, et pourquoi tous sont structurellement aveugles à .
Partie VII — La grille tarifaire complète : nombres de Bernoulli.
Combiner le développement en éléments simples de avec la fonction génératrice des nombres de Bernoulli (, le Problème 16.1, partie VI) : de
(prouver d’abord cette identité), déduire la forme fermée
- Vérifier la formule contre , , : retrouver , , et calculer .
(Récursion d’Euler) Développer les deux membres de — ou élever au carré la série de cotangente directement — pour prouver
et vérifier qu’elle calcule à partir de et à partir de — toutes les valeurs zêta paires à partir de la seule graine , sans nouvelle intégration.
Solution
Solution de Problème 17.1.
1. a des zéros simples exactement en ( ssi , et là), et : a des pôles simples en avec
(règle , la Méthode 17.6).
2. est holomorphe et non nulle près de : sa réciproque est holomorphe (la Définition 16.1 : quotient), avec série (identifier : coefficients style à partir de : le coefficient de est ). Multiplier par et diviser par :
().
3. Côtés verticaux : par -périodicité de , , de module . Côtés horizontaux : de ,
Les deux bornes sont .
4. Appliquer le Théorème 17.5 à sur ( au-delà de tous les pôles de ) :
les pôles entiers contribuant (question 1 ; holomorphe là). Sur : , et le périmètre est : l’intégrale est . Faire : la formule de sommation affichée.
5. La décroissance a tué l’intégrale de contour et rendu convergente. Pour : les sommes symétriques se téléscopent à (les termes et s’annulent), et le membre de droite est : cohérent — mais diverge : la méthode calcule seulement la limite symétrique (valeur principale).
6. : pôles aux entiers non nuls de résidus , et en où, par la question 2,
L’intégrale de contour sur tend vers comme à la question 4 ( sur ). D’où : , .
7. : résidu en égal à , et : .
8. Avec : le résidu en est le coefficient de dans le développement de , et l’annulation du contour donne : , un multiple rationnel de puisque les coefficients de la cotangente le sont. Une division de plus donne , d’où . Pour : le noyau naturel produit par imparité — la méthode prouve et est structurellement aveugle aux valeurs zêta impaires (aucune forme fermée pour n’est connue ; son irrationalité, Apéry 1978, a demandé des idées entièrement différentes).
9. a des pôles aux entiers (résidus , en notant le signe : ) et des pôles simples en de résidus chacun ( est impaire). L’argument de la question 4 () donne
(le terme est ; regrouper ). Convergence normale sur les compacts de : pour et , .
10. Pour : , avec , sommable sur : Fubini pour les séries réarrange
Appariement avec la question 2 : et — les mêmes valeurs. Trois routes vers : Parseval (séries de Fourier), la trace de l’opérateur de Green de la corde, et les deux développements de la cotangente ; qu’une somme sur des fréquences, une trace d’opérateur et une intégrale de contour s’accordent n’est pas un accident — chacune est une face de la même identité spectrale.
11. Fixer et soit le plus petit entier . Pour et : , donc , où le logarithme principal est holomorphe, et
la somme converge normalement sur , avec sommes partielles holomorphes et uniformément. Comme (borne de la moyenne sur le segment), les produits de queue convergent uniformément sur vers le sans zéro . En multipliant par le polynôme fixe : uniformément sur , et le Théorème 16.15 rend holomorphe là ; étant arbitraire, est entière. Sur les zéros de sont ceux du préfacteur polynomial — les entiers de module , chacun simple ( a des zéros simples distincts, aucun) : l’ensemble des zéros de est , tous simples.
12. Différentiation logarithmique du produit fini, loin de ses zéros :
Sur un compact : et uniformément (le Théorème 16.15), et ( ne s’annule que sur ), donc éventuellement et uniformément sur . Le membre du milieu converge vers par la question 9 : d’où sur .
13. et sont entières avec le même ensemble de zéros , tous simples (questions 1 et 11). Près de écrire et avec holomorphes et non nuls en (factoriser la série entière) : s’étend holomorphiquement et sans zéro à travers chaque entier, et est sans zéro sur comme quotient de fonctions sans zéro. Là,
donc la fonction entière s’annule sur , d’où partout par continuité : est constante. Comme : et , donc :
14. En : , donc
le produit de Wallis, corollaire en une ligne de la factorisation d’Euler.
15. Pour chaque facteur est dans , donc : chaque produit partiel est l’exponentielle d’une somme partielle, et les deux membres passent à la limite par continuité de . La série double
se réarrange par Fubini pour les séries : . D’où
et la question 13 compare cela avec : , c’est-à-dire . La face additive (question 10) et la face multiplicative calculent le même nombre.
16. Sur un compact les sommes partielles (question 9, termes regroupés comme ) convergent uniformément vers , donc le Théorème 16.15 donne uniformément sur . Comme :
la convergence normale sur les compacts de (termes ).
17. En le membre de gauche est ; à droite, avec parcourant tous les entiers impairs exactement une fois quand parcourt :
Scission par parité : , donc et encore une fois.
18. Avec et : . D’où , et la question 9 en et en donne
Les deux séries convergent absolument en chaque fixe hors des pôles, donc la différence peut être regroupée à volonté : dans la seconde série les termes pairs donnent et annulent entièrement la première série, laissant
normalement sur les compacts évitant (termes ).
19. Pour :
avec car : Fubini réarrange la somme double en
Contre : le coefficient de donne — la question 17 encore — et celui de donne , c’est-à-dire . En retirant les dénominateurs pairs, : , en accord avec la question 7.
20. , le numérateur étant . Avec , la question 9 en lit , donc
La convergence absolue permet le regroupement par parité : pair dans la série soustraite contribue , laissant de la première somme, tandis que impair survit avec signe :
Signes : (la Méthode 17.6), et porte exactement ce résidu en .
21. Pour , en développant chaque terme comme à la question 19 () et en appliquant Fubini :
Côté Taylor : donne : , donc . Cohérence : .
22. En , la question 20 donne
Avec , et les deux séries alternées convergentes (critère de Leibniz), la somme se scinde en , où et . D’où :
La morale : chaque noyau est méromorphe avec des pôles sur une progression arithmétique et des résidus prescrits. La cotangente met le résidu à chaque entier et somme ; sa dérivée élève les pôles au carré et tarife ; la tangente déplace les pôles en et tarife les dénominateurs impairs ; garde les pôles entiers mais alterne les résidus , d’où les séries alternées. Les noyaux du premier ordre sont tous des fonctions impaires : apparier avec double les coefficients de puissance paire et anéantit les impairs, donc sort mécaniquement tandis que n’apparaît jamais. L’aveuglement est la parité, non un manque de technique.
23. Avec :
D’où, en utilisant la fonction génératrice sur (et annulant le terme , les impairs s’annulant au-delà) :
D’autre part le développement en éléments simples (partie IV) donne (développer chaque et sommer sur , la convergence normale justifiant l’interversion pour ). Comparant les coefficients : , la formule énoncée.
24. : . : . : .
25. Écrire (question 23). Dérivation directe de , en utilisant :
Développer maintenant les deux membres en puissances de . Membre de gauche : . Membre de droite : en élevant au carré la série,
et le terme n’ajuste que . Comparant les coefficients de pour :
c’est-à-dire . (En l’identité lit : un contrôle de cohérence, pas une information nouvelle.) Applications : : , donc ; : , donc . Une graine transcendante (), et l’algèbre pure génère chaque valeur zêta paire.