Mathématiques universitaires — Licence 3 · Bachelor Year 3
11Mesures produit, Fubini, changement de variables
La théorie de Lebesgue unidimensionnelle devient le calcul multidimensionnel à travers deux théorèmes. Tonelli–Fubini affirme que les intégrales sur des produits sont des intégrales itérées — le découpage en tranches est légitime, dans l’un ou l’autre ordre, sous des hypothèses que l’on peut réellement vérifier. La formule de changement de variables transporte les intégrales le long des difféomorphismes , avec le déterminant jacobien comme taux de change du volume ; on la prouve entièrement, en partant du cas linéaire où elle explique ce qu’est le déterminant. Les applications en cascade : la formule des couches, la convolution, les coordonnées polaires, le volume de la boule unité — et, dans le problème du week-end, la formule de Stirling avec une analyse d’erreur honnête.
11.1 -algèbres produit et mesures produit
Définition 11.1
Pour des espaces mesurables , , la -algèbre produit sur est engendrée par les rectangles (, ) — un -système. Pour et , la section est ; pour une fonction sur le produit, .
Proposition 11.2
(a) Si , toute section (et symétriquement) ; si est -mesurable, toute est -mesurable. (b) .
Démonstration. (a) Bons ensembles : est une -algèbre (les sections commutent avec les complémentaires et les unions dénombrables) contenant les rectangles. Pour : . (b) () Rectangles de boréliens : il suffit que les boîtes ouvertouvert soient boréliennes dans (elles sont ouvertes) et que les rectangles boréliens généraux soient des limites — bons ensembles encore : est une -algèbre contenant les ouverts ; intersecter deux telles. () Tout ouvert de est une union dénombrable de boîtes ouvertes rationnelles : contenu dans la -algèbre produit. ∎
Théorème 11.3 (Mesure produit)
Soient et -finis. Pour tout , la fonction est mesurable, et
définit l’unique mesure sur avec . Elle est -finie, et symétrique : la même mesure s’obtient en intégrant les -sections contre .
Démonstration. Mesurabilité de . D’abord finie. La classe des pour lesquels l’application est mesurable contient les rectangles () et est un -système : pour dans , (finitude) ; pour , (continuité par en bas), et les limites monotones de fonctions mesurables sont mesurables. Les rectangles forment un -système : Dynkin (Théorème 9.4) donne . Si est -finie, écrire , , : avec finie.
Mesure. La -additivité de suit du Corollaire 10.7 (les sections d’ensembles disjoints sont disjointes). Sur les rectangles elle donne . Unicité : deux candidates coïncident sur le -système des rectangles ; la -finitude fournit des rectangles de mesure finie : Théorème 9.7. Symétrie : la construction dans l’autre ordre est aussi une mesure coïncidant sur les rectangles — unique, donc la même. ∎
Définition 11.4
La mesure de Lebesgue sur est ( facteurs ; l’associativité de la construction se vérifie sur les boîtes et se propage par unicité). C’est l’unique mesure borélienne donnant à chaque boîte son volume ; elle est invariante par translation (les translatés coïncident sur les boîtes), -finie, et complète après complétion de Carathéodory — on note la mesure complétée et on intègre en conséquence.
11.2 Tonelli et Fubini
Théorème 11.5 (Tonelli)
-finis, mesurable. Alors est mesurable et
Démonstration. La machine standard. Pour c’est le Théorème 11.3 (et sa forme symétrique). Par linéarité cela tient pour simple. Pour générale : prendre des simples (Théorème 10.4) ; alors pour chaque (TCM en ), donc les membres de gauche convergent par TCM en , tandis que par TCM sur le produit. ∎
Théorème 11.6 (Fubini)
-finis, . Alors pour -p.t. la section est -intégrable, la fonction définie p.p. est intégrable, et les deux intégrales itérées valent toutes deux .
Démonstration. Tonelli appliqué à montre que a une intégrale finie, donc est finie p.p. : pour p.t. . Scinder (cas réel ; complexe par composantes) : Tonelli calcule chaque intégrale itérée de comme , et la différence définie p.p. s’intègre en la différence. Symétriquement pour l’autre ordre. ∎
Méthode 11.7
Pour intervertir deux intégrales (ou une intégrale et une somme, ou deux sommes) : si l’intégrande est positive, intervertir librement (Tonelli). Sinon, appliquer d’abord Tonelli à dans l’ordre le plus facile à estimer ; si le résultat est fini, Fubini légitime l’interversion. Ne jamais sauter le contrôle de : l’intégrande de l’Exercice 11.4 a deux intégrales itérées de valeurs différentes.
Proposition 11.8 (Formule des couches)
Pour mesurable sur -fini :
Démonstration. Appliquer Tonelli à sur (mesurable : c’est , une combinaison de type borélien de la mesurable) : en intégrant d’abord en on obtient ; d’abord en , . Pour : substituer dans , c.-à-d. appliquer la première formule à et changer de variable dans l’intégrale unidimensionnelle (). ∎
Théorème 11.9 (Convolution sur )
Pour , l’intégrale
converge absolument pour p.t. , définit avec , et est commutative et associative.
Démonstration. est mesurable ( est continue ; composer et multiplier). Tonelli :
(invariance par translation de dans l’intégrale intérieure). Donc l’intégrale double est finie ; Fubini donne la convergence absolue p.p. et la borne de norme . Commutativité : substituer (invariance par translation et réflexion — l’invariance par réflexion tient sur les boîtes, donc partout par unicité). Associativité : Tonelli–Fubini sur une intégrale triple. ∎
11.3 Changement de variables
Théorème 11.10 (Changement de variables linéaire)
Pour et : ; par conséquent pour ou intégrable.
Démonstration. La mesure est une mesure borélienne (les homéomorphismes préservent les boréliens, Problème 9.1), invariante par translation (), finie sur la boîte unité : par la caractérisation de la mesure de Lebesgue (Exercice 9.6, dont la preuve fonctionne mot pour mot en avec des cubes dyadiques), avec . L’application est multiplicative (, par composition), donc il suffit de calculer sur des générateurs de : les matrices élémentaires. Diagonale : envoie le cube unité sur une boîte de volume : . Transposition de coordonnées : permute le cube : . Transvection : l’image du cube unité est un prisme cisaillé ; par Tonelli sa mesure est , chaque -section étant un intervalle de longueur : . Toute matrice inversible est un produit de celles-ci (élimination de Gauss), et comme sont multiplicatives : . La formule d’intégrale suit par la machine standard (indicateurs, simples, TCM). ∎
Théorème 11.11 (Changement de variables)
Soient ouverts et un difféomorphisme . Pour toute mesurable (ou ) :
Démonstration. Écrire . Le cœur de la preuve est l’inégalité
l’étape 4 ci-dessous promeut — appliquée à et à — en l’égalité du théorème. Noter que est lui-même un difféomorphisme avec jacobien (règle de la chaîne sur ).
Étape 1 : pour des cubes avec un facteur de distorsion. Fixer un cube fermé de centre et de côté (boule pour la norme sup). Affirmation : pour tout , si est dérivable sur avec sur (norme d’opérateur pour la norme sup), alors
car pour , l’inégalité des accroissements finis appliquée à donne , et tire ce défaut en un agrandissement de du cube. Par le Théorème 11.10,
Étape 2 : pour des cubes compacts, par subdivision. Soit un cube compact et . Sur , est uniformément continue et bornée (compacité) ; subdiviser en sous-cubes assez petits pour que l’oscillation de sur chacun soit . Étape 1 sur chaque sous-cube (centre ) :
la dernière étape car uniformément sur (continuité de ) — comparaison avec sommes de Riemann. Faire : tient pour les cubes compacts.
Étape 3 : pour tout borélien . La fonction d’ensembles , sur les sous-ensembles boréliens de , est une mesure ( est une bijection sur préservant les boréliens et la disjonction dénombrable), et de même . Tout ouvert de est une union dénombrable de cubes compacts dyadiques presque disjoints (décomposition dyadique standard : prendre les cubes dyadiques maximaux contenus dans l’ouvert), et les deux mesures sont additives à travers eux (les bords des cubes sont -nuls, et leurs -images sont nuls par l’étape 2 appliquée à des recouvrements minces des faces) : passe des cubes aux ouverts. Borélien général : épuiser par des compacts avec , et fixer ; sur , est bornée par un certain . Par régularité extérieure de (preuve comme au Théorème 9.13, avec des boîtes), choisir des ouverts avec et . Alors
Faire : continuité par en bas à gauche, TCM à droite. Cela établit .
Étape 4 : égalité et formule d’intégrale. D’abord étendre des ensembles aux intégrales : pour toute mesurable sur ,
En effet, pour c’est avec ; la linéarité l’étend aux simples, et le TCM à toutes les (la machine standard). Maintenant appliquer deux fois : d’abord à , puis — pour le difféomorphisme — à la fonction :
puisque (règle de la chaîne sur ). Toutes les inégalités sont des égalités : la formule tient pour , et pour les fonctions par décomposition. ∎
Exemple 11.12 (Coordonnées polaires ; la gaussienne encore)
est un difféomorphisme de sur privé d’une demi-droite (ensemble nul), avec :
Pour , Tonelli et cette formule donnent
la preuve classique en deux lignes de , maintenant pleinement justifiée (comparer la preuve par paramètre du Problème 10.1).
Théorème 11.13 (Volume de la boule unité)
Soit dans . Alors
Démonstration. Calculer de deux façons. Par Tonelli elle se factorise : . Par la formule des couches (Proposition 11.8) avec , dont les ensembles de niveau sont des boules : pour , de mesure (la dilatation par échelle par : Théorème 11.10), donc
Égaler. (Les valeurs : , , etc.) Noter lorsque — le problème du week-end quantifie à quelle vitesse, via Stirling. ∎
11.4 Exercices
Exercice 11.1 ★
Soit la mesure de comptage sur (non -finie) et la mesure de Lebesgue, et soit la diagonale dans . Montrer que est mesurable, et calculer les deux intégrales itérées de contre et : elles diffèrent. Quelle hypothèse du Théorème 11.5 échoue ?
Solution
Solution de Exercice 11.1.
est fermé dans , donc borélien, et est la -algèbre produit (Proposition 11.2(b)). En itérant d’un côté :
de l’autre :
L’hypothèse qui échoue est la -finitude de la mesure de comptage sur le non dénombrable : aucune famille dénombrable d’ensembles de -mesure finie ne le recouvre.
Exercice 11.2 ★
Justifier l’interversion et retrouver l’intégrale de Dirichlet : pour ,
calculer l’intégrale intérieure sous forme fermée, et faire (dominer l’intégrale en ) pour obtenir .
Solution
Solution de Exercice 11.2.
Sur : (Tonelli pour la valeur absolue) : Fubini s’applique, et comme ,
(l’intégrale intérieure : , calculée directement). Lorsque , le terme correctif est borné par ; le terme principal est . D’où — l’intégrale de Dirichlet par Fubini.
Exercice 11.3 ★★
(a) Prouver que pour mesurable et finie : : l’intégrabilité est la sommabilité des mesures de queue. (b) En déduire que ( finie) ssi .
Solution
Solution de Exercice 11.3.
(a) Formule des couches (Proposition 11.8) : , et est décroissante. Sur : ; en sommant les intégrales sur les intervalles unitaires :
(b) Appliquer (a) à : la finitude de l’intégrale et celle de la série sont équivalentes (le supplémentaire est fini).
Exercice 11.4 ★★
Pour sur , montrer
(noter ), et vérifier directement que : l’hypothèse d’intégrabilité de Fubini n’est pas décorative.
Solution
Solution de Exercice 11.4.
Comme pour :
par l’antisymétrie , l’autre ordre donne . Valeurs absolues : pour ,
Aucune contradiction avec Fubini : son hypothèse échoue, et les deux intégrales itérées sont simplement deux nombres différents.
Exercice 11.5 ★★
(a) Calculer explicitement (une fonction tente), et la forme générale de . (b) Montrer . (c) Montrer que si et est bornée et continue, est continue. (TCD via continuité de la translation sur le borné.)
Solution
Solution de Exercice 11.5.
(a) : pour , pour , pour : la tente. Convoler encore donne une bosse piecewise-quadratique sur (le -spline quadratique) : chaque convolution gagne un degré de régularité — le principe de lissage derrière les mollificateurs du Chapitre 12.
(b) Si , il y a une boule autour de disjointe de l’ensemble somme ; pour , , donc l’intégrande s’annule identiquement : près de .
(c) Pour : ; les intégrandes convergent ponctuellement (continuité de ) et sont dominées par : le TCD donne .
Exercice 11.6 ★★
(a) Montrer que le simplexe a volume (induction et Fubini). (b) Retrouver , via Théorème 11.13, et montrer .
Solution
Solution de Exercice 11.6.
(a) Par Fubini et induction, en découpant selon la dernière coordonnée :
en utilisant la règle de dilatation (Théorème 11.10) ; avec : volume .
(b) ; . L’ellipsoïde est avec : le Théorème 11.10 donne le volume .
Exercice 11.7 ★★
Pour quels les suivantes sont-elles finies ? Justifier avec les coordonnées polaires :
Généraliser à (les seuils et ).
Solution
Solution de Exercice 11.7.
En , coordonnées polaires (Exemple 11.12) :
fini ssi (), resp. (). En , éviter les coordonnées sphériques avec la formule des couches : , et ssi , c.-à-d. ; l’intégrale extérieure converge ssi (même calcul sur la région complémentaire).
Exercice 11.8 ★★★
(Bêta–Gamma) Pour , soit . Partant de comme intégrale double, substituer (un difféomorphisme du quadrant ouvert sur ; calculer son jacobien ) et conclure
En déduire et la valeur des intégrales de Wallis .
Solution
Solution de Exercice 11.8.
Par Tonelli (intégrandes positives) et le changement de variables , un difféomorphisme de sur le quadrant ouvert avec
En substituant dans on obtient . Wallis : — p. ex. en utilisant .
Exercice 11.9 ★★
(Formule de transfert) Soit mesurable et la mesure image (pushforward). Montrer que pour toute mesurable sur :
(machine standard). Puis comparer avec Théorème 11.10 : quelle information supplémentaire la formule de changement de variables porte-t-elle que la formule de transfert abstraite ne porte pas ? (La formule de transfert n’identifie jamais ; le théorème de changement de variables calcule explicitement comme une mesure à densité.)
Solution
Solution de Exercice 11.9.
Indicateurs : ; la linéarité étend aux simples, le TCM aux — la formule de transfert. Elle est purement formelle : elle réexprime les intégrales contre mais ne dit rien sur ce que est. Le contenu du Théorème 11.10 et du Théorème 11.11 est l’identification
c.-à-d. un calcul de l’image de la mesure de Lebesgue — l’entrée analytique étant la géométrie différentielle de , non le formalisme mesurique.
Exercice 11.10 ★★★
(Moments gaussiens) En utilisant les coordonnées polaires et Fubini, calculer pour le poids gaussien standard sur :
vérifier la cohérence (), et en déduire le second moment de la mesure .
Solution
Solution de Exercice 11.10.
Par Tonelli le facteur gaussien se factorise, donc avec et (intégrer par parties) :
(par symétrie, contribue termes égaux — le contrôle de cohérence). Pour la mesure normalisée , le second moment est .
Exercice 11.11 ★★
(Graphe et hypographe) Soit mesurable. (a) Montrer que l’hypographe est mesurable dans avec
« l’intégrale est l’aire sous le graphe », enfin un théorème. (Sections ; Tonelli.) (b) Montrer que le graphe est un ensemble nul de . (c) En déduire une preuve en deux lignes que la sphère est Lebesgue-nulle dans .
Solution
Solution de Exercice 11.11.
(a) pour intersecté avec : mesurable, car et sont mesurables sur le produit (composées avec les projections). La -section de est , de mesure : Tonelli intègre les sections,
(b) Le graphe est , mesurable ; ses -sections sont des singletons, de mesure : Tonelli donne .
(c) est l’union des deux graphes sur la boule unité de (en scindant la dernière coordonnée) : une union de deux ensembles nuls par (b), nulle.
Exercice 11.12 ★★
(Une double intégrale célèbre) En utilisant la série géométrique et Tonelli sur , prouver
(La seconde identité de série : scinder indices pairs et impairs.) Avec (Chapitre 15), deux intégrales d’apparence innocente valent et ; où exactement l’hypothèse de positivité de Tonelli fait-elle son travail ?
Solution
Solution de Exercice 11.12.
Sur , avec termes positifs : Tonelli autorise l’intégration terme à terme,
Pour le cas alterné, n’est pas une série positive ; mais l’intégrale de la série absolue est , donc Fubini (intégrabilité maintenant établie) s’applique : . L’identité de série :
Avec (Problème 15.1) : les intégrales valent et . La positivité de Tonelli était tout le jeu dans le premier calcul — aucun contrôle d’intégrabilité nécessaire avant l’interversion ; dans le second, la positivité de la série absolue est ce qui certifie l’intégrabilité pour que Fubini puisse courir sur la signée.
11.5 Problème : la formule de Stirling
Problème 11.1
Problème du week-end — , par convergence dominée
La formule de Stirling gouverne tout décompte asymptotique de ce livre — volumes de boules, coefficients binomiaux, la forme locale du théorème central limite. On la prouve à partir de l’intégrale (Exemple 10.16) avec la méthode de Laplace, sous sa forme de convergence dominée la plus propre, puis on collecte les dividendes.
Partie I — La formule. Pour , .
Substituer et montrer
où .
- Montrer la limite ponctuelle : pour tout fixé, lorsque (développer à l’ordre deux).
Domination. Soit , de sorte que pour . Prouver les deux bornes
(étudier et : calculer les dérivées et vérifier le signe sur chaque intervalle). En déduire, pour :
de sorte que : un dominateur intégrable indépendant de .
Conclure avec le théorème de convergence dominée et l’intégrale gaussienne (Exemple 11.12) :
et en particulier .
Partie II — Dividendes.
- (Wallis) De l’Exercice 11.8, -type formules : dériver de Stirling, et le vérifier contre la récurrence .
(Les volumes de boules s’effondrent) Montrer
donc plus vite que toute suite géométrique ; trouver la dimension maximisant (numériquement : ).
(Concentration du binomial — un avant-goût du Chapitre 23) En utilisant Stirling, montrer l’estimation locale, pour avec fixé et pair :
le profil gaussien discret : de Moivre–Laplace en germe.
- Où exactement la preuve de la partie I a-t-elle utilisé : (i) TCM ou TCD ; (ii) l’intégrale gaussienne ; (iii) les propriétés d’invariance de la mesure de Lebesgue ? Une phrase chacune.
Partie III — Le terme d’erreur : Stirling avec barres. Poser , de sorte que la partie I dit .
- Montrer .
Avec , vérifier et développer :
et en déduire les bornes bilatères
Télescoper (en utilisant ) et vérifier l’identité algébrique agréable pour , pour obtenir l’encadrement classique
- Deux conséquences : (a) l’erreur relative de la formule de Stirling est dès que ; (b) estimer à quatre chiffres significatifs à la main depuis l’encadrement (), et s’émerveiller brièvement de la précision d’une formule asymptotique à un très fini.
Partie IV — La voie de Wallis : Stirling sans la gaussienne. Historiquement la constante est venue de Wallis, non de Gauss ; cette partie reprouve Stirling indépendamment des parties I–II, et par là reprouve l’intégrale gaussienne. Soit .
Établir (intégrer par parties), les formes fermées
et l’identité .
De la monotonie de déduire , puis
le théorème de Wallis, obtenu sans Stirling.
- Montrer, par le seul télescopage de la partie III (aucune valeur de la constante nécessaire), que converge vers une certaine limite ; équivalemment avec pas encore identifié.
- Insérer cette asymptotique dans et identifier, via la question 14, la seule valeur possible : . Assembler la logique : les parties III–IV ensemble donnent une seconde preuve complète de Stirling — et donc, en courant la substitution de la partie I à rebours, une évaluation indépendante de . Deux piliers, dont chacun soutient l’autre.
Partie V — Derniers dividendes.
(Le profil local complet) Pour des entiers ( fixé), montrer
uniformément en (prendre les logarithmes et utiliser ). C’est la version bilatère de la question 7 et l’estimation exacte citée dans le problème du week-end du Chapitre 23.
- (Un avant-goût de Poisson) Montrer avec Stirling que : le mode d’une loi de Poisson de grande moyenne porte une masse , exactement comme le théorème central limite le prédira.
- (Rapports de Gamma) Pour , prouver en utilisant les bornes de pentes log-convexes du Problème 10.1 (question 14 là-bas), et étendre à tout réel par l’équation fonctionnelle. (C’est ce que signifie « Stirling » entre les entiers.)
(Boules, bis) De : tabuler exactement, vérifier l’unimodalité via (croissant tant que , décroissant après), et prouver l’identité génératrice frappante
tous les volumes de boules en dimensions paires emballés dans une seule exponentielle.
(Asymptotique d’entropie) Pour fixé avec , déduire de Stirling
le taux de croissance exponentielle des coefficients binomiaux est l’entropie — vérifier que retrouve la question 5, et que pour (donc les binomiaux hors centre sont exponentiellement négligeables dans ).
- (Aires de surface) L’aire de la sphère unité est (prouvé comme l’Exercice 21.6 dans le chapitre des formes différentielles ; ici, le prendre comme définition). Tabuler , localiser la maximale (, ), et montrer super-géométriquement aussi — les sphères de grande dimension sont, par toute toise euclidienne, infiniment petites.
(Le premier terme correctif) Déduire de l’encadrement de la question 11 que , d’où
Vérifier en : la formule nue donne (erreur relative ), la corrigée contre (erreur relative ) — un terme de la série achète deux chiffres et demi.
(La médiane de ) Montrer que
asymptotiquement, exactement la moitié de la masse de l’intégrande de se situe sous son mode . (Courir la substitution de la partie I sur l’intégrale tronquée ; le dominateur de la question 3 est déjà en place.)
(Entropie, non asymptotiquement) Pour prouver la borne, valable pour tout :
en comparant la somme avec pour le basculement . Vérifier que ce choix de est optimal, et réconcilier avec la question 21 : le taux exponentiel de l’énoncé asymptotique est atteint par une inégalité en une ligne sans aucune asymptotique.
Solution
Solution de Problème 11.1.
1. Avec ( ; parcourt lorsque parcourt ) :
puisque et .
2. Pour fixé et : : .
3. Poser sur : et , qui est sur et sur : , c.-à-d. là. Poser sur , : et : pour . Maintenant pour : si , ; si , alors (car ), donc . D’où , intégrable, indépendant de .
4. TCD : (Exemple 11.12 plus l’échelle ). Avec la question 1 :
5. De l’Exercice 11.8, . Stirling :
Alors , cohérent avec la récurrence (qui force , et avec — la relation classique de Wallis — donne ; les deux asymptotiques s’accordent).
6. , donc
super-géométriquement (pour , chaque facteur et rétrécissant). Numériquement , , , , , : le maximum est en .
7. Avec (entier, pair, fixé) : prendre les logarithmes dans et appliquer Stirling aux trois factorielles. En écrivant , avec :
et le crochet est : l’affichage tend vers à près, c.-à-d.
le profil gaussien du pile ou face, quantifié — la forme locale de de Moivre–Laplace, à globaliser dans Chapitre 23.
8. (i) Le TCD convertit la limite ponctuelle de la question 2 en convergence des intégrales, via le dominateur de la question 3. (ii) L’intégrale gaussienne évalue la limite — la constante de Stirling est l’intégrale gaussienne. (iii) La substitution est un changement de variables affine : invariance par translation et règle d’échelle de la mesure de Lebesgue (Théorème 11.10 en dimension ).
9. Développer les deux termes :
les termes et se combinant en .
10. Pour : , et ; la série impaire donne
Soustraire . Borne inférieure : le premier terme seul, . Borne supérieure : abaisser tous les dénominateurs à et sommer la série géométrique : .
11. En sommant la borne supérieure de à (avec ) : . Pour la borne inférieure : , et
vrai pour . En sommant ce minorant télescopique : . En exponentiant on obtient l’encadrement classique de .
12. (a) Erreur relative pour grand ; dès que , et le énoncé suffit ( implique déjà cela). (b) , donc ; la fenêtre garantie a une largeur sous en termes relatifs — une formule « asymptotique » qui est, en , un instrument de précision.
13. Écrire , et intégrer le second terme par parties (, , ) :
D’où , c.-à-d. . De , :
en convertissant les double factorielles par et . Enfin par la récurrence : constante, égale à .
14. (monotonie ponctuelle de ) et encadrent . Combiné avec (question 13) : , donc et .
15. Les questions 9–10 n’ont jamais utilisé la valeur de la constante : avec , les différences sont dans , donc décroît tandis que croît : suites adjacentes, convergeant vers un commun. D’où , .
16. En substituant le Stirling à constante inconnue dans le binomial central :
et la question 14 force : . Les parties III–IV reprouvent ainsi Stirling depuis zéro ; en l’injectant dans l’identité de la partie I on évalue sans coordonnées polaires : Wallis et Gauss se soutiennent mutuellement.
17. pour (et par symétrie pour ). En prenant les logarithmes, avec :
et , tandis que l’erreur somme à : uniformément, .
18. . Une variable de Poisson de moyenne a écart-type , et est exactement la hauteur du pic gaussien : le TCL local, prévisualisé au mode.
19. Pour , le lemme des pentes du Problème 10.1 (question 14 là-bas), appliqué à la convexe autour de , donne : le rapport à est encadré par . Pour (, ) : , et chacun des facteurs est : multiplier les estimations.
20. La récurrence (depuis ) donne, depuis , :
Le rapport dépasse exactement pour , donc chaque parité croît puis décroît ; numériquement , , : le maximum global est . Fonction génératrice : , donc — tous les volumes de boules en dimensions paires roulés en une exponentielle, et une estimation de décroissance super-géométrique instantanée pour .
21. Stirling au numérateur et au dénominateur, avec :
puisque (les puissances de s’annulent : ), et les s’annulent de même. En : et le préfacteur est — la question 5 encore. La stricte concavité de (sa dérivée seconde ) place son maximum en seulement : pour , décroît exponentiellement — le moteur combinatoire derrière tout énoncé de concentration sur le pile ou face.
22. De et la question 20 :
numériquement ; et : le maximum est la -sphère. La récurrence montre la même montée entraînée par et la même chute super-géométrique que pour les volumes : passé la dimension sept, les sphères s’évanouissent plus vite que toute suite géométrique.
23. La question 11 dit exactement , et
donc et ; en multipliant par on obtient la formule corrigée. En : , bas de (erreur relative ) ; en multipliant par on obtient , bas de (erreur relative ). L’encadrement lui-même pince entre et — la borne supérieure est décalée de huit unités sur sept chiffres.
24. La substitution de la partie I, appliquée à l’intégrale tronquée, donne
le domaine devenant . Le dominateur de la question 3 couvre aussi , donc la convergence dominée donne
tandis que la question 4 donne . Le rapport tend vers . Probabilistement : une variable Gamma de grande forme place asymptotiquement la moitié de sa masse de chaque côté de son mode — la symétrie du théorème central limite, lue sur une seule substitution.
25. Soit . Pour on a , d’où
et avec :
Optimalité : en minimisant sur , l’équation a l’unique solution , un minimum car — le choix de basculement exponentiel (Chernoff). Réconciliation : par la question 21 le seul terme est déjà d’ordre , donc
le taux est exact, la somme entière coûtant au plus un facteur sur son plus grand terme. Divisé par , c’est la borne de queue pile ou face — la concentration de la mesure en une ligne.