Physique universitaire — 1re année · Bachelor Year 1
2Optique géométrique : rayons, réflexion, réfraction
Une paille plantée dans un verre d’eau paraît brisée à la surface ; un nageur qui regarde vers le haut depuis le fond d’un bassin voit tout le ciel comprimé dans un disque brillant, cerné par un miroir du fond ; une fibre de verre plus fine qu’un cheveu porte une communication téléphonique d’un bout à l’autre d’un océan avec moins de pertes qu’un fil de cuivre n’en subit en traversant une rue. Trois lois — la lumière va tout droit, se réfléchit à angles égaux, se courbe selon la règle de Snell-Descartes — rendent compte de tout cela ; ce chapitre les énonce précisément, marque où elles cessent d’être vraies, et les met au travail.
2.1 Le modèle de l’optique géométrique
Définition 2.1 (Rayon lumineux ; milieu homogène)
Dans le modèle de l’optique géométrique, la lumière se propage le long de rayons lumineux : des courbes orientées, rectilignes dans un milieu homogène (mêmes propriétés en tout point), qui transportent de l’énergie indépendamment les uns des autres. Un faisceau est un ensemble de rayons ; une source ponctuelle émet des rayons dans toutes les directions.
Définition 2.2 (Indice de réfraction)
Un milieu transparent laisse passer la lumière ; celle-ci y progresse à la vitesse . Son indice de réfraction vaut
Vide : ; air : ; eau : ; verre ordinaire : à ; diamant : . Une onde de fréquence garde sa fréquence en entrant dans un milieu, si bien que sa longueur d’onde se contracte de dans le vide à .
Remarque 2.3 (Dispersion)
Dans la matière, l’indice dépend légèrement de la longueur d’onde — le milieu est dispersif. Pour le verre dans le visible, la loi empirique de Cauchy convient bien : est plus grand pour le bleu que pour le rouge, de à environ. Le prisme et l’arc-en-ciel, à la fin de ce chapitre, vivent de cette différence.
Remarque 2.4 (Limites du modèle)
La lumière est une onde, et une onde qui franchit une ouverture de largeur s’étale d’un angle de l’ordre de (diffraction, Chapitre 5). Les rayons en donnent une bonne description tant que toute ouverture, toute lentille et tout obstacle sont bien plus grands que la longueur d’onde ( à pour la lumière visible) : un trou de étale un faisceau de radian, négligeable sur un banc ; un trou de l’étale sur tout le demi-espace, et aucune description en termes de rayons ne survit. Le cœur de d’une fibre monomode de télécommunication est déjà hors du modèle.
Proposition 2.5 (Retour inverse de la lumière)
Le trajet d’un rayon ne dépend pas du sens dans lequel la lumière le parcourt : si la lumière va de à le long d’un trajet, la lumière issue de suit le même trajet jusqu’à .
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
2.2 Réflexion et réfraction
Définition 2.6 (Incidence)
Un rayon qui rencontre en un point la surface séparant deux milieux (un dioptre) fait avec la normale à cette surface en l’angle d’incidence . Le plan d’incidence contient le rayon incident et la normale.
Théorème 2.7 (Lois de la réflexion et de la réfraction (Snell-Descartes))
À la surface séparant deux milieux d’indices (côté incident) et :
- les rayons réfléchi et réfracté appartiennent au plan d’incidence ;
- le rayon réfléchi fait avec la normale l’angle , de l’autre côté de la normale ;
le rayon réfracté fait avec la normale un angle tel que
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Remarque 2.8 (D’où viennent ces lois)
Les deux lois découlent du principe de Fermat : entre deux points, la lumière suit le trajet de durée minimale. La réflexion à angles égaux est le plus court chemin brisé touchant le miroir ; la loi de Snell-Descartes est le trajet qui échange un parcours plus long dans le milieu rapide contre un parcours plus court dans le milieu lent (Exercice 2.12). Le volume de deuxième année démontre les deux lois à partir de la nature ondulatoire de la lumière à une interface.
Proposition 2.9 (Dans quel sens le rayon se courbe)
En entrant dans un milieu plus réfringent (), un rayon se rapproche de la normale () ; en entrant dans un milieu moins réfringent, il s’en écarte (). Un rayon porté par la normale traverse sans être dévié.
Démonstration. , et est croissant sur . ∎
Exemple 2.10 (Profondeur apparente)
Une pièce de monnaie repose à la profondeur sous l’eau (), observée presque à la verticale. Un rayon issu de la pièce atteint la surface sous un petit angle (dans l’eau) et en sort sous avec ; pour de petits angles, . L’œil prolonge le rayon émergent vers l’arrière : la pièce semble venir d’une profondeur telle que et pour le même point de la surface, situé à la distance de la verticale ; d’où . Un bassin de de profondeur en paraît ; un poisson voit le pêcheur fois plus haut qu’il n’est.
Théorème 2.11 (Réflexion totale)
La lumière qui passe d’un milieu d’indice vers un milieu moins réfringent () n’est réfractée que si , où l’angle limite vérifie
Pour , il n’y a pas de rayon réfracté : la surface renvoie toute la lumière — c’est la réflexion totale.
Démonstration. La loi de Snell-Descartes exige ; cette quantité dépasse dès que , et alors aucun angle n’existe. Pour , le rayon réfracté rase la surface (). Que toute l’énergie soit alors réfléchie est un énoncé sur les intensités, dont l’optique géométrique ne traite pas ; le traitement ondulatoire du volume de deuxième année le confirme. ∎
Exemple 2.12 (Diamants et nageurs)
Verre–air : , , ce qui explique qu’un prisme à réfléchisse totalement et remplace un miroir dans les jumelles. Diamant–air : ; un diamant taillé piège la lumière qui entre par sa table et la renvoie presque tout entière par la table — l’éclat vient de la réflexion totale, le feu de la dispersion. Eau–air : ; en regardant vers le haut, un plongeur voit tout le ciel dans un cône de demi-angle (la « fenêtre de Snell ») et, au-delà, le fond du bassin réfléchi.
2.3 La fibre optique
Définition 2.13 (Fibre à saut d’indice)
Une fibre optique à saut d’indice est un cœur de verre cylindrique d’indice entouré d’une gaine d’indice légèrement plus faible. La lumière qui entre dans le cœur à l’intérieur d’un cône de demi-angle autour de l’axe est guidée par réflexions totales successives sur la surface cœur–gaine. L’ouverture numérique vaut .
Proposition 2.14 (Cône d’acceptance et étalement intermodal)
Pour une fibre dont la face d’entrée est dans l’air,
Sur une longueur , le rayon guidé selon l’axe et le rayon guidé le plus incliné arrivent avec un décalage
entre eux (dispersion intermodale).
Démonstration. Un rayon entrant à l’angle de l’axe est réfracté sous avec et rencontre la gaine sous l’incidence . Le guidage impose , c’est-à-dire , soit ; il suffit de multiplier par . Le rayon axial parcourt à la vitesse : . Le rayon le plus incliné zigzague sous l’angle tel que ; son trajet vaut , donc , et . ∎
Exemple 2.15 (Les chiffres d’une fibre de télécommunication)
, : , ; , donc les rayons guidés restent à moins de de l’axe. Étalement intermodal : . Sur une impulsion s’étale de , ce qui plafonne le débit vers : le problème du week-end suit cette limitation jusqu’à son remède, la fibre monomode.
2.4 Le miroir plan
Proposition 2.16 (Image dans un miroir plan)
Tous les rayons issus d’un point et réfléchis par un miroir plan semblent provenir du point symétrique de par rapport au plan du miroir : est l’image de . Elle est virtuelle (aucune lumière n’y passe) et le miroir est rigoureusement stigmatique : tout point a une image ponctuelle exacte.
Démonstration. Un rayon issu de qui frappe le miroir en sous l’incidence repart sous de l’autre côté de la normale. La droite réfléchie et la normale en font l’angle , tout comme la droite ; par symétrie par rapport au plan du miroir, la droite réfléchie est la symétrique de la droite , et passe donc par le point symétrique — et cela pour tout . ∎
Proposition 2.17 (Rotation d’un miroir)
Faire tourner un miroir plan d’un angle autour d’un axe de son plan, perpendiculaire au plan d’incidence, fait tourner le rayon réfléchi de .
Démonstration. La normale tourne de , donc l’incidence passe de à ; le rayon réfléchi, à de l’autre côté de la nouvelle normale, s’est écarté de (la normale) (l’angle) de son ancienne direction. ∎
Exemple 2.18 (Le levier du galvanomètre)
Un minuscule miroir collé sur le cadre d’un galvanomètre, éclairé par une lampe, projette une tache sur une règle placée à : une rotation de du cadre déplace la tache de — un levier optique qui amplifie sans frottement, principe du galvanomètre à miroir et du scanner laser.
2.5 Le prisme
Proposition 2.19 (Formules du prisme)
Un rayon qui traverse un prisme d’angle au sommet et d’indice dans l’air, dans le plan perpendiculaire à l’arête, avec les angles (entrée), , (à l’intérieur) et (sortie) comptés depuis les normales, vérifie
et il est dévié de . La déviation est minimale lorsque le trajet est symétrique, , ; alors
Démonstration. La loi de Snell-Descartes à chaque face ; parce que les deux normales font l’angle (dans le quadrilatère formé par le sommet, les deux points d’incidence et l’intersection des normales). La déviation totale vaut . Par le retour inverse de la lumière, la déviation est la même fonction de et de ; si le minimum était atteint en , il le serait aussi à l’incidence renversée , ce qui donnerait deux minima, que la monotonie de de part et d’autre de son minimum interdit : le minimum est en . Alors et ; en reportant dans , on obtient la formule. ∎
Exemple 2.20 (Mesurer un indice)
Un prisme de que l’on tourne jusqu’à ce que la déviation d’un faisceau jaune soit la plus faible : . Alors . Le minimum de déviation est la manière classique de mesurer l’indice d’un verre — ce minimum, net, se trouve en faisant osciller le prisme et reste insensible aux petits défauts de réglage.
Remarque 2.21 (Prismes minces et spectroscopes)
Pour petit et une incidence petite, les sinus valent les angles et , indépendamment de : un prisme mince dévie tous les rayons du même angle — un coin de verre est un « prisme » qui courbe la lumière, et une lentille se révélera être un empilement de tels coins. Comme dépend de , la déviation en dépend aussi : un prisme étale la lumière blanche en un spectre (le bleu le plus dévié), c’est le cœur du spectroscope à prisme.
2.6 L’arc-en-ciel
Exemple 2.22 (L’arc-en-ciel de Descartes)
Un rayon de soleil entre dans une goutte de pluie sphérique sous l’incidence , s’y réfracte (), se réfléchit une fois sur la face arrière, puis ressort après une seconde réfraction. Chaque réfraction le dévie de , la réflexion interne de : la déviation totale vaut . Les rayons remplissent la goutte pour toutes les valeurs de ; l’observateur voit la lumière la plus vive là où beaucoup de rayons repartent dans presque la même direction, c’est-à-dire là où est stationnaire : . En différentiant la loi de Snell-Descartes, , si bien que la condition s’écrit ; en élevant au carré et en utilisant , il vient
Pour l’eau, : , , . La lumière revient du côté du Soleil, à de la direction antisolaire : l’arc-en-ciel est un cône de demi-angle autour de l’ombre de la tête de l’observateur. Le rouge () est à , le violet () à — rouge à l’extérieur, violet à l’intérieur.
2.7 Exercices
Exercice 2.1 ★
Calculer la vitesse de la lumière dans l’eau (), dans le verre () et dans le diamant (). Combien de temps la lumière met-elle à traverser d’une fibre d’indice ?
Solution
Solution de Exercice 2.1.
: eau , verre , diamant . Fibre : .
Exercice 2.2 ★
Un rayon dans l’air rencontre l’eau () sous , puis sous de la normale : trouver les angles réfractés. Un rayon dans l’eau rencontre la surface sous : que se passe-t-il ?
Solution
Solution de Exercice 2.2.
: ; . Depuis l’eau sous : , pas de rayon réfracté — réflexion totale ().
Exercice 2.3 ★
Calculer l’angle limite pour verre–air (), diamant–air () et eau–air (). Quel est le diamètre angulaire du disque de ciel que voit un plongeur ?
Solution
Solution de Exercice 2.3.
: verre , diamant , eau . Le disque de ciel s’étend sur .
Exercice 2.4 ★
Une personne de , les yeux sous le sommet du crâne, se tient devant un miroir mural vertical. Trouver le plus petit miroir (hauteur, et position de ses bords au-dessus du sol) dans lequel elle se voit tout entière. La réponse dépend-elle de la distance au miroir ?
Solution
Solution de Exercice 2.4.
Les yeux sont à . Le rayon venu des pieds atteint l’œil après réflexion à mi-hauteur des yeux, ; celui venu du sommet du crâne se réfléchit à mi-chemin entre le sommet et les yeux, à . Miroir de à : hauteur , la moitié de la taille — indépendante de la distance (la règle du milieu vaut à toute distance).
Exercice 2.5 ★★
Une pièce repose à de profondeur dans un bassin : à quelle profondeur paraît-elle à qui la regarde d’en haut ? Les yeux d’un pêcheur sont à au-dessus de l’eau : à quelle hauteur paraissent-ils à un poisson qui regarde vers le haut ? Justifier les deux par des rayons peu inclinés.
Solution
Solution de Exercice 2.5.
Aux petits angles, la position apparente est vue depuis le milieu le moins réfringent, depuis le plus réfringent. Pièce : . Pêcheur : . Justification : pour un point de la surface à la distance horizontale , et avec .
Exercice 2.6 ★★
Un prisme a et . Calculer la déviation minimale. Montrer qu’un rayon ne peut émerger par la seconde face que si , et vérifier que ce prisme convient.
Solution
Solution de Exercice 2.6.
, donc et . L’émergence exige ; par ailleurs donne ; donc . Ici , : c’est vérifié.
Exercice 2.7 ★★
Une fibre à saut d’indice a , . Calculer son ouverture numérique, son angle d’acceptance, le décalage intermodal par kilomètre et le débit maximal qui en résulte sur (prendre ).
Solution
Solution de Exercice 2.7.
, . . Sur : .
Exercice 2.8 ★★
Un prisme mince d’angle au sommet a pour le rouge et pour le bleu. Calculer la déviation de chaque couleur et la largeur angulaire du spectre qu’il produit.
Solution
Solution de Exercice 2.8.
: rouge , bleu ; largeur du spectre .
Exercice 2.9 ★★
Un rayon rencontre une lame de verre à faces parallèles (, épaisseur ) sous . Montrer qu’il émerge parallèlement à sa direction incidente, décalé latéralement de , et calculer .
Solution
Solution de Exercice 2.9.
Entrée : , . Les deux faces étant parallèles, l’incidence sur la seconde face vaut et : , le rayon émergent est parallèle à l’incident. Le long du trajet intérieur, de longueur , le décalage perpendiculaire vaut : .
Exercice 2.10 ★★★
L’arc secondaire vient des rayons réfléchis deux fois à l’intérieur de la goutte. Montrer que , que la déviation stationnaire vérifie , et calculer l’angle de l’arc secondaire depuis la direction antisolaire pour . Où se situe-t-il par rapport à l’arc primaire, et dans quel ordre ses couleurs se succèdent-elles ?
Solution
Solution de Exercice 2.10.
Deux réfractions () et deux réflexions () : . donne , , . Pour : , , , , : l’arc est à du point antisolaire, en dehors du primaire (). Le rouge () à , le violet () à : les couleurs sont inversées, violet à l’extérieur.
Exercice 2.11 ★★★
Sur une route chaude, l’air juste au-dessus du bitume a pour indice , l’air plus frais au-dessus . En modélisant les couches par une interface nette, trouver l’angle rasant limite (compté depuis la route) au-dessous duquel un rayon venu du ciel est totalement réfléchi vers le haut. L’œil d’un conducteur est à au-dessus de la route : au-delà de quelle distance la route ressemble-t-elle à de l’eau ?
Solution
Solution de Exercice 2.11.
, : les rayons situés à moins de de la chaussée sont totalement réfléchis (en général, angle rasant ). Depuis de hauteur, la ligne de visée rase sous cet angle au-delà de : la route y réfléchit le ciel — c’est la « flaque ».
Exercice 2.12 ★★★
Les points (à la hauteur au-dessus d’une interface) et (à la profondeur en dessous) sont séparés horizontalement de ; la lumière va à la vitesse au-dessus et en dessous. Écrire la durée du trajet brisé passant par le point d’interface d’abscisse , et montrer que cette durée est stationnaire exactement lorsque — la loi de Snell-Descartes.
Solution
Solution de Exercice 2.12.
; , nul exactement lorsque , c’est-à-dire avec .
2.8 Problème : la liaison par fibre optique
Problème 2.1
Problème du week-end — un fil de verre sous la mer : jusqu’où et à quelle cadence une impulsion lumineuse peut-elle porter un bit avant que la géométrie, le verre et la dispersion ne le brouillent
Une liaison utilise une fibre à saut d’indice de cœur , de gaine , de rayon de cœur , à la longueur d’onde . Donnée : .
Partie I — La lumière dans le verre.
- Définir l’indice et calculer la vitesse de la lumière dans le cœur.
- Combien de temps une impulsion met-elle à parcourir selon l’axe ?
- Calculer la fréquence de la lumière et sa longueur d’onde dans le cœur.
- Pourquoi le cœur est-il gainé de verre d’indice plus faible plutôt que laissé nu dans l’air, ce qui donnerait un saut d’indice plus grand ?
Partie II — Le guidage.
- Calculer l’angle limite à la surface cœur–gaine.
- En déduire le plus grand angle qu’un rayon guidé peut faire avec l’axe.
- Un rayon entre depuis l’air par la face d’entrée plane, sous l’angle avec l’axe. Montrer qu’il est guidé si , et calculer l’angle d’acceptance .
- Donner l’ouverture numérique. Pourquoi un saut d’indice plus grand rend-il la fibre plus facile à alimenter en lumière ?
- La fibre est courbée selon un cercle de rayon . On considère un rayon parallèle à l’axe longeant le bord intérieur du cœur : montrer qu’il rencontre la paroi extérieure sous l’incidence telle que , et trouver le plus petit pour lequel il reste guidé.
Partie III — La dispersion intermodale.
- Exprimer les durées de parcours du rayon axial et du rayon guidé le plus incliné sur une longueur .
- En déduire l’étalement par kilomètre, et sa valeur sur .
- Un bit est une impulsion brève ; deux impulsions successives doivent rester séparées d’au moins pour être distinguées. Estimer le débit maximal sur .
- Montrer que le produit (débit) (longueur) est une constante pour cette fibre, et le calculer en .
- Dans une fibre à gradient d’indice, l’indice décroît continûment de l’axe vers l’extérieur. Expliquer qualitativement pourquoi cela réduit l’étalement intermodal.
- Une fibre monomode a un diamètre de cœur d’environ . Comparer à et expliquer pourquoi le modèle des rayons ne peut pas la décrire ; qu’y gagne-t-on ?
Partie IV — Atténuation et dispersion chromatique. La fibre atténue la puissance de à : . L’émetteur envoie ; le récepteur exige au moins . Comme dépend de , deux longueurs d’onde voyagent à des vitesses légèrement différentes : une source de largeur spectrale donne un étalement avec .
- Quelle fraction de la puissance survit à ?
- Trouver la longueur maximale avant qu’un amplificateur ne soit nécessaire.
- Les amplificateurs sont placés tous les : quelle marge, en dB et en rapport de puissances, cela laisse-t-il pour les connecteurs et les épissures ?
- Calculer sur pour une source à diode électroluminescente () et pour un laser () ; en déduire le débit maximal de chacune sur cette longueur (même critère que ci-dessus).
- À , la silice atténue . Quelle distance le même bilan de puissance permettrait-il alors ? Pourquoi est-elle la longueur d’onde des télécommunications ?
- Un câble coaxial de cuivre atténue environ aux fréquences nécessaires à . Comparer l’espacement des amplificateurs à celui de la fibre.
Partie V — La liaison complète.
- Pour la fibre à saut d’indice sur , quel effet limite le débit : l’étalement intermodal, l’étalement chromatique (source laser) ou l’atténuation ? Donner le débit limite.
- Pour une fibre monomode sur avec la source laser : quel effet limite, et à quel débit ?
- La liaison monomode transporte lasers dont les longueurs d’onde sont espacées de (multiplexage en longueur d’onde), chacun au débit de la question précédente. Capacité totale ?
- Former le produit débit–longueur de la liaison à saut d’indice et d’un canal monomode ; de quel facteur la fibre monomode l’emporte-t-elle, et quel fait physique unique en est responsable ?
Solution
Solution de Problème 2.1.
1. ; .
2. .
3. , inchangée dans le verre ; .
4. Un cœur nu ne guide que tant que sa surface reste parfaitement propre et intacte : poussière, eau ou simple contact remplacent localement l’air par un indice plus élevé et la lumière s’échappe, tandis que les rayures la diffusent. La gaine est une interface scellée et maîtrisée, dont le saut d’indice est choisi.
5. , .
6. .
7. ; guidé si et seulement si , c’est-à-dire , soit : .
8. . Un saut plus grand élargit le cône, donc capte une plus grande part de la lumière d’une source divergente.
9. Le rayon est tangent au cercle de rayon (bord intérieur) et rencontre le cercle de rayon (bord extérieur) ; dans le triangle rectangle centre–point de tangence–point d’impact, l’angle au point d’impact entre le rayon et le rayon du cercle (la normale) vérifie . Guidé si et seulement si : . Des courbures plus serrées fuient.
10. ; le rayon le plus incliné parcourt , donc .
11. ; sur : .
12. .
13. .
14. Les rayons éloignés de l’axe suivent des trajets plus longs, mais dans un indice plus faible, donc plus vite ; avec un profil bien choisi les deux effets se compensent et tous arrivent ensemble.
15. : le cœur n’est pas grand devant la longueur d’onde, la diffraction domine et les rayons n’ont plus de sens. Le traitement ondulatoire montre un unique mode guidé : plus aucun étalement intermodal ; ne restent que la dispersion chromatique et l’atténuation.
16. : , un pour cent.
17. , donc .
18. coûtent : marge , soit un facteur en puissance.
19. Diode : , . Laser : , .
20. , dix fois moins. La silice est la plus transparente au voisinage de (son minimum d’atténuation), et c’est là qu’existent les amplificateurs optiques.
21. entre amplificateurs, contre : la fibre l’emporte d’un facteur .
22. Intermodal : ( ) ; chromatique (laser) : ; atténuation , négligeable. C’est l’étalement intermodal qui limite : .
23. Pas d’étalement intermodal ; chromatique ; atténuation , dans le bilan. C’est la dispersion chromatique qui limite, vers .
24. .
25. Saut d’indice : ; canal monomode : — un facteur d’environ . Un seul fait : un unique trajet guidé, donc aucun étalement géométrique (intermodal) des temps d’arrivée.