Physique universitaire — 1re année · Bachelor Year 1
30Introduction à la physique quantique
Éclairez un métal propre en ultraviolet et des électrons s’échappent aussitôt, avec une énergie qui dépend de la couleur de la lumière et nullement de son éclat ; éclairez-le en rouge et il ne sort rien, si puissante que soit la lampe. Envoyez des électrons un à un à travers deux fentes : chacun arrive en un point, un seul — et les points, par milliers, dessinent les franges d’une onde. Ni l’un ni l’autre de ces faits ne tient dans la physique des vingt-neuf premiers chapitres. Ce dernier chapitre introduit les idées qui les accueillent : la lumière s’échange par quanta, les photons ; la matière a une longueur d’onde ; ce qui se propage est une amplitude dont le carré est une probabilité ; position et quantité de mouvement ne peuvent être nettes ensemble ; et une particule confinée n’a que certaines énergies — d’où la taille des atomes, les raies des spectres, et l’éclat d’un grain de semi-conducteur de quelques nanomètres, dont le diamètre choisit la couleur.
30.1 Le photon
Théorème 30.1 (Relations de Planck–Einstein)
La lumière de fréquence et de longueur d’onde n’échange d’énergie avec la matière que par quanta entiers, les photons, d’énergie et de quantité de mouvement
avec la constante de Planck (). Utile : — un photon de transporte .
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Proposition 30.2 (L’effet photoélectrique)
La lumière qui tombe sur un métal de travail d’extraction (l’énergie qui retient ses électrons les moins liés, quelques eV) en arrache des électrons d’énergie cinétique maximale
donc seulement au-dessus du seuil , instantanément, avec une énergie indépendante de l’intensité ; l’intensité, elle, fixe le nombre d’électrons par seconde. Le potentiel d’arrêt qui annule tout juste le courant mesure , et le tracé de en fonction de est une droite de pente — c’est ainsi que Millikan a mesuré .
Démonstration. Chaque photon est absorbé par un électron, qui en retient au mieux ; une onde livrerait l’énergie continûment à tous les électrons, l’énergie croîtrait avec l’intensité, et une lumière faible mettrait des heures à accumuler sur un seul atome (Problème 30.1) — rien de tout cela ne s’observe. L’interprétation d’Einstein (1905) est admise comme loi. ∎
Exemple 30.3 (Ordres de grandeur)
Un photon visible : ; un photon X de : ; un photon radio à : . Un laser rouge de émet photons par seconde ; une antenne qui capte à en reçoit par seconde — si nombreux, si petits, que la description ondulatoire est exacte à toute fin utile ; l’œil, lui, enregistre un éclair d’une centaine de photons. La nature quantique de la lumière se manifeste quand les photons sont rares ou énergétiques : cellules photoélectriques, détecteurs de rayons X, grain d’une photographie sous-exposée.
Remarque 30.4 (Diffusion Compton)
Un photon qui rebondit sur un électron libre lui cède de la quantité de mouvement comme une boule de billard : sa longueur d’onde augmente de , avec (admis — c’est un choc relativiste, volume de deuxième année). Invisible pour la lumière (), l’effet atteint pour les rayons X ; c’est l’expérience qui a convaincu les sceptiques (1923) que le photon porte la quantité de mouvement .
30.2 Les ondes de matière
Théorème 30.5 (de Broglie)
Une particule de quantité de mouvement se propage comme une onde de longueur d’onde
et donne diffraction et interférences en conséquence : des électrons sur un cristal (Davisson et Germer, 1927), à travers deux fentes (Jönsson, 1961), des neutrons, des atomes, des molécules de soixante atomes de carbone. Pour un électron accéléré sous , .
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Exemple 30.6 (Pourquoi on ne l’a jamais vue)
Un électron de : , la distance entre atomes d’un cristal — d’où la diffraction, et le microscope électronique. Un neutron thermique () : . Une bille de à : , fois plus petite qu’un noyau : aucune fente, aucun cristal ne la diffractera jamais. La nature ondulatoire de la matière est universelle ; c’est sa longueur d’onde qui ne la rend visible que pour le léger et le lent.
Proposition 30.7 (Les particules construisent les franges une à une)
Des électrons envoyés un à un à travers deux fentes (Tonomura, 1989) font chacun un point unique sur l’écran, en un lieu imprévisible ; les points s’accumulent en la figure d’interférences à deux fentes d’une onde de longueur d’onde . Boucher une fente efface les franges — la figure n’est pas due à des électrons qui interféreraient entre eux, mais à l’onde de chaque électron, qui passe par les deux fentes. Détecter par quelle fente une particule est passée efface aussi les franges.
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
30.3 Amplitudes, probabilités et principe d’incertitude
Définition 30.8 (Fonction d’onde)
L’état d’une particule est décrit par une fonction d’onde (complexe), telle que soit la probabilité de trouver la particule entre et lorsqu’on regarde : est une densité de probabilité, et . Les amplitudes s’ajoutent (superposition) : si deux chemins mènent au même point, et — le dernier terme est l’interférence. Une mesure donne l’un des résultats possibles, au hasard avec les probabilités que prescrivent les amplitudes, et laisse la particule dans l’état trouvé.
Remarque 30.9 (Ce qui ondule)
n’est pas un champ physique comme : on ne le mesure pas, on ne mesure que son carré, et il décrit le meilleur savoir possible sur le lieu où la particule sera trouvée. Un électron unique n’est pas étalé sur l’écran ; il est détecté entier, en un point ; ce qui est étalé, c’est la probabilité. Tel est le contenu de la théorie, et il n’a jamais été pris en défaut.
Théorème 30.10 (Principe d’incertitude de Heisenberg)
La position et la quantité de mouvement d’une particule selon un même axe ne peuvent être toutes deux nettes : leurs écarts types, dans n’importe quel état, vérifient
Une particule confinée dans une région de taille a donc une dispersion en quantité de mouvement au moins égale à , donc une énergie cinétique de l’ordre de qu’aucun refroidissement n’enlève : confiner coûte de l’énergie.
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Exemple 30.11 (La taille de l’atome d’hydrogène)
Un électron situé à moins de du proton a et l’énergie : le premier terme explose si diminue, le second s’il augmente. pour
le rayon de Bohr et l’énergie d’ionisation de l’hydrogène, jusqu’au dernier chiffre. La physique classique n’expliquait ni pourquoi l’électron ne tombe pas en spirale sur le noyau (il rayonne), ni pourquoi tous les atomes d’un élément sont identiques ; le principe d’incertitude répond aux deux en une ligne : l’atome est aussi petit qu’il peut l’être sans que l’énergie cinétique l’emporte sur la liaison.
30.4 La quantification de l’énergie
Proposition 30.12 (Particule dans une boîte)
Une particule de masse confinée entre deux parois impénétrables distantes de n’admet, comme la corde de Melde (Chapitre 5), que les ondes stationnaires , donc les seules quantités de mouvement et les seules énergies
de fonctions d’onde . L’énergie est quantifiée ; la plus basse, l’état fondamental , est l’énergie de confinement du principe d’incertitude rendue exacte ; la particule saute d’un niveau à l’autre en absorbant ou en émettant un photon d’énergie .
Démonstration. doit s’annuler aux parois (la particule ne peut y être), de sorte que l’onde loge un nombre entier de demi-longueurs d’onde dans — la condition de la corde ; de Broglie donne , et . Que obéisse à une équation d’onde avec ces conditions aux limites est admis (l’équation de Schrödinger, volume de deuxième année). ∎
Proposition 30.13 (L’atome d’hydrogène)
L’électron de l’atome d’hydrogène possède les énergies discrètes
étant l’état fondamental et l’atome ionisé. Son spectre est fait de raies en : la série de Lyman qui descend vers (ultraviolet, pour ), la série de Balmer qui descend vers (visible : , , , …), et ainsi de suite. Le modèle de Bohr (1913) obtient ces énergies en quantifiant le moment cinétique d’une orbite circulaire, (Exercice 30.9) ; la théorie complète remplace les orbites par des fonctions d’onde, mais garde les énergies.
Démonstration. Admis à ce niveau. ∎
Exemple 30.14 (La couleur par la taille : la boîte quantique)
Un nanocristal de semi-conducteur de quelques nanomètres confine ses électrons comme une boîte : plus le cristal est petit, plus l’énergie de confinement qui s’ajoute à la bande interdite du semi-conducteur est grande, et plus la lumière émise est bleue. Des boîtes de séléniure de cadmium de rayon brillent en bleu, en jaune, en rouge — un seul matériau, des couleurs choisies à la règle (Problème 30.1). Les écrans de télévision en usent.
Remarque 30.15 (Ce qu’ajoute le reste de la théorie)
L’équation de Schrödinger rend exacts la boîte, l’atome et la molécule ; elle prédit qu’une particule peut franchir une barrière qu’elle n’a pas l’énergie d’escalader (l’effet tunnel, derrière la radioactivité et le microscope à effet tunnel) ; que les particules identiques sont soit sociables (les bosons — d’où le laser, où les photons s’entassent dans un même mode), soit exclusives (les fermions — d’où la classification périodique et la rigidité de la matière) ; et que le spin de l’électron est un moment magnétique sans équivalent classique. Tout cela relève du volume de deuxième année et au-delà ; tout cela repose sur les quelques idées de ce chapitre.
30.5 Exercices
Exercice 30.1 ★
Énergie d’un photon : radio à ; lumière à ; rayons X à ; rayons gamma de (en donner la longueur d’onde). Nombre de photons par seconde d’un laser de à .
Solution
Solution de Exercice 30.1.
: : J ; : ; : ; : . Laser : , donc photons par seconde.
Exercice 30.2 ★
Sodium, : longueur d’onde seuil ; énergie cinétique maximale et potentiel d’arrêt pour une lumière de ; qu’est-ce qui change si l’on double l’intensité ? et avec une lumière de ?
Solution
Solution de Exercice 30.2.
. À , : , . Doubler l’intensité double le courant et laisse inchangé. À ( ) : rien, quelle que soit l’intensité.
Exercice 30.3 ★
Longueur d’onde de de Broglie d’un électron de , de ; d’un neutron de ; d’une bille de à . Lesquelles un cristal (pas de ) peut-il diffracter ?
Solution
Solution de Exercice 30.3.
Électron : ; à : . Neutron : , , . Bille : . Les trois premières ont un de l’ordre de la distance interatomique et sont diffractées (cristallographie électronique, neutronique, par rayons X) ; la bille, jamais.
Exercice 30.4 ★
Un électron dans une boîte de : , , longueur d’onde du photon émis lors de . Un proton dans une boîte de (un noyau) : en .
Solution
Solution de Exercice 30.4.
, ; photon de , (proche infrarouge). Proton dans : — l’échelle des énergies nucléaires, par le seul confinement.
Exercice 30.5 ★★
Potentiels d’arrêt mesurés pour un métal : à , à , à . En déduire ( étant connu) et le travail d’extraction ; la longueur d’onde seuil ; de quel métal peut-il s’agir (césium , potassium , zinc ) ?
Solution
Solution de Exercice 30.5.
Pente , . , seuil : le césium.
Exercice 30.6 ★★
Compton : un photon X de est diffusé à par un électron. Nouvelle longueur d’onde ; énergies du photon avant et après ; énergie cédée à l’électron. Décalage relatif pour une lumière de — pourquoi il fallait des rayons X à Compton.
Solution
Solution de Exercice 30.6.
: . Avant : ; après : ; l’électron emporte . Pour la lumière, : immesurable en 1923 — les rayons X portent le décalage à .
Exercice 30.7 ★★
L’expérience de Jönsson. Des électrons de (prendre ), deux fentes distantes de , écran à . Longueur d’onde ; interfrange ; pourquoi il a fallu une lentille électronique grossissante. Dans la version de Tonomura, un seul électron à la fois traverse le dispositif : que montre l’écran après 10, puis après électrons, et qu’est-ce que cela enseigne ?
Solution
Solution de Exercice 30.7.
, (la relativité la corrige en ) ; interfrange : invisible à l’œil, d’où la lentille grossissante. Dix électrons : dix points, apparemment au hasard ; : les franges. Chaque électron arrive en un point ; c’est la probabilité d’y arriver qui suit l’onde des deux fentes — l’onde d’un seul électron passe par les deux.
Exercice 30.8 ★★
Énergie cinétique minimale, d’après le principe d’incertitude : d’un électron confiné dans (un atome) ; d’un électron confiné dans (un noyau — prendre si le résultat est relativiste, et conclure si un noyau peut contenir des électrons) ; d’un grain de poussière de localisé à (donner ).
Solution
Solution de Exercice 30.8.
Atome : , : le bon ordre. Noyau : ; vaudrait , bien au-delà de , donc : aucune force nucléaire ne retiendrait un électron aussi énergétique — les noyaux ne contiennent pas d’électrons (ceux du rayonnement bêta sont créés à l’émission). Grain : : sans conséquence.
Exercice 30.9 ★★
Le modèle de Bohr. Un électron sur une orbite circulaire de rayon autour d’un proton : (a) vitesse et énergie en fonction de (dynamique coulombienne, Chapitre 16) ; (b) imposer et en déduire , avec et comme dans Exemple 30.11 ; (c) et ; (d) longueurs d’onde de Lyman () et de H () ; (e) montrer que l’orbite contient exactement longueurs d’onde de de Broglie.
Solution
Solution de Exercice 30.9.
(a) : , . (b) et : diviser le carré de la première par la seconde : , , et avec , . (c) , . (d) : , ; : , . (e) (puisque ), et .
Exercice 30.10 ★★★
Les hydrogénoïdes. (a) Pour un noyau de charge , montrer que et : énergie d’ionisation de He et du dernier électron de l’uranium ( ; commenter). (b) Hydrogène muonique : le muon a fois la masse de l’électron : rayon et énergie fondamentale ; longueur d’onde de sa raie Lyman ; pourquoi on s’en sert pour mesurer la taille du proton (rayon ). (c) Positronium (un électron et un positron, de masses égales) : montrer que la masse réduite divise les énergies par deux : sa raie Lyman .
Solution
Solution de Exercice 30.10.
(a) Remplacer par : , . He : . U : — mais : le modèle non relativiste n’y est qu’indicatif. (b) , ; Lyman : , (rayons X). L’orbite du muon ne fait que rayons du proton : ses niveaux se déplacent sensiblement avec la taille du proton, et c’est ainsi qu’on l’a remesurée (2010). (c) Les deux particules tournent autour de leur centre commun : la masse réduite divise par deux toutes les énergies : , Lyman à , .
Exercice 30.11 ★★★
Les boîtes quantiques. Dans un nanocristal sphérique de rayon , l’énergie de confinement d’une particule de masse effective vaut (admis). CdSe : bande interdite , , (le « trou » laissé par l’électron excité confine lui aussi). (a) Énergie du photon émis et longueur d’onde pour , , ; couleurs. (b) Rayon pour une émission à (vert). (c) Pourquoi le CdSe massif n’émet-il qu’à ? (d) Une dispersion de sur le rayon dans un lot : dispersion en longueur d’onde à .
Solution
Solution de Exercice 30.11.
(a) . : , , au total , : bleu. : confinement , , : jaune. : , , : rouge. (b) font : confinement , . (c) Sans confinement : seul, . (d) , soit de : environ de dispersion — des couleurs pures exigent des lots monodisperses.
Exercice 30.12 ★★★
L’énergie de point zéro. (a) Pour un oscillateur harmonique , prendre et minimiser par rapport à : montrer que (c’est l’énergie fondamentale exacte). (b) La molécule H vibre à : énergie de point zéro en eV, et température la plus basse à laquelle sa vibration est « thermique » (). (c) L’hélium liquide ne gèle jamais sous la pression atmosphérique : estimer l’énergie de point zéro d’un atome d’hélium localisé à (une fraction de la distance interatomique) dans un cristal, et la comparer à son énergie de liaison dans le solide, environ . (d) Comparer la formule de la boîte à la borne d’incertitude pour : laquelle est la plus grande, et pourquoi doit-elle l’être ?
Solution
Solution de Exercice 30.12.
(a) ; dérivée nulle en , où les deux termes valent : . (b) ; — à température ambiante la vibration est gelée dans son état fondamental. (c) , : la moitié de l’énergie de liaison — les atomes ne tiennent pas assez tranquilles pour cristalliser ; l’hélium reste liquide jusqu’au zéro absolu tant qu’on ne le comprime pas (). (d) contre : dix fois plus grand, et il le faut — la borne est une minoration, et l’état de la boîte a , non .
30.6 Problème : le spectre de l’hydrogène et une boîte quantique
Problème 30.1
Problème du week-end — mesurer avec de la lumière et un voltmètre, construire l’atome d’hydrogène à partir de trois constantes, et choisir la couleur d’un cristal par sa taille
Constantes : , , , , , , .
Partie I — Mesurer la constante de Planck. Une photocathode au potassium est éclairée en lumière monochromatique ; on mesure le potentiel d’arrêt : à , à , à , à , à .
- Décrire la cellule et expliquer pourquoi une tension inverse peut annuler le courant, et ce que mesure .
- Écrire la relation d’Einstein et dire ce que donnent la pente et l’ordonnée à l’origine de .
- À partir des mesures (régression linéaire, ou les deux points extrêmes), en déduire ; comparer à la valeur admise.
- Travail d’extraction du potassium en eV ; fréquence et longueur d’onde seuils ; un pointeur laser rouge arracherait-il des électrons ?
- On double l’intensité de la lampe : qu’advient-il de , du courant ? Pourquoi est-ce incompatible avec une image purement ondulatoire ?
- Estimation classique : une lumière de tombe sur le métal ; un atome offre une aire d’environ : combien de temps faudrait-il pour accumuler sur un atome ? Qu’observe-t-on à la place ?
Partie II — L’atome d’hydrogène de Bohr.
- Un électron sur une orbite circulaire de rayon autour d’un proton fixe : vitesse et énergie mécanique .
- Condition de Bohr : montrer que et donner numériquement.
- avec ; valeur numérique en eV.
- Vitesse sur la première orbite et rapport (la constante de structure fine ).
- Longueurs d’onde des raies (Lyman ), et (Balmer H, H) : lesquelles sont visibles ?
- Montrer que et calculer la constante de Rydberg ; la plus courte longueur d’onde de Balmer.
- Énergie d’ionisation de l’hydrogène depuis l’état fondamental ; longueur d’onde du photon qui l’ionise tout juste.
- De Broglie : montrer que la circonférence de l’orbite vaut longueurs d’onde — la condition de Bohr est une condition d’onde stationnaire.
- Deux choses que le modèle rate, une qu’il donne exactement juste, et ce qui remplace l’orbite dans la théorie complète.
Partie III — La boîte quantique. Un nanocristal de CdSe de rayon confine un électron excité (masse effective ) et le trou qu’il laisse () ; l’énergie de confinement de chacun dans une sphère de rayon vaut (admis) ; la bande interdite du CdSe massif est .
- Établir les énergies d’une particule dans une boîte à une dimension à partir de la condition d’onde stationnaire, et commenter l’analogie avec la formule de la sphère.
- Énergies de confinement de l’électron et du trou pour .
- Énergie et longueur d’onde du photon émis pour , et ; couleurs.
- Expliquer en une phrase pourquoi les petites boîtes sont plus bleues.
- Vérifier l’ordre de grandeur avec le principe d’incertitude : pour l’électron à , et l’énergie cinétique qui en découle.
- Une boîte émet à : photons par seconde.
Partie IV — Compter les quanta.
- Photons par seconde d’un laser de à .
- L’œil adapté à l’obscurité détecte un éclair d’environ photons à arrivant en : la puissance correspondante.
- Une antenne FM reçoit à : photons par seconde ; peut-on espérer les détecter un à un ?
- Bilan : à partir de , , seuls, quelles trois grandeurs du monde atomique ce problème a-t-il produites, et avec quels ordres de grandeur ?
Solution
Solution de Problème 30.1.
1. La lumière arrache à la cathode des électrons d’énergies diverses ; portée à , l’anode les repousse et seuls arrivent ceux dont . Le courant s’annule lorsque .
2. : pente , ordonnée à l’origine ; au seuil .
3. Points extrêmes : , (une régression sur les cinq points donne ) : à de .
4. ; , . Un pointeur rouge (, ) n’arrache rien.
5. inchangé, courant doublé : deux fois plus de photons, chacun de même énergie. Une onde donnerait à chaque électron plus d’énergie à mesure que l’intensité croît, et un seuil en intensité plutôt qu’en fréquence.
6. sur l’atome ; demandent s — un an. Or l’émission s’observe en quelques nanosecondes : l’énergie arrive par quanta entiers.
7. : ; .
8. et : , .
9. ; .
10. ; .
11. : , (ultraviolet) ; : , (rouge) ; : , (bleu-vert) : les raies de Balmer sont les raies visibles.
12. : . Limite de Balmer () : .
13. ; .
14. , (puisque ) ; : l’orbite porte ondes entières — la règle de Bohr est une règle d’onde stationnaire.
15. Faux : l’électron n’a pas d’orbite (il rayonnerait ; l’état fondamental a un moment cinétique nul), et le modèle échoue dès qu’un atome a deux électrons. Juste : les niveaux de l’hydrogène, donc chaque raie de son spectre. L’orbite est remplacée par une fonction d’onde, un nuage de probabilité de taille .
16. Ondes stationnaires : , , . La formule de la sphère est la même avec : l’état fondamental loge une demi-longueur d’onde dans le rayon.
17. ; .
18. : , , bleu ; : , , jaune ; : , , rouge.
19. L’énergie de confinement croît comme : une boîte plus petite relève les niveaux, le photon est plus énergétique, la lumière plus bleue.
20. , : le bon ordre (le coefficient exact et l’estimation grossière de expliquent le facteur dix).
21. : photons par seconde.
22. par seconde.
23. en : .
24. : photons par seconde — et chacun est fois plus petit que l’énergie thermique de l’antenne : aucun espoir, et aucun besoin ; la description ondulatoire y est exacte.
25. La taille des atomes, ; leur échelle d’énergie, (d’où des photons de quelques eV, la chimie, le spectre visible) ; et la vitesse de leurs électrons, — les trois à partir de , et (et ), sans rien ajuster.